Chansons anglaises XIIIème/XVème-Ensemble Céladon/P.Bündgen-Vézelay 24/08/2018

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petitchoeur
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Chansons anglaises XIIIème/XVème-Ensemble Céladon/P.Bündgen-Vézelay 24/08/2018

Message par petitchoeur » 30 août 2018, 22:14

Deo gratias Anglia

Anonyme : Trew, on wam ys al my tryst
• début du XIIIe siècle : Cormacus scripsit, Psaume
• vers 1361 : Angelus ad Virginem, Carol
• fin du XIVe siècle : Nowel sing we, Carol
• XIVe siècle : There is no rose, Carol
Stella Maris nuncuparis, Motet
New wolde Y fayne, Carol
• fin du XIIIe siècle : O Sponsa Dei Electa, Hymne
• XIVe siècle : O Maria Virgo pia, Hymne
Virgo Pudicicie ferens titulum, Conduit
• après 1415 : Agincourt Carol, Carol
• fin du XIIIe siècle : Do Way Robin / Sancta Mater, Motet
• XIVe siècle : Gabriel fram Heven-King, Carol - version instrumentale
Singularis et Insigne, Motet
Lullay, lullow, Carol
• fin du XIIIe siècle : Perspice Christicola, Canon

Ensemble Céladon :
Anne Delafosse,
soprano
Clara Coutouly, soprano
Nolwenn Le Guern, vièle à archet
Ludwin Bernaténé, percussions
Paulin Bündgen, contre-ténor & direction musicale

Notre-Dame de Saint-Père dans le cadre des Rencontres Musicales de Vézelay
le 24 août 2018

Pendant plus de cent ans (de 1337 à 1453) les rois d’Angleterre et les rois de France, bien que et parce qu’unis par des liens (complexes!) de famille, se sont faits la guerre pour obtenir ou conserver la couronne de France. En fait des périodes de combats alternent avec des temps de paix. Cent années marquées également par la Peste noire ; par des Bourguignons alliés des Anglais ; par des jacqueries ; par la révolte urbaine d’Etienne Marcel ; par une Guyenne anglaise vassale du roi de France ; par des défaites françaises (Crécy en 1346, Azincourt en 1415), par un roi de France, Charles VI, prisonnier à Londres ; par une libératrice d’Orléans, Jeanne d’Arc, faisant sacrer à Reims Charles VII ; par des Français aidés enfin par les Bourguignons ralliés récupérant Paris, chassant les Anglais de Guyenne et de Normandie et assurant la stabilité de la monarchie française…
C’est une période musicale faste avec le développement d’une musique savante et nouvelle : l’ars nova musicae, d’après le titre du traité de Philippe de Vitry diffusé au XIVème siècle : une polyphonie à trois ou quatre voix, des rythmes souples, des thèmes chantés par la voix supérieure plus lyriques, des nouveautés tonales, l’utilisation du triton (trois tons entiers, écart considérés alors comme diabolique…). Ce conflit de Cent ans ne concerne pas seulement la France et l’Angleterre. Par le jeu des alliances et au gré des invasions la diffusion de ce nouveau style de musique se fait dans presque toute l’Europe de l’ouest qui se retrouve impliquée dans ce conflit. Cet ars nova va s’épanouir particulièrement en Angleterre. avec le carol. Un chant à refrain et couplets mélangeant le latin et l’anglais évoquant la Nativité et la Vierge sans être un chant liturgique. Dans certains cas ces carols pouvaient aussi célébrer des faits politiques comme des victoires militaires, Azincourt par exemple.
L’ensemble Céladon fondé par le contre-ténor Paulin Bündgen en 1999 s’est spécialisé dans le répertoire de la musique ancienne. Les œuvres données ce jour sont surtout du XIVème siècle. Seules deux sont de la fin du XIIIème siècle et une du début du XVème siècle : le carol d’Azincourt. En dehors de ce carol saluant la victoire anglaise, tous ces chants parlent de Jésus, de sa Nativité et de sa Mère, la Vierge Marie. Sur des textes poétiques d’une grande simplicité : ainsi dans Angelus ad Virginem (l’Annonciation) : « …Je suis l’humble servante de Dieu […]. L’ange disparut et en un instant le ventre de la Vierge enfla de l’enfant sauveur… » L’ensemble Céladon utilise tout le chœur de la belle église gothique de Saint-Père en se déplaçant pour mettre en valeur telle voix ou tel instrument. Anne Delafosse et Clara Coutouly possèdent toutes deux des voix claires et chaudes. L’une puis l’autre assure la voix de dessus avec brio. La voix de contre-ténor de Paulin Bündgen est à la fois d’une grande douceur et d’une belle puissance, raffinée, aux belles tenues, sans aucune faiblesse dans les graves et les aigus. Son timbre est envoûtant dans There is no rose of such vertu… (il n’est de rose plus précieuse que la rose qui enfanta Jésus…). Les couplets et les refrains de la plupart de ces chants sont chantés en alternance sopranes/contre-ténor, ce qui est fort plaisant. Nolwenn Le Guern assure le soutien des chanteurs avec sa vièle à archet tandis que Ludwin Bernaténé rythme ces musiques de ses mains et de ses doigts avec grande élégance. Les baguettes et le tambour ne sont utilisés que pour le carol d’Azincourt.
Grand succès : en bis l’ensemble propose une prière adressée à Jean l’Evangéliste si proche du Christ et de sa Mère : pray for us (XIVème siècle).
Belle découverte de musiques pleines d’invention offertes par Paulin Bündgen et son Ensemble Céladon d’une immense générosité.

Pierre Tricou

PS : un CD de ce programme est disponible sous le label Aeon Outhere Music

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