Rossini – L’Italienne à Alger – Cilluffo/Berloffa – Toulon 04/2018

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Torquemada
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Rossini – L’Italienne à Alger – Cilluffo/Berloffa – Toulon 04/2018

Message par Torquemada » 18 avr. 2018, 18:39

L’Italienne à Alger

Direction musicale Francesco Cilluffo
Mise en scène & costumes Nicola Berloffa
Décors Rifail Ajdarpasic
Lumières Marc-Antoine Vellutini

Isabella Laura Verrecchia
Elvira Michela Antenucci
Zulma Julie Pasturaud

Mustafà Andrea Mastroni
Lindoro Alasdair Kent
Taddeo Luigi de Donato
Haly Joé Bertili

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon

Coproduction Opéra Grand Avignon et Opéra de Marseille

Représentation du 17/04/2018 (dernière)

Je n’avais pas encore vu cette production qui a déjà beaucoup tourné (Marseille et Avignon (les coproducteurs), mais aussi Vichy, Saint-Étienne ou Massy). Et je dois reconnaître qu’elle est visuellement réjouissante : décor tournant plaisant et virtuose, composé pour l’essentiel d’un vaste patio bleu majorelle, avec lequel alternent deux intérieurs plus exigus aux emplois variés, décorés avec un humour très « bande dessinée » ; costumes flatteurs dessinés par le metteur en scène lui-même dans un joyeux mélange (avec une coloration dominante issue des Années folles) ; animation constante des tableaux par une direction d’acteur très soignée qui ne laisse jamais personne inactif et ménage des contrepoints discrets mais systématiques (et drôles) au jeu des protagonistes. Comme les chanteurs (qui ont tous le physique de l’emploi) semblent s’ébrouer dans cet univers avec un plaisir communicatif, on feuillette le livre d’images (dont le teaser concocté par l’Opéra de Toulon donne une image assez juste) avec gourmandise sans trop s’interroger sur la cohérence d’un spectacle qui n’hésite pas à manger à tous les râteliers ni à forcer parfois un peu le trait. En somme, si la mise en scène vise au seul divertissement, elle y parvient assez habilement ; le livret de l’Italienne, qui n’est pas non plus avare de clichés, n’en demande peut-être guère plus.

Sans doute stimulés par le metteur en scène, les chanteurs réunis à Toulon montrent un bel esprit de troupe, quoique les incarnations vocales ne soient pas toutes aussi satisfaisantes. Du côté des dames, les bonheurs sont mitigés : Laura Verrecchia campe une Isabelle fine mouche mais peine à convaincre vocalement dès sa sortie d’une élégante malle-cabine avec un « Cruda sorte » qui m’a paru bien engorgé et entonné d’un timbre qui ne rayonne guère. La suite ne la montrera pas plus sonore ; elle sauve heureusement la mise par une diction millimétrée et un jeu de vamp parfaitement assumé. Dans le costume de sa rivale, Michela Antenucci tire son épingle du jeu sans masquer un aigu parfois strident (« dindin ! »). La Zulma de Julie Pasturaud est en revanche plus généreuse de timbre.

Ainsi, malgré les fanfaronnades d’Isabella (« So a domar uomini come si fa »), c’est pour une fois des hommes que viennent les plaisirs sans nuage. Andrea Mastroni est un Mustafà vraiment royal : présence de star, virtuosité crâne, voix de velours et diction à l’avenant. Parfait contrepoids à l’assurance bravache de Mastroni, Alasdair Kent est un Lindoro délicat d’un charme suave et pénétrant, qui séduit dès son « Languir per una bella » même si la vocalise ne coule pas toujours avec la même égalité. En Taddeo, Luigi de Donato joue habilement de sa vis comica et d’une ample tessiture couronnée d’une diction idiomatique – ce qui n’est hélas pas le cas de celle de Joé Bertili dont le personnage (Haly) est convaincant scéniquement mais vocalement heurté. En fosse, Francesco Cilluffo a manifestement fait un travail remarquable, alliant précision rythmique et alacrité vif-argent : en grande forme, l’orchestre le suit comme un seul homme (même le chœur s’en tire pour une fois avec les honneurs), contribuant ainsi pleinement à la réussite de la soirée : « Bravo, ben : così si fa ! ».
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NicBrand
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Re: Rossini – L’Italienne à Alger – Cilluffo/Berloffa – Toulon 04/2018

Message par NicBrand » 13 mai 2018, 20:57

Spectacle sans intérêt ... Mise en scène vide , lourde. Aucune direction d’acteurs ... même Rossini demande des vrais personnages et non des caricatures de bandes dessinées ... pourquoi doit on encore voir ces fanfaronnades alors que le sujet me semble plutôt sérieux même si l’humour est là. Pitoyable de platitude ...
cote voix , Isabella engorgée je suis d’accord , le reste de la distribution est plutôt honorable , avec mention pour Mustafà !

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