Berlioz- Les Troyens - Jordan/Tcherniakov - ONP - 01-02/2019

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JdeB
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Berlioz- Les Troyens - Jordan/Tcherniakov - ONP - 01-02/2019

Message par JdeB » 23 janv. 2019, 09:25

Philippe Jordan / Dmitri Tcherniakov (Mise en scène et décors)
costumes : Elena Zaytseva
Lumières : Gleb Filshtinsky
Vidéo : Tieni Burkhalter
Chef des Choeurs : José Luis Basso

La Prise de Troie
Cassandre : Stéphanie d'Oustrac
Ascagne : Michèle Losier
Hécube : Véronique Gens
Énée : Brandon Jovanovich
Chorèbe : Stéphane Degout
Panthée :Christian Helmer
Le Fantôme d'Hector : Thomas Dear
Priam: Paata Burchuladze
Un Capitaine Grec : Jean-Luc Ballestra
Hellenus : Jean-François Marras
Polyxène : Sophie Claisse

Les Troyens à Carthage
Didon : Ekaterina Semenchuk
Anna : Aude Extrémo
Ascagne :Michèle Losier
Énée : Brandon Jovanovich
Iopas : Cyrille Dubois
Hylas : Bror Magnus Tødenes
Narbal : Christian Van Horn
Deux Capitaines troyens :Jean-Luc Ballestra, Tomislav Lavoie
Le Fantôme de Cassandre : Stéphanie d'Oustrac
Le Fantôme de Chorèbe : Stéphane Degout
Le Fantôme d'Hector : Thomas Dear
Le Fantôme de Priam: Paata Burchuladze
Mercure : Bernard Arrieta
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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David-Opera
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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par David-Opera » 23 janv. 2019, 09:53

Spectacle diffusé sur ARTE et ARTE Concert en léger différé le 31 janvier à 22h45, dans le cadre de la saison Arte Opéra première saison européenne lyrique.
Radiodiffusion sur France Musique ultérieurement.

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par altini » 23 janv. 2019, 10:17

On peut même parler d'un infime différé de presque 5 heures. En fait, la télé le donne quand c'est presque fini.
Cela permet au spectacle de finir légèrement vers 3-4 heures du matin. Bonjour les insomniaques!
C'est ce qu'on appelle le service public.

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par paco » 23 janv. 2019, 11:00

Haha oui j'adore le qualificatif "léger" différé...

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par micaela » 23 janv. 2019, 11:29

altini a écrit :
23 janv. 2019, 10:17
On peut même parler d'un infime différé de presque 5 heures. En fait, la télé le donne quand c'est presque fini.
Cela permet au spectacle de finir légèrement vers 3-4 heures du matin. Bonjour les insomniaques!
C'est ce qu'on appelle le service public.
On peut enregistrer et regarder en "différé" total (je l'ai fait pour le Macbeth de Berlin qui finissait tout de même plus tôt). Je pensais que c'était pour ne pas gêner la diffusion en direct dans les salles UGC, mais apparemment pas de diffusion UGC ce soir-là.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par VivaLaMamma » 23 janv. 2019, 11:59

Vu hier soir pour l'avant-première jeunes... ça risque de hurler à la première, et pas qu'aux saluts !

ATTENTION SPOILER - petit résumé de l'action
La première partie se déroule dans un décor de ville en ruines suite à la guerre avec façades d'immeubles détruites (avec WC encore accrochés pour les amateurs de Warli :wink:) ; à l'avant-scène cour se tient un salon en lambris où se réunit la famille royale, chaque personnage et son rang étant annoncé via surtitrage lors de son entrée.
L'action est résumée par un texte déroulé en surtitre qui indique heure par heure les événements.
Cassandre est la mal-aimée, mise à l'écart de la famille, des projections vidéos laissent entendre qu'enfant, elle aurait été abusée sexuellement par Priam.
Pas de cheval de Troie, mais une foule en liesse agitant ballons colorés et cotillons.
Pour son suicide final, Cassandre s'asperge d'essence et s'enflamme à l'aide d'un briquet (auparavant nous avions eu un autre personnage enflammé sur scène représentant le fantôme d'Hector s'adressant à Enée).
On comprend via une poignée de main entre un soldat grec et Enée que celui-ci est complice de l'ennemi. Il est ensuite poursuivi par le remords de cette trahison.
La seconde partie a lieu... dans un "centre de traitement post-traumatique pour rescapés de guerre" (dixit le surtitrage si j'ai bien retenu).
C'est donc un décor de salle commune façon EHPAD.
Narbal, Anna et Iopas sont des médecins/infirmiers qui mènent des thérapies de groupe et jeux de rôle pour soigner les malades, au premier rang desquels Didon et Enée.
L'expérience tourne mal, Enée s'enfuit et Didon se suicide en ingurgitant le contenu d'un tube de comprimés.

On pourra reprocher tout ce que l'on veut à Tcherniakov, mais on ne pourra nier que le bougre a de l'imagination !
Malgré le "concept" assez tiré par les cheveux, cela fonctionne et tient à peu près la route. Je ne valide pas forcément ce type de production mais à mon sens, cela me semble plus réfléchi et moins gratuit que la Bohème cosmique de Guth.
Après, c'est visuellement hideux (costumes/décors) et il manque la grandeur inhérente à cet ouvrage monumental, le texte grandiloquent et les sentiments "hors-normes" des personnages ayant du mal à être crédibles dans ce spectacle.
Mais la direction d'acteurs affûtée réussit à émouvoir dans les passages clés (sacrifice de Cassandre, duo d'amour Enée/Didon, mort de Didon).

Côté chant, triomphe de Stéphanie d'Oustrac qui campe une Cassandre de rêve, diction au rasoir, vocalement impeccable et d'un bel impact scénique, avec une énergie admirable lors de son sacrifice final.
Ekaterina Semenchuk impressionne par sa Didon à la santé vocale insolente, mais qui sait aussi se montrer nuancée et touchante dans son désespoir. Sa mort fait passer le frisson ! Le style et la langue sont malheureusement moins maîtrisés que chez sa consœur mais on louera de notables efforts de prononciation.
Bilan plus mitigé pour Brandon Jovanovich, en délicatesse avec la justesse et à l'extrême aigu souvent fragile. Reste un bel engagement scénique et un volume adapté à la salle, dans un rôle véritablement inhumain.
Les seconds rôles sont luxueux (Véronique Gens en Hécube !), Aude Extrémo au timbre charnu mais à la projection parfois insuffisante, Stéphane Degout impérial, Cyrille Dubois qui nous ravit lors de chanson, et Michèle Losier toujours parfaite mais que l'on aimerait entendre plus !
Prestations plus anonymes des clés de fa mais qui ne déméritent pas (Christian van Horn, Christian Helmer et le vétéran Paata Burchuladze).
Philippe Jordan se montre comme un poisson dans l'eau dans ce répertoire, avec un orchestre en grande forme et qui déroule un tapis sonore d'une magnifique luxuriance ; les chœurs sont excellents.

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par micaela » 23 janv. 2019, 12:12

Le concept tient en effet la route. Un pays en guerre, des survivants traumatisés, ça s'éloigne peut-être de la lettre du livret, mais on n'est pas dans un décalage farfelu comme la Bohème spatiale de Guth ou la Mission vers Mars pour la Damnation de Faust version Hermanis, ou même que le tripatouillage de Tcherniakov pour Carmen. J'ai déjà vu le décor de la deuxième partie (qui rappelle un peu celui du centre de thérapie de Carmen, voire celui du récent Wozzeck de Bastille), ça manque peut-être de grandeur mais ce n'est pas hideux. Au moins, on évite le plateau vide, grisâtre, et mal éclairé : c'est clair et coloré...(les tragédies peuvent arriver dans des décors pimpants, même si là je ne qualifierait pas ça de "pimpant").
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par aurele » 23 janv. 2019, 14:20

Je n'ai pas lu les détails sur la mise en scène pour me garder la surprise qui sera bien sûr mauvaise je pense lors de ma présence en salle le 9 février.

En revanche, ravi de lire ce retour sur le chant, notamment concernant Stéphanie d'Oustrac et même Ekaterina Semenchuk.

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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par David-Opera » 23 janv. 2019, 14:26

A noter 2 coupures dans la seconde partie.
Troie est joué intégralement avec les musiques de ballets, mais Carthage est joué sans les ballets des constructeurs, matelots et laboureurs, et sans le passage avec Panthée à l'acte V.

PDdLB
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Re: Berlioz- Les Troyens- Jordan/Tcherniakov- ONP - 01 & 02/2019

Message par PDdLB » 23 janv. 2019, 14:27

Impression un peu mitigée sur cette production, et très différente entre les deux parties de l’œuvre :

Au niveau de la mise en scène, le vrai talent du metteur en scène repose je trouve sur une maîtrise de la direction d’acteurs et un sens de la scénographie remarquables, que les interprètes ont su s’approprier de façon étonnante, d’autant que les partis pris étaient difficiles ; que ce soit Didon émouvante dans ses délires mégalomanes, Enée dans sa folie guerrière devant exécuter des chorégraphies combatives, ou encore Anna et Narbal qui discute nonchalamment pendant une partie de ping-pong, ou toute la famille royale qui recrée dans ses lambris une atmosphère toxique et policée...

Seulement voilà il y a les partis pris de cette mise en scène, et là mes impressions sont plus partagées :
- la prise de Troie est une grande réussite, avec une scène scindée entre un huis clos de la famille royale en riches boiseries et une ville en ruine, grisâtre et habitée d’une foule tout aussi grise. Les différentes intrigues s’articulent astucieusement entre ces deux lieux, parvenant à déjouer les pièges d’un livret décousu et riche en tunnels. L’hommage à Hector défunt, ou le duo Cassandre/Chorèbe sont de grands moments d’émotion. Trois reproches seulement : Cassandre paraît parfois plus blasée que prophétesse ; ajouter une trahison d’Enée à sa patrie ne me paraît pas ajouter grand chose ; enfin mon épouse m’a dit (ce que je n’avais pas compris) qu’a priori Cassandre avait été abusée par Priam dans son enfance, bon pourquoi pas mais je ne vois pas l’intérêt. Enfin la chute de Troie apporte quelques belles pistes scéniques (le couple royal poignardé dans son salon, l’étendue du plateau révélée, etc.) mais globalement je m’attendais à plus de mouvements, de cris, de larmes !
- Carthage se déroule dans un centre psychiatrique dans lequel Didon et Enée entretiennent leurs délires sous l’œil des psys (dont on ne comprend pas bien l’intérêt qu’ils ont à entretenir ces divagations), et là on m’a perdu... quel dommage de ne pas soutenir la majesté de la musique et la grandiloquence de ses effets par un visuel équivalent ; au contraire toutes les émotions s’en trouvent disqualifiées, sauf peut-être la mort de Didon qui garde son tragique ; et c’est d’autant plus dommage que la mise en scène et les jeux d’acteurs déploient des trésors d’inventivité pour soutenir le propos, mais c’est ce propos que je trouve regrettable. Bon ça reste mieux que La Damnation de Faust d’y a quelques années, mais on voit je pense suffisamment peu les opéras de Berlioz pour mériter de les voir sous un jour un peu plus fidèle !

Pour ce qui est de la musique, je suis frappé par la différence de style entre les deux parties : autant la première m’a semblé ampoulée, lourde et touffue, autant la deuxième est une merveille! Pour autant les interprètes des deux parties sont largement à la hauteur : d’Oustrac est une Cassandre précise et engagée, Jovanovich un peu en retrait dans la Prise de Troie mais très maître de ses moyens dans Carthage, Degout noble et stylé en Chorèbe, Semenchuk campe une Didon scéniquement ébouriffante et usant d’une large palette de moyens vocaux, de la grandeur royale à la douceur de ses pianos pour exprimer ses sentiments naissants ; enfin j’ai apprécié les seconds rôles, Aude Extremo notamment à la voix chaude et sombre, ou Cyrille Dubois qui brille dans sa chanson « dans un mode simple et doux », d’autant que la simplicité est ce qui fait globalement défaut dans la musique de Berlioz. Que dire du chœur ? on en dit toujours du bien j’ai l’impression, eh bien là encore je ne peux qu’être positif ; de même l’orchestre est dirigé vers de riches et belles couleurs.

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