Haendel - Jules César – Philipp Von Steinaecker/Marguerite Borie – Conservatoire de Paris/Philharmonie – 16/03/2018

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Haendel - Jules César – Philipp Von Steinaecker/Marguerite Borie – Conservatoire de Paris/Philharmonie – 16/03/2018

Message par RV » 18 mars 2018, 20:25

Mise en scène: Marguerite Borie
Direction musicale: Philipp von Steinaecker
Jules César: Aliénor Feix
Cleopatra: Iryna Kyshliaruk
Tolomeo: Paul Figuier
Cornelia: Cyrielle Ndjiki Nya
Achilla: Jean-Christophe Lanièce
Curio/Nireno: Jiaming Zhang
Nirena/Fortuna: Victoria Jung

Ces représentations de Jules César constituaient le spectacle de fin d’études des élèves du Conservatoire de Paris. J’avais vu dans le même cadre l’année dernière avec beaucoup de plaisir le Mariage Forcé de Cimarosa qui m’avait fait découvrir deux chanteurs, Marie Perbost et Guilhem Worms, dont les carrières semblent bien lancées. Je suis donc retourné dans l’auditorium du conservatoire pour découvrir d’autres jeunes artistes et je dois dire que je n’ai pas été déçu.

La mise en scène de Marguerite Borie n’est pas ce qu’il y a de mieux dans ce spectacle. Sa note d’intention ne présageait rien de très bon « Cette œuvre m’a posé des difficultés… j’ai du mal à cerner l’évolution psychologique des personnages, écrit-elle, on ne perçoit pas de questionnement sur leurs parcours. J’ai donc ajouté un personnage, l’air de Nireno est devenu celui de Fortuna , et Fortuna qui appuie Jules César dans son destin, lui porte chance et fortune ». Tout devient enfin clair et compréhensible !!! Le décor, quant à lui, consiste en une montagne de chiffons colorés que les chanteurs lancent régulièrement en l’air. Autre singularité du spectacle, les chanteurs passent toute la deuxième partie du spectacle en sous-vêtements bien moulant. Je dois dire que la signification de tout cela continue à m’échapper mais je dois manquer d’imagination. Enfin, Sesto pour montrer qu’il est à peine sorti de l’enfance porte une peluche. Comme cela on ne risque pas de la confondre avec sa mère !

Par contre, côté musique que du plaisir. Tout d’abord, je dois dire que tous les jeunes chanteurs présents sur scène ont très bien travaillés au Conservatoire, tous vocalisaient avec beaucoup de facilité. Jules César était chanté par Aliénor Feix, mezzo de belle stature, qui a réussi à incarner avec autorité le rôle du héros et à assumer avec un certain panache un rôle vocalement difficile. Le seul petit bémol est que son timbre m’a paru un peu trop clair pour le rôle. Irina Kyshliaruk, soprano ukrainienne, qui interprétait Cléopâtre a tout pour elle, un très beau timbre, une grande agilité vocale et, pour ne rien gâcher, un physique avenant !. Paul Figuier, Tolomeo, est un excellent contre-ténor au timbre chaud (ce qui n’est pas si fréquent chez cette catégorie de chanteurs) et se montra par ailleurs très à l’aise scéniquement. Cyrielle Ndjiki Nys qui incarnait Cornelia a une belle voix sombre la rapprochant d’une contralto. Jean-Christophe Lanièce, baryton, (révélation ADAMI 2017) qui joue Achilla a un timbre d’un beau grain et une grande présence scénique. Brenda Poupard, Sesto, désavantagée par son costume de petit garçon, m’a paru un petit cran au dessous des autres mais j’avoue que mon point de vue est subjectif. Elle a été autant applaudie aux saluts que ses collègues. Les rôles plus discrets de Curio/Nireno et de Nirena/Fortuna étaient également fort bien tenus par le baryton Jiaming Zhang et par la soprano Victoria Jung. A mon humble avis l’équipe de chanteurs distribués dans cette production n’aurait pas déshonorée une scène lyrique française et je les reverrai tous avec plaisir.
L’orchestre dirigé par Philipp von Steinaecker, également violoncelliste au Malher Chamber Orchestra dont il est co-fondateur, était au diapason des chanteurs. Les jeunes musiciens du Conservatoire jouaient comme on peut s’y attendre sur des instruments modernes ce qui provoquait des effets un peu surprenants compensés toutefois par leur ardeur et leur discipline qui faisaient plaisir à voir et à entendre.

L'année prochaine ce sera Il Mondo della Luna de Haydn.

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