Puccini - Turandot - Soddy/Gerber- Mannheim 04/2018

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Loïs
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Puccini - Turandot - Soddy/Gerber- Mannheim 04/2018

Message par Loïs » 26 avr. 2018, 10:41

Direction musicale: Alexander Soddy
Mise en scène : Regula Gerber
Turandot: Galina Gleber
Liu: Olga Mykytenko
Kalaf: Martin Muehle
Timur: Sung Ha
Mandarin: Bartosz Urbanowicz
Ping: Nikola Diskić
Pong: Uwe Eikötter
Pang: Pascal Herington
Altoum: Christoph Wittmann

Poursuivant ma tournée des salles les plus moches d’Allemagne et qui sont pléthores suite à une mise à niveau assez drastique du patrimoine architectural teuton il y a quelques décennies, je ne peux que constater l’omniprésence des camaieux orangeatre, beigeasse et saumonatres qui concurrence sérieusement la légendaire prédilection tudesque pour le vert. Mannheim prend haut la main le pompon du spartiate absolu.
D’un autre côté les places les plus chères sont à 48€ ce qui change radicalement des salles que j’ai l'habitude de fréquenter.
Alors question: il y a t'il un lien entre le prix et la qualité ?
En premier lieu c'était la curiosité qui m’avait poussé à ouvrir la porte et m'asseoir au centre du troisième rang sur un siège qui me fait frémir à l’idée qu’il y a deux semaines certains ont assisté ici à Parsifal.

Pour la mise en scène: un échafaudage qui me rappelle le boulot, des choristes habillés au surplus des seventies et recouverts de papier alu. Comme d'habitude l'essentiel de la direction d'acteurs se concentre sur Ping, Pang et Pong aux visages de Klaus Nomi et habillés dans les costumes des vendeurs de Darty. Toujours est il que leur prestation vocale sera irréprochable avec des ténors risibles ou inquiétants comme le Joker et un baryton très humain.


Pour les filles venant de Russie et d’Uktraine je m’attendais à des prestations pro. et c’est ce que j’ai eu. Olga Mykytenko qui a déjà chanté Tatiana à Lyon et Mimi à Bordeaux (mais aussi Violetta au Met, un remplacement ?, et Lauretta je crois aussi) débute la soirée avec une voix insuffisamment chauffée, des respirations de soufflet de forge et des sons étriquées et deux notes tenues au dérapage marqué dans la justesse Même s’il n’y a pas eu d’annonce, il est évident qu’elle est souffrante et il faudra attendre le dernier acte pour entendre des notes rondes très bien projetées et habitées mais composées avec des trous dans le registre. A revoir pour se faire une idée juste mais à priori elle a la voix du rôle.

Pour la russe Galina Gleber, son passage dans les mains de Mara Zampieri ne se voit que par le mimétisme visuel (et le jeu caricatural) mais heureusement ne s’entend pas. La voix typiquement russe offre une homogénéité de timbre et d’émission sur l’ensemble de l’ambitus. Elle a le format exact, la vaillance des aigues, le métal qu’il faut où il faut et ne dédaigne pas les nuances. Sur une scène de province la Turandot idéale pour qui le rôle semble une promenade de santé. A noter que la version choisie sera peu ou prou la version enregistrée par Joséphine Bartsow que j’entendais sur scène pour la première fois. Du coup Gleber ne lachera plus le chef du regard pendant le final.

La raison de ma venue et la jouissance de la soirée sera Calaf. Au physique qui rappelle Kunde jeune, ce ténor a une facilité dans le haut médium et l’aigu confondante. L’air est intégralement transformé en son, sans aucun frottement audible, avec un souffle impressionnant. La voix est très différente mais cela rappelle l’effet que produisait Villazon à la grande époque dans ces notes. A part que lui a le format de ce type de rôle pour une scène de province. Les notes de « sulla tua bocca lo dirò » sont l’épicentre de cette impressionnante projection et annonce un « vincero » qui sembe ne jamais s’éteindre. Je n’ai jamais vu des Allemands aussi hystériques à un salut. Pour autant ne brodons pas, c’est le ténor de rêve pour ce répertoire et ce type de scène, il pourrait ne pas supporter certaines comparaisons dans un temple lyrique. Mais à Mannheim j’ai pris mon pied avec lui.

L’adage veut qu’un orchestre allemand ne peut être mauvais , il se confirme mais le jeune chef se laisse un peu trop emporter par les débordements sonores qui transforment la fosse en mur infranchissable pour le chœur en fond de scène . pour le final le chœur sera placé parmi le public, histoire de nous rendre sourds. Mention (très) particulière au chœur d‘enfants.
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Re: Puccini - Turandot - Soddy/Gerber- Mannheim 04/2018

Message par paco » 26 avr. 2018, 11:09

Moi j'aime bien ces salles moches que tu décris, au design sixties où on a l'impression qu'Audrey Hepburn va débouler d'un moment à l'autre. Je trouve que ces opéras allemands dégagent une ambiance très décontractée, chaleureuse malgré la laideur des foyers et de la salle. On s'y sent bien et très franchement je préfère ces salles de province mal construites au congélateur glacé propre sur soi des coursives de Bastille.
Sinon, c'est Calaf avec un "c" et non pas Kalaf (ach...).

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micaela
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Re: Puccini - Turandot - Soddy/Gerber- Mannheim 04/2018

Message par micaela » 26 avr. 2018, 11:34

On écrit probablement Calaf avec un K en allemand.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Puccini - Turandot - Soddy/Gerber- Mannheim 04/2018

Message par Loïs » 26 avr. 2018, 13:13

micaela a écrit :
26 avr. 2018, 11:34
On écrit probablement Calaf avec un K en allemand.
Ach eXXaKt: j'ai fait un copié-collé du National Theater :roll: :D
Sinon j'ai oublié de préciser que Muehle (Mühle glaube ich) fait le 'ti voglio tutt'ardente d'amore" en tonalité haute et rubato

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