Bach : Passion St Jean-Amsterdam Baroque Orchestra & Choir/T.Koopman- Lyon 30/03/2018

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Bach : Passion St Jean-Amsterdam Baroque Orchestra & Choir/T.Koopman- Lyon 30/03/2018

Message par petitchoeur » 03 avr. 2018, 17:01

Johann Sebastian Bach : Passion selon Saint Jean BWV245

Amsterdam Baroque Orchestra & Choir

Ton Koopman, direction
Yetzabel Arias Fernandez, soprano
Maarten Engeltjes, alto
Tilman Lichdi ténor
Klaus Mertens basse


Auditorium-Orchestre National de Lyon en coproduction avec le Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay

Auditorium Maurice Ravel à Lyon le 30 mars 2018

C’est le Vendredi Saint 7 avril 1724 qu’est créée, à Saint Nicolas de Leipzig, la première Passion de Bach. Il utilise le texte évangélique de Jean. Contrairement à la Passion selon Saint Matthieu, créée quelques années plus tard à Saint Thomas en 1727, Bach ne met en œuvre qu’un seul orchestre, qu’un seul chœur et peu de solistes. En revanche il fait intervenir des instruments singuliers dans deux moments culminants : le luth solo et deux violes d’amour dans l’arioso n°19 chanté par la basse « Betrachte, meine Seel » Contemple, mon âme avec une joie troublée et la viole de gambe dans l’air d’alto n°30 « Es ist vollbracht ! » Tout est accompli ! L’évangile de Jean ne propose pas un récit de la Passion aussi détaillé que celui de Matthieu. Bach se coule dans les paroles de Jean, dans sa spiritualité. Le livret est imprégné des commentaires des Pères de l’Eglise et il utilise aussi le texte de Barthold Heinrich Brockes, patricien hambourgeois, qui avait déjà servi à la Passion selon Saint Jean composée par Haendel quelques années auparavant (1704).
Si cette Passion est moins grandiose (et moins longue) que celle selon Saint Matthieu, son architecture est néanmoins monumentale. Elle est encadrée deux vastes choeurs d’une grande puissance expressive, véritables prologue et épilogue d’une tragédie antique. Chaque épisode, introduit en récitatif par le ténor-évangéliste, est complété par un air, moment de méditation et par un chœur ou un choral luthérien qui invite le fidèle à la conversion et au repentir.
Ton Koopman, l’Amterdam Baroque Orchestra & Choir, les solistes nous en offrent une version idéale. Clarté de la voix, excellence de la prononciation et des intonations, intelligence du texte évangélique, non sans, aux moments dramatiques, une vive émotion, Tilman Lichdi est un évangéliste parfait. Il chante également les airs de ténor. Klaus Mertens chante Jésus, Pierre et les airs de basse avec une grande sobriété et une émouvante simplicité de son très beau timbre. « Mein teurer Heiland lass dich fragen » Mon cher Sauveur laisse-moi Te demander en duo avec le violoncelle de Werner Matzke touche l’auditeur au plus profond de lui-même. Yetzabel Arias Fernandez intervient dans les deux airs de soprano magnifiquement accompagnée par les flûtistes Wilbert Hazelzet et Marion Moonen ainsi que les hautboïstes Jean-Marc Philippe et Yanina Yacubsohn. Maarten Engeltjes, contre-ténor, chante les airs d’alto. La voix du contre-ténor et le talent de Robert Smith à la viole gambe nous plongent dans le moment le plus dramatique de cette Passion : Tout est accompli ! Le Chœur d’Amsterdam (17 chanteurs) introduit, conclut, participe à la tragédie avec une précision remarquable dans les interventions de foule délicates et complexes. Il invite à la méditation individuelle avec une tendresse et une humanité irrésistible dans la berceuse « Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine » Repose en paix et conduis-moi aussi au repos… empruntée par Bach à Haendel ! Les rôles de Pilate et du serviteur sont parfaitement tenus par des membres du chœur. Ton Koopman obtient un bel équilibre entre chanteurs et instrumentistes. Il tient l’orgue en accompagnement de l’évangéliste rendant toute sa vivacité au récit. Les nuances, les changements de tempi, les accents, les phrasés animent cette Passion bouleversante.
Dans cette Passion, Bach rend audible à tous le message reçu de Saint Paul (cf l’Epître aux Romains) et repris par Luther : le Messie est celui qui a vaincu la mort, est ressuscité et s’est emparé du péché. Il est garant de la promesse de repos et de paix devant Dieu. Ce soir tous les musiciens ont magnifiquement transmis cette espérance.
Pierre Tricou

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