Verdi – Nabucco – Hempel/Mast – Toulon 06/2018

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Torquemada
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Verdi – Nabucco – Hempel/Mast – Toulon 06/2018

Message par Torquemada » 09 juin 2018, 07:03

Nabucco

Direction musicale Jurjen Hempel
Mise en scène & costumes Jean-Christophe Mast
Chorégraphie Laurence Fanon
Décors et Costumes Jérôme Bourdin
Lumières Pascal Noël

Abigaïlle Raffaella Angeletti
Fenena Julie Robard-Gendre
Anna Florina Ilie

Nabucco Sergey Murzaev
Ismaele Jesús León
Zaccaria Evgeny Stavinsky
Grand Prêtre de Baal Nika Guliashvili
Abdallo Frédéric Diquero

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon ainsi que le Chœur de l’Opéra de Nice

Production Opéra de Saint-Étienne

Représentation du 05/06/2018 (deuxième)

Le Nabucco de Jean-Christophe Mast (créé à Saint-Étienne) était donné à Toulon dans la foulée des représentations niçoises, avec une distribution identique. Dans un univers à la Tolkien, fait d’Hébreux en toges blanches (dans lesquelles Zaccaria prend des airs de Gandalf) et de sombres Assyriens aux casques hérissés et aux lances jaunes, la mise en scène tient parfois du peplum et s’appuie avant tout sur des costumes assez réussis sur lesquels tombent des lumières savamment distillées, habillant de mystérieuses vapeurs la nudité géométrique des décors. Dommage que la direction d’acteurs reste sommaire, n’éclairant guère les rapports de pouvoir ni les désirs réprimés, si bien que les coups de théâtre à répétition que ménage le livret apparaissent finalement peu lisibles.

Sous la baguette de son nouveau directeur musical, l’orchestre de l’Opéra de Toulon confirme les progrès accomplis depuis quelques années, également dus au renouvellement progressif des musiciens. Cherchant manifestement à éviter le clinquant et le tonitruant, Jurjen Hempel réussit tout particulièrement les moments les plus poétiques (la belle introduction orchestrale dépouillée de « Vieni o Levita » par exemple) sans toujours parvenir à animer le discours musical propre au jeune Verdi auquel paraît manquer la flamme jaillissante qui ferait oublier trompettes et trombones dans les moments les plus héroïques. Bénéficiant du renfort bienvenu de son homologue niçois, le fragile chœur de la maison se tient à carreaux dans un ouvrage où il est tout particulièrement mis à contribution : malgré un léger flottement, le célèbre « Va pensiero » réussit son effet même si l’on aimerait des arrêtes plus saillantes et des mots mieux projetés.

Les chanteurs réunis s’acquittent tous de leur tâche avec honneur sans pour autant soulever vraiment l’enthousiasme dans une œuvre où il devrait pourtant souffler à chaque mesure. Je ferai une exception pour le Zaccaria d’Evgeny Stavinsky : voix de velours, legato soyeux et noblesse qui ne fait pas un pli. Des deux amoureux, c’est Julie Robard-Gendre qui tire le mieux son épingle du jeu par la touchante douceur du timbre et de la composition – Jesús León ne semble pas vraiment à son aise en Ismaele. La rivale Abigaïlle qu’incarne Raffaella Angeletti vaut d’abord par une présence impérieuse et un aigu tranchant. Si la voix a tendance à se dérober, la chanteuse compense par une musicalité attentive qui l’éloigne salutairement des princesses vociférantes. Face à elle, Sergey Murzaev est moins prodigue de nuances. Si le timbre est d’acier trempé, la diction m’a paru approximative et assez indifférente au texte et la vocalité peu idiomatique, au point que le personnage semble bien monolithique. Mais la voix impressionne par son volume qui ferait s’écrouler les murailles de Jéricho plus sûrement que n’importe quelle trompette biblique !
"Totor est de Torquemada le diminutif plein de charme!"

igor84000
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Re: Verdi – Nabucco – Hempel/Mast – Toulon 06/2018

Message par igor84000 » 27 juin 2018, 09:25

J'ai eu la chance d'assister à une représentation à Nice et une à Toulon et malheureusement je suis bien moins enthousiaste que Torquemada. L'orchestre et le chef à Nice était vraiment de très grande qualité avec des nuances et une force incroyable, ce que je n'ai pas du tout retrouvé à Toulon où la justesse des cuivres et de certains solos cordes laissaient plus qu'à désirer. La direction musicale à Toulon ne m'a vraiment pas du tout convaincu dès l'ouverture et n'a fait que se ramollir tout au long de la soirée.
Très beau plateau avec une mention spéciale à Evgeny Stavinsky impressionnant autant par ses qualités vocales que sa présence scénique.
Pour la mise en scène, intéressante par moment et kitch à d'autres.

Donc petite préférence pour la soirée niçoise.

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