Concert d'Opéra Junior - Montpellier- 19/07/2018

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Concert d'Opéra Junior - Montpellier- 19/07/2018

Message par JdeB » 27 juil. 2018, 08:35

"L'Amour de Moy" : chansons et transcriptions


Corum, salle Pasteur, le 19 juillet 2018 à 16h.

Opéra junior a été créé en 1990 par Henri Maier, directeur de l’Opéra de Montpellier à cette époque, et surtout par Vladimir Kojoukharov, un compositeur, librettiste et chef d’orchestre franco-bulgare. Il s‘agit d’un Atelier sans audition ni concours d’entrée destiné à faire monter les enfants et les adolescents sur scène pour participer des spectacles lyriques. Au début de l’aventure, leur mentor composait pour eux des opéras ( Republica ! Republica ! puis Cendrillon (1994), …) et montait les opéras baroques prévus pour des très jeunes comme Dido and Aeneas en 1991 puis, 10 ans plus tard, Juditha triumphans de Vivaldi mise en scène par Jean-Louis Martinoty. Le projet le plus original des années 1990 a été l’exhumation des parties musicales composées par JB Moreau pour l’Esther de Racine en 1689. Les éléments les plus doués ont participé à des spectacles importants, comme La Flûte enchantée, Mass de Bernstein en 2013 et surtout la création à Aix du Monstre du Labyrinthe sous la baguette de Simon Rattle, production reprise à Montpellier avec un chef moins prestigieux.

Dans le cadre de la journée sur les transcriptions, le concert de cet après-midi était axé sur l’innamoramento et filait la métaphore florale, celle de la rose en particulier. Une cinquantaine de jeunes choristes (et deux garçons seulement !), sous la houlette de Vincent Recolin et Caroline Comola, qui se succèdent au pupitre (y compris au milieu d’un morceau) ou jouent d’un instrument, la flûte traversière en l’occurrence pour cette dernière, tandis que Marie Arnaud sous-tend tout le spectacle au piano avec beaucoup de précision et de clarté.

Le déroulé du concert se fait peu ou prou par ordre chronologique, avec de nombreuses voix sortant du chœur pour assurer alternativement des parties solo, parfois à cappella.
Il s’ouvre sur des textes pour troubadour chantant l’amour courtois comme L’Amour de Moy transposés par Heinrich Poos avec une introduction au clavier à la manière d’une pièce de clavecin de Bach comme dans le sublime A Chloris de Reynaldo Hahn suivi d’une version de Belle qui tient ma vie enjambant les siècles comme on saute-mouton pour cousiner avec la comédie musicale) avant deux songs de Dowland empreints d’une douce mélancolie.

Un deuxième volet est dévolu aux mélodies de Fauré et Debussy, passant de l’intime prévu initialement à un développement choral, de l’un au multiple. C’est la partie qui met le plus en lumière le sens des nuances de la juvénile phalange.
Le « Toi, le cœur de la rose », tiré de l’Enfant et les sortilèges qu’Opéra junior a donné intégralement il y a trois ans, est ici confié à plusieurs pupitres contrapuntiques, de manière assez sophistiquée.

Et pour conclure, deux chansons populaires espagnoles de Jensen et Rodrigo emportent pleinement l’enthousiasme. Adela de Joaquin Rodrigo, qui sera redonnée en bis de manière encore plus brillante, est mise en espace avec beaucoup de goût et d’impact dans le style flamenco, avec claquement de main en cadence et une belle énergie occitane.

Si cette promotion n’est pas la plus brillante d’Opéra-Junior, avec une énorme disproportion numérique entre les filles et les garçons, elle est tout de même composée de talents en bourgeon dignes d’intérêt dont il faudra suivre l’éclosion dans des projets encore plus ambitieux.

Jérôme Pesqué
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

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