Concert P. Petibon-A. Marcon- Philharmonie- 19/06/2018

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JdeB
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Concert P. Petibon-A. Marcon- Philharmonie- 19/06/2018

Message par JdeB » 17 juin 2018, 07:15

Wolfgang Amadeus Mozart
Les Noces de Figaro : Ouverture
Les Noces de Figaro : Cavatine de Barberine "L'ho perduta...me meschina!"
Les Noces de Figaro : Air de la Comtesse "Porgi amor"
Mitridate : Ouverture
Air de concert "Alma grande e nobil core" K 578
Mitridate : Air d'Aspasia "Nel grave tormento"

Christoph Willibald Gluck
Paride ed Elena : Introduction et Chaconne de l'Acte III
Armide : Air d'Armide "Ah! Si la liberté me doit être ravie"
Iphigénie en Tauride : Récitatif et air d'Iphigénie "Non, cet affreux devoir je ne puis le remplir – Je t’implore et je tremble, ô déesse implacable!"

Entracte

Joseph Martin Kraus
Symphonie en do mineur, VB 142

Wolfgang Amadeus Mozart
Lucio Silla : Air de Giunia "Fra i pensier più funesti di morte"

Christoph Willibald Gluck
Alceste : Air d'Alceste "Divinités du Styx"

Wolfgang Amadeus Mozart
Idoménée : Ouverture
Idoménée : Scène et air d'Electra "Oh Smania!..." et "D'Oreste, d'Ajace"

Patricia Petibon, soprano
La Cetra Barockorchester Basel
Andrea Marcon, direction

Philharmonie de Paris, salle Pierre Boulez, le 19 juin 2018.

Bien que marquée avant tout du sceau de l‘éclectisme, la carrière de Patricia Petibon n’en est pas moins entièrement traversée par un fil rouge : Mozart et ses contemporains. De novembre 1997 et sa première Blondchen pour W. Christie à Strasbourg jusqu’à aujourd’hui, la soprano française a abordé une dizaine de personnages du génie de Salzbourg, les plus célèbres ( Donna Anna, Susanna, Despina) et les plus rares comme Serpetta (La Finta Gardiniera), Giunia (Lucio Silla), Aspasia (Mitridate), Weltgeist (Die Schuldigkeit des ersten gebots), Mademoiselle Silberklang (Le Directeur de théâtre )sans oublier Il Sogno di Scipione et des airs de concert virtuoses. Chez Gluck, elle a chanté les deux rôles féminins d’Orphée et chez Haydn Zelmira (Armida) et Angelica (Orlando paladino). Dans ce répertoire, Harnoncourt fut son grand mentor mais elle y a aussi été dirigée par Gardiner, Harding, Langrée, Rohrer, Stern, etc ; Pour autant elle n’y a pas fait carrière, ne chantant aucun de ses ouvrages dans plus de deux productions différentes à ce jour.

Le programme de ce soir couvre une période de deux décennies bornée par Mitridate (1770) et l’air d’insertion pour I due baroni di Rocca Azzura de Cimarosa : "Alma grande e nobil core" K. 518. Nous sommes donc à l’apogée d’une nouvelle sensibilité auquel une pièce de Klinger (1776) a donné son nom : le Sturm und Drang (Tempête et Passion » où l’apollinien et le règne de la raison des Lumières laisse place au dionysiaque et au préromantisme d’un mouvement où l’extériorisation des tourments intérieurs se donne libre cours.

On ne saurait être plus dans cette mouvance que Patricia Petibon qui, telle une torche vivante, d’un engagement total de l’âme et du corps, tout de torsades et de brisures, empoigne tous ses airs avec une violence inouïe et une rare radicalité interprétative. C’est d’un impact foudroyant. D’autant que la technique suit largement et que dans l’acoustique fort flatteuse de la Philharmonie la voix sonne au format exact de ces héroïnes à la limite extrême de ses moyens. Qu’on songe que jusqu’à une époque très récente, on confiait Alceste à des formats wagnériens comme Jessye Norman ou Sophie Koch !
Patricia Petibon atteint au sublime dans la grande scène d’Elettra d’Idomeneo où elle exhibe comme personne la névrose et le basculement vers la folie de cette grande foudroyée de la jalousie. Un volcan qui éructe en musique ! Le public lui répond debout par une ovation mémorable.
Hélas, elle a épuisé dans ce moment de très haut voltage toutes ses forces et l’unique bis, l’incontournable air de Rinaldo, est submergé de reprises de souffles bien trop sonores qui brisent la pureté du lamento…

Andrea Marcon excelle dans ce répertoire, auquel il insuffle couleurs et vie en abondance, flux de vie, serpentins et ondoyants à souhait, dans le cadre bien canalisé et ferme sur ses fondations d’un classicisme qui se réinvente. On est vraiment heureux de découvrir la rarissime Symphonie VB 142 de Joseph Martin Kraus, écrite en 1783 et dédiée à Haydn, qui se montre à la hauteur du Maître fondateur.

Jérôme Pesqué
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

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