Gounod-Philémon et Baucis-Pionnier/Ostini- Tours-02/2018

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offenbach
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Re: Gounod-Philémon et Baucis-Pionnier/Ostini- Tours-02/2018

Message par offenbach » 19 févr. 2018, 15:17

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène & costumes : Julien Ostini
Décors & costumes : Bruno de Lavenère
Assistante à la scénographe : Émilie Roy
Lumières: Simon Trottet
Chorégraphies : Élodie Vella
Masques : Cécile Kretschmar

Baucis : Norma Nahoun
Philémon : Sébastien Droy
Jupiter : Alexandre Duhamel
Vulcain : Eric Martin-Bonnet
La Bacchante : Marion Grange

L'un des événements de cette année Gounod se passe en ce moment même à l'Opéra de Tours. En effet, plutôt que Faust, Roméo et Juliette ou encore Le Médecin malgré lui, la maison tourangelle ose une vraie rareté en montant Philémon et Baucis, opéra-comique composé pour Baden-Baden mais créé en 1860 à Paris sur la scène du Théâtre-Lyrique dans une version en trois actes - au lieu des deux prévus initialement -. En 1876, l'ouvrage sera finalement remanié en deux actes et joué à l'Opéra Comique.
Ce soir, c'est la version en trois actes que nous entendons, le second entrecoupant l'action principale et se voyant entièrement dévolu au chœur en une grande bacchanale qui sera sévèrement punie par Jupiter. Un ajout qui, selon nous, n'apporte pas grand-chose à l’œuvre et qui dilue une narration dont l'atout principal demeure une tendresse presque pastorale.
Inspiré du mythe narré par Ovide dans ses Métamorphoses, la légende nous conte l'hospitalité généreuse offerte par Philémon et Baucis, un humble couple à l'automne de sa vie, au Maître des Dieux et à Vulcain, son compagnon de voyage, et récompensée par le retour de leur jeunesse. Un ouvrage loin du faste auquel nous a habitué le compositeur et qui tend davantage vers une intimité qui rappelle souvent La Colombe.

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Afin illustrer la chaumière du couple, Julien Ostini et Bruno de Lavenère ont imaginé pour le premier acte un chaleureux décor fait de voiles de couleur ocre, tentures au milieu desquelles rougeoie le feu du foyer. Simple et efficace, pour un tableau visuellement très réussi. On est en revanche moins convaincus par le décor du troisième acte, composé uniquement de néons filandreux pendant des cintres, figurant sans doute tant un temple qu'une forêt, trop abstrait selon nous. Le couple se voit superbement grimé au début de l’œuvre, tandis que Jupiter débarque en complet bleu et lunettes de soleil, avant de retrouver son costume d'imagerie traditionnelle - toge, barbe et foudre - afin de châtier les mortels du tableau suivant. Tenues légères sont de rigueur à la fin de l'ouvrage, Jupiter et Philémon arborant des torses nus et Baucis une simple robe, seul Vulcain conservant son tablier et sa mine patibulaire.
La direction d'acteurs, en ce soir de première, manque parfois de flamme, mais gageons que les représentations suivantes permettront une plus grande spontanéité. Omniprésence de Jupiter oblige, les dialogues sont partiellement réécrits et font ouvertement référence à l'actualité présidentielle de l'Hexagone.
Un parti-pris tenu jusqu'au bout et qui semble beaucoup amuser le public autant qu'une satyre d'Offenbach.

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Musicalement, si orchestre comme chanteurs ne semblent jamais se départir d'une certaine prudence, ils ne déméritent à aucun moment et assurent sans faillir leur partie, bien moins facile qu'on pouvait s'y attendre.
Baucis charmante, Norma Nahoun, sans être exactement une colorature virtuose, se tire avec les honneurs de son air difficile de l'acte III et fait preuve d'une belle musicalité.
Philémon attachant, Sébastien Droy donne à entendre ses qualités de diseur et d'interprète avec la sincérité qu'on lui connait, bien que l'émission, un peu trop couverte, empêche parfois la voix de rayonner autant qu'elle le pourrait.
Jupiter débonnaire et séducteur, Alexandre Duhamel trouve dans ce rôle une écriture à l'exacte mesure de ses moyens, tant dans la franchise du haut-médium que dans le creux du grave.
Vulcain ronchon et attendrissant, Eric Martin-Bonnet croque un personnage fort en gueule et offre de son célèbre air du I une interprétation convaincante.
Excellent chœur maison dans l'acte qui lui est confié, mené avec entrain et gouaille par Marion Grange en porte-parole des revendications des mortels.
A la tête de l'orchestre comme du théâtre, Benjamin Pionnier effectue un beau travail quant à l'équilibre des pupitres et dirige cette délicate partition avec un soin auquel ne manque qu'une touche de fantaisie pour que le bonheur soit complet.
Un grand merci à l'Opéra de Tours pour cette courageuse initiative et dont on espère qu'elle permettra à cette œuvre délicate de retrouver durablement le chemin des scènes lyriques.

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Bernard C
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Re: Gounod-Philémon et Baucis-Pionnier/Ostini- Tours-02/2018

Message par Bernard C » 19 févr. 2018, 16:10

Un tel enthousiasme fait plaisir et tranche radicalement avec ma mauvaise humeur :wink:

Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Gounod-Philémon et Baucis-Pionnier/Ostini- Tours-02/2018

Message par Markossipovitch » 28 sept. 2018, 18:31

Philémon et Baucis est disponible sur Culturebox.
Ainsi on peut se faire un avis.
https://culturebox.francetvinfo.fr/oper ... urs-271749

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Bernard C
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Re: Gounod-Philémon et Baucis-Pionnier/Ostini- Tours-02/2018

Message par Bernard C » 28 sept. 2018, 22:07

Markossipovitch a écrit :
28 sept. 2018, 18:31
Philémon et Baucis est disponible sur Culturebox.
Ainsi on peut se faire un avis.
https://culturebox.francetvinfo.fr/oper ... urs-271749
Ah oui... j'attends vos retours :wink:

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