Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Piem67 » 19 févr. 2018, 15:14

Bernard C a écrit :
19 févr. 2018, 14:10
Ayant le nez sur les deux chanteurs , non seulement ils avaient tous les deux des lunettes mais ils avaient tous les deux le nez sur leur partition.
Pour ce qui concerne la partie du Duc , elle est beaucoup moins lourde et le texte infiniment moins dense , donc vous avez eu l'impression subjective que F.S. y était moins collé, ce qui n'est pas exact.
Il a même dû faire des allers et retours sur la partition en se rapprochant des pages pour ne pas manquer une attaque.

Ce qui compte en version concert, c''est de ne pas fixer son regard sur une dramaturgie qui n'existe pas ailleurs que dans l'expression musicale..

Je me souviens d'une version concert de Tristan où Stemme buvait sur scène sa bouteille plastique d'Évian au goulot... Certains s'en etonnaient .
Il ne faut pas attendre autre chose qu'une incarnation musicale d'un concert.
Oui, Struckmann suivait aussi la partition et prenait de l'avance dans les pages parfois, mais quand il chantait il paraissait vraiment plus détaché de cette partition et plus engagé que Stemme. Stemme était bien plus impliquée dans Elektra en décembre (même quand elle buvait sa bouteille, elle regardait Waltraut Meier en la toisant, rien de cela hier).

Il peut y avoir une dramaturgie dans une version concert par l'engagement des chanteurs, les échanges de regard. Cf. l'Elektra de décembre, c'était bien plus engagé de la part des chanteurs (Stemme incluse) que ce qu'a fait Stemme dimanche. On n'a pas non plus envie d'avoir des potiches (ce qui n'était certes pas le cas dimanche !). Difficile de toute façon de chanter quelque chose de dramatique en n'exprimant rien sur son visage.

Quant à dire que la partie de Barbe Bleue est moins dense que celle de Judith, je trouve ça exagéré. C'est tout de même Barbe-Bleue qui commence et termine l'ouvrage, c'est lui le personnage principal de l'ouvrage, c'est lui qui cherche à éviter à tout prix que l'action évolue telle que Judith le veut, c'est lui qui explique les choses, Judith ne fait que passer...

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Bernard C » 19 févr. 2018, 15:18

Piem, je parlais de volume de texte , pas de l'importance du personnage.
Reprends l'ouvrage, tu verras.

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"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Oylandoy » 19 févr. 2018, 16:25

Superbe concert, pour moi, tant le Bartok que le Dusapin.
Vraiment excellent.
Et dire que je n'y serais pas allé, si Fasolt n'avait pas donné ses places (merci encore !) !

Puisqu'il faut bien chipoter une peu, je dirais que Letonja se laisse emporter par son enthousiasme et y va un peu fort parfois... Salonen à Garnier, récemment, était plus nuancé.
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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Verdiprati » 20 févr. 2018, 02:59

C'est un cru moyen comme Dusapin pour ma part.
Commencé par le trombone en solo spatialisé à la Mahler, le debut de la pièce rappelle l'ouverture de Lohengrin avec les cordes transparentes superposées auxquelles s'ajoutent les vents l'un après l'autre.
Suivent les paraphrases et gloses pas vraiment captivantes, et elle se conclut par la danse des sauvages pour réveiller le public. Un peu schéma habituel du contemporain malgré quelques beaux moments et de l'efficacité.

Oui, Struckmann impressionne. Il était excellent Telramund en 97 au Châtelet avec les forces de Lindenoper dirigées par Barenboim. Il garde parfaitement l'autorité vocale.

Stemme magnifique mais sans surprise.
J'ai justement entendu successivement Sass, Marton, Norman, Varady et Urmana en Judith in vivo. Hélas je ne connais pas Denoke et j'ai raté Zhidkova, cantatrice très attachante.
Personne ne m'a déçu sauf Urmana, mais aucune ne surplombe les autres vraiment pour moi. Trois Hongroises avaient logiquement l'expressivité très naturelle de la langue. Stemme a autant de poids et de densité que Marton et Norman.

Bon orchestre sous la belle direction de Letonja qui n'a pas seulement la solidité mais aussi le sens des progression et urgence dramatiques.

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Piem67 » 20 févr. 2018, 07:52

Verdiprati a écrit :
20 févr. 2018, 02:59
Commencé par le trombone en solo spatialisé à la Mahler
Ah... dans quelle œuvre de Mahler y a-t-il 1 trombone spatialisé ?...

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Verdiprati » 20 févr. 2018, 21:23

Piem67 a écrit :
20 févr. 2018, 07:52
Verdiprati a écrit :
20 févr. 2018, 02:59
Commencé par le trombone en solo spatialisé à la Mahler
Ah... dans quelle œuvre de Mahler y a-t-il 1 trombone spatialisé ?...
Je parle de la dissémination des éléments sonores hétérogènes propre à l'esthétique mahlerienne.
Elle est typiquement représentée par chaque sonorité des vents très distinctement mise en perspective.
L'exemple le plus « vulgaire » est la trompette en solo au début de la Cinquième.
Berio parle de sa révélation mahlerienne quand il a mis le pied sur la Place St. Marc de Venise où plusieurs petits orchestres dispersés jouent simultanément la musique de style différent.

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Verdiprati » 20 févr. 2018, 21:31

Remigio2 a écrit :
19 févr. 2018, 14:40
mais quelle acoustique horrible pour les voix depuis le deuxième balcon de côté:
J'étais placé ce dimanche au second balcon en face, donc à peu près au même emplacement que pour le récital Damrau / Kaufmann du mercredi dernier où la très bonne acoustique m'a étonné pour une fois dès la première note comme le constate également Hélène.
Et dimanche dernier, retour à la case départ...L'image sonore des voix en solo perd son contour dans la résonance.
Je me suis demandé si cela a un rapport avec le placement des chanteurs ; au milieu de la scène mercredi dernier et sur le bord de la scène dimanche dernier. Qu'en penses-tu, Hélène ?

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Piem67 » 20 févr. 2018, 21:47

Verdiprati a écrit :
20 févr. 2018, 21:23
Piem67 a écrit :
20 févr. 2018, 07:52
Verdiprati a écrit :
20 févr. 2018, 02:59
Commencé par le trombone en solo spatialisé à la Mahler
Ah... dans quelle œuvre de Mahler y a-t-il 1 trombone spatialisé ?...
Je parle de la dissémination des éléments sonores hétérogènes propre à l'esthétique mahlerienne.
Elle est typiquement représentée par chaque sonorité des vents très distinctement mise en perspective.
L'exemple le plus « vulgaire » est la trompette en solo au début de la Cinquième.
Berio parle de sa révélation mahlerienne quand il a mis le pied sur la Place St. Marc de Venise où plusieurs petits orchestres dispersés jouent simultanément la musique de style différent.
La trompette solo dans la 5° est dans l'orchestre, pas en dehors...
Pour les fanfares que l'on trouve dans la 2° ou la 8°, c'est une extension de l'orchestre propre à l'esthétique malhérienne, oui.
Mais ce que fait Dusapin est extrêmement différent. Dans "Morning", il y a 3 cuivres répartis dans 3 endroits différents de la salle et n'ont pas le même rôle que chez Mahler. Ils font partie de la masse orchestrale, n'en sont pas une extension mais sont sortis de la masse centrale de l'orchestre. On trouve la même chose dans "Uncut".

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par HELENE ADAM » 20 févr. 2018, 23:00

Verdiprati a écrit :
20 févr. 2018, 21:31
Remigio2 a écrit :
19 févr. 2018, 14:40
mais quelle acoustique horrible pour les voix depuis le deuxième balcon de côté:
J'étais placé ce dimanche au second balcon en face, donc à peu près au même emplacement que pour le récital Damrau / Kaufmann du mercredi dernier où la très bonne acoustique m'a étonné pour une fois dès la première note comme le constate également Hélène.
Et dimanche dernier, retour à la case départ...L'image sonore des voix en solo perd son contour dans la résonance.
Je me suis demandé si cela a un rapport avec le placement des chanteurs ; au milieu de la scène mercredi dernier et sur le bord de la scène dimanche dernier. Qu'en penses-tu, Hélène ?
J'étais placée comme toi pour DD/JK et ils passaient en effet remarquablement bien jusqu'au dernier rang du deuxième balcon comme s'ils chantaient à côté de nous. Plusieurs raisons : pas de concurrence de son, le piano est un troisième partenaire parfait, en plus les trois artistes ont beaucoup repéré et beaucoup étudié leurs effets (sonores et scéniques), cela se voit à leur aisance. Paris succédait de plus à plusieurs représentations du même concert dans des Philharmonies avec la même disposition acoustique, en gros, un son qui se répercute sur les murs, le plafond (les plafonds réglables), et même sur les spectateurs avec des effets prévisibles pour des chanteurs aussi habitués à ces salles que sont les chanteurs allemands (il y a une salle philharmonique par ville importante, même leur concert à Essen était dans le même genre de salle).
Pour le château de BB, j'avais une place de rêve, au rang J du parterre centre, donc à la hauteur des chanteurs exactement. Donc pas de problème d'acoustique malgré l'orchestre. Mais du haut du deuxième balcon, tu pouvais avoir le même problème que moi pour Elektra avec des chanteurs disposés ainsi totalement sur le devant de l'orchestre. Le son des instruments et notamment des cuivres et des percussions placés plus haut que les chanteurs, arrivent avant le son des chanteurs dans les hauteurs de la PP. Et le risque que les voix se répercutent moins bien existe bien...
En tout cas, c'est le constat que je fais à chaque fois que les chanteurs sont placés sur le devant. Alors que du milieu de l'orchestre (ce qui est assez fréquent heureusement), les distorsions d'acoustique disparaissent quasiment....
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Bartók-Le Château de Barbe-Bleue- Letonja - vc -Philharmonie de Paris-18/02/18

Message par Verdiprati » 20 févr. 2018, 23:17

Merci Hélène pour ton analyse fine qui confirme mes impressions.

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