Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par enrico75 » 08 juil. 2018, 23:18

Tu étais dans la salle Lucas ?

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aurele
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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par aurele » 08 juil. 2018, 23:27

Je n'ai pas aimé du tout Gerhaher au troisième acte. On est loin pour citer deux chanteurs qui ont ce rôle à leur répertoire de Gerald Finley et Peter Mattei. Je serais curieux d'y entendre Goerne en revanche, ailleurs que dans le simple extrait qu'il a laissé dans le disque The wagner project avec Harding, sur la totalité du rôle en somme.

Moll, je le connais un peu chez Karajan car j'avoue n'avoir jamais entendu intégralement son enregistrement de studio, alors que j'ai entendu une fois intégralement son live de Vienne. Je le connais donc surtout dans un DVD du Met, vu en entier. Il fut un très grand Gurnemanz, c'est indéniable. Ces dernières années, pas en salle certes, j'ai pu entendre Pape plusieurs fois, Zeppenfeld (live Bayreuth 2016 en vidéo) et Groissbock (live ONP de cette année à la radio). Mon préféré est Zeppenfeld. Pape n'atteint pas en matière d'incarnation et interprétation les sommets d'autres interprètes, je veux bien l'accorder mais je l'ai trouvé très bon au troisième acte.

Je ne trouve pas du tout que Petrenko a une direction sans parti pris personnellement. Il crée notamment par moments des silences qui produisent un certain effet, comme dans "Amfortas die Wunde" au deuxième acte.

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par enrico75 » 08 juil. 2018, 23:32

:mrgreen:
Lucas a écrit :
08 juil. 2018, 20:11
fomalhaut a écrit :
08 juil. 2018, 12:54
Pourquoi "humour un peu condescendant" ?


On remarquera au passage que le pseudo tirage au sort des spectateurs de l'Opéra de Munich n'est qu'un vaste écran de fumée destiné à permettre aux "happy few" de garder leurs privilèges. Il suffit de voir avec quel constance certains piliers de ce forum réussissent à obtenir leurs places pour s'en convaincre.

Si vous claquez moins de cinq cents euros par mois à Munich et n'avez pas les relations idoines, vous n'avez aucune chance d'avoir une place et ce système de loterie est une imposture.
Ce que tu dis est complètement ridicule
N ayant pas eu de place par le tirage au sort c est par hasard que j ai eu cette place grâce à un Odbien dans le fil affaires entre amis et je n'ai aucune relation permettant un passe droit

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par HELENE ADAM » 09 juil. 2018, 05:51

Compléments, après la séance du 8, par rapport à mon CR du 5

viewtopic.php?f=6&t=20565&start=50#p350099

- Impressions générales totalement confirmées par cette deuxième vision en salle : unité de conception entre tous les "acteurs" de cet opéra, depuis Baselitz jusqu'aux chanteurs, rarement vu une telle osmose et une telle compréhension collective de la réalisation d'une oeuvre. Cette oeuvre fait sens d'un bout à l'autre et si on a, comme l'a rapporté parfois la presse, un Graal sans graal, et Parsifal sans lance, la symbolique choisie (le sang, la pierre rougie de sang symbolisant le Graal d'un roi déchu et blessé et la petite lance terminée par une petite croix, Parsifal vaincra par sa force intérieure) entre parfaitement dans ce récit presque méticuleux de l'oeuvre de Wagner.
Certains détails sont plus impressionnants vus depuis le parterre (où j'étais le 5) tels que la montée des chevaliers depuis le fond de la scène au final - on ne voit d'abord que leurs têtes, la pente de la scène étant inversée), que vus depuis les hauteurs (où j'étais hier), d'autres apparaissent tels que la minuscule flaque d'eau dans laquelle Kundry lave les pieds (nus) de Parsifal.

- vu d'en haut aussi, la beauté de l'orchestre et des gestes amples et précis, mais jamais heurtés ou violents, de son chef, est particulièrement visible. Le placement des instruments n'est pas forcément "classique" puisque les gros cuivres sont à droite (quand on regarde la fosse depuis la salle), mais tous les autres cuivres, les vents et les bois sont à gauche, à l'exact opposé. Timbales près des gros cuivres, cordes au milieu et face à Petrenko. Je l'ai dit précédemment, Petrenko interprète son Wagner avec des accents chambristes mêlés à de très importantes montées dramatiques, et sait valoriser chaque manière différentes dont les leitmotivs apparaissent (de manière obsessionnelle) dans la très belle partition de Wagner. Tout s'éclaire sous sa baguette, un Parsifal d'une grande intensité nous est proposé, sans temps morts, avec des couleurs extraordinaires.

- J'avais déjà souligné le choc produit par le temps fort de l'acte 2, la métamorphose de Parsifal. C'était sans doute encore plus violent, magnifique, inoubliable hier soir. Ce long silence après le "Amfortas" de Parsifal, silence que Petrenko rompt avec un signal à Kaufmann tendu à l'extrême et lançant dans toute sa splendeur vocale ce long "Die Wuuuuuuuunde", c'est un moment d'opéra comme on aimerait en vivre plus souvent. Comme Nina Stemme et Jonas Kaufmann nous livrent juste avant un duo magnifique lui aussi, l'ovation qui a immédiatement suivi la fin de l'acte correspondant très exactement à ce ressenti collectif d'une salle en hypnose, qui explose après une émotion trop forte.
Soulignons au passage l'extrême concentration du public, parfaitement silencieux, comme relié par des centaines de fils à la scène, pour ne pas perdre une miette de ce spectacle haut et fort en émotions visuelles et musicales.

- je n'établirai toujours pas de hiérarchie entre les chanteurs : ensemble, c'est le plus beau plateau vocal dont on puisse rêver, parce qu'ils ne chantent pas pour eux, ou pour leur gloire personnelle, mais pour ce Parsifal dirigé par un maestro qu'ils apprécient tous, Kiril Petrenko et à qui ils se remettent entièrement du début à la fin de l'oeuvre. Et ils adoptent le style Petrenko : la nuance est reine, le chant héroique alterne avec le chant lyrique, chacun d'entre eux pratique le Lied et connait toutes les techniques vocales qui font du beau Wagner. Wagner se récite aussi, ces longs récits doivent exprimer par la voix, ce qu'ils racontent. Ces chanteurs là savent faire cela à la perfection.
Il faut d'ailleurs souligner également que les seconds rôles sont de la même qualité (munichoise) et que les choeurs sont superlatifs, quasi célestes par moment...

- Curiosité émouvante de la soirée : la retransmission avait lieu en livestream (elle est encore visible mais je ne l'ai pas vue et je ne sais pas ce que cela pouvait donner...) mais aussi sur la place de l'opéra sur écran géant ("Oper für alle"). Comme la tradition l'exige, les chanteurs sortent sur les marches de l'opéra à la fin, ovationnés par la foule qui n'a pu les voir que depuis cette esplanade. C'est un grand moment lui aussi inoubliable. A peine sortis de scène, après les ovations de la salle, les chanteurs sont déjà frais et souriants pour saluer leur public. Sympa et émouvant.

"Oper für alle"- Photo du site du BSO
Image

Saluts en haut des marches sur le tapis rouge (avec le directeur Nicholas Bachler) Photo du site du BSO.
Image

PS : @Lucas : je ne comprends pas très bien ton allusion concernant la manière dont les Odbiens (fort nombreux) présents à Munich auraient eu leurs billets mais en ce qui me concerne, cette fois (comme la précédente d'ailleurs pour Andrea Chénier), je n'ai eu aucun billet par tirage au sort, ni pour Parsifal, ni pour le Ring et je les ai achetés à différents amis Odbiens à différentes étapes. Quant aux billets pour Arabella et l'Elisir, je les ai achetés tout bêtement sur le site du BSO après l'ouverture au public. Il en restait suffisamment, jusqu'à la dernière minute quasiment.
Lucas a écrit :
30 juin 2018, 13:16
Si seulement il pouvait y avoir un éditeur assez audacieux pour séquestrer cette équipe pour enregistrer en studio (oui parce que les raffinement de l'orchestre wagnérien le méritent bien) ce Parsifal qui a l'air exceptionnel.
Allez, s'il y en a un qui lance une souscription (comme ce fut le cas pour la 1ère intégrale Beethoven de Karajan chez DG), j'y participerai.
Ca par contre, je suis d'accord ! :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par Luc ROGER » 09 juil. 2018, 06:39

Les chiffres du BSO: 10000 spectateurs sur la place, 73000 internautes pour le live stream

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par Hiero von Stierkopf » 09 juil. 2018, 06:59

Et un peu plus de 2000 happy few dans la salle.
Probablement des amis de philipppe !
Comment ça, merde alors ?! But alors you are French ?

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par Lucas » 09 juil. 2018, 09:34

enrico75 a écrit :
08 juil. 2018, 23:32
:mrgreen:
Lucas a écrit :
08 juil. 2018, 20:11
On remarquera au passage que le pseudo tirage au sort des spectateurs de l'Opéra de Munich n'est qu'un vaste écran de fumée destiné à permettre aux "happy few" de garder leurs privilèges. Il suffit de voir avec quel constance certains piliers de ce forum réussissent à obtenir leurs places pour s'en convaincre.
Ce que tu dis est complètement ridicule
N ayant pas eu de place par le tirage au sort c est par hasard que j ai eu cette place grâce à un Odbien dans le fil affaires entre amis et je n'ai aucune relation permettant un passe droit
Par un ODBien qui a eu un passe-droit. CQFD.

Car sinon, il va falloir que tu m'expliques comment certains internautes ont toujours leur places à Munich et d'autres (dont je suis pour avoir tenté trois fois ma chance), jamais.

C'est pourquoi le système de réservation de l'opéra de Paris et de la plupart des grandes salles (Met, ROH ...) est infiniment plus juste et démocratique.
aurele a écrit :
08 juil. 2018, 23:27
Je n'ai pas aimé du tout Gerhaher au troisième acte. On est loin pour citer deux chanteurs qui ont ce rôle à leur répertoire de Gerald Finley et Peter Mattei. Je serais curieux d'y entendre Goerne en revanche, ailleurs que dans le simple extrait qu'il a laissé dans le disque The wagner project avec Harding, sur la totalité du rôle en somme.
Entièrement d'accord avec cela. Amfortas exige une grande richesse du registre grave et London (chez Knap) ou Van-Dam (chez Karajan) étaient aussi de splendides Hollandais. Gerhaher n'a rien à faire là-dedans et compensait son inadéquation vocale par des braillements et autres effets expressionnistes insupportables. Ce n'était plus Amfortas mais un mauvais Paillasse!
aurele a écrit :
08 juil. 2018, 23:27
Moll, je le connais un peu chez Karajan car j'avoue n'avoir jamais entendu intégralement son enregistrement de studio, alors que j'ai entendu une fois intégralement son live de Vienne. Je le connais donc surtout dans un DVD du Met, vu en entier. Il fut un très grand Gurnemanz, c'est indéniable. Ces dernières années, pas en salle certes, j'ai pu entendre Pape plusieurs fois, Zeppenfeld (live Bayreuth 2016 en vidéo) et Groissbock (live ONP de cette année à la radio). Mon préféré est Zeppenfeld. Pape n'atteint pas en matière d'incarnation et interprétation les sommets d'autres interprètes, je veux bien l'accorder mais je l'ai trouvé très bon au troisième acte.
Autant Kaufmann parait aujourd'hui insurpassable dans Parsifal, autant Pape se contente d'être excellent sans le creux dans le grave que Moll ou Hotter ont su y mettre. De surcroît son Gurnemanz est hyper documenté et j'aurais, par exemple, préféré y entendre, comme toi, Zeppenfield dont la carrière internationale est injustement éclipsée par Pape. Et puis, cela nous aurait évité d'avoir, sur le plan vocal, un simple remake de la représentation du Met (à Stemme et Gerhaher près) en beaucoup moins bien (la mise en scène). Naturellement, ceux qui ont dépensé une fortune pour voir ce spectacle (frais de transport + hôtel + billet) s'auto-conditionnent pour trouver cela génial et justifier leur investissement et ce, d'autant plus qu'ils sont fans de certains des chanteurs.

Quant à l'argument du type "tu n'étais pas dans la salle", il est à la fois terriblement méprisant et peu pertinent dans la mesure où, sur la base d'une bonne captation, on peut parfaitement se rendre compte de la qualité d'une représentation. Et accessoirement, si seuls ceux qui ont assisté à une représentation peuvent s'exprimer, autant fermer ce forum ... Franchement l'élitisme de certains internautes blindés de fric devient parfois insupportable.

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par altini » 09 juil. 2018, 10:39

Tout à fait d'accord sur Gerhaher hors de propos.
Stemme et JK excellents.
J'avoue avoir le même problème avec Pape. La mise en scène change mais il est toujours pareil. La même démarche. La voix est belle mais sans plus , surtout si on compare à Moll per ex. Oui j'aimerais entendre Zeppenfeld.
J'étais devant mon ordi et la ms ne m'a pas intéressé excepté l'arrivée des chevaliers au dernier acte. Costumes ridicules. J'avoue que je me suis ennuyé, en particulier quand Pape chantait.
Très belle direction de Petrenko. J'ai aimé les quelques séquences où on le voyait diriger. C'est un avantage sur les spectateurs in loco. Son visage rayonne.

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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par HELENE ADAM » 09 juil. 2018, 12:29

je sais que Gerhaher a été contesté dans son style d'interprétation (peu opératique et très style "lieder" voir sorte de "sprechgesang". Ce n'est surement pas le meilleur Amfortas mais en salle, sa prestation, en rupture à l'acte 3 avec le style commun de Pape et Kaufmann, était saisissante de vérité et de souffrance. Je comprends qu'on puisse préférer un tout autre style plus conforme, mais le résultat était néanmoins impressionnant.
On peut trouver d'autres critiques en détaillant chaque rôle mais comme équipe, et c'est cela qui apparaissait le plus fort dans cette mise en scène volontairement dépouillée et presque primitive, ils étaient comme les cinq doigts de la main.
Je n'ai pas fait de comparaison avec le MET mais Munich était nettement supérieure pour deux raisons :
- la mise en scène n'est pas fondamentalement différente, simplement la puissance des scènes imaginées par Baselitz m'a paru largement supérieure sur le plan de la peinture expressionniste qu'elle exprime. Sinon elles relèvent du même style bien loin du Regie Theater d'ailleurs.
- le chef d'orchestre était fondamentalement beaucoup moins convainquant (Gatti) dans Wagner, main lourde et lenteur désespérante ne permettaient pas aux chanteurs d'exprimer la diversité de leur rôle comme sous la baguette de Petrenko (il s'agit de Kaufmann et de Pape, les autres n'étaient pas au MET).
On peut rajouter que Nina Stemme est une Kundry mille fois plus intéressante de tous les points de vue que Katarina Dalaymann (et que le choc Kaufmann-Stemme est toujours un grand moment) ou que Koch, dont on parle peu, a été un Klingsor de haut vol.
Sans parler de l'orchestre et des choeurs et des sublimes filles-fleurs...
Une version autrement aboutie de tous les points de vue, à mon sens.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Wagner - Parsifal - Petrenko/Baselitz/Audi - Munich -06 & 07/2018

Message par Lucas » 09 juil. 2018, 12:55

HELENE ADAM a écrit :
09 juil. 2018, 12:29
je sais que Gerhaher a été contesté dans son style d'interprétation (peu opératique et très style "lieder" voir sorte de " a. Ce n'est surement pas le meilleur Amfortas mais en salle, sa prestation, en rupture à l'acte 3 avec le style commun de Pape et Kaufmann, était saisissante de vérité et de souffrance.
Oui Kaufmann a plus de graves que lui! Quant au style de "sprechgesang", DFD et Schwarzkopf doivent s'en retourner dans leur tombe. Un chanteur de lieder, c'est avant tout quelqu'un qui sait nuancer en chantant. Or Gerhaher hurlait la moitié du temps avec un style expressionniste qui n'a rien à faire dans Wagner. Probablement pour dissimuler ses insuffisances vocales. Encore une fois et pour reprendre une expression chère à Jérôme, il n'a absolument pas les moyens du rôle qui est écrit pour un baryton avec des graves très présents comme London, Van Dam ou Matteï. Et accessoirement, je ne vois pas pourquoi l'opéra de Munich n'a pas fait appel à Finley, justement cité par Aurele, et qui devrait y être exceptionnel. Probablement un chauvinisme mal placé ...
HELENE ADAM a écrit :
09 juil. 2018, 12:29
La mise en scène n'est pas fondamentalement différente, simplement la puissance des scènes imaginées par Baselitz m'a paru largement supérieure sur le plan de la peinture expressionniste qu'elle exprime. Sinon elles relèvent du même style
Ah ben, si. Celle du Met est esthétique et pleine de poésie quand, à Munich, elle n'est que laideur et vulgarité
HELENE ADAM a écrit :
09 juil. 2018, 12:29
Sans parler de l'orchestre et des choeurs et des sublimes filles-fleurs...
Une version autrement aboutie de tous les points de vue, à mon sens.
Les filles-fleurs, tu fais bien d'en parler. Jolies à écouter mais immondes à regarder tant le metteur en scène les avait affublées d'un costume grotesque les faisant ressembler à de grosses dondons.

Quant à Petrenko, c'est bien mais très passe-partout. Réécoute la fluidité, la transparence et la rapidité du second acte de Boulez capté en concert dans les années 2000 ou la profondeur métaphysique du 3ème acte de Karajan (reposant principalement sur le tandem Moll/van Dam) et tu m'en diras des nouvelles. Là au moins, on a des directions fabuleuses.

Donc, de mon point de vue, une version inaboutie en raison d'une mise en scène grotesque et d'une distribution peu innovante (Kaufmann et Pape comme au Met) et du plus mauvais Amfortas jamais entendu. Reste la prestation de Stemme qui est à marquer d'une pierre blanche mais est-ce suffisant? La réponse est clairement négative et ce Parsifal fut une grosse déception.

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