Wagner - Der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/2018

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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par Hermangarde » 23 juil. 2018, 11:00

En mars 2015, le public n'a pas hué le ballet du début de l'acte 3. Silence religieux, on n'entendait que les battements des chaussures des danseuses et l'effet d'attente jouait alors à plein.

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HELENE ADAM
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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par HELENE ADAM » 23 juil. 2018, 14:53

Hermangarde a écrit :
23 juil. 2018, 11:00
En mars 2015, le public n'a pas hué le ballet du début de l'acte 3. Silence religieux, on n'entendait que les battements des chaussures des danseuses et l'effet d'attente jouait alors à plein.
Il me semble que pour le livestream de cette Walküre en janvier dernier avec la même distribution (sauf Siegmund), il n'y avait pas eu non plus autant de ramdam mais ma mémoire peut me jouer des tours. En salle de toute façon c''est plus frappant (et beaucoup plus gênant). :cry:

Sur Wolfgang Koch : plusieurs amis qui étaient installés beaucoup plus près de la scène parlent du fait que Koch semblait enrhumé ou bronchiteux et qu'il toussait beaucoup (j'étais au 17ème rang ce qui n'est pas si loin que cela au BSO, l'équivalent du 10ème rang à Bastille en gros, mais je n'ai pas forcément vu tous les détails).

Sur la distribution : pour mémoire, un CD de la Walküre avait été enregistré en studio, sous le label du Mariinsky en 2013, direction Gergiev avec les mêmes Kaufmann, Stemme et Kampe (et Pape en Wotan). Intéressant à réécouter pour la différence d'interprétation du maestro...(les chanteurs étaient déjà tous top-niveau dans ces rôles).

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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par franz » 23 juil. 2018, 15:20

Étant présent en salle en Janvier 18 pour le cycle complet du Ring je peux témoigner que les réactions des spectateurs au ballet ouvrant le 3ème acte de Walkure étaient nombreuses et très hostiles voir virulentes.

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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par HELENE ADAM » 23 juil. 2018, 16:28

Quelques photos du site du Bayerische Staatsoper sur la représentation d'hier, die Walküre.

Acte 1
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Acte 2
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Acte 3
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Saluts
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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par Hiero von Stierkopf » 25 juil. 2018, 07:01

Une très belle soirée avec cette deuxième journée du Ring.
Je suis ressorti bouleversé par le III, essentiellement grâce à Nina Stemme et Petrenko.

J'ai trouvé la distribution globalement excellente. Mes réserves ne portent que sur Okka von der Damerau qui ne m'a absolument pas convaincu en Erda par un manque de profondeur et de projection qui ressortaient cruellement au début du III.
Wolfgang Koch est en revanche revenu en forme avec un Wanderer fouillé et une projection remarquable. J'ai trouvé le Mime de Ablinger-Sperrhacke excellent vocalement et scéniquement impressionnant.
Rien à redire sur le Fafner de Anger et sur l'Alberich de Lundgren, confirmant tous deux les excellentes impressions laissées dans Rheingold.

Stefan Vinke m'a semblé prudent et sur la réserve au I - toute la scène de la forge de Nothung m'a laissé sur ma faim où il m'a semblé à la peine, et en grande partie au II. Ça ne projetait pas toujours très bien jusqu'au III et on sentait à l'évidence qu'il en gardait sous la pédale pour la suite.
Pas parfait au III mais il est monté d'un cran en volume et j'ai trouvé au final qu'il était globalement très convaincant dans ce rôle de dingo.

Puis est apparue Nina Stemme avec sa voix somptueuse, désormais totalement addictive pour moi, mêlant puissance, lyrisme et capacité à toucher comme aucune autre ne sait le faire.
J'ai été littéralement fasciné par l'intégralité de la dernière scène dès le motif du réveil dans la fosse.
Submergé par l'émotion jusqu'à ma sortie de la salle. Montée en intensité au fil de la soirée, placement idéal dans la salle, orchestre hypnotisant, accumulation de fatigue et effet catalyseur Ring-cycle ? Je ne sais pas mais le III m'a donné une claque dont je n'osais espérer un tel impact.

La mise en scène me satisfait globalement, je dirais même que j'y adhère largemement.
S'agissant de Siegfried, seule la fin du I m'a semblée un peu confuse avec trop d'éléments simultanés faisant de la scène de la forge un joyeux bordel. J'ai trouvé la scène de la confrontation avec Fafner très réussie.

Mais je chipote car j'ai passé une excellente soirée.
Comment ça, merde alors ?! But alors you are French ?

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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par Fasolt » 25 juil. 2018, 07:31

Également complètement emporté par le IIIe acte. D'abord et surtout par Petrenko qui déploie comme jamais la grandiose cosmogonie wagnérienne : à partir de l'affrontement entre Wotan et Siegfried on est sur le chemin des sommets... les escarpements, l'ascension, la traversée du feu, les cimes... Et, dans l'air raréfié des sommets, on est littéralement ébloui par le réveil de Brünnhilde. L'accord entre Stemme et Petrenko est formidable....et Stemme rend avec beaucoup de subtilité les palinodies de son personnage... Vinke est parfait en Siegfried, le seul petit regret est que j'ai eu un peu le sentiment qu'il était quelque fois relégué au second plan par le couple Stemme / Petrenko 😉

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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par HELENE ADAM » 25 juil. 2018, 09:53

En phase avec les deux commentaires ci-dessus.
Cette deuxième journée du Ring confirme l'immense intérêt musical et dramatique à voir cette oeuvre en enfilade dans les mêmes conditions.
Il y a bien sûr l'exceptionnel talent de Petrenko pour sculpter chaque leitmotiv, souligner son retour, faire entendre les différences et les obsessionnels thèmes récurrents, celui de l'orchestre qui sait lui aussi varier de la douceur infinie à l'infinie violence. Mais il y a aussi le talent des chanteurs qui sont les mêmes d'un bout à l'autre de ce Ring et peuvent ainsi construire leur personnage sur le long temps de l'action avec ses évolutions.

Et il y a enfin la fluidité et la lisibilité d'une mise en scène dont on comprend à chaque instant les repères, les très intelligentes et fidèles illustrations du livret et les formidables réussites de la plupart des scènes type de l'opéra.
J'en profite pour saluer la présence et l'utilisation de ce brillant corps de ballets comme éléments du décor qui constitue l'une des trouvailles géniales du metteur en scène.

Ils étaient jeunes gens se baignant insouciants, dans le Rhin pour le Prologue puis mineurs au royaume sombre des Nibelungen. Elles furent jeunes filles passant le verre d'eau une dizaine de fois de Sieglinde à Siegmund symbolisant leur amour naissant ou arbres abritant cet amour lors du Winterstürme. Ils installent les murs de la forge où Mime s'escrime à tenter de reconstruire Notung, et les défont aussi prestement à chaque récit de Mime révélant à Siegfried ses origines pour montrer la scène décrite. Ce ballet incessant est non seulement parfaitement huilé mais donne du sens à ce premier acte parfois un peu longuet (Ach ce crétin de Siegfried et son épée...) en soulignant à quel point il plonge dans les racines du passé, des événements tragiques de la Walküre quelques années auparavant.
Le corps de ballet entame d'ailleurs une singulière danse lors de la scène de la forge de Notung, soufflet géant actionné par des jeunes gens se balançant mais aussi mouvements pour représenter la confection de ses élixirs par Mime, tout le monde bouge dans une cadence infernale et si, à cet instant Stefan Vinke avait été moins sur la réserve, on aurait probablement atteint des sommets.
Mais le corps de ballet et les figurants nous offrent encore bien des surprises fantastiquement réussies : le géant Fafner juché dans une sorte d'énorme filet rempli de danseurs, violemment éclairé en rouge, deux yeux jaunes perçants, pour représenter le dragon, c'est tout simplement génial, esthétiquement, visuellement et ce que vous voulez. D'ailleurs la salle pousse un "ouf" d'étonnement et d'admiration.
Je passe l'élégant oiseau de Siegfried (une jeune ballerine tenant un oiseau au bout d'une perche accompagnée de la chanteuse de la "voix" les bras en aile d'oiseau) qui reviendra en fond de scène ou devant à chaque fois que revient le thème musical correspondant ou d'autres scènes comme la mort de Fafner ou l'arrivée de Siegfried au pied du rocher avec Erda n'avançant qu'au milieu de corps qui l'enserrent et l'enfouissent à plusieurs reprises.
Les braises qui entourent le rocher sont aussi des danseurs illuminés de rouge qui vont rouler sur eux-même pour s'éloigner et libérer Brünnhilde. Enfin le réveil de la Walküre est d'une beauté à vous couper le souffle tout comme d'ailleurs cet immense drap rouge qui entoure le lit lors des échanges finaux entre elle et lui.

Sur le plan musical on ne peut que répéter à l'infini les éloges pour Petrenko et ce qu'il fait de ce Ring sur la durée.

Après la sombre tragédie de Walküre, Siegfried est une sorte de réveil ludique. Ce grand gosse assez primaire, qui ne connait que la force et voudrait bien user de la puissance qu'il possède, magnifiquement incarné par Stefan Vinke sur le plan scénique, connait toute sorte de sentiments, passe par toutes sortes de phases initiatrices et l'évolution vers l'accomplissement de son destin, est très bien rendu tout à la fois par l'interprète, par la mise en scène que par la musique que donne Petrenko qui sait se faire léger, voire primesautier pour mieux faire ressortir ensuite la tragédie.

Stefan Vinke est un Siegfried globalement séduisant avec quelques faiblesses notamment dans l'acte 1 où il manque de projection et de mordant et semble un peu à la peine. Sans doute est-ce l'effet d'une volonté de se réserver pour un rôle très éprouvant et l'acte 3 le montre davantage en possessions de ses moyens. C'est un Siegfried subtil comme tous les interprètes de ce Ring (on n'est pas, je le répète, au règne des décibels, c'est un choix collectif et c'est super), meilleur dans les parties héroïques (les plus nombreuses) que dans les quelques moments lyriques mais globalement impressionnant par sa vaillance et le sens qu'il donne à son personnage.

Le Mime de Wolfgang Ablinger-Sperrhacke est par contre éblouissant d'un bout à l'autre du rôle, grinçant, émouvant même dans son récit à Siegfried, projection insolente et aisance dans les facéties du rôle étourdissante. Dommage qu'il ne soit pas revenu se faire applaudir en toute fin de l'opéra, car, franchement sa prestation valait une ovation d'importance.

Le Wanderer d'un Wolfgang Koch qui avait retrouvé tous ses moyens et se promenait littéralement dans le rôle, donne cette unité si impressionnante à la vision d'un Ring complet : on voit l'évolution du personnage de ce Wotan prétentieux, très hommes d'affaire (déjà déclinant, cheveux blancs...) de Rheingold, vers le Wotan contrarié et qui doit prendre de dramatiques décisions dans la WalKüre, dont celles de tuer son fils et d'endormir sa fille, vers ce wanderer vagabond, longue cape et déclin inévitable. Le chanteur rend magnifiquement les effets de cette évolution. C'est tout à la fois très intériorisé, très émouvant et la colère s'exprime aussi avec force aux moments-clés.

L'Alberich de John Lundgren poursuit là aussi avec brio l'évolution de son sombre et maléfique personnage et le Fafner d'Ain Anger (qui a été Hundig dans la Walküre également) est parfait.

L'Erda de Okka von der Damerau a de réelles qualités mais je crois que le rôle est décidément mal distribué : il faut une tessiture plus grave (contralto ?) tant les notes fortes à produire semblent se situer en dehors de la zone de confort d'une mezzo. Et cela s'en ressent.

Reste, cerise sur le gâteau, l'apparition miraculeuse de la Brünnhilde de Nina Stemme qui se promène dans le rôle, le maitrisant parfaitement, avec cette voix sublime qui ne se refuse aucun aigu glorieux, aucune mezzo voce délicieuse, aucun "forte" à déménager tout l'opéra.
On regrettera seulement qu'elle soit assez mal assortie à un Siegfried, on l'a dit, qui manque un peu d'éclat et se faire assez régulièrement submerger par le torrent musical complice entre Petrenko et Stemme.
A suivre...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par HELENE ADAM » 25 juil. 2018, 10:16

NB : le magnifique programme papier (un album par partie du Ring), comporte la distribution de la création en 2012. Lance Ryan était Siegfried et Mayer était Wotan/le wanderer... Juste pour se souvenir comme ces rôles peuvent détruire les voix...
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Re: Wagner - der Ring des Nibelungen - Petrenko/Kriegenburg - BSO Munich - 07/18

Message par Lucas » 25 juil. 2018, 10:39

HELENE ADAM a écrit :
25 juil. 2018, 09:53
Reste, cerise sur le gâteau, l'apparition miraculeuse de la Brünnhilde de Nina Stemme qui se promène dans le rôle, le maitrisant parfaitement, avec cette voix sublime qui ne se refuse aucun aigu glorieux, aucune mezzo voce délicieuse, aucun "forte" à déménager tout l'opéra.
On regrettera seulement qu'elle soit assez mal assortie à un Siegfried, on l'a dit, qui manque un peu d'éclat et se faire assez régulièrement submerger par le torrent musical complice entre Petrenko et Stemme.
A suivre...
Grr, quelle veinarde, cette Hélène, qui a manifestement trouvé à Munich une place de dernière minute.

Sinon, j'ai écouté sur le Net des extraits de Stefan Vinke qui ne m'a guère convaincu : la voix est quand même très nasillarde et peu séduisante. En revanche, Stemme, cent fois oui et j'espère que sa Brünnhilde sera un jour correctement documentée par un bon DVD ou en CD. Tiens, au chapitre des vœux pieux, j'aimerais bien qu'elle enregistre avec Kaufmann, un album des grands duos de Wagner comportant ceux de Siegfried, du Crépuscule, du Hollandais et de Tristan et mon petit doigt me dit que nous serons au moins deux à adorer.

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Re: Wagner – der Ring des Nibelungen – Petrenko/Kriegenburg – BSO Munich – 07/18

Message par Efemere » 25 juil. 2018, 11:28

Lucas a écrit :
25 juil. 2018, 10:39
Grr, quelle veinarde, cette Hélène, qui a manifestement trouvé à Munich une place de dernière minute (...)
Eh ben, non, je lui ai vendu 1 Ring et demi, car j'ai fait partie des spectateurs chanceux ayant été tirés au sort (alors que je m'étais vu refuser mes pré-résas les saisons précédentes), ou bien on va considérer que je suis blindée de fric :mrgreen:
Sinon, hier, en plus des places à l'unité dispo. sur le site du BSO, pas mal de gens en revendaient devant le théâtre.

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