Fauré/Duruflé : Requiems-D.Reiland-Saint Etienne-29/09/2018

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petitchoeur
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Fauré/Duruflé : Requiems-D.Reiland-Saint Etienne-29/09/2018

Message par petitchoeur » 01 oct. 2018, 11:40

Maurice Duruflé  (1902-1986): Requiem op.9 (1947)

Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op.48 (1893)


Roxane Macaudière, soprano
Philippe-Nicolas Martin, baryton

Choeur Lyrique de Saint-Etienne Loire , direction : Laurent Touche
Maîtrise de la Loire , direction : Jean-Baptiste Bertrand
Orchestre Symphonique de Saint-Etienne Loire
Direction musicale : David Reiland


Grand Théâtre Massenet à Saint-Etienne le 29 septembre 2018.

Deux Requiems au programme d'ouverture de la saison de l'Orchestre Symphonique et du Choeur Lyrique de Saint-Etienne Loire . Deux Requiems, en parenté de style, deux œuvres parmi les plus jouées de chacun de leur compositeur. Celui de Fauré (version de 1893) et celui de Maurice Duruflé écrit en 1947, plus de cinquante ans après celui de son aîné. L'un et l'autre utilisent les même textes avec de très légères variantes et la même structure : un ordinaire de messe (Introït, Kyrie, Offertoire, Sanctus, Agnus) auquel s'ajoutent des parties spécifiques à une messe des morts : Pie Jesu, Lux Aeterna, Libera me et In Paradisum.
Maurice Duruflé (1902-1986) fut professeur d'harmonie au CNSM de Paris et titulaire de l'orgue de Sainte Geneviève du Mont à Paris durant des décennies. C'est lui qui a créé en 1939 le concerto pour orgue de Francis Poulenc sous la direction de Paul Paray. Il a laissé une œuvre limitée, de musique religieuse d'orgue et chorale principalement. Son Requiem connaît plusieurs versions. Ce soir est donnée la version pour effectif réduit (cordes, cuivres, timbales et orgue). Duruflé a aussi transcrit cet ouvrage pour orgue seul et pour grand orchestre et orgue. Très influencé par le chant grégorien et la musique de la Renaissance, il utilise pourtant toutes les possibilités rythmiques, dynamiques et harmoniques pour proposer un langage personnel lui permettant de faire partager sa crainte face à la mort et au Jugement Dernier et toute sa foi dans une vie éternelle in paradisum. Remarquables enchevêtrements de lignes mélodiques et formidables crescendo/decrescendo du Kyrie et du Sanctus.Les harmonies aléatoires et les trémolos vacillants de l'Offertoire sur le Libera eas de ore leonis (Délivre-les de la gueule du lion), répété six fois, laissent planer le doute chez le croyant. Comme les syncopes de l'orgue dans l'Agnus. Le Pie Jesu est confié à un choeur d'enfants accompagné d'un solo de violoncelle.. Duruflé alterne dans le Libera me les passages de violente angoisse du Jugement et la douceur céleste espérée. Tandis que le In Paradisum conclut l'ouvrage sur une belle harmonie.
En deuxième partie le Requiem de Fauré est donné dans sa version originale. Entendue sous la direction de Fauré lui-même en 1893 à la messe célébrée, comme chaque année à la Madeleine à Paris, le 21 janvier pour l’anniversaire de la mort de Louis XVI. L’orchestre est réduit : pas de violons (sauf pour le solo du Sanctus) mais huit altos, six violoncelles, trois contrebasses, deux cors, deux trompettes, trois trombones, une harpe, des timbales et l’orgue. Cette orchestration permet à Fauré de donner à son Requiem une tonalité qui tend vers le grave et le medium. Les solos du baryton et de la soprano ne sont pas l’occasion d’effets vocaux spectaculaires et Fauré joue continuellement sur des variations de couleurs orchestrales en demi-teintes pour illustrer la mort qui, selon ses propres mots, est : «une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur de l’au-delà, plutôt qu’un passage douloureux ». Roxane Macaudière (sacrée en janvier 2018 prodige de l'année 2017 par Fr2) est une jeune soprano de 17 ans issue de la Maîtrise de la Loire. Elle chante le Pie Jesu avec une belle fraîcheur et une émouvante simplicité. Philippe-Nicolas Martin est un baryton à la belle carrière. Sa voix est puissante et bien timbrée. Il maîtrise un beau phrasé. Sa ligne de chant souple fait merveille dans le Hostias et le Libera me.
Le Choeur Lyrique de Saint-Etienne Loire (préparé par Laurent Touche) et la Maîtrise de la Loire ((préparée par Jean-Baptiste Bertrand) sont les acteurs essentiels de ces deux Requiems. Tout en douceur dans les parties recueillies et sereines chez Fauré comme chez Duruflé ; d'une impressionnante puissance dans les magistrales progressions vers les aigus et les FFF dans l'oeuvre de Duruflé. L'Orhestre Symphonique de Saint-Etienne Loire est brillant dans la partition très complexe de Duruflé (excellente violoncelliste solo dans le Pie Jesu) et accompagne les choeurs et solos de Fauré avec une belle gravité et une grande sérénité. David Reiland est premier chef invité et directeur artistique de l'Opéra de Saint-Etienne et, depuis cette saison, le nouveau directeur musical de l'Orchestre National de Lorraine. Il mène tous les musiciens avec une énergie et un enthousiasme communicatifs d'une gestuelle à la fois ferme et d'une souplesse inattendue (car pour une fois on le voit hors de la fosse !). Il est l'artisan d'un concert réussi que le public ovationne et qui obtient en bis la reprise du In Paradisum de Fauré.

Pierre Tricou

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