Rossini - Le Comte Ory - Acocella/Rousseau - Rouen 01/2019

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pingpangpong
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Rossini - Le Comte Ory - Acocella/Rousseau - Rouen 01/2019

Message par pingpangpong » 23 janv. 2019, 18:07

Le Comte Ory
Opéra en 2 actes de Gioachino Rossini,
Livret d’Eugène Scribe et de Delestre-Poirson
Création à l’Opéra Le Peletier à Paris le 20 août 1828

Direction musicale Luciano Acocella
Mise en scène, décors et costumes Pierre-Emmanuel Rousseau
Assistante mise en scène Pénélope Bergeret
La Comtesse Adèle Perrine Madoeuf
Le Comte Ory Mathias Vidal
Raimbaud Philippe Estèphe
Dame Ragonde Anna Steiger
Isolier Rachel Kelly
Le Gouverneur Jean-Vincent Blot
Alice, une paysanne Héloïse Guinard
Un coryphée Martin Candela
Concierge de l’hôtel Gérald Gasche
Chef de chœur Attilio Tomasello
Chef de chant Élise Bellanger
Pianiste des chœurs Christophe Manien
Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie
Chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie
Production Théâtre de Bienne Soleure


Ce nouveau Comte Ory a été donné à Rennes début janvier avec la même distribution vocale.
Le metteur en scène d'origine rouennaise, Pierre-Emmanuel Rousseau, dont vous retrouverez ci-contre joomfinal/index.php/les-dossiers/52-met ... u-portrait le dossier réalisé par Jérôme, débuta à l'opéra avec l'Amant jaloux de Grétry il y a neuf ans, puis poursuivit avec Rossini, Lehar, Donizetti et Offenbach. C'est dire si le répertoire comique, entre autres, lui est familier. Et puis quand on a fricoté avec Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, il en reste forcément quelque chose, ne serait-ce que le sens du détail apporté aux moindres protagonistes, qu'ils soient de prime ou de seconde importance. Ainsi, au final du premier acte, répartis en trois groupes soigneusement dirigés, tous se trémoussent sur une chorégraphie propre qui change des habituels déhanchements plus ou moins crédibles.
Le spectacle est vivant, réglé au cordeau, sans que cela tourne au remplissage gratuit ni ne parasite l'action.
Et si on sourit plus qu'on ne rit, la mise en scène de Laurent Pelly restant sur ce plan insurpassée quoi qu'on en pense, on passe ici un excellent moment, léger, fantasque et de bon goût.

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Crédit toutes photos:Jean Pouget

Comme pour les Parapluies de cherbourg vus ici-même en décembre, nous voici, cette fois par la volonté du metteur en scène, plongés dans les années cinquante, sa mode vestimentaire, son papier peint fleuri ou rayé, et, relégué très en arrière plan, le conflit algérien inscrit dans la généalogie de P.E. Rousseau; ceci fonctionne très bien, justifiant par là-même, outre une forte présence de la religion au sein de la société, l'opportunisme du peu scrupuleux Comte Ory bénéficiant de l'absence des jeunes hommes qui reviendront de guerre en treillis militaires à la toute fin de l'œuvre.

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Tout d'abord située dans le hall d'un hôtel, l'action glisse aisément à l'ermitage par le truchement d' un tourne-disque et d'un pan de mur mobile orné de vitraux. Le second acte se déroule dans la bibliothèque du château de Formoutiers où trône un grand portrait de Catherine II de Russie, grande consommatrice d'hommes et bibliophile fameuse qui racheta les bibliothèques de Diderot et de Voltaire, rien moins, amatrice d'opéras qu'elle donnait dans son théâtre de...l'Ermitage.
La comtesse Adèle, qui semble visiblement fréquenter les maisons de haute-couture, est dotée d'un tempérament fougueux, et la séance de triolisme final passe comme une lettre à la poste.

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Perrine Madoeuf entre dans la peau du personnage avec un naturel et une énergie communicative, son air du I “En proie à la tristesse“ prenant l'allure d'un show ébouriffant de punch, mais aussi de prouesse vocale, jonglant avec les vocalises et les notes aigues de sa voix flexible au timbre légèrement blanchi rappelant par instant celle de la grande Janine Micheau.

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Mathias Vidal, qu'il soit déguisé en ermite ou en nonne, n'est pas en reste point de vue énergie, mais vocalement ne peut assurer la tessiture trop haute de l'acte I, le II le voyant négocier les notes périlleuses avec plus de succès.La voix est très séduisante et l'élocution parfaite.
Isolier, ici jeune marin peut-être appelé à partir incessamment sous les drapeaux, trouve en la mezzo irlandaise Rachel Kelly une interprète à la prononciation perfectible, toute de fraîcheur à l'agilité vocale marquante.
Philippe Estèphe détaille avec brio les couplets de Raimbaud au II “Dans ce lieu solitaire“, repris du Voyage à Reims, tandis que Jean-Vincent Blot offre sa large palette de basse au gouverneur.
Anna Steiger/Dame Ragonde compense sa voix éteinte par une présence scénique très convaincante.
Le chœur Accentus brille par sa musicalité alors que Luciano Acocella, qui connaît bien ces musiciens pour les avoir conduit trois années durant, pourrait globalement faire preuve d'une plus grande alacrité, l'orchestre sonnant raffiné et virtuose.

Eric Gibert
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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