Concert J.D.Zelenka-M.E.Cencic/Orchester 1756/D.Karakantas-Lyon 3/2018

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Concert J.D.Zelenka-M.E.Cencic/Orchester 1756/D.Karakantas-Lyon 3/2018

Message par petitchoeur » 31 mars 2018, 21:46

Musique pour la Chapelle royale de Dresde : Jan Dismas Zelenka (1679-1745)

Max Emanuel Cencic ,contre-ténor
Orchester 1756
Dimitris Karakantas violon et direction

Gloria Ternes | violon
Nora Romanoff - Schwarzberg | alto
Michal Stahel | violoncelle
Amaya Blanco Rad | contrebasse
Bettina Simon, Arianna Zambon | hautbois
Christine Gnigler | basson, Flauto dolce
Sonja Leipold | orgue et clavecin

Sinfonia à 8 ZWV 189 (1723) 1er mouvement
A che riserbano i cieli i fulmini air de San Giovanni extrait de Gesu al Calvario RWV612 (1735)
Membra languide e tremanti air de Namuel extrait de Il serpente di bronzo RWV61 (1730)
Sonata no.4 ZWV 181 Adagio, Allegro ma non troppo (1721)
Già ripiglia vermiglia la rosa air d’Azaria extrait de Il serpente di bronzo
Vicina morte con fiero sguardo air d’Azaria extrait de Il serpente di bronzo
O magnum Mysterium motet pour alto ZWV171 (1723)
Agnus Dei, extrait de la Missa divi Xaverii ZWV12 (1729)
Sonata no.3 ZWV 181 (1721) Adagio, Allegro, Largo,Tempo giusto , Allegro
Barbara, dira, effera Motet pour alto ZWV 164 (1733)


Chapelle de la Trinité à Lyon le 27 mars 2018
« Longtemps après avoir quitté la superbe cathédrale d’Uzès, on était encore sous le charme de ce timbre et de cet art singuliers réveillant en nous l’écho de ce vers de Mallarmé louant le style de son ami Manet : « Profond, aigu ou hanté de certain noir ». C’est ainsi que JdB termine son CR du concert donné par Max-Emmanuel Cencic à Uzès le 18 juillet 2017 dont la première partie du programme était consacrée à Jan Dilmas Zelenka. Voir son fil :
viewtopic.php?f=6&t=19116
A Lyon toutes les œuvres données ce soir sont de Zelenka. Et c’est l’Orchester 1756 dirigé par Dimitris Karakantas qui accompagne Max-Emmanuel Cencic . Jan Dismas Zelenka est le plus grand compositeur baroque de Bohême. Né en 1679 dans un petit village au sud-est de Prague, il fait ses études à Prague et devient contrebassiste à la Cour du comte von Hartig, gouverneur impérial de Prague. Il compose sa première messe en 1711. Envoyé en Italie, il s’arrête à Vienne où il suit l’enseignement de Johann Joseph Fux puis se rend à Venise comme élève d’Antonio Lotti. Au retour il s’installe définitivement à Dresde en 1719 où il fera sa carrière musicale. En 1729 Hasse, plus « italien », lui est préféré comme Maître de Chapelle à la cour de Dresde. Il termine sa vie en 1745 dans un certain isolement.
Malgré la redécouverte récente de ses œuvres instrumentales, il est surtout connu pour ses compositions religieuses : 100 psaumes, 21 messes, 3 requiems, 3 oratorios, 3 cantates… C’est un compositeur « rustique, discret et profondément religieux ignorant les éclats de la gloire romaine » (Jean-François Labie in Le visage du Christ dans la musique baroque. Paris ,1992). Il est le contemporain de Vivaldi, de Bach (qui l’admire beaucoup), de Telemann.
Dimitris Karakantas, violoniste grec, est nommé chef et soliste en 2014 de l’Orchester 1756, premier ensemble créé à Salzbourg en 2006 jouant sur instruments anciens des œuvres des XVIIème et XVIIIème siècles. Orchestre remarquable par ses hautboïstes, Bettina Simon et Arianna Zambon, et par sa bassoniste, Christine Gnigler, qui dialoguent fort brillamment avec les cordes dans les sonates et la sinfonia. De même dans l’accompagnement des airs d’alto, chantés par le contre-ténor, extraits des motets et des oratorios : Il Serpente di bronzo et Gesù al calvario.
Quatre fois, au cours du concert, Max-Emmanuel Cencic, dans un français impeccable, prend la parole plaidant pour la paix et l’amour. Il présente Zelenka : il est catholique dans une Saxe protestante, musicien à la cour de l’électeur Frédéric-Auguste 1er Le Fort, qui se convertit pour être élu Roi de Pologne, nation catholique ! La guerre de Trente ans a laissé encore beaucoup de traces en Europe… Le personnage apparaît sur scène dans une sobre tenue noire, loin des costumes fantasques et colorés auxquels il a habitué le public. Un timbre d’une belle rondeur, aussi bien dans les graves que dans les aigus, un souffle d’une grande longueur, un phrasé plein de finesse, des vocalises acrobatiques parfaites. Cencic passe de la fureur à la méditation sur la mort, de la colère à la supplication dans les airs d’oratorios : « les larmes d’une mère triste, mon Dieu, implorent Ta pitié » (air de Saint Jean dans Gesù al calvario) ; de la douce berceuse de O magnum mysterium à la violente dénonciation de la barbarie des bourreaux dans Barbara,dira, effera et jusqu’à l’Alleluia final de ce motet, festival de vocalises magistrales et joyeuses. Alleluia repris en bis et achevé sur un aigu parfait.
Beau concert. Une intéressante découverte : Zelenka .Un contre-ténor de plus en plus séduisant : Max-Emmanuel Cencic.
Pierre Tricou

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