Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par dongio » 30 mars 2018, 23:30

Dans mes bras! Là ouiouioui! Surtout quand c’est Jessye Norman qui chante ça avec Barenboim ( DGG)

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cosimus
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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par cosimus » 31 mars 2018, 08:30

dongio a écrit :
30 mars 2018, 23:30
Dans mes bras! Là ouiouioui! Surtout quand c’est Jessye Norman qui chante ça avec Barenboim ( DGG)
(Si on ne trouve pas le disque, on peut l'entendre sur Voldemort)
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"La vérité luit de sa propre lumière;& on n'éclaire pas les esprits avec la flamme des bûchers." Marmontel, Bélisaire,

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par EdeB » 31 mars 2018, 12:26

cosimus a écrit :
31 mars 2018, 08:30
dongio a écrit :
30 mars 2018, 23:30
Dans mes bras! Là ouiouioui! Surtout quand c’est Jessye Norman qui chante ça avec Barenboim ( DGG)
Mille fois d'accord ! (Même si la diction est parfois un peu pâteuse. Ses Nuits d'été sont aussi étonnantes.)
Oh que oui ! Et Tristia, pour ne prendre que cet exemple, c'est également sublime... Avec Mozart, Rameau et Lully, Berlioz forme le 4e côté de mes indispensables.

En fait, à mon sens, le gros problème de Berlioz dramaturge, c'est qu'il a du mal à fusionner les fils des intrigues de ses œuvres de long format : il parvient à créer des tableaux sublimes, mais ne sait guère les enchaîner avec une réelle tension dramatique. A l'intérieur des unités-tableaux, c'est époustouflant de force, de couleurs, de virtuosité, d'originalité ; l'auditeur est soulevé, transporté,... mais retombe assez vite lors des transitions et des scènes qui ne sont pas aussi fortes. Cet art de la transition et de l'entremêlement qui fait défaut peut créer un sentiment de longueurs chez l'auditeur...
C'est sans doute pour cela que dans ses mélodies, cantates etc, Berlioz est toujours fulgurant. Le format ne permet pas l'essoufflement. (De même, dans sa musique religieuse, divisée en unités distinctes, il est toujours stupéfiant.)

Ainsi, dans Benvenuto Cellini, les deux thématiques (les amours de Cellini et Teresa et la réalisation de la statue) me semblent mal agencées: Berlioz fait parfois de la "musique pure", mais n'arrive pas à créer une tension dramatique. Or l'opéra, c'est du théâtre. Ce qu'il semble oublier... On a le même problème dans Les Troyens et La Damnation de F, mais c'est moins gênant, car ces ouvrages sont conçus sous forme de tableaux, et non de narration linéaire. C'est le spectateur qui comble les béances du récit, puisque cela fait appel à une culture commune. Berlioz peut ainsi se concentrer sur les moments forts et ce qui l'intéresse. Il me semble que, de toute façon, sa seule œuvre lyrique qui soit sans temps mort est bien La Damnation de F.

Bon, moi, je vais réécouter Thill dans "Inutiles regrets", un de mes disques d'île déserte. (Son 'Italie! Italie! A toi, mon âme..." me met toujours à genoux...)
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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par PlacidoCarrerotti » 31 mars 2018, 13:11

EdeB a écrit :
31 mars 2018, 12:26
En fait, à mon sens, le gros problème de Berlioz dramaturge, c'est qu'il a du mal à fusionner les fils des intrigues de ses œuvres de long format : il parvient à créer des tableaux sublimes, mais ne sait guère les enchaîner avec une réelle tension dramatique. A l'intérieur des unités-tableaux, c'est époustouflant de force, de couleurs, de virtuosité, d'originalité ; l'auditeur est soulevé, transporté,... mais retombe assez vite lors des transitions et des scènes qui ne sont pas aussi fortes. Cet art de la transition et de l'entremêlement qui fait défaut peut créer un sentiment de longueurs chez l'auditeur...
Berlioz respecte les règles du théâtre classique : pas d'action sur scène (règle de bienséance), mais l'expression des émotions.

« Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose :
Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;
Mais il est des objets que l'art judicieux
Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux. »
« L’essentiel est d’être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent et tantôt nous lèchent » Voltaire, lettre au duc de Richelieu.

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par Piem67 » 02 avr. 2018, 08:10

Berlioz ennuyeux lis-je de ci-de là ???!!

Mon Dieu, je donnerais n'importe quel Berlioz contre un opéra de Donizetti...!

Mais il est certain que le sérieux et engoncé Jordan n'est pas le mieux à même de défendre Berlioz. Il faut de la folie pour défendre cette musique. Munch l'avait bien compris (et Gardiner, pas toujours hélas...).

Que les livrets ne soient pas parfaits, j'en conviens, mais que de musique, que de génie, que de fulgurances dans ces partitions inouïes pour l'époque, à commencer, effectivement, par La Mort de Cléopatre, dont on comprend qu'elle ait fait avaler de travers le jury, même dans une version chant-piano. Norman est divine là-dedans, dommage que Baremboim ne soit pas tout à fait à la hauteur...

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par altini » 02 avr. 2018, 08:44

EdeB a écrit :
31 mars 2018, 12:26
Bon, moi, je vais réécouter Thill dans "Inutiles regrets", un de mes disques d'île déserte. (Son 'Italie! Italie! A toi, mon âme..." me met toujours à genoux...)
On sera deux à l'écouter, mais l'île ne sera plus déserte. :Jumpy:

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par pingpangpong » 02 avr. 2018, 10:56

+1
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par Epsilon » 02 avr. 2018, 12:09

Piem67 a écrit :
02 avr. 2018, 08:10
Berlioz ennuyeux lis-je de ci-de là ???!!

Mon Dieu, je donnerais n'importe quel Berlioz contre un opéra de Donizetti...!

Mais il est certain que le sérieux et engoncé Jordan n'est pas le mieux à même de défendre Berlioz. Il faut de la folie pour défendre cette musique. Munch l'avait bien compris (et Gardiner, pas toujours hélas...).

Que les livrets ne soient pas parfaits, j'en conviens, mais que de musique, que de génie, que de fulgurances dans ces partitions inouïes pour l'époque, à commencer, effectivement, par La Mort de Cléopatre, dont on comprend qu'elle ait fait avaler de travers le jury, même dans une version chant-piano. Norman est divine là-dedans, dommage que Baremboim ne soit pas tout à fait à la hauteur...
Non, non, je garde Donizetti ( entier!) et je vous donne tout Wagner pour Les Nuits d’été! La Chevauchée des Walkyries m’a toujours fait sourire alors que la Course à l’abîme serre le cœur.
En ce qui concerne Cléopatre, Susan Graham/ Rattle est de loin ma version préférée: ce n’est pas seulement une reine qui meurt, c’est aussi une femme.

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par philipppe » 02 avr. 2018, 12:26

Epsilon a écrit :
02 avr. 2018, 12:09
Piem67 a écrit :
02 avr. 2018, 08:10
Berlioz ennuyeux lis-je de ci-de là ???!!

Mon Dieu, je donnerais n'importe quel Berlioz contre un opéra de Donizetti...!

Mais il est certain que le sérieux et engoncé Jordan n'est pas le mieux à même de défendre Berlioz. Il faut de la folie pour défendre cette musique. Munch l'avait bien compris (et Gardiner, pas toujours hélas...).

Que les livrets ne soient pas parfaits, j'en conviens, mais que de musique, que de génie, que de fulgurances dans ces partitions inouïes pour l'époque, à commencer, effectivement, par La Mort de Cléopatre, dont on comprend qu'elle ait fait avaler de travers le jury, même dans une version chant-piano. Norman est divine là-dedans, dommage que Baremboim ne soit pas tout à fait à la hauteur...
Non, non, je garde Donizetti ( entier!) et je vous donne tout Wagner pour Les Nuits d’été! La Chevauchée des Walkyries m’a toujours fait sourire alors que la Course à l’abîme serre le cœur.
En ce qui concerne Cléopatre, Susan Graham/ Rattle est de loin ma version préférée: ce n’est pas seulement une reine qui meurt, c’est aussi une femme.
Réduire Wagner à ce qui est appelé “la chevauchée des Walkyries “ serait aussi partiel et idiot que réduire Berlioz à la dite marche des Troyens non ?

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Re: Berlioz- Benvenuto Cellini- Jordan / Gilliam- ONP - 03 & 04/2018

Message par Piem67 » 02 avr. 2018, 12:41

Merci Philipppe, j'ai pas eu la force... (désolé Epsilon ! ^^)

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