Cimarosa - Il Matrimonio Segreto - Desimpelaere / Mazzonis - Liège - 10/2018

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Cimarosa - Il Matrimonio Segreto - Desimpelaere / Mazzonis - Liège - 10/2018

Message par Oylandoy » 21 oct. 2018, 18:34

Il Matrimonio segreto Domenico Cimarosa

Drama giocoso per musica en deux actes
Livret de Giovanni Bertati, d’après The Clandestine Marriage de George Colman et David Garrick
Créé à Vienne, Burgtheater, le 7 février 1792

Direction musicale : Ayrton Desimpelaere
Mise en scène : Stefano Mazzonis di Pralafera
Décors : Jean-Guy Lecat
Costumes : Fernand Ruiz
Lumières : Franco Marri

Orchestre et techniciens : Opéra Royal de Wallonie-Liège
Konzertmeister : Jean-Gabriel Raelet
Etudes musicales et clavecin : Hilary Caine

Carolina : Céline Mellon
Paolino : Matteo Falcier
Il Conte Robinson : Mario Cassi
Elisetta : Sophie Junker
Fidalma : Annunziata Vestri
Il Signor Geronimo : Patrick Delcour


Les 19, 21, 23, 25, 27 octobre à Liège et le 7 novembre à Charleroi

Représentation du 19 octobre 2018
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Il Matrimonio Segreto, « crème de l’opéra buffa » (joué 110 fois à Naples), d’après The Clandestine Marriage, inspiré lui-même de Mariage à la mode de William Hogarth, a été un immense succès au XIXème siècle. L’empereur Léopold II, pourtant peu réputé pour son goût pour la musique, enthousiasmé par la représentation, aurait fait rejouer aussitôt la totalité de l’œuvre. Comment voyons-nous cette œuvre aujourd’hui ?
Une ambiance légère, traitée comme une farce, munie évidemment d’une fin heureuse et d’une intrigue sentimentale et de personnage stéréotypés : le père ridicule et vaniteux, sourd et comique malgré lui, basse bouffe typique, les filles bonnes à marier (amour et jalousie), le jeune homme modeste, sentimental et sincère, le prétendant noble et désargenté, fourbe et prêt à tout pour se renflouer, la vieille fille désespérément à la recherche du prince charmant à un âge « critique »...

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Le chevalier à la rose ? La Cenerentola ? Ou plutôt le Bourgeois Gentilhomme ?
Si la noblesse chérissait les thèmes antiques, la mythologie, les personnages royaux ou divins, la bourgeoisie naissante préfère reconnaître ses propres préoccupations et son cadre de vie, paraît-il. La voilà surtout pourvue d’une belle satire, fort peu vraisemblable…

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Ambiance et esprit XVIIIème
La mise en scène de Stefano Mazzonis est, comme souvent, classique, zeffirellienne, mais dotée d’une excellente direction d’acteurs, mouvementée et dynamique, sans doute nécessaire pour animer une intrigue convenue et languissante, alourdie de nombre d’incohérences et d’airs saturés de répétitions, le tout étant sauvé par une musique alerte, qui dans un premier temps fait penser à Mozart (les trois accords qui débutent l’ouverture semblent débuter une représentation de la Flûte Enchantée), mais qui finalement préfigure Rossini. Quelques scènes toutefois en rajoutent dans le registre comique, au point de ressembler par instants à du dessin animé, au grand plaisir d’une assistance bon public. Autre trouvaille : lors de récitatifs, le claveciniste se prête à quelques fantaisies, rajoutant quelques notes correspondant à l’action mais anachroniques, on reconnaît par exemple les trompettes d’Aida, la chevauchée des walkyries, le début de la cinquième de Beethoven, la marche nuptiale du songe d’une nuit d’été…

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Céline Mellon et Matteo Falcier, en jeunes amoureux mariés secrètement, font preuve d’un bel allant, et sont dotés de voix sonores et bien projetées, aux aigus parfois minces et quelque peu acides pour Céline Mellon, vaillants mais raides parfois pour Matteo Falcier.
Mario Cassi campe un noble désargenté habile et audacieux, à l’aide d’une belle voix de baryton-basse aux graves bien assurés. Sophie Junker est une délicieuse Elisetta, grimée d’un faux nez et d’un faux menton, pour justifier le dédain de Robinson à son égard, Annunziata Vestri prête une belle voix de mezzo (voire contralto) et une vis comica contagieuse au personnage de Fadalma. La palme des applaudissements est remportée par Patrick Delcour, habitué des lieux et doté d’une véritable voix de basse bouffe, hilarante dans ce scénario et cette musique prérossiniens, qui, avec un personnage tonitruant de vieux barbon, essaie de se faire respecter, non sans difficultés, face à deux filles et une sœur très décidées.
Saluons enfin le jeune (28 ans !) chef, Ayrton Desimpelaere, qui conserve tout au long de la représentation une tension et une gaieté admirables pour une musique finalement peu variée. Brillant !

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Photos : Opéra Royal de Wallonie-Liège
la mélodie est immorale
Nietzsche

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