Ravel - Phillips - Gens - Rouen - 10/2018

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pingpangpong
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Ravel - Phillips - Gens - Rouen - 10/2018

Message par pingpangpong » 14 oct. 2018, 09:44

Gustav Holst Suite orientale pour orchestre op.29 n° 1 “Beni Mora“
Maurice Ravel Shéhérazade
Modeste Moussorgski Tableaux d’une Exposition

Direction musicale Jamie Phillips
Soprano Véronique Gens
Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie

En 1903, Maurice Ravel compose Shéhérazade, nouveau chef-d'œuvre à inscrire à sa production, où voix et orchestre servent un texte emprunt de tous les mystères de l'Orient, un Orient fantasmé et assumé comme tel : contes de nourrice, fantaisie et rythme ensorceleur en sont les maîtres-mots.
Chez Ravel pas d'effets de manches, pas de mauvais goût, jamais.
Et c'est peu de dire que Véronique Gens est la femme de la situation ; les mots, rien qu 'eux, l'expression se nourrissant de ceux-ci, troussés par un Tristan Klingsor bien inspiré. Ajoutons à cela beaucoup de classe, de simplicité et une voix au timbre immédiatement reconnaissable.
L'orchestre de l'Opéra de Rouen limpide, regorge de nostalgie dans Asie, se fait ondoyant avec la goëlette, scintille pour dire les princesses aux mains fines, frémit à l'évocation du bourreau qui coupe un cou d'innocent, se déploie et éclate, majestueux, au climax du vers “Je voudrais voir mourir d'amour ou bien de haine“. La soprano le suit de bout en bout, rêveuse, enchanteresse, maîtresse d'un texte qu'elle connaît par cœur.
Dans la Flûte enchantée, celle d'Anne-Claire Langlois se fait sensuelle, aérienne, tandis que V.Gens
apporte fraîcheur et naturel à cet instant volé au temps suspendu.
L'Indifférent entre désir langoureux et prosaïsme, est décanté avec simplicité et humilité par une chanteuse toujours soucieuse d'intelligibilité.
Son bis, L'île inconnue des Nuits d'été de Berlioz, est enlevé, détaillé avec lyrisme.
Auparavant, nous aurons pu découvrir, pour la plupart d'entre nous, une pièce en trois mouvements de Gustav Holst, Beni Mora, créée en 1912, suite de danses inspirées d'un voyage en Algérie. Si Charles Koechlin, avec ses Heures Persanes, composées d'après Pierre Loti dès 1913, alla plus loin dans l'originalité harmonique et dans le refus de toute artificialité, l'œuvre du compositeur anglais n'en reste pas moins captivante par ses couleurs et ses motifs authentiques “puisés à la source“.
En seconde partie de concert, l'Orchestre de l'Opéra de Rouen s'est brillamment illustré dans des Tableaux d'une exposition de Moussorgsky/Ravel vifs et chatoyants, chaque pupitre ayant fait montre d'une réactivité et d'une tenue absolument exemplaires sous la baguette inspirée du chef britannique Jamie Phillips, qui proposa en bis un extrait de la musique du film de Sidney Lumet Le Crime de l'Orient Express (1974) signée Richard Rodney Bennett.

E.Gibert
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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