Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

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philopera
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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par philopera » 02 août 2018, 11:47

JdeB a écrit :
02 août 2018, 10:27
oui, mais cela ne sonne pas "pépiant" ni aigrelet, le timbre est très beau et la femme ravissante
D'accord avec tout ça
jerome a écrit :
02 août 2018, 11:05
Sur , une fois admis l'emploi d'un soprano (emploi validé ultérieurement par Rossini lui-même), le timbre est certes léger (car, qu'elle le veuille ou non, elle reste un soprano léger) mais sonne assez corsé pour ce type de voix et se montre très éloigné des voix aigrelettes à la Mesplé. Par ailleurs ce qu'elle fait à Orange reste dans le style. Elle connaît sa grammaire belcantiste et son chant ne ressemble en rien à ce qu'était celui de Pons, Mesplé et compagnie (pas de noms récents pour éviter les polémiques) ... qui chantaient le belcanto comme des cocottes! Il y a un univers entre leurs notes piquées et celles de Peretyatko.
Je n'ai jamais dit qu'elle chantait comme Pons ou Mesplé
IL y a peut etre un univers mais j'y vois tout de même une filiation
Tu parles de grammaire belcantiste....peut être...mais comme tu dis c'est et ça restera un soprano léger et ça me barbe ce genre de voix dans ce répertoire

wababelooba
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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par wababelooba » 02 août 2018, 13:28

philopera a écrit :
02 août 2018, 11:47
JdeB a écrit :
02 août 2018, 10:27
oui, mais cela ne sonne pas "pépiant" ni aigrelet, le timbre est très beau et la femme ravissante
D'accord avec tout ça
jerome a écrit :
02 août 2018, 11:05
Sur , une fois admis l'emploi d'un soprano (emploi validé ultérieurement par Rossini lui-même), le timbre est certes léger (car, qu'elle le veuille ou non, elle reste un soprano léger) mais sonne assez corsé pour ce type de voix et se montre très éloigné des voix aigrelettes à la Mesplé. Par ailleurs ce qu'elle fait à Orange reste dans le style. Elle connaît sa grammaire belcantiste et son chant ne ressemble en rien à ce qu'était celui de Pons, Mesplé et compagnie (pas de noms récents pour éviter les polémiques) ... qui chantaient le belcanto comme des cocottes! Il y a un univers entre leurs notes piquées et celles de Peretyatko.
Je n'ai jamais dit qu'elle chantait comme Pons ou Mesplé
IL y a peut etre un univers mais j'y vois tout de même une filiation
Tu parles de grammaire belcantiste....bof ... pour ma part je ne mets pas sur le même plan une Peretyatko avec une Cuberli ou une Anderson ( il y a même un univers :lol: )
Ouais ... bon ... j'ai toujours défendu Peretyatko, de son Rossignol aixois à sa Matilde de Pesaro ou même sa Fiorilla d'Aix , mais là , j'ai trouvé qu'elle en faisait trop. Elle est toujours belle , bonne comédienne , sa voix s'est corsée , mais pourquoi tant de notes dans l'aigu qui viennent casser la ligne de chant . Rossini, c'est une liberté corsetée ( dans l'esclavage , comme dirait Pauline Réage!). Il faut dans le chant une énorme rigueur et un goût parfait.L'exemple idéal , c'est le Bartolo de Bruno de Simone, très reminiscent en effet de l'immense Enzo Dara , mais parfait, autant dans la caractérisation du personnage que dans le chant ( Oh ! le chant syllabique , dans les ensembles !).
Sempey toujours superlatif. Le personnage lui appartient désormais .
Je n'ai pas beaucoup aimé la mise en scène ( bien sûr , ça vit... mais le tournage de film, c'est devenu un cliché, et puis ça légitime toujours tellement de désordre sur scène ...) et je pense que mon ressenti négatif était accentué par la captation qui avait tendance à favoriser pendant les airs les inserts périphériques - comme le " réalisateur "regardant sur son combo , le curé et son enfant de choeur passant et repassant, les choeurs en train de se restaurer à l'arrière... Horripilant et enfantin... Comme si on risquait de s'ennuyer pendant Una voce poco fa.
Et pour ce qui est du ténor , hier soir , il était atroce . Souvent faux ,largué dans les vocalises , ce qui est quand même solidement rédhibitoire pour du Rossini.Reste qu'il a une présence sympathique et un timbre plutôt agréable, mais bon...

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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par JdeB » 02 août 2018, 13:54

wababelooba a écrit :
02 août 2018, 13:28
Ouais ... bon ... j'ai toujours défendu Peretyatko, de son Rossignol aixois à sa Matilde de Pesaro ou même sa Fiorilla d'Aix , mais là , j'ai trouvé qu'elle en faisait trop. Elle est toujours belle , bonne comédienne , sa voix s'est corsée , mais pourquoi tant de notes dans l'aigu qui viennent casser la ligne de chant . Rossini, c'est une liberté corsetée ( dans l'esclavage , comme dirait Pauline Réage!).
et bien, si tu avais entendu Pretty Yende dans ce rôle, tu aurais hurlé au scandale
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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par jerome » 02 août 2018, 14:31

A partir du moment où on utilise pour ce rôle un soprano (mais peut-être est-ce là le problème pour certains d'entre vous ?), ce qui est musicologiquement tout à fait défendable, il est évident qu'on ne doit absolument pas chanter ça n'importe comment et évidemment certainement pas comme les sopranos légers l'ont fait à partir de la fin du 19ème siècle (puisque le détournement du répertoire belcantiste par les sopranos légers date de cette période là!) justifiant a posteriori la célèbre phrase de Rossini: "C'est très joli Mademoiselle! De qui est-ce ?"
Fort heureusement ce temps est révolu et on ne chante plus Rosina comme le faisaient ces "cocottes". La liberté d'ornementation chez Rossini est indispensable mais avec goût et raison dans le respect du style. Ce qu'a fait Peretyatko est parfaitement défendable (et pourtant dieu sait que je ne fais pas partie de ses fans, loin de là!). Les notes piquées et les extrapolations dans l'aigu sont les bienvenues, faites comme elle les a faites.

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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par srourours » 02 août 2018, 15:03

JdeB a écrit :
29 juil. 2018, 07:23
DIRECTION MUSICALE Giampaolo Bisanti
MISE EN SCÈNE Adriano Sinivia
DÉCORS Enzo Iorio & Adriano Sinivia
COSTUMES Enzo Iorio
ECLAIRAGES Patrick Méeüs
VIDÉOS Gabriel Grinda

LE COMTE ALMAVIVA Ioan Hotea
DON BARTOLO Bruno De Simone
ROSINA Olga Peretyatko
FIGARO Florian Sempey
DON BASILIO Alexeï Tikhomirov
BERTA Annunziata Vestri
FIORELLO Gabriele Ribis
AMBROGIO Enzo Iorio

Orchestre national de Lyon
Chœurs des Opéras d'Avignon et de Monte-Carlo

Orange, le 31 juillet 2018.

Énorme succès d'affluence pour ce Barbier de Séville qui rentre au répertorie des Chorégies dans une mise en scène très enlevée et avec une belle distribution composée à 100 % de nouveaux venus dans le Théâtre antique, seul Florian Sempey s'étant déjà produit à Orange l'an dernier en récital à la cour Saint-Louis

Il s'agit de la première production scénique d'un Rossini en 149 ans de festival puisque Mose in Egitto du 23 juillet 1974 avait été donné en version de concert avec B. Christoff, C. Eda-Pierre et R. Massard. Véritable homme protée de la scène, Adriano Sinivia transpose l'action de la Séville des Lumières à la Rome de l'âge de'or du cinéma italien. Nous sommes donc d'emblée, dès l'ouverture des portes, placés dans l'ambiance haute en couleur et bigarrée des studios de la Cinecitta où des acteurs de peplums croisent des protagonistes de comédies sociales tandis qu'on s"apprête à filmer une version cinématographique du Barbier dans l'esprit de ce que faisait à l'époque un Carmine Gallone. c'est Alberto Sivinia qui tient le rôle du cinéaste, omniprésent sur scène devant son combiné de contrôle ou derrière son porte-voix en une délicieuse mise en abyme. A cour, en hauteur, on voit le résultat des effets spéciaux mis en oeuvre devant nous yeux dans la partie centrale de la scène, comme lors de la ballade en Vespa dans une route boisée d'incrustation. Sinivia connaît bien cet univers là pour y avoir servi d’assistant à Luigi Comencini lors du tournage du film-opéra tiré de La Bohème. Tout est parfaitement lisible et vif et savoureux dans cette production qui adapte à la démesure d'Orange son Barbier de Lausanne.
Sa direction d'acteur, lui qui fut le partenaire du Mime Marceau, est au laser et confère beaucoup de relief même aux personnages secondaires comme Berta ou Fiorello. Tous les solistes servent son propos avec brio et une rare alacrité. Il sont on ne peut plus crédibles.

A l'exception d'Alexeï Tikhomirov, Basilio dans le lignée d'un Paata Burchuladze pour le chant et d'un Mischa Auer pour le personnage, qui manque singulièrement d'italianità et à l'émission gutturale, tous les chanteurs sont parfaitement rompus au style rossinien.
Le jeune ténor roumain Ioan Hotea, appelé pour pallier au forfait de M. Spyres, nous chante le terrible rondo "cessa di piu resistere" avec beaucoup d'élégance et d'endurance, de vélocité aussi, seul le suraigu manquant de corps, de couleur et d’impact. Il incarne parfaitement le jeune aristocrate énamouré prêt à toutes les russes pour berner le tuteur de Rosina, soldat à l'ébriété de joyeux drille et le bachelier obséquieux et intrigant de la leçon de chant.
Florian Sempey a déjà triomphé dans Figaro à Bastille, Rome, Pesaro et Londres. Il brûle les planches avec un talent scénique sans cesse plus affirmé et délivre ses airs d'une voix de stentor qui fait merveille à Orange.
Olga Peretyatko campe une Rosina soprano mais sans rien du canari d'une mauvaise tradition car sa voix est corsée et son registre aigu éclatant avec une virtuosité sans ostentation et fort mutine.
Bruno De Simone dessine un Bartolo de haute école qui a retenu la leçon du grand Enzo Dara et brille par un talent scénique supérieur.
Annunziata Vestri, excellente comédienne elle aussi, a un timbre un peu ingrat et doit polir son émission.

Giampaolo Bisanti, très soucieux de ne pas couvrir les chanteurs, libère toutes les saveurs de la partition qu'il fait respirer avec un naturel confondant.

Jérôme Pesqué
Et que donnait l'orchestre national de Lyon dans un exercice et un répertoire éloignés de ce qu'il fait habituellement ?

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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par micaela » 02 août 2018, 15:19

Assez d'accord avec wababelooba sur la mise en scène. C'est agréable à regarder, il y a une vraie direction d'acteurs, mais trop c'est trop. Notamment le trop-plein de figurants et de scènes qui ne servent à rien. Et puis effectivement le concept n'est pas neuf : je pense entre autres à la Fiancée du Tsar transformée en tournage de télé-réalité, ou à l'Elixir d'amour sur le tournage d'un western (au temps du muet). Cette dernière mise en scène avait pour elle de ne pas en rajouter une couche dans la mise en abyme : on n'était pas sur le tournage d'une version du Barbier, mais dans une transposition : par exemple Nemorino était un figurant (ou acteur de tout petit rôle) participant au tournage.
Une transposition dans l'Italie de la fin des années 50, ça aurait sans doute été trop simple...
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

srourours
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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par srourours » 02 août 2018, 15:22

micaela a écrit :
02 août 2018, 15:19
Assez d'accord avec wababelooba sur la mise en scène. C'est agréable à regarder, il y a une vraie direction d'acteurs, mais trop c'est trop. Notamment le trop-plein de figurants et de scènes qui ne servent à rien. Et puis effectivement le concept n'est pas neuf : je pense entre autres à la Fiancée du Tsar transformée en tournage de télé-réalité, ou à l'Elixir d'amour sur le tournage d'un western (au temps du muet). Cette dernière mise en scène avait pour elle de ne pas en rajouter une couche dans la mise en abyme : on n'était pas sur le tournage d'une version du Barbier, mais dans une transposition : par exemple Nemorino était un figurant (ou acteur de tout petit rôle) participant au tournage.
Une transposition dans l'Italie de la fin des années 50, ça aurait sans doute été trop simple...
L'elixir dont tu parles, c'est la mise en scène de Villazon non? Moi je garde un souvenir émerveillé de la mes d'Omar Porras de cette meme oeuvre...

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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par micaela » 02 août 2018, 15:25

Je suppose que oui. J'ai découvert ça un peu par hasard sur brava ou classica . Il y interprétait Nemorino grimé en Mexicain (un peu caricatural) de BD western, le rôle attribué à son personnage dans le film dont la mise en scène raconte le tournage.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

wababelooba
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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par wababelooba » 02 août 2018, 15:29

srourours a écrit :
02 août 2018, 15:03

Et que donnait l'orchestre national de Lyon dans un exercice et un répertoire éloignés de ce qu'il fait habituellement ?
J'ai personnellement trouvé Lyon très bon , comme pratiquement toujours. J'ai simplement regretté des tempi un tout petit peu trop rapides sur certains ensembles , mais comme le plateau assurait, c'est resté digne.

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Re: Rossini- Il Barbiere di Siviglia- Bisanti / Sinivia- Orange- 07&08/2018

Message par muriel » 02 août 2018, 18:16

j'ai coupé après Una voce poco fa, parce que c'était vraiment insupportable (et tard)
en fait la suite est bien meilleure, la dame se rattrape avec talent.

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