Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par enrico75 » 17 oct. 2018, 18:18

Fin de la prise de Troie :
Une révélation :Monica Bohinec qui chantait hier une servante dans Elektra, voix puissante timbre ambré magnifique diction impeccable .une cassandre à la hauteur.
L orchestre somptueux avec les titulaires du philhar de vienne :extraodinaire solo de clarinette d'Ottensamer dans la deploration d 'andromaque
Chorebe moyen, énée puissant beau timbre belle diction mais pas d'aigus !!!!
Désolé pour jerome mais c'est autre chose que les huguenots !

RODELINDA
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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par RODELINDA » 17 oct. 2018, 20:58

Quelques photos de la Première...l'émotion de Joyce face à son public :coeur2:


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philipppe
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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par philipppe » 17 oct. 2018, 21:05

Antonacci a annulé ?

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par RODELINDA » 17 oct. 2018, 21:27

Quelques mots sur la première du 14 octobre à laquelle j’ai assisté, qui restera sans doute dans les mémoires comme l’un des grands succès de l’ère Meyer - un succès remarquable pour une œuvre somme toute assez peu connue du public viennois (on ne l’avait pas jouée ici depuis près de 40 ans). Il y avait même quelque chose de surréaliste à voir l’équipe de D McVicar se mêler à plusieurs reprises à la foule des chanteurs, choristes, danseurs et figurants pour participer à la liesse générale – quand on a encore en mémoire par exemple la bronca mémorable qui accueillit ici-même le calamiteux « Freischütz » qu’on nous a servi en juin dernier…. Au-delà des qualités esthétique certaines du travail de McVicar, j’ai particulièrement apprécié l’extrême fluidité des mouvements dans les scènes de masse, l’intégration très réussie des ballets, la beauté des éclairages et un jeu d’acteurs épuré, axé sur des gestes et attitudes simples mais fortement signifiant(e)s (comme par exemple la scène du deuil d’Andromaque au I, lorsque Cassandre tourne autour d’elle à pas lents - la réprobation, la colère douloureuse qui émane de sa seule présence, ou encore les adieux de Didon et d’Enée, avec ces corps qui s’effleurent, se rejoignent pour mieux se déchirer). Chapeau bas au chef et à toute l’équipe pour le travail colossal réalisé pour obtenir cette quasi-perfection avec des effectifs aussi pléthoriques (Chor der Wiener Staatsoper + Wiener Staatsbalett + Choradkademie der Wiener Staatsoper + Slowakischer Philharmonischer Chor + Europaballett St. Pölten….)
Tout avait pourtant mal commencé avec l’annonce, le jour même de l’annulation d’AC Antonacci. Monika Bohinec, membre de la troupe, relève le défi de ce rôle redoutable avec aplomb et les qualités qui sont les siennes – beau timbre, graves charnus, voix longue et homogène, une présence scénique forte et expressive malgré une nervosité bien compréhensible au début. Sans atteindre tout à fait les qualités déclamatoires et expressives d’une Antonacci, la diction est de qualité, ce qu'on ne peut pas toujours de certains de ses collègues un peu en retrait parmi les seconds rôles – par exemple Paole Fanale (Iopas) et Adam Plachetka (Chorèbe), tous deux bons chanteurs mais visiblement peu à l’aise dans ce répertoire. En revanche, la distribution m’a permis de découvrir trois jeunes chanteurs de talent dont j’ignorais encore le nom, la jeune hongroise Szilvia Vörös, dont le mezzo velouté offre un contraste intéressant avec celui de JDD et qui interprète son rôle de sœur aimante et fidèle avec beaucoup de sincérité et de délicatesse. Intervention remarquée des jeunes basses Peter Kellner dans le rôle de Panthée et Anthony Robin Schneider (l’ombre d’Hector), aux voix prometteuses. Très solides comme toujours, Benjamin Bruns (Hylas) et, dans le rôle du noble et sage Narbal, « notre » Jongmin Park séduit immanquablement par le noblesse de son timbre, même si on le sent plus précautionneux ici que dans le répertoire italien. La plus belle « révélation » pour moi dans ces « Troyens » : l’Enée de Brandon Jovanovich, que je ne connaissais que de renom. – j’ai lu qu’il avait tout de même chanté une fois à Vienne (Don José en 2016), mais c’était la première fois que l’entendais en salle. Je m’attendais à un timbre juvénile de Heldentenor aux aigus puissants et faciles : la puissance et l’héroïsme étaient au rendez-vous, malgré peut-être une certaine prudence dans les premiers actes, mais ce qui m’a littéralement subjugué, c’est sa capacité, dans les 2 derniers actes, à alléger son instrument pour donner à son personnages des accents de tendresse, de doute et de déchirement absolument bouleversants – et c’est en définitive, malgré sa haute silhouette et sa présence impérieuse (le redoutable « Il faut quitter Carthage » crânement assuré) , cet Enée que l’on retiendra, humble, déchiré, terriblement humain : « Je vous aime, Didon : grâce ! L’ordre divin pouvait seul emporter la cruelle victoire ». Sommet absolu de la soirée, pour moi, le duo de l’Acte IV, dans lequel le ténor parvient, avec une sensibilité inouïe à fondre littéralement le bronze de sa voix dans le velours délicat du mezzo de JDD (« Nuit d’ivresse et d’extase infinie »), un pur joyeux serti dans le plus beau des écrins : sous la baguette fine et nerveuse d’Alain Altinoglu, l’orchestre du Staatsoper, somptueux de couleurs, d’implication, magnifie les splendeurs de cette musique fascinante, dont les fulgurances, les élans, les langueurs d’or et de pourpre, captivent d’un bout à l’autre de ces 5 heures de spectacle (qui, pour ma part ne sont jamais passées aussi vite !). Dès le 2nd acte, le public a chaleureusement ovationné l’orchestre et son chef, vainqueurs à l’applaudimètre lors des saluts, un triomphe partagé avec la Didon miraculeuse de Joyce DiDonato.
Quant à Joyce….que dire….Comme souvent avec elle, j’ai mis, je l’avoue, à peu près 1 acte à me (re-)famiariser avec un timbre très particulier qui n’a jamais vraiment séduite, avec ce vibratello caractéristique qui m’irrite parfois – bref j’en étais même à me demander si le rôle lui convenait vraiment lorsque le miracle s’est produit : quand débute au IV le superbe duo avec son partenaire Jovanovich, toute question concernant l’adéquation vocale devient pour ainsi dire dérisoire tant elle ne fait qu’un avec son personnage – dans la caresse comme dans l’imprécation (terrifiant : « Dieux immortels ! Il part : Armez-vous, Tyriens !, chanté devant le rideau, dans la solitude de l’avant-scène), dans la douleur hallucinée ((« Vénus ! rends-moi ton fils »ou la terrible résolution de la scène du bûcher « je sens rentrer le calme dans mon cœur », chaque mot, chaque note se fait chair et sang, blessure, palpitation infinie, ….Dans cette mort de Didon d’anthologie, c’est la tragédienne qui triomphe avant la chanteuse – mais sans doute est-ce l’apanage des plus grands que de faire oublier, au cœur de l’émotion, l’ « artifice » du chant qui permet cette réussite : longueur du souffle infini, technique hors pair, palette de nuances inouïe. Lors des saluts, face au public qui crie son bonheur, elle reste un instant pétrifiée, comme elle-même terrassée par l’émotion qu'elle vient de susciter… Merci, Joyce pour ce grand bonheur qu’on réentendra avec délice sur Oe1 (20 octobre https://oe1.orf.at/programm/20181020/530272) ou le 4 novembre sur staatsoperlive (streaming payant).

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par Bernard C » 17 oct. 2018, 21:33

Magnifique CR qui me donne la chair de poule....par ce que ça fait ressurgir.

Merci

Bernard
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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par enrico75 » 17 oct. 2018, 22:38

Ce soir un triomphe pour JDD qui a été absolument fabuleuse d'engagement vocal et dramatique ,sa Didon a donné des frissons à toute la salle dans le 5eme acte car ce timbre si particulier qui déplait à certains,dégage sur scène, une énergie et une émotion incroyable.
Par contre un peu déçu par B.Jovanovich qui ,bien que très impliqué dans le rôle et une voix puissante ,a des aigus ternes et particulièrement difficiles au dessus du la.

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par muriel » 17 oct. 2018, 22:59

Opéra de Paris cherche Enee désespérément...

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par Bernard C » 18 oct. 2018, 07:30

On peut avoir un bon Enée sans aigus spectaculaires.
Apparemment Brandon Jovanovich rencontre toujours quelque difficulté de ce côté , mais c'est inconstant .

Bernard
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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par Michel » 18 oct. 2018, 13:12

A lire ces comptes rendus, je suis ravi de constater que Joyce DiDonato confirme en version scénique tout ce qu'elle avait montré en Didon à Strasbourg à Pâques 2017. J'avais eu la chance d'assister à ces deux fantastiques concerts et j'en était sorti sous le choc d'une sidérante et totale incarnation du rôle. Je retrouve dans vos descriptions les mêmes qualités (longueur de souffle, adéquation des couleurs et de la dynamique aux situations etc...) que j'avais notées il y a deux ans. http://www.resmusica.com/2017/04/17/des ... trasbourg/. Et cerise sur le gâteau, il y avait Michael Spyres en Enée et la formidable et amoureuse direction de John Nelson.

Je note avec plaisir également que la mise en scène de David McVicar, que j'avais vue à Londres lors de sa création (avec l'annulation de Jonas Kaufmann) et qui avait été alors suscité des avis plutôt négatifs, se voit réhabilitée et est en passe de devenir un "classique".

PS: Joyce DiDonato revient à Strasbourg en avril prochain pour deux concerts de La Damnation de Faust du même Berlioz (avec à nouveau enregistrement discographique à la clé). Au souvenir de ce qu'elle y avait fait à Baden-Baden avec le Philharmonique de Berlin et Simon Rattle, j'y courrai. Et le reste de la distribution est tout aussi alléchante: John Nelson à nouveau à la baguette, Michael Spyres en Faust, Alexandre Duhamel et Nicolas Courjal.

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Re: Berlioz-Les Troyens-Altinoglu/McVicar-Vienne-10/1018

Message par enrico75 » 19 oct. 2018, 17:43

Excellent compte rendu de Rodolinda avec lequel je suis assez en phase.
je n'ajouterais donc que quelques commentaires aprés la 2ème représentation:
Bien sur la grand triomphatrice de la soirée est sans conteste Joyce DiDonato admirable Didon et tout a été dit à son sujet.
La Cassandre de Monica Bohinec a été pour moi une révélation(d'autant que je l'avais écoutée la veille en première servante dans Elektra) .je pense que lors de la 2ème,'elle a gagné en assurance vocale et scénique bien que un peu gauche sur scèneet se mélangeant parfois les pinceaux en français(inexorable devenant inoxerable) mais c'est un détail et elle a sauvé la première partie.
Un peu déçu par Brandon Jovanovich qui ,s'il a la puissance et la vaillance vocale n'a pas d'aigus :par exemple dans justes regrets, le contre ut est émis a l'arraché à peine audible et c'est comme ça tout le temps ,(c est vrai que ce n'est pas essentiel pour Enée mais y a quand mème une petite frustration,(Hymmel les faisaient si bien à Londres)
par contre il a un engagement vocal et dramatique exceptionnel, qui culmine dans le duo d'amour de l'acte IV ou sa voix se marie à merveille avec celle de JDD.
la direction d'Alain Antinoglu est trés raffinée,colorée , ménageant sans cesse les chanteurs et les choeurs qui sont excellents mais incompréhensibles .
on aurait aimé un peu plus de" sauvagerie et de violence" ce que l'orchestre somptueux de l’opéra (avec beaucoup de titulaires du wiener philharmoniker ce soir là)aurait pu nous donner.
Enfin petit détail technique trés terre à terre mais bien agréable:la direction a investi dans un système de sous titrage individuel mème pour les places debout!chaque spectateur a donc maintenant à sa disposition une petite tablette tactile orientable avec 6 langues disponibles(.à méditer pour certaines salles).

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