Beethoven-Fidelio - Antonini, vc -TCE- 06/10/18

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Beethoven-Fidelio - Antonini, vc -TCE- 06/10/18

Message par Bernard C » 04 oct. 2018, 23:24

Fidelio de Beethoven en version concert au Théâtre des Champs-Elysées.
Le 6 octobre 2018 à 20 h

DISTRIBUTION
Adrianne Pieczonka Leonore
Michael Spyres Florestan
Regula Mühlemann Marzelline
Albert Dohmen Rocco
Sebastian Holecek Don Pizarro
Matthias Winckhler Don Fernando
Patrick Grahl Jaquino
Ivo Haun, Ismael Arróniz prisonniers (membres du chœur)

Giovanni Antonini direction
Kammerorchester Basel
Basler Madrigalisten


Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par HELENE ADAM » 05 oct. 2018, 11:09

Concert à Bâle avec la même formation, hier soir 4 octobre. Vu seulement les vidéos des applaudissements, très fournis.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par enrico75 » 06 oct. 2018, 15:36

⚠️
attention Hélène va tester ce soir M.Spyres dans Fidelio.
Comme il semble que les ténors soient devenus des produits de consommation courante,il est conseillé de scanner leur code barre à l'entrée sur Y..a afin de déterminer les additifs nocifs :D :D

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par Bernard C » 06 oct. 2018, 21:45

Et à la fin c'est Beethoven qui gagne .

Bernard

Le quatuor du I , le quintette avant l'hymne final ,. deux moments où l'on pourrait mourir
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par enrico75 » 07 oct. 2018, 08:14

Bernard C a écrit :
06 oct. 2018, 21:45
Et à la fin c'est Beethoven qui gagne .

Bernard

Le quatuor du I , le quintette avant l'hymne final ,. deux moments où l'on pourrait mourir
oui c'est exactemnt ça;c’était les deux grands moments de la soirée.
trés déçu par M.Spyres qui ne semblait pas du tout impliqué dans le rôle:certes le chant est soigné,la puissance est là mais on est a mille années lumière d'un florestan moribond qui renait peu a peu à la vie comme l'ont interprétaient nombre de ténors avant lui il était loin d’être bouleversant.
J'ai plutôt bien aimé la Léonore d'A.Pieczonka que j’avais déja vu à Salzbourg dans ce rôle avec JK:mème si ses aigus étaient un peu difficiles.
les autre excellents:le rocco de Dohmen voix puissante et caverneuse qui a beaucoup chanté wotan,le pizzaro de S.Holecek trés convaincant avec de terribles accents de colère,la délicieuse marcelline de R.Muhlemann et le prometteur Jaquino de P.Grahl.
L'orchestre de chambre de Bâle en formation "baroque" au son trés agressif ,cordes avec boyaux(plutôt genre tord boyau comme l'a dit si justement Placido) avec des cors naturels à la ramasse dans l'air de Léonore,n'arrange pas les choses et la direction est plutôt brutale et hachée mais je pense que ça donne un idée de ce que pouvaient donner la représentation de l'oeuvre à l'origine..

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par PlacidoCarrerotti » 07 oct. 2018, 09:13

enrico75 a écrit :
07 oct. 2018, 08:14
je pense que ça donne un idée de ce que pouvaient donner la représentation de l'oeuvre à l'origine..
On ne sait pas trop. A l’époque Ludwig est resté sourd à toute demande d’interview.
« L’essentiel est d’être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent et tantôt nous lèchent » Voltaire, lettre au duc de Richelieu.

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par Bernard C » 07 oct. 2018, 09:29

PlacidoCarrerotti a écrit :
07 oct. 2018, 09:13
enrico75 a écrit :
07 oct. 2018, 08:14
je pense que ça donne un idée de ce que pouvaient donner la représentation de l'oeuvre à l'origine..
On ne sait pas trop. A l’époque Ludwig est resté sourd à toute demande d’interview.

Exactement.

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Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par HELENE ADAM » 07 oct. 2018, 09:33

En ce qui me concerne outre mon scepticisme à l'égard de l'oeuvre elle-même qui est davantage une somme de grands airs solistes et d'ensembles magnifiques, de grandes pages orchestrales qu'un opéra, je n'ai réussi à apprécier le Kammerorchester de Bâle qu'au deuxième acte, pendant la célèbre mini-ouverture qui annonce si bien le fameux "Goooot, wie dunkel hier" d'un Florestan émergeant péniblement de sa torpeur, à moitié mort de faim et dont les hallucinations sont la plus belle page de ce rôle.
Lors de l'ouverture à proprement parler, les violons étaient un peu désaccordés et grinçaient désagréablement. Si on ajoute un rythme très désordonné du chef et quelques couac du cor, ça partait mal. Froideur totale de la salle d'ailleurs alors que j'ai déjà vu cette ouverture (célèbre) littéralement ovationnée retardant le début de l'opéra.

Heureusement, arrivent deux délicieux jeunes premiers, Regula Mühlemann en Marzelline et Patrick Grahl en Jaquino. Belles voix très allemandes, prosodie parfaites, beaux aigus, rythme de la phrase et caractère primesautier des échanges, un vrai bonheur vocal (et visuel, elle est très jolie, il a fière allure).
L'orchestre (qui est de petite taille, rappelons-le, conformément aux traditions de l'époque) se fait alors assez discret ne couvrant jamais les voix qui se déploient magnifiquement. J'ai beaucoup aimé ces deux artistes, piliers de l'acte 1 qui culmine avec le fameux quatuor de toute beauté et magistralement interprété hier soir. Car entretemps sont arrivés successivement le Rocco tout en nuances de Albert Dohmen puis la puissante Leonore de Adrianne Pieczonka et l'impressionnant Don Pizarro de Sebastian Holecek, une vraie voix de méchant, baryton-basse fantastique lui aussi.
Le contraste entre la foncière bonté de Rocco et la cruauté impitoyable de Pizarro est particulièrement crédible malgré la version scénique et c'est encore les insuffisances de couleurs de l'orchestre qui gâchent un peu la confrontation.
Avec Michael Spyres, Adrianne Pieczonka est l'artiste que j'ai vu le plus souvent sur scène auparavant dans des rôles divers dont une superbe Senta à Londres il y a quelques années puis la comtesse dans Capriccio à Garnier. C'est une belle artiste très engagée dans ces rôles, elle tient bien en main et en voix cette Léonore qui a le rôle principal de Fidelio et sa complicité avec ses partenaires est très efficace.
Car cette version concert au moins pour les artistes qui maitrisent leur partition et n'en ont pas besoin, est très animée là encore avec une petite mise en scène et quelques accessoires très secondaires mais qui donnent vie à un "opéra" dont le fil dramatique est très ténu.
Alors oui, ses aigus sont parfois difficiles et sa voix force un peu dès qu'elle doit "monter" ce qui est un peu dommage mais dans le médium et la grave la voix se déploie superbement et elle possède elle aussi son Beethoven sur le bout des cordes vocales. Elle était en effet Leonore à Salzbourg avec JK dans la production de Claus Guth qui a donné lieu à un DVD et où l'orchestre de la philharmonie de Vienne n'avait rien "d'époque" et avait donné du Beethoven dans une luxuriance de sons et de couleurs magnifiques où les parties orchestrales avaient été littéralement ovationnées.
Le choeur des prisonniers est plutôt beau (de même que l'intervention finale du choeur d'ailleurs).
Spyres rate un peu son entrée, son "Goooot" n'est guère tenu et l'amplification n'est pas très excitante d'autant plus qu'il n'incarne pas vraiment le pauvre Florestan alors que ses partenaires "jouent" depuis le début de la représentation. Ensuite son chant est très beau, timbre magnifique, allemand correct mais on le sent un peu vissé à sa partition dans une "team" qui maitrise visiblement bien mieux la progression de l'oeuvre. Globalement la prestation est belle mais sans que le talent spécifique de Spyres ne soit spécialement valorisé par ce type de rôle (ni vocalises, ni suraigus, beaucoup de chant type Lied) et alors qu'il semble peiner à plusieurs reprises, rouge et visiblement mal à l'aise dans un costume très serré (cravate !) tandis que ses partenaires donnent l'impression d'un promenade de santé tranquille. Il ne nuance guère d'ailleurs contrairement à ses habitudes, signe qu'il ne maitrise pas suffisamment sa voix dans ce genre de rôle pour s'y risquer.
C'est beau et soigné mais ce n'est pas convainquant et il n'est pas sûr que Spyres ne gâche pas son immense talent dans ce genre de rôle.
Quand on est l'un des meilleurs Raoul, Mitridate, Faust de la Damnation, voir maintenant Fernand de la Favorite, pourquoi chanter Florestan que tant de ténors peuvent interpréter aussi bien que lui ? Pourquoi risquer d'abîmer sa voix en s'obligeant à forcer sur le médium qu'il a un peu faible, on le sait, dans ce genre de rôle qui ne se situe nullement aux extrêmes là où il excelle et où il est rare...
Enfin je ne peux pas terminer ce résultat de "test" sans parler du très beau baryton (quelle allure... :coeur2: ) Matthias Winckhler (Munichois de 28 ans !) qui campe la noblesse de Don Ferrando avec une classe folle et une maitrise impressionnante de son instrument.
Un dernier ensemble de toute beauté....
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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par Bernard C » 07 oct. 2018, 09:40

enrico75 a écrit :
07 oct. 2018, 08:14
Bernard C a écrit :
06 oct. 2018, 21:45
Et à la fin c'est Beethoven qui gagne .

Bernard

Le quatuor du I , le quintette avant l'hymne final ,. deux moments où l'on pourrait mourir
oui c'est exactemnt ça;c’était les deux grands moments de la soirée.
trés déçu par M.Spyres qui ne semblait pas du tout impliqué dans le rôle:certes le chant est soigné,la puissance est là mais on est a mille années lumière d'un florestan moribond qui renait peu a peu à la vie comme l'ont interprétaient nombre de ténors avant lui il était loin d’être bouleversant.
J'ai plutôt bien aimé la Léonore d'A.Pieczonka que j’avais déja vu à Salzbourg dans ce rôle avec JK:mème si ses aigus étaient un peu difficiles.
les autre excellents:le rocco de Dohmen voix puissante et caverneuse qui a beaucoup chanté wotan,le pizzaro de S.Holecek trés convaincant avec de terribles accents de colère,la délicieuse marcelline de R.Muhlemann et le prometteur Jaquino de P.Grahl.
L'orchestre de chambre de Bâle en formation "baroque" au son trés agressif ,cordes avec boyaux(plutôt genre tord boyau comme l'a dit si justement Placido) avec des cors naturels à la ramasse dans l'air de Léonore,n'arrange pas les choses et la direction est plutôt brutale et hachée mais je pense que ça donne un idée de ce que pouvaient donner la représentation de l'oeuvre à l'origine..
C'est exactement ça.
Très vilain son de l'orchestre même si le tempo et la dynamique intéressants.
Il y aurait trop de choses à dire sur les différents pupitres ,entre les violoncelles qui ont coupé des tronçons de bois toute la soirée, les cors naturels qui sont partis dans tous les sens , les percussions qui nous ont percuté et les violons à son de crécelles.

Mais ceci dit magnifique distribution globale même si Leonore a un timbre bien peu intéressant , ça on le sait et surtout le magnifique Spyres nous a fait un superbe Florestan qui nous a laissé de marbre.

Degré zéro de l'émotion.

Tous étaient excellents ceci dit.,.. ça a permis probablement pour moi l'essentiel.. m'emporter au ciel dans les ensembles.

Bernard

PS moi contrairement à Hélène , je n'ai aucun scepticisme concernant l'oeuvre.

J'aime Fidelio immodérément c'est un Chef d'œuvre absolu de l'art lyrique , et comme les Troyens et Pelleas même quand c'est couci couça Beethoven m'emporte toujours.
Rien ne peut me gâcher un Fidelio.
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Re: Beethoven-Fidelio - Antonini/Kammerorchester Basel, vc -TCE 06/10/18

Message par pingpangpong » 07 oct. 2018, 10:15

Fidelio, opéra en deux actes (1814) version concert
Musique de Ludwig Van Beethoven
Livret de Joseph Sonnleithner et Friedrich Treitschke d'après Léonore ou L'Amour conjugal de Jean-Nicolas Bouilly

DISTRIBUTION
Leonore Adrianne Pieczonka 
Florestan Michael Spyres 
Marzelline Regula Mühlemann 
Rocco Albert Dohmen
Don Pizarro Sebastian Holecek
Don Fernando Matthias Winckhler
Jaquino Patrick Grahl
Deux prisonniers Ivo Haun et Ismael Arróniz (membres du chœur)

Giovanni Antonini direction
Kammerorchester Basel
Basler Madrigalisten direction Raphael Immoos


Dès l'ouverture, dite “de Fidelio “ (pas de Leonore ce soir), le ton est donné. Giovanni Antonini va prendre l'œuvre à bras-le-corps, se dépenser physiquement pour elle, la faire vivre sans temps morts, nous faisant oublier ses défauts de fabrication, au risque de déplaire auxtenants d'une conception plus classique.
Tendue, nerveuse, l'ouverture l'est, mais le fruité des bois, ne compense pas certains ratés côté cuivres, ni la tenue rigoureuse de cordes des sonorités un peu aigres, sans vibrato, instruments d'époque obligent.

On eût aimé que les protagonistes, notamment le couple Florestan/Léonore, en donnent la même lecture incandescente. Non qu'ils n'aient été à la hauteur de ces rôles archétypaux du romantisme allemand. Simplement une certaine distance les a -t-elle tenue légèrement en deçà. Ainsi d'Adrienne Pieczonka dont l'Abscheulicher,(aïe les cors naturels !!), manquait de l'ampleur, de la dimension que seule la passion amoureuse peut générer, de la peur aussi qui doit être la sienne.
Voix ferme et corsée, une ligne dans le type des grandes Leonore, aux aigus cependant métalliques aux extrêmes.

Michael Spyres, sans doute plus encore, reste trop distant, moins investi que sa partenaire, la seule de la soirée d'ailleurs à se passer de partition.
Trop propre pour un homme dans sa condition sursitaire. Il chante bien, très bien même, les couleurs, la projection, rien à dire, malgré une tessiture qui se tend dans le haut. Le “Gott“ est d'une probité exemplaire, pas enflé démesurément mais ce n'est pas un critère; la suite est lumineuse, trop, et là c'en est un. On a du mal à y croire. Manque la force de conviction même dans un duo d'excellente facture, musical et qui se veut complice, si ce n'est passionné. Là encore, l'orchestre dit autre chose, qui a à voir avec Tristan à plus d'un titre.

Par ailleurs, on n'aura pas manqué d'applaudir comme il se doit la Marzelline toute fraîcheur, rondeurs et chaleur de timbre, de la suissesse Regula Mühlemann, son Rocco de père idéalement incarné, humanité comprise, par l'indispensable Albert Dohmen.
La voix plus claire de Sebastian Holecek impressionne en Pizarro, excessivement dirons-nous, trop sonore, passant par-dessus l'orchestre déchaîné derrière lequel il se déplace parfois pour mieux montrer son emprise sur tous en vrai méchant qu'il est, assez caricatural, forcé tout de même. Mais l'absence de mise en scène explique peut-être cela.

Jaquino de Patrick Grahl juvénile en osmose avec son amoureuse, bien lyrique, et très agréable de timbre, et Matthias Winckhler Fernando itou, mais placide de jeu, de ton.
Quant au chœur, trop sage et manquant de foi dans O welche Lust, il se surpasse, emporté qu'il est dans un final fiévreux et engagé par un orchestre et un chef dont on ne pourra pas dire qu'ils ne se sont pas ménagés.

E.Gibert
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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