Pergolèse :Messe/Jommelli:Dixit Dominus-Coro e Orchestra Ghislieri/G.Prandi-Ambronay 7/10/2018

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petitchoeur
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Pergolèse :Messe/Jommelli:Dixit Dominus-Coro e Orchestra Ghislieri/G.Prandi-Ambronay 7/10/2018

Message par petitchoeur » 08 oct. 2018, 21:42

Niccolo Jommelli (1714-1774) : Dixit Dominus.

Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736): messe en ré majeur (en première audition française)

Francesca Boncompagni, soprano
Marta Fumagalli, mezzo-soprano

Coro e Orchestra Ghislieri
Giulio Prandi, direction

Caterina Iora, Paola Valentina Molinari*, Maria Candela Scalabrini, Sonia Tedla, soprano 1
Valentina Argentieri, Emma Popolani,, Marta Redaelli, Karin Selva*, sopranos 2
Giulia Beatini, Silvia Bertulozza, Silvia Capobianco, Matilde Lazzaroni, Marta Fumagalli*, altos
Gianfranco Cerreto, Michele Concato*, Simone Milesi, Roberto Rilievi, Paolo Tormene, ténors
Matteo Bellotto*, Renato Cadel, Marco Grattarola, Alessandro Nuccio, Filippo Tuccimei, basses
*solistes du choeur

Marco Bianchi, Amie Weiss, Renata Spotti, Marco Piantoni, Luca Moretti, violons
Diego Castelli, Elena Telo, Elisa Imbalzano, Abramo Raule, violons 2
Gianni Maraldi, Emanuele Marcante, altos
Jorge Alberto Guerrero, Claudia Poz, violoncelles
Nicola Barbieri, contrebasse
Anna Maria Barbaglia, basson
Maria Cecilia Farina, orgue
Michele Pasotti, théorbe
Aviad Gershoni, Michele Favaro, hautbois
Gabriele Rochetti, Francesco Meucci, cors
Jonathan Pia, Matteo Macchia, trompettes.


Abbatiale d'Ambronay, le 7 octobre 2018

Niccolo Jommelli meurt à Naples en 1774 : ses funérailles publiques et solennelles sont l’occasion de rappeler, selon les chroniqueurs de l’époque, qu’il fut « le plus grand compositeur d’Europe », « le Gluck italien ». A son actif : 69 opéras ! Nombreux aussi sont les oratorios, les messes, les hymnes, les psaumes qu'il a composés. Dixit Dominus fut donné à Rome, en 1751 ou 1752, à Santa Maria dell'Anima pour la Nativité de la Vierge fêtée le 8 septembre. Il s’agit du psaume 110 (109), le plus cité par le Nouveau Testament et chanté aux jours de fête et chaque dimanche à l’office des vêpres. C’est le chant d’un peuple écrasé, privé de roi et de capitale par l’exil mais qui ne s’abandonne pas au désespoir, qui fait confiance au nouveau David que le Seigneur par serment s’est engagé à lui donner et qui assurera son triomphe sur les Nations.
Dixit Dominus Domino meo…
Oracle du Seigneur à mon Seigneur
Siège à ma droite,
Que je fasse de tes ennemis
L’escabeau de tes pieds...

La musique de Jommelli est marquée par la noblesse de son inspiration et son charme expressif. Musique brillante avec des airs de soprano et de mezzo-soprano difficiles: des attaques haut perchée et pianissimi, des sons filés, des vocalises, des trilles, des fioritures…Francesca Boncompagni, soprano aux sublimes aigus, possède une voix légère et aérienne. A son écoute, les vocalises, les trilles et les cadences acrobatiques paraissent bien faciles...Marta Fumagalli, mezzo-soprano, vocalise, elle aussi, avec une belle technique sur le exaltabit du n°7 et dans un da capo aux multiples fioritures parfumées. Son medium est chaud et profond. Modeste, elle est membre du choeur. Avec Paola Valentina Molinari, Karin Selva, Michele Concato et Matteo Bellotto, elle participe au petit ensemble de solistes qui intervient régulièrement tout au long de l'oeuvre. La musique de Jommelli est décorative : elle est menée avec brio par Giulio Prandi à la tête de son Coro e Orchestra Ghislieri (qui tire son nom du Collegio Ghislieri de Pavie où il est en résidence) : violence des cordes pour accompagner le jour de colère, vagues de croches pour évoquer le Seigneur qui boit au torrent, douceur de toutes les parties instrumentales et vocales pour accueillir la jeunesse du Seigneur comme une rosée de l'aurore. Le choeur introduit ce Dixit Dominus de manière majestueuse et le termine avec solennité par la doxologie ponctuée de très nombreux Amen alternativement PPP ou FFF.
La Messe en ré majeur de Pergolèse est donnée en première audition française. C'est, comme le Dixit de Jommelli, un grand moment de musique d'église dans le « goût moderne », pendant religieux de la musique d'opéra. Il faut capter l'attention du fidèle et provoquer son émotion par une écriture brillante et des solos d'une grande agilité. Ainsi le choeur et l'orchestre jouent-t'ils un véritable drame sonore dans l'invocation du Christe Eleison en opposition aux deux Kyrie, qui l'encadrent, d'un grand calme plein de l'espérance de la bonté pardonnante du Seigneur. Le Gloria est décomposé en de multiples parties. Les vocalises de la soprano louent le Seigneur dans le Laudamus. L'immense gloire est chantée avec puissance et rapidité par le choeur tandis que la soprano et la mezzo-soprano forment un très beau duo sur Seigneur Fils unique, Jésus-Christ... Comme dans le Kyrie : même contraste dans l'écriture musicale du Qui tollis peccata mundi… chanté avec une grande douceur puis repris avec force. Les vocalises sont aussi aériennes que celles du Dixit Dominus de Jommelli dans l'Altissimus et le Jesu Christe qui terminent le Gloria. La doxologie (prière de louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit) termine ce Gloria en une double fugue savante, brillante  avec des amen syncopés PPP et FFF qui ne peuvent que soulever les âmes des fidèles jusqu 'aux portes du ciel ! Curieusement cet ordinaire de messe ne comporte ni Sanctus , ni Agnus Dei.
Francesca Boncompagni et Marta Fumagalli sont, comme dans l'oeuvre de Jommelli, les solistes de cette messe accompagnées par le même quintette issu du choeur. Giulio Prandi et ses musiciens nous en offre une version dynamique, puissante, pleine de ferveur. Il galvanise le Coro e Orchestra Ghislieri. De ses bras et de ses mains immenses il obtient des nuances inouïes et des impulsions rythmiques follement dynamiques de ses instrumentistes comme de son choeur.
Immense succès d'un public subjugué que trois bis ne combleront pas ! D'abord l'amen final du Stabat Mater de Pergolèse. Puis l’éblouissante introduction du Dixit Dominus de Baldassare Galuppi (1706-1785), par ailleurs auteur de 91 opéras! Et enfin la reprise du final de la messe en ré majeur de Pergolèse.
Dernier concert à Ambronay du Festival de musique baroque 2018, Vibrations-Cosmos, fort réussi. Avec quelques grands moments : la résurrection des oeuvres sacrées de Giovanni Paolo Colonna par Leonardo Garcia Alarcon ; la première reprise depuis sa création en 1718 de Sémiramis de Destouches par les Ombres ; la première audition française de la messe en ré majeur de Pergolèse ; un 5ème Festival eeemerging, consacré aux jeunes ensembles, parrainé par Paul Agnew, et son gagnant : l'ensemble espagnol Cantoria. Six concerts captés par Culture-Box et quatre diffusés par France-Musique en France et en Europe. Sans oublier la participation à la journée cosmique de Hubert Reeves. Au total plus de 43 concerts et spectacles pour tout public et tout âge.
Pour ses quarante ans en 2019: que vive le Festival d'Ambronay . L'air du temps sera au programme !


Pierre Tricou
PS : ce concert sera diffusé sur France-Musique prochainement.

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