Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

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micaela
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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par micaela » 08 déc. 2018, 00:42

Entre le premier et le second balcon, ça ne change pas grand chose pour l'éloignement. Le fond du parterre est même peut-être plus loin de la scène que les premiers rangs des balcons. J'imagine de toute façon mal des gens bien placés au parterre quitter leurs places pour les balcons, sous prétexte qu'ils n'aiment pas décors et costumes. Ils quitteraient plutôt la salle.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par opera-tic » 08 déc. 2018, 00:55

micaela a écrit :
08 déc. 2018, 00:42
Entre le premier et le second balcon, ça ne change pas grand chose pour l'éloignement. Le fond du parterre est même peut-être plus loin de la scène que les premiers rangs des balcons. J'imagine de toute façon mal des gens bien placés au parterre quitter leurs places pour les balcons, sous prétexte qu'ils n'aiment pas décors et costumes. Ils quitteraient plutôt la salle.
Bien sûr, il y a ceux qui la quittent à l‘entracte et ceux qui y renoncent avant toute expérience. En revanche ceux qui veulent entendre les voix (au prix fort où ils ont payé leur place au parterre et au premier balcon) peuvent légitimement apprécier l‘eloignement scénique, et il n‘est pas neutre : si d1 est l‘eloignement du premier balcon à la scène et h1 la hauteur du plafond entre le 1er balcon et le deuxième, le gain d‘éloignement (en Bieito-mètre) est de : racine carrée de (d1+h1).

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par micaela » 08 déc. 2018, 00:57

La conclusion qui s'impose après ce raisonnement alambiqué : et c'est pour ça que votre fille est muette...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par opera-tic » 08 déc. 2018, 01:03

micaela a écrit :
08 déc. 2018, 00:57
Conclusion : et c'est pour ça que votre fille est muette...
Laquelle ? Celle de Portici ?

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par micaela » 08 déc. 2018, 01:08

Non, celle de Géronte dans Le médecin malgré lui. Oui, je sais, ce n'est pas de l'opéra...
PS Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas ce type de mise en scène que tu dois revenir à la charge encore et toujours.
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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par opera-tic » 08 déc. 2018, 01:15

micaela a écrit :
08 déc. 2018, 01:08
Non, celle de Géronte dans Le médecin malgré lui. Oui, je sais, ce n'est pas de l'opéra...
Laisse à Bieito la faculté de prononcer lui-même son exutoire auto-critique : Géronte !!!

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par Loïs » 08 déc. 2018, 10:21

Représentation du 7 décembre:
Pour faire court car tout ou presque a déjà été dit : oui un plateau de clés de fa superlatifs: franchement Tézier a -vocalement- égalé ma référence Cappuccilli, le grand frisson et incontestablement son plus grand rôle à ce jour. La grande classe pour Kares et l'adéquation parfaite pour Alaimo.

Une question en écoutant Demuro : "qu'est qu'il fout là?" (manque de pot seuls lui même et Lisssner ne se la posent pas) et une en écoutant l'air d'entrée d'Agresta: "qu'est ce que je fous là?" tant l'air se réduisant à mademoiselle Lelonbec en pleine nasalités (quasiment aucun applaudissement et un hou mais au moins un constat positif : sa robe était en ccord avec son chant = moche). J'admets cependant bien volontiers que par la suite elle se montrera à la hauteur dans le duo avec Simon et le grand ensemble et finira par emporter le morceau (au fait que s'est il passé dans sa vie depuis Desdémone à Londres pour que maintenant elle comprenne ce qu'elle chante et devienne même réellement émouvante?)

"Outstanding" performance pour Luisi: ah cette envolée des cordes à la fin du duo entre le père et la fille , j'en ai encore les larmes aux yeux

Alors la mise en scène? ben j'ai plutôt aimé ou en tout cas je ne la rejette pas. Pourquoi? Par une direction d'acteurs qui la place au plus haut dans un Verdi que j'aurais vu et une excellente occupation du plateau et une non moins parfaite gestion des choeurs, il y a clairement du métier.
Pour autant le choix d'agresser visuellement l'oeil par des costumes tellement hideux est une erreur fatale. Quand l'info que transmet votre oeil à votre cerveau est une attaque, vous n'êtes clairement pas dans la meilleure disposition pour écouter, une fois de plus les parasites me brouillent l'écoute.
Je ne me prononce pas pour les rats et le seau, je suis trop con pour avoir compris.

Alors oui une très très belle soirée mais qui ne rentrera pas dans la lignée des références par des erreurs de distribution et des dérapages scéniques mais dont l'oreille gardera en mémoire les duos Simon-Fiesco tout comme certaines prestations glaçantes de Paolo.

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par Il prezzo » 08 déc. 2018, 11:37

Tu m’as coupé l’herbe sous le pied, Lois, tant mes impressions de la soirée d’hier ressemblent aux tiennes (et ce n’est pas pour dire « le dernier a toujours raison » !).

On n’arrive pas vierge à la 8e représentation d’un tel spectacle, quand on a digéré tant de commentaires, du plus destructeur (la citation de la critique -facilement brillante- de FO, faute originelle de ce fil !) aux plus touchants (celui de dongio entre autres, ainsi que la critique du wanderer). Ce sont ces derniers qui m’avaient convaincu d’aller me faire ma propre idée.

De fait, la descente en flammes de cette mise en scène n’est vraiment pas justifiée, car on a sous les yeux des images fortes (et pas UNE seule image, comme ça a été dit), qui peuvent effectivement bien dépeindre, en particulier avec l’assistance des projections -mentales-, les tourments de Simon. Une attention aux costumes nous aurait peut-être quand même aidé à éprouver quelque empathie pour les protagonistes, tant le sempiternel style années 50, assez inesthétique, nous donne l’impression d’être utilisé à toutes les sauces et sans justification particulière ces dernières années (heureusement, pas de mitraillettes…). Sans parler du seau de Paolo, accessoire totalement parasite, qui questionne plus qu'il ne signifie.

Il faut dire que pour aimer des personnages, il est préférable de les comprendre immédiatement et instinctivement, ce qui n’est pas le cas dans cette intrigue confuse, au déroulé un peu obscur. Les rôles sont loin d’avoir l’évidence d’autres héros verdiens (j’ai envie de dire, de quasiment tous les héros verdiens d’ailleurs), pour ne citer par exemple qu’un autre baryton célèbre, Rigoletto, auquel il est bien plus facile de s’identifier, dès l’entrée. Et l’histoire, moins abracadabrantesque que celle du Trouvère certes (mais là, le rythme et le brio de la partition pallient l’invraisemblance du livret), nous échappe un peu ; il est vrai qu’elle n’est pas servie par le Shakespeare du Romeo et Juliette, à laquelle fait penser cette obscure guerre de clans. En comparaison, l’histoire des Tudor vécue avant-hier chez Donizetti, si on la précède d’une rapide révision de l’arbre généalogique de la royauté britannique, parait limpide :D ). Ici, si le traumatisme initial de Simon est assez clair, ce sont les développements qui sont obscurs. J’imagine que ce doit être la principale cause du moindre succès de cette œuvre par rapport aux autres tubes verdiens.

Bieto en tout cas a bien « appris son Bastille », en faisant systématiquement chanter à l’avant-scène (un peu comme le Warlikowski de Don Carlos), ce qui sert à merveille sa direction d’acteurs très fine. Mais les limites à la vraisemblance sont souvent atteintes quand il faut « intellectualiser » sans arrêt les entrées-sorties des personnages sur un plateau quasiment nu (à l’exception de l’écrasante et très belle coque noire de bateau, si bien analysée par le wanderer).

A la froideur du plateau répond dans cette production la douce chaleur, et la lumière, qui émanent de la fosse, où le génie verdien est superbement mis en valeur par Fabio Luisi, dès le thème sublime énoncé aux premières mesures. La musique enveloppera dès lors doucement l’action (peu d’éclats de violence dans cet opéra), baume réconfortant pour le spectateur un peu heurté quand même par ce qu’il a sous les yeux.

Spectateur qui souffre surtout (là, je rejoins Lois, et d’autres) à l’écoute du ténor, absolument insupportable (moins supportable encore que le Scala d’avant-hier, ce qui n’est pas peu dire) : dans toutes ses interventions solo bien sûr, mais Demuro a même totalement pourri les parties a capella du trio avec Simon et Amelia, où on lui aurait bien crié « ta g…e ! » :2guns:). L’Amelia d’Agresta au timbre assez moche également, ce que ne semblait pas penser l’excité transalpin assis juste derrière moi, qui hurlait « braaavaaa Maria » à chaque occasion :x ). Probablement un « ami » ! Très bon Fiesco. Mais surtout, incroyable Simon de Ludovic Tézier, de plus bien meilleur acteur dans cette production, comme cela a été souligné, que dans d’autres. Son chant impeccable contient toute la douleur humaine possible.

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par Loïs » 08 déc. 2018, 11:49

Il prezzo a écrit :
08 déc. 2018, 11:37
Tu m’as coupé l’herbe sous le pied, Lois, tant mes impressions de la soirée d’hier ressemblent aux tiennes (et ce n’est pas pour dire « le dernier a toujours raison » !).
Oui ton analyse de la mise en scène est plus fine que la mienne et j'y adhère totalement
Il prezzo a écrit :
08 déc. 2018, 11:37
L’Amelia d’Agresta au timbre assez moche également, ce que ne semblait pas penser l’excité transalpin assis juste derrière moi, qui hurlait « braaavaaa Maria » à chaque occasion :x ). Probablement un « ami » !
Oui je l'entendais derrière moi et c'est ce que j'ai pensé tellement son brava après le pitoyable air d'entrée et son bravi après le duo avec le ténor étaient à l'opposé de la réalité
Devant moi j'avais aussi deux italiens version Renato & Zaza qui foutaient des baffes à ceux ou celles qui toussaient en leur intimant l'ordre de sortir: d'anthologie :lol:

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Re: Verdi - Simon Boccanegra - Luisi/Bieito - ONP - 11-12/2018

Message par micaela » 08 déc. 2018, 12:08

Je vais couper les cheveux en quatre à propos de l'avis de Il Prezzo : pour les costumes, d'après les photos, ce n'est pas une esthétique années 50, mais plutôt début années 70. Le costume de Maria Agresta m'a fait penser à certaines images d'actualités et films de cette période. Ca nous semble moche, mais ça ne gênait personne à l'époque.
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