Haydn - La création - Equilbey - Lyon- 25/09/2018

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Haydn - La création - Equilbey - Lyon- 25/09/2018

Message par perrine » 30 sept. 2018, 15:04




Joseph Haydn Die Schöpfung [La Création], Hob. XXI:2

Chœur Accentus
Insula orchestra
Laurence Equilbey, direction
Chiara Skerath, soprano
Martin Mitterrutzner, ténor
Rafael Fingerlos, baryton



Mardi 25 Septembre, Auditorium de Lyon


Après deux passages en Angleterre où il s’est probablement fortement inspiré des oratorios de Haendel, Haydn revint à Vienne avec un livret inspiré de la Genèse, et du Paradis perdu de John Milton. Trop long et trop verbeux, il le fit remanier par son ami, entre autre musicien et mécène, le baron Gottfried van Swieren.
De manière chronologique, précédé par une introduction « La représentation du chaos », l’œuvre relate les 6 premiers jours de la création. Le récit s’arrête juste avant le jour du repos divin, et représente dans la dernière partie le couple humain dans son état idéal (juste avant … le drame de la pomme).

L’auditorium de Lyon, salle de 2100 places, dévolue au son symphonique, et le Centre culturel de rencontre d’Ambronay, et sa magnifique abbaye au son si brillant, s’associent pour donner une série de concerts de musique baroque.
Il va de soi que dans l’immensité de la salle Lyonnaise, la résonance que l’on peut attendre d’une telle œuvre est étouffée. Une des gageures de la chef d’orchestre est d’arriver à rendre au maximum les effets de l’œuvre, tout en gardant l’équilibre solistes, instrumentistes et choristes. Le temps de s’adapter à la salle et de réfréner quelques ardeurs aux percussions et aux violons, c’est chose réussie par Laurence Equilbey, qui d’une battue sans effusions mais faite de gestes tantôt secs, tantôt caressants, tantôt sautillants et qui par des regards furtifs et précis aux solistes (instruments ou vocaux), insuffle beaucoup de fraîcheur et d’énergie dans ces pages orchestrales magnifiques.

Le chœur est tout à l’écoute des demandes de la chef. Son entrée pour la représentation de la lumière (sans partition) est douce et caressante. Précis et homogène, les intentions de chaque morceau sont parfaitement exécutés.
Le ténor Martin Mitterrutzner possède de très beaux atouts. La fluidité dans la ligne de chant est suave et stylée, et la diction parfaite. Il possède de réelles qualités qui nous font le projeter en Don Ottavio, ne serait-ce des graves à rendre audibles et une projection à développer.
Le baryton Rafael Fingerlos ne possède pas non plus une grande ampleur, mais il arrive sans souci à passer l’orchestre et le chœur et captive par sa musicalité et son travail des nuances. Le récitatif « Gleich offnet sich der erde schoss » est particulièrement bien réussi et l’accompagnement orchestral représentant les lions, les cerfs, le cheval puis les insectes et le serpent est bien caractérisé.
Enfin la jeune soprano Chiara Skerath apporte beaucoup de fraîcheur. Son timbre est délicat et l’instrument joliment maîtrisé, les vocalises propres et sans effusions inutiles. Elle s’épanouit avec le chœur dans « Mit staunen sieht das wunderwerk » (comment ne pas penser à Mozart !), est fraîche et printanière dans « nun beut die flur das frische Grun » avec des piani filés et délicieux. Les trilles du duo avec la flûte solo, tel un battement d’aile frêle mais assuré, renforcent l’aspect imagé de ses interventions.

Le public a accueilli cette Création avec bel enthousiasme mérité.

Perrine
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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