Bizet- Les Pêcheurs de perles -Tuohy / Pisani- Reims- 05/2018

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JdeB
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Bizet- Les Pêcheurs de perles -Tuohy / Pisani- Reims- 05/2018

Message par JdeB » 14 mai 2018, 09:33

Direction musicale : Robert Tuohy
Mise en scène : Bernard Pisani
Scénographie : Alexandre Heyraud
Costumes : Jérôme Bourdin
Lumière : Nathalie Perrier

Leïla : Hélène Guilmette
Nadir : Julien Dran
Zurga : Alexandre Duhamel
Nourabad : Frédéric Caton

Chœur : ELCA
Chef de chœur : Sandrine Lebec

Orchestre : Opéra de Reims

Nouvelle Production de l’Opéra de Limoges, producteur délégué, en coproduction avec l’Opéra de Reims et l’Opéra de Nice.

Reims, le 15 mai 2018

Avec Les Pêcheurs de perles, Bizet, qui n’a pas encore vingt-cinq ans, abandonne l’influence de Verdi et de Meyerbeer pour s’inspirer de Félicien David et de Wagner avec quelques réminiscences de Donizetti, de Meyerbeer et de Bellini tandis que son livret décalque quelques situations de la Vestale. La première, au Théâtre Lyrique, le 30 septembre 1863 a suscité beaucoup de réserves dans la presse musicale. L’opinion générale de la critique est assez bien résumée par Léon Durocher dans La Revue et Gazette musicale de Paris du 4 octobre 1863. Ce journaliste fustige d’abord la faiblesse du livret qu’il juge « à peu près aussi transparent qu'une bouteille d'encre » et déplore «la rareté des récitatifs » et le « voile symphonique dont l'auteur a couvert, presque partout, le peu qu'il y en a ». S’il reconnaît à Bizet des qualités d’ « harmoniste habile et hardi » et le félicite pour « son instrumentation (…) claire, brillante, vigoureuse », il lui reproche un « manque de mesure, de goût » et la pauvreté de son invention mélodique. Parmi les rares passages qui ont trouvé grâce à ses oreilles, il signale à ses lecteurs « Le duo entre Nadir et Zurga (premier acte) [qui] contient une phrase d'un style large et noble, et fort bien accompagnée. L'auteur y a marié la harpe à l'orchestre habituel de la façon la plus heureuse. Ce passage a produit un grand effet sur l'auditoire, qui était d'ailleurs aussi favorablement disposé que peut le souhaiter un débutant. L'air de Léila au commencement du second acte, qu'on aurait le droit de considérer comme un duo pour soprano et violoncelle, est assez mélodieux pour qu'on puisse accuser M. Bizet d'y avoir fait infidélité à ses principes. ». Il loue aussi la romance de Nadir « remarquable par un effet de crescendo trop adroitement ménagé. » et « le choeur qui se chante dans la coulisse au début du second acte, lorsque la toile se lève, avec accompagnement de tambour de basque, et répliques de flageolet » qu’il trouve « original et piquant ».
Il croit déceler chez Bizet un refus intransigeant de céder « aux préjugés du public » et le rattache à l’école wagnérienne surtout par un goût pour les décibels ; il se plaint avec virulence et une ironie mordante de la « tempête instrumentale et vocale (qui] mugit d'un bout à l'autre de ce terrible opéra » qu’il réduit à un « fortissimo qui dure trois heures ! C'est à vous rendre sourd ou à vous faire devenir fou. Il y a surtout le finale du second acte, au moment où les distractions de Léila sont révélées à la foule furieuse, qui dépasse, en fait de bruit, toutes les proportions connues. (…) »
Enfin, il dénonce aussi le « urlo francese » des solistes, peu connus à Paris, à l’exception de « M. Guyot (le brahmine), qui chante d'un bout à l'autre comme on doit chanter, sans aboyer, sans hurler, sans mugir, sans rugir, et qui ne se pose en rival d'aucune bête sauvage. »
Seul Berlioz prendra vraiment la défense de son jeune confrère dans ses colonnes du Journal des Débats en date du 8 octobre 1863. Voici en quels termes : « La partition de cet opéra a obtenu un véritable succès ; elle contient un nombre considérable de beaux morceaux expressifs pleins de feu et d’un riche coloris. Il n’y a pas d’ouverture, mais une introduction chantée et dansée pleine de verve et d’entrain. Le duo suivant : « Au fond du temple saint » est bien conduit et d’un style sobre et simple. Le chœur qui se chante à l’arrivée de Leila a paru assez ordinaire ; mais celui qui le suit est au contraire majestueux et d’une pompe harmonique remarquable. Il y a beaucoup à louer dans l’air de Nadir, avec accompagnement obligé des violoncelles et d’un cor anglais ; Morini, d’ailleurs, l’a chanté d’une façon délicieuse. Citons encore un joli chœur exécuté dans la coulisse, un passage à trois temps dans lequel un solo de violon produit un effet original. J’aime moins l’air de Leila sur la montagne ; il est accompagné d’un chœur dont le rythme est de ceux qu’on n’ose plus écrire aujourd’hui. Un autre air de Leila, avec solo de cor, est plein de grâce ; l’intervention d’un groupe de trois instruments à vent, supérieurement amenée et ramenée, y produit un effet d’une ravissante originalité. Il y a de l’ampleur et de beaux mouvements dramatiques dans le duo entre Nadir et Leila : « Ton cœur n’a pas compris le mien. » Je reprocherai seulement à l’auteur d’avoir un peu abusé dans ce duo des ensembles à l’octave. L’air du chef, au troisième acte, a du caractère ; la prière de Leila est touchante ; elle le serait davantage sans les vocalises, qui, à mon sens, en déparent la fin.
M. Bizet, lauréat de l’Institut, a fait le voyage de Rome ; il en est revenu sans avoir oublié la musique. A son retour à Paris, il s’est bien vite acquis une réputation spéciale et fort rare, celle d’un incomparable lecteur de partitions. Son talent de pianiste est assez grand d’ailleurs pour que, dans ces réductions d’orchestre qu’il fait ainsi à première vue, aucune difficulté de mécanisme ne puisse l’arrêter. Depuis Liszt et Mendelssohn, on a vu peu de lecteurs de sa force. Mais, sans doute, on l’eût comme à l’ordinaire claquemuré dans cette spécialité, sans l’intervention bienveillante de M. le comte Walewski et la subvention léguée au Théâtre-Lyrique par cet ami des arts au moment où il quittait le ministère. (…). La partition des Pêcheurs de perles fait le plus grand honneur à M. Bizet, qu’on sera forcé d’accepter comme compositeur, malgré son rare talent de pianiste lecteur. »

Depuis 10 ans, la France a connu quatre nouvelles productions de cet ouvrage. En février 2007 Patrizia Ciofi a effectué sa prise de rôle dans une mise en scène de Nadine Duffaut à Avignon. En juin 2012, l'Opéra-Comique a monté une nouvelle production signée Oida avec Sonya Yoncheva, production reprise à Liège en avril 2015 avec une distribution vocale 100 % belge et au printemps 2017 à Bordeaux. En 2013, l'Opéra du Rhin a proposé un nouveau spectacle de Vincent Boussard avec le trio Massis-Guèze-Dupuis. En 2016, on a pu applaudir la vision d'Emmanuelle Bastet à l'Opéra de Lorraine. Signalons aussi deux versions de concert, sous l’égide des Grandes Voix, la première le 17 février 2013, salle Pleyel, avec Roberto Alagna, puis celle de mai 2017 à Lille et au Théâtre des Champs-Élysées avec une intégrale discographique à la clé tout récemment publiée.

Je rejoins totalement les avis de notre envoyé spécial à Limoges (sauf sur Frédéric Caton) à lire ici : http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=20259. Seul le chœur a changé pour cette reprise rémoise, celui de l’Opéra de Limoges laissant sa place à la phalange ELCA sous la houlette de Sandrine Lebec qui fait montre de belles qualités. Hélas, en cette soirée de mardi, Hélène Guilmette a été annoncée souffrante d’une trachéite mais a tenu son rôle avec le plus grand professionnalisme, une musicalité sans faille et beaucoup de poésie mais en se montrant bien prudente dans l’aigu surtout avant l’entracte.

Nous avons désormais en France trois excellents titulaires de Nadir (S. Guèze, C. Dubois et J. Dran) tant sur le plan du style et de la diction que de l’engagement et de la prestance scénique. Julien Dran est le plus beau physiquement et celui dont le timbre sonne le plus viril des trois mais il nous offre moins de raffinements et de ductilité que Dubois et moins de fièvre que Guèze.
En Zurga, Sempey et Duhamel dominent le circuit mondial et imposent un leader charismatique d'une impérieuse autorité avec des voix de stentor. La première partie de l’ouvrage les montre tous les deux moins à l’aise que la seconde mais Alexandre lui ravit la première place par son jeu électrisant et la richesse de son incarnation même si son timbre est intrinsèquement moins beau.

En Leïla, Gillet, Yoncheva (le rechantera-t-elle un jour ?) et Julie Fuchs, dans une moindre mesure, prennent la relève d’Annick Massis avec brio. L’état de santé ce soir de Guilmette nous empêche de l’inclure dans ce jeu des comparaisons.
Frédéric Caton impose une silhouette de grand relief, au costume aussi exubérant qu’exotique à base de larges colliers de coquillages, au chant noble certes mais peu percutant car manquant un rien de projection.

A l’inverse d’Alexandre Bloch l’an dernier, l’excellent Robert Tuohy, d’une rigueur stylistique admirable, évite tout clinquant et fait avancer le drame de manière inexorable et fort prenante.

Quelle réussite pour Bernard Pisani et son équipe ! Leur production si lisible et si fidèle s"intégrè parfaitement à l’esthétique Art déco du Grand Théâtre de Reims.

Salle comble et comblée, certes, mais comme il est triste de constater que, Carmen mise à part, il suffit de programmer un opéra français pour que la moyenne d’âge bondisse de 15 ans…

Jérôme Pesqué
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Re: Bizet- Les Pêcheurs de perles -Tuohy / Pisani- Reims- 05/2018

Message par JdeB » 17 mai 2018, 11:24

je rappelle l'interview conjointe de Julien Dran et d'Alexandre Duhamel accordée en marge de ses Pêcheurs de perles et où il est beaucoup question de cette production

joomfinal/index.php/les-dossiers/48-les ... re-duhamel
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Re: Bizet- Les Pêcheurs de perles -Tuohy / Pisani- Reims- 05/2018

Message par Pimène » 19 mai 2018, 15:46

Entre deux averses, l’Opéra de Reims ouvre ses portes le dimanche 13 mai, moins d’une heure avant la représentation. La salle sera pleine, l’engouement autour des Pêcheurs de perles issus de Limoges semble grand.

Peu avant la représentation, Bernard Pisani fend le rideau de scène et prend le micro pour faire une annonce : les variations météorologiques n’étant pas les amies des chanteurs d’opéra, Hélène Guilmette et Alexandre Duhamel ont subi une attaque virale et ont tous deux une laryngite, mais vont assurer le spectacle. Petite pointe d’humour pour finir ce préambule : Julien Dran et Frédéric Caton n’ont pas subi cette attaque. Un « Tant mieux ! » fuse parmi les rires du public, qui, bonhomme, prend bien les choses. Malgré quelques tousseurs, celui-ci se montrera bien plus chaud que celui de Limoges et récompensera les artistes d’une façon plus conforme à la qualité du spectacle.

Un spectacle qui débute sous la large et souple battue de Robert Tuohy qui, malgré une période de répétitions bien plus courte que celle qui a permis l’élaboration du spectacle à Limoges, a résorbé l’essentiel des souci de l’orchestre rémois, notamment aux cuivres et aux vents (flûtes), mais n’a pu éviter que les cordes gâchent certains moments de grâce de la part des chanteurs, et quelques autres encore.

L’autre point qui risquait de faire quelque peu achopper le spectacle, le chœur ELCA, qui contrairement aux chœurs des autres maisons d’opéra françaises est constitué d’amateurs, a sous la houlette de Bernard Pisani accompli en quelques jours tant de progrès sur le plan scénique comme sur celui du chant pur, que finalement il participe à la réussite de la matinée, ce qui n’était pas gagné d’avance, même s’il n’atteint pas la cohésion exceptionnelle des chœurs de Limoges.


Image
© Julien Dodinet


D’ailleurs leur effectif plus réduit (24 contre 32 à Limoges) permet une utilisation plus facile et fluide du plateau, entre les cadres bleus du décor d’Alexandre Heyraud.

De mon côté, un placement au parterre permet une vision différente de la mise en scène, une perception accrue du travail des cinq danseurs et des perspectives offertes par la mise en place des chanteurs par Bernard Pisani, les tableaux révélant une organisation picturale des plus réussies. Mais le défaut du parterre est de saisir un peu moins bien la diction des chanteurs, parfaite depuis le premier balcon de Limoges.

Il est toujours intéressant et étonnant de constater la puissance de la psychologie sur les facultés physiques des êtres humains. Bernard Pisani le précisait dans son annonce : elle servait à rassurer les chanteurs et d’inciter le public à faire preuve de compréhension. L’annonce ayant été faite, elle a rasséréné les chanteurs à tel point que bien malin serait celui qui pourrait déceler vraiment l’impact des microbes sur les chanteurs touchés. C’est comme si on leur avait ôté une grande partie de la pression qu’ils subissent pour une représentation, et il faut admettre qu’Hélène Guilmette a livré une prestation très supérieure à celle entendue à Limoges. Quant à Alexandre Duhamel, il a été époustouflant.

Dès l’entrée des protagonistes on est rassurés : la projection d’Alexandre Duhamel est intacte, et ses premiers mots (« Amis, interrompez vos danses et vos jeux » ) passent même mieux qu’à Limoges, moins bloqués par les choristes moins nombreux devant lui. La réplique de Julien Dran est chaude à souhait, transparente. Leur duo (« Au fond du temple saint ») est admirable d’équilibre, de cohésion des timbres, de dosage des couleurs.

A l’arrivée de Leila, les espoirs que nous laissions transparaître à la fin de notre compte-rendu limougeaud se matérialisent : Hélène Guilmette a retrouvé la maitrise de l’essentiel de son aigu, et les phrases délicates du premier acte sont projetées avec la netteté qui faisait précédemment défaut. Son trille à la fin de cet acte est bien meilleur qu’à Limoges, de telle sorte que la représentation se trouve mise sur d’excellents rails : l’adversité a permis paradoxalement aux chanteurs de puiser en eux de telles ressources que l’ensemble de la représentation s’en trouve élevée. Julien Dran n’a plus qu’à nous offrir une romance de Nadir tout en suspension, porté avec souplesse par la direction de Robert Tuohy, pour que cette fois on arrive à l’extase, et non plus juste à côté. Il varie la fin de son air, sans diminuendo expressif sur « charmant souvenir », d’une courbe plus nette. On rend les armes.

Frédéric Caton, aux lueurs rougeoyantes du soleil central d’Alexandre Heyraud, invoque les divinités hindoues de façon fascinante dans une quasi-danse envoûtante qu’accompagne une voix de bronze, malgré une projection en retrait...


Image
© Julien Dodinet


Et dès le second acte, à part quelques notes aigües encore émises dans un pianissimo qui se projette peu, ce qui reste son défaut actuel, Hélène Guilmette remporte la partie dans son air par un chant nourri, posé sur le souffle, au service d’un timbre aux couleurs profondes et corsées. Son trille est cette fois parfait. Julien Dran la rejoint sur ces sommets et délivre une fois encore une chanson extatique, qui débouche sur un duo bien plus équilibré qu’à Limoges.

Le chœur ne manque pas de resserrer le drame lors de la découverte du couple sacrilège par Nourabad, et le retour de Zurga est éclatant, Alexandre Duhamel semblant porté par son excellente entrée en matière du premier acte. Ses imprécations sont d’une puissance phénoménale mais il réussit à maintenir une grande souplesse dans les aigus fortissimo, ce qui est un tour de force.
Il débute le troisième acte sur cet élan, délicat dans la mezza voce initiale de son grand air, puis de plus en plus mordant et terrifiant. Cette fois le public ne s’y trompe pas et récompense sa prestation de façon appropriée.

La suite est explosive : Leila et Zurga requinqués par leur excellent début de performance se retrouvent autour du canapé otellien puis sur lui, et livrent des prestations sidérantes, toutes de maîtrise vocale et d’intensité scénique, portés par une direction d’acteurs exemplaire, qui leur donne les rails nécessaire à l’expression des affects sans que jamais aucun ne déborde. Le public, estomaqué, en redemande. Le « pour t’aider à mourir » de Zurga, moins déchiré intérieurement qu’à Limoges reste déchirant et convainc tout autant.
Image
© Eric Bloch


Encore une fois, pour ceux qui estiment l’œuvre faible à cause de son livret, ou la mise en scène symbolique trop sage, le second tableau du troisième acte s’ouvre comme un démenti formel : le drame se resserre encore d’un cran, le chœur y apportant sa part. Les danseurs effectuant derrière le rideau levé sur un mètre un sabbat effrayant, l’action trouve sa conclusion sur une scène de supplice qui se transformera en libération surprise pour les amants, par l’entremise de Zurga, fidèle à ses serments jusqu’au sacrifice de ses sentiments, amour et jalousie mêlés. Son rapide et touchant adieu se clôt dans la subtile action d’une vague qui l’emporte, après que celle des émotions eut fait de même avec nous.
La joie des chanteurs aux saluts est palpable, le public les récompensant de belle façon, les rappels sont nombreux et Bernard Pisani finit soulevé de terre comme un fétu de paille par son puissant Zurga.

Pour ceux qui n’ont pas pu assister à cette seconde série rémoise close le mardi 15 mai, rendez-vous à Nice fin novembre 2018 pour une autre série qui dans une ville côtière ne manquera pas de séduire un nouveau public, tant la mise en scène et les chanteurs révèlent des qualités de l’œuvre que certains ne devinaient pas. D’autres ont les honneurs du disque, mais cette équipe-là les méritait tout autant, sinon plus.

Philippe Manoli

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