Colonna - Trésors sacrés - Alarcon - Ambronay - 29/09/2018

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perrine
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Colonna - Trésors sacrés - Alarcon - Ambronay - 29/09/2018

Message par perrine » 30 sept. 2018, 15:17

Trésors sacrés

Musique sacrée de Giovanni Paolo Colonna (1637-1695)

Messe en mi mineur
Dixit Dominus en ré mineur
******
Magnificat concertato
Requiem (Missa pro defunctis)

INTERPRÈTES
Leonardo García Alarcón direction
Julie Roset, Mariana Flores sopranos
Carlo Vistoli contre-ténor
Valerio Contaldo ténor
Alejandro Meerapfel basse

CHOEUR DE CHAMBRE DE NAMUR
CAPPELLA MEDITERRANEA


Abbaye d’Ambronay, vendredi 28 septembre 2018


Leonardo García Alarcón fur repéré par Alain Brunet, alors directeur du festival d’Ambronay, en 2006. Alors assistant de Gabriel Garrido il a depuis poursuivi une belle collaboration avec Ambronay : chef en résidence pendant 4 ans avec son ensemble Capella Mediterranea, il a également édité plusieurs CD pour le label Ambronay Editions.
Après avoir exhumé ici même en 2010 Il Diluvio universale de Michelangelo Falvetti, il a cette fois retrouvé des partitions de Giovanni Paolo Colonna qui dormaient dans les bibliothèques de Paris et de Vienne.
Ce compositeur Bolognais qui fut maitre de chapelle à Saint-Pétrone, a une écriture riche et foisonnante. Les pages musicales grouillent d’idées, sont à la fois polyphoniques ou homophoniques, riches en contrepoint, et opposent également des doubles-chœurs aux concertinos ou concerto grande.
L’article de Luca della Libera sur « la musique de Colonna » qui accompagne le programme de salle détaille avec minutie et technique chaque œuvre proposée et nous permet de comprendre la richesse et la complexité du programme du soir.

Image

Le chœur de chambre de Namur excelle dans ce genre d’exercice. D’emblée, il emplit l’abbaye d’un son enroulé et distinct. Mené de main de maître par Alarcon, il enchaine les changements de rythmique, d’ambiance, de nuances, de support aux solistes ou de double chœur de manière admirable. La diction est également d’une précision sans faille.
L’orchestre de la Cappela Mediterranea est également très attentif et fait preuve de beaucoup de raffinement.

Côté solistes, certaines imprécisions inhabituelles sur les départs se font entendre dans la messe en Mi mineur. Il faut dire que leur disposition dans un espace très serré et directement dos au chef, ne les avantage pas pour capter les gestes et les regards pour les départs, et qu’il est fort probable que le court temps écoulé entre la découverte, la retranscription et l’exécution de la partition ne leur ait pas permis de trouver tous les repères nécessaires pour en maîtriser toutes les subtilités.
Mariana Flores d’ordinaire impeccable, peine à se mettre en voix et à se sentir à l’aise. Dans la messe en mi mineur, à contre-esprit de l’aspect solennel de l’œuvre, elle batifole, bat la mesure en miroir du chef, parait chercher sa technique et ses camarades. Elle retrouve au cours des autres pièces l’élégance vocale et la prestance qu’on lui connait. Le basse Alejandro Meerapfel possède de beaux graves et soutient parfaitement l’ensemble. Le ténor Valerio Contaldo possède des atouts magnifiques. Voix lumineuse, vocalises assurées, toutes ses interventions sont justes et assurées. Le contre-ténor Carlo Vistoli qui est récemment passé par le Jardin des Voix de William Christie est une belle découverte. Le chant est extrêmement nuancé, il prend la place attendue quand il le faut (soli dans Magnificat concertato) et sait se fondre avec les autres chanteurs quand il s’agit de quintet. Il en est de même pour Julie Roset qui irradie et électrise dès les premières notes du Kyrie de la messe en mi mineur. Prix du public et prix jeune talent à 19 ans au Concours de chant Lyrique à l'opéra d'Avignon il y a deux ans, elle possède déjà une intelligence dans l’interprétation et le phrasé, et l’instrument vocal est de toute beauté. Elle sait faire résonner juste ce qu’il faut son instrument sans écraser l’ensemble et son duo « Quia fecit minimagna qui potens est » (Magnificat concertato) avec Carlo Vistoli est d’une grande finesse.

Pour le Requiem, qui aurait été joué la première fois en 1694 à Strasbourg, les lumières sont baissées, plongeant le spectateur dans une ambiance calme et posée. Il n’y a plus de solistes à proprement parler, mais quelques interventions mineures au style grégorien qui se fondent ensuite dans le chœur. Le Requiem, Kyrie et Dies irae sont d’une écriture douce. S’ensuit une longue partie à l’écriture homophonique et verbeuse qui tel un roman sans fin pourrait être lue en diagonale, jusqu’à ce que l’intérêt musical refasse surface à partir du Benedictus, et nous accompagne petit à petit à travers de nouvelles pages riches, fines et attractives (quelle langueur majestueuse dans l’agnus dei !)

C’est un nouveau succès mérité avec des applaudissements chaleureux, pour ce public friand de découvertes et de nouveautés. Ce concert sera diffusé le 9 octobre prochain par France Musique, et sera également donné dès ce soir ( !) à Bruxelles, et le 20 avril 2019 au ConcertGebow.

Perrine

Crédit Photo : ©_Bertrand_PICHENE
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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