Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par MariaStuarda » 07 oct. 2018, 22:25

HELENE ADAM a écrit :
05 oct. 2018, 14:31
Prinzessin Von Judäa a écrit :
05 oct. 2018, 14:30
J’emmène ma maman en visite à Paris. Elle rêve de voir un opéra (du coup j'ai pas pris trop de risque avec La Traviata).
C'est en décembre avec Jaho et Castronovo.
Que pensez-vous de cette distribution?
Encore désolée pour ces questions de débutante absolue.
Belle distribution à mon avis surtout si ajoute la présence de Tézier, pour moi le meilleur des trois.... :wink:

(...)
Et ça n'est pas très objectif ! Jaho est aujourd'hui, sans conteste, une des plus grandes titulaires du rôle ! (et la maman de la princesse devrait pleurer comme je le fais à chaque fois que je la vois)

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par MariaStuarda » 07 oct. 2018, 22:26

Bon mais en attendant, tout le monde ne parle que de Kurzack sur les sites, forums et réseaux sociaux en tous genres et personne sur ODB n'est capable de nous donner un avis ? 8O

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par HELENE ADAM » 07 oct. 2018, 22:28

MariaStuarda a écrit :
07 oct. 2018, 22:26
Bon mais en attendant, tout le monde ne parle que de Kurzack sur les sites, forums et réseaux sociaux en tous genres et personne sur ODB n'est capable de nous donner un avis ? 8O
J'y suis demain soir et j'avoue que je m'en réjouis à l'avance après avoir lu quelques avis.... :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par MariaStuarda » 07 oct. 2018, 22:40

HELENE ADAM a écrit :
07 oct. 2018, 22:28
MariaStuarda a écrit :
07 oct. 2018, 22:26
Bon mais en attendant, tout le monde ne parle que de Kurzack sur les sites, forums et réseaux sociaux en tous genres et personne sur ODB n'est capable de nous donner un avis ? 8O
J'y suis demain soir et j'avoue que je m'en réjouis à l'avance après avoir lu quelques avis.... :D
J’attends ton avis avec une belle impatience :D

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par HELENE ADAM » 08 oct. 2018, 07:52

Pour les curieux le Brindisi chanté par Kurzak et Borras est en vidéo sur le site de l'ONP
https://res.cloudinary.com/opera-nation ... fazcbhiuwd
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par HELENE ADAM » 08 oct. 2018, 22:22

HELENE ADAM a écrit :
07 oct. 2018, 22:28
MariaStuarda a écrit :
07 oct. 2018, 22:26
Bon mais en attendant, tout le monde ne parle que de Kurzack sur les sites, forums et réseaux sociaux en tous genres et personne sur ODB n'est capable de nous donner un avis ? 8O
J'y suis demain soir et j'avoue que je m'en réjouis à l'avance après avoir lu quelques avis.... :D
Eh ben dis donc... elle m'a scotchée... la suite demain, je pleure encore un peu :wink:
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par HELENE ADAM » 09 oct. 2018, 09:38

Retour sur la soirée du 8 octobre

La mise en scène de Benoit Jacquot, inaugurée il y a quelques années maintenant, avec le trio Damrau,Demuro et Tézier, vieillit vraiment bien. Autant lors de la Première, je l'avais trouvée lourdingue, appuyant les grandes caractéristiques de l'oeuvre de manière excessive par son choix de décor (immensité du lit à l'acte 1, de l'arbre et, escalier monumental occupant l'autre partie de la scène à l'acte 2, tout petit lit misérable à côté du grand lit détruit et inutilisable à l'acte 3) et peu inspirée concernant la direction d'acteurs réduite au minimum.
Mais petit à petit, certaines modifications ont été apportées, les choeurs et danses sont plus fluides, et, pour finir, la beauté des décors frappe quand le jeu astucieux des éclairages, les dévoile brutalement en phase totale avec la fosse.

En tous cas hier soir, la représentation a été accueillie avec enthousiasme, certains applaudissements ont même fusé lors du dévoilement du décor de l'acte 2 première partie de la part d'un public qui m'a paru très hétérogène : beaucoup de jeunes, discutant de l'histoire en repartant, beaucoup d'étrangers aussi mettant les nerfs des ouvreuses à rude épreuve dans un melting pot de langues et... pas mal de places vides, exactement comme pour les Huguenots, me permettant de me replacer au parterre très facilement (avec une voisine Argentine venant de Buenos Aires, fan de Kaufmann et de Barenboim... les hasards :wink: ).

La bonne tenue de la soirée doit beaucoup à la direction de Giacomo Sagripanti, fluide et inventive, permettant une lecture peut-être moins dramatique de l'oeuvre que d'autres, mais faisant ressortir très intelligemment la beauté des voix, des duos, des ensembles, des choeurs qui composent cet opéra lequel comporte quand même quelques unes des plus belles pages de Verdi de ce point de vue. Sans perdre de vue l'importance de l'orchestre, le jeune chef couve ses chanteurs d'une attention efficace et admirable qui m'a permis, je pense pour la première fois après une dizaine de représentations de cette mise en scène à Bastille, d'apprécier l'acoustique des lieux quand elle est bien maitrisée (en tous cas depuis le parterre).

Mais c'est la composition d'Alexandra Kurzak en jeune Violetta, à la voix pure presque ingénue, au très fort engagement dramatique, presque fataliste, qui allie une fabuleuse technique vocale à une sensibilité à fleur de peau littéralement bouleversante, qui a dominé la soirée de la première à la dernière note (et quelle note !).
J'ai été très fortement impressionnée, le public aussi et je dois dire qu'il n'est pas si facile de décortiquer les raisons de cette réussite totale. Car Madame Kurzak (j'y tiens :mrgreen: ) n'est pas banale.
Elle n'est pas la trentième Violetta entendue ici ou ailleurs dans ma longue série de Traviata. Elle retient l'attention et créée une très forte émotion dès son arrivée sur scène. Les mouchoirs étaient nombreux lors de sa mort.
Soulignons d'abord peut-être que c'est une excellente comédienne ce que j'avais déjà remarqué dans les rôles précédents où je l'ai vu en salle (Adina, Maria Stuarda, Micaela, Alice Ford). Robe blanche à l'acte 1, robe noire au 2 puis longue chemise au 3, tout dans son allure, sa manière de se mouvoir sur scène, sa grâce infinie de belle jeune femme, conduit à une adhésion totale et immédiate. Sa silhouette et sa voix ont gardé la jeunesse qui sied à la jeune Violetta de Verdi, qui se meurt prématurément devant nos yeux.
Mais un jeu aussi juste d'actrice, ne serait rien si l'émotion ne passait pas aussi par le chant. Je la savais bonne technicienne du bel canto avec une belle précision des notes dans les vocalises et une jolie voix fruitée. Elle a gagné (et c'était déjà perceptible dans la Juive dont j'avais regardé la retransmission) en largeur de voix sans rien perdre de la pureté du timbre et finalement, c'est assez rare. Les aigus sont toujours d'une grande beauté, les suraigus sortent sans difficulté, tous ses grands airs sont négociés avec beaucoup de facilité et d'aisance, et elle a, en réserve, une très belle technique de longues notes filées du "forte" à la mezzo voce et réciproquement, qui nous a donné un final presque murmuré avant un très long crescendo parfaitement maitrisé et le cri ("Joie") en forte avant l'effondrement. Tout en sobriété quant aux gestes, et en émotion quant à la voix.
Son timbre évoque Yoncheva à présent, celui des sopranos qui savent faire passer l'émotion dans leur voix.
Certes, on pourra préférer des Violetta à la voix plus grande ou plutôt plus large, comme Netrebko dans sa jeunesse, mais, outre que Kurzak a une projection parfaite et que ses murmures s'entendent même dans le vaisseau de la Bastille, les évolutions de sa voix la conduisent assez naturellement vers ce genre de rôle où elle se révèle passionnante.

Ses partenaires sont moins intéressants.
Jean‑François Borras m'a énormément déçue : je l'attendais dans la partie lyrique d'Alfredo (acte 1 et début de l'acte 2) et il rate ses airs, voix chevrotante dès qu'il tente des nuances, et ligne de chant brouillon et mal tenue le plus souvent, pas d'aigu, bref fort peu d'applaudissements dans cette partie de l'opéra. Il est bien meilleur dans l'Alfredo tragique quand il doit donner de la voix : en mode "forte", son chant se stabilise et devient beau et efficace, bien scandé. Mais dès qu'il doit revenir à la mezza voce lors du final que Violetta murmure, il est de nouveau mal à l'aise, instrument non maitrisé par moment.

George Gagnidze (après Placido Domingo même rôle même endroit l'an dernier....), campe un Germont père assez convainquant globalement mais la voix accuse des durcissements qui limitent les effets de ses legato et des nuances qu'il tente de donner à un chant devenu un peu uniforme.

Virigine Verrez est toujours une Flora très sonore, très bien chantante, et très présente, Cornelia Oncioiu une adorable Anina, émouvante et dévouée, et Julien Dran,un bon Gastone. Je dis "toujours" car sans avoir vérifié, j'ai l'impression de les avoir vu dans cette salle et dans ces rôles, à chaque reprise de cette Traviata.

Choeurs et ballets excellents. Effet inversé des bohémiennes et des matadors toujours aussi drôle et plaisant juste avant que le drame ne se noue.
Malgré mes réserves sur les deux Germont, la soirée était globalement l'une des plus réussies parmi celles que j'ai vues jusqu'à présent (mais j'ai raté Jaho dans cette mise en scène, je la verrai en décembre). Au delà de la Violetta très charismatique de Aleksandra Kurzak, je pense qu'on peut retenir des ensembles très réussis, notamment la scène de la monnaie (la meilleure de loin pour Borras), et le final, un orchestre qui donne lui aussi le meilleur de lui-même et un chef qui dirige tout cela avec beaucoup de talent.
Ayant été à chaque fois déçue par les Alfredo vus ici (Demuro, Hymel, Castronovo), j'en viens à me dire que le rôle est finalement assez difficile à tenir pour un ténor...
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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par paco » 09 oct. 2018, 11:02

Merci pour le CR ! Je n'ai vu Kurzak qu'une fois, c'était en Gilda au ROH, et comme toi j'ai trouvé que, malgré une voix au format assez réduit, elle ne sonne jamais "petite voix", son timbre est consistant et je l'imagine très bien réussir les élans dramatiques de Violetta. J'ai hâte de l'entendre dans ce rôle.

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par micaela » 09 oct. 2018, 11:03

D'après memopera (qui s'arrête à la saison 16/17) Dran n'a interprété Gastone que dans la saison 15/16. Oncioiu, elle, semble avoir participé à presque toutes les reprises de cette production...
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Verdi - La Traviata - Sagripanti-Chichon/Jacquot - ONP - 10&12/2018

Message par HELENE ADAM » 09 oct. 2018, 16:26

micaela a écrit :
09 oct. 2018, 11:03
D'après memopera (qui s'arrête à la saison 16/17) Dran n'a interprété Gastone que dans la saison 15/16. Oncioiu, elle, semble avoir participé à presque toutes les reprises de cette production...
Il était Gastone début 2016 puis début 2018 (Domingo et Rebeka suite au désistement d'Anna Netrebko). En 2016 j'ai vu plusieurs représentations pour avoir toutes les distributions : Yoncheva avait annulé la première, remplacée par Agresta, j'y suis retournée pour la voir puis encore une troisième fois pour avoir Domingo en Germont père, d'où mon impression concernant Julien Dran... :wink:
Deux remarques par ailleurs :
- c'était la 43ème représentation dans cette mise en scène
- j'ai été étonnée de la voix "parlée" de Kurzak pendant la lecture de la lettre, sonorité très faible, presque inaudible et timbre assez grave.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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