Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

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Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 11 févr. 2018, 23:47

L'OMBRE DE VENCESLAO
Opéra en deux actes de Martin MATALON
Livret de Jorge Lavelli d'après la pièce de Copi

Direction musicale Martin Matalon
Pianiste et chef de chant Sylvie Leroy
Conception et mise en scène Jorge Lavelli
Collaboration artistique Dominique Poulange
Scénographie Ricardo Sanchez-Cuerda
Costumes Francesco Zito
Répétiteur danse Jorge Rodriguez
Lumières Jean Lapeyre

China Estelle Poscio
Mechita Sarah Laulan
Venceslao Thibaut Desplantes
Rogelio Ziad Nehme
Largui Mathieu Gardon
Coco Pellegrini Jorge Rodriguez
Gueule de Rat Germain Nayl
Le singe Ismaël Ruggiero
Le Perroquet (voix enregistrée) David Maisse
Serviteurs de scène Benjamin Leblay, Paul-Henri Nivet, Ismaël Bouadar, Frédéric Phelut

Responsable technique Cécile Hérault
Ingénieur du son Nicolas Déflache
Accessoiriste Léa Jézequel
Costumière Corinne Crousaud


Coproduction Centre Français de Promotion Lyrique et les Opéras d'Avignon, Bordeaux, Clermont-Auvergne, Marseille, Montpellier, Reims, Rennes, Toulon, Toulouse, Santiago du Chili et le Grame (centre national de création musicale de Lyon).

L'Ombre de Venceslao est une pièce écrite en espagnol en 1978 par Copi, dramaturge et dessinateur argentin "installé" en France par Jorge Lavelli.
Titre original : "La Sombra de Venceslao". L'Ombre de Venceslao a été créée le 16 novembre 1999 au Théâtre de la Tempête dans une mise en scène de Jorge Lavelli qui en a assuré la traduction française avec Dominique Poulange.

L'argument, par Jorge Lavelli :
L'Ombre de Venceslao est une histoire d'errance et de famille.
Venceslao, d'origine uruguayenne, a fondé dans l'humide pampa argentine un double foyer : l'un avec Hortensia, sa femme légitime dont il a eu deux enfants, Lucio et China ; l'autre avec Mechita, sa maîtresse et mère de son fils Rogelio. Don Largui, soupirant transi de Mechita, prétend à tout prix l'épouser ; Rogelio et China s'aiment et veulent se marier. Hortensia meurt ; Venceslao décide de partir avec Mechita et son perroquet dans la charrette tirée par le cheval Gueule de rat, vers les chutes d'Iguazú où il adopte un singe particulièrement intelligent. Largui, après un parcours semé de nombreuses embûches, rejoint à vélo Iguazú et Mechita. Entre temps, China et Rogelio (le couple incestueux du demi-frère et de la demi-sœur) rompent avec la monotonie de la pampa, hantés par le rêve de la grande ville : Buenos Aires. Mais ils vont succomber à la séduction d'un maquereau sans scrupules, Coco Pellegrini, et finalement y trouver la mort dans la violence d'un coup d'état militaire (bien qu'écrite en 1977, l'histoire reflète plus l'Argentine des années 50, avec une allusion à l'Etat de siège décrété en 1955 lors du coup d'état qui renversa le Général Perón). Venceslao se pend, après s'être confessé au Perroquet. Une scène finale, purement onirique, nous fait sortir du labyrinthe des événements : l'ombre de Venceslao revient vers ceux qui sont restés fidèles aux valeurs de l'amitié - Mechita, Gueule de Rat, le Perroquet - "pour leur promettre de toujours penser à eux".
la mélodie est immorale
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Re: Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 12 févr. 2018, 19:26

Représentation du 11 février 2018

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L'attrait de la découverte, de la nouveauté peut amener à assister à des représentations agréables, surprenantes, nouvelles, mais aussi à quelques déceptions. Ce sera le cas pour nous cette fois-ci. La faute essentiellement à un texte qui se veut truculent, mais qui est surtout vulgaire, avec nombre de grossièretés sexuelles, scatologiques, etc. N'est pas Rabelais qui veut. L'idée pourtant est intéressante : de pauvres gens, lassés de leur existence misérable, décident de changer de vie. Les jeunes partent pour la grande ville (ici Buenos Aires) – ah, les lumières de la ville – et les moins jeunes pour une vie avec vue sur un paysage grandiose (les chutes d'Iguazù). On pourrait d'ailleurs voir aisément un lien avec l'actualité, qui montre nombre de migrants tout quitter avec l'espoir d'une vie meilleure. Ce texte est donc décevant, malgré son dynamisme, dynamisme qui entraîne toutefois la possibilité d'une mise en scène vive, ce qui sera le cas.

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La musique, contemporaine, avec force percussions et dissonances, n'émeut guère, étant de type répétitif, et donc, lassant. Quelques exceptions cependant : l'orage qui sert d'ouverture est très bien rendu, effrayant, et aussi le quatuor de bandonéons qui interviendra deux fois, en référence à des musiques traditionnelles d'Argentine, surprenant et original.

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En revanche, la mise en scène de Jorge Lavelli et les interprètes sont formidables. Quel dynamisme ! Quel engagement !
Jorge Lavelli utilise un décor très sobre, mais évolutif, qui sera modifié par les interprètes eux-mêmes, aidés de 4 comédiens, sans temps mort ni baisse de régime.

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Tous les interprètes sont excellents. Signalons particulièrement Estelle Poscio, remarquable danseuse, qui joue une China très présente avec un charisme certain. Ziad Nehme, chanteur aux formidables dons de gymnaste et danseur. Jorge Rodriguez, auteur d'un étonnant numéro de tango argentin avec Estelle Poscio. Sarah Laulan (Mechita), Thibaut Desplantes et Mathieu Gardon complètent avec brio la distribution.
Quel dommage que leurs parties chantées se réduisent le plus souvent à des hurlements en voix de fausset. Cruel.

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Jorge Rodriguez, Estelle Poscio et Ziad Nehme

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Mathieu Gardon, Thibaut Desplantes, Sarah Laulan et Ziad Nehme

Photos : Laurent Guizard
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Re: Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 13 févr. 2018, 18:01

J'oubliais : Jorge Lavelli est venu saluer.
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Re: Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 13 févr. 2018, 18:04

A propos de Martin Matalon, voici de la publicité pour un Ciné-Concert à Angers :

Metropolis Ciné-Concert

L’ONPL vous propose en ciné-concert l'immense chef d’œuvre de Fritz Lang.

Dimanche 18 mars 2018 17h
Mardi 20 mars 2018 20h30
Mercredi 21 mars 2018 20h30

Angers Grand Théâtre

Film muet de Fritz Lang (Allemagne, 1927)
Musique de Martin Matalon pour seize instrumentistes et dispositif électronique
Martin Matalon, direction

Réalisé en 1927 par Fritz Lang, Metropolis, chef-d’œuvre du cinéma muet, sera projeté ici dans sa version
restaurée. Seize instrumentistes de l’ONPL joueront la musique du film composée par Martin Matalon.

Le film de Fritz Lang se situe dans une mégapole du futur, où le système de classes est divisé en deux parties
distinctes : d'un côté les puissants, de l'autre les ouvriers qui maintiennent, dans les profondeurs, les machines
de la cité en marche, Mais une passion amoureuse va bousculer l'ordre établi... L'Orchestre National des Pays
de la Loire vous propose ici un voyage sensible et inattendu et porte la couleur sur cette pellicule magique. En
regard du noir et blanc, la musique polychrome du compositeur argentin instille un foisonnement de couleurs qui
amplifie le propos du cinéaste allemand.

Une expérience visuelle et musicale !

TARIFS > de 7€ à 32€
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Re: Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 14 févr. 2018, 19:40

Et voici un extrait :
https://www.youtube.com/watch?v=KhlH3uJ ... e=youtu.be

Bientôt au Capitole de Toulouse.
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Re: Matalon - L'Ombre de Venceslao - Matalon/Lavelli - Reims - 2/2018

Message par Oylandoy » 14 févr. 2018, 19:45

Et un texte de Martin Matalon sur son oeuvre, d'après le programme de salle :

Le regard et le projet de Martin Matalon

L'Ombre de Venceslao est une pièce de théâtre riche de multiples nuances : chacun des cinq rôles principaux a une personnalité forte et complexe. Trois animaux accompagnent ces personnages et jouent un rôle singulier dans cette œuvre : un perroquet acide, plein d'ironie et d'humour (voix préenregistrée), un cheval, sorte d'extension du protagoniste (comédien) et un singe qui enrichit en mouvement l'espace scénique par sa pantomime. Enfin un danseur de tango, qui a tout d'un maquereau, fait son apparition aux trois-quarts de l'œuvre. Les couleurs des personnages (humains et animaux) sont projetées dans une autre dimension par les espaces géographiques : l'action va se dérouler dans un décor de nature sauvage, la forêt tropicale, avec ses caractéristiques météorologiques extrêmes d'orages et de tempêtes. Il y aura des scènes dans le désert, mais aussi dans l'autre jungle: la grande métropole qu'est Buenos Aires avec tout ce que la ville a de sauvage : coups d'état, fusillades, scènes de boîte de nuit avec des personnages excentriques... Les instincts les plus basiques, mais aussi la tragédie et l'humour sont présents au long de la pièce : "c'est justement l'ingrédient tragique qui déclenche son contraire ; il ne peut y avoir d'humour que dans le vertige de la décadence et du malheur". La trame de cette pièce - en quelque sorte, les avatars d'une famille du campo profond argentin perdue dans l'adversité de la nature - s'articule aussi par l'idée de voyage, de trajectoire... Chacun des personnages ira chercher son destin quelque part ailleurs : pour les uns, la grande métropole volera leur dernier soupir, pour les autres les imposantes chutes d'lguazú seront le destin ultime de leur périple. Justement, c'est cette idée de trajectoire, de voyage que j'épouse comme dessin formel de cet opéra.

Les deux actes et trente-deux scènes que contient cette pièce de théâtre seront tout autant trente-deux mouvements ou sections de cet opéra, auxquels il faut rajouter une ouverture et un intermède purement musicaux, soit un total de trente quatre sections qui sont donc de véritables miniatures musicales, chacune avec ses propres caractère, couleur, instrumentation, rythme, dynamique, durée... Ces scènes/mouvements sont de longue, moyenne et courte durée, donnant à l'œuvre un rythme formel varié et dynamique. Le principe de complémentarité est le lien compositionnel qui reliera chacune des miniatures. L'idée est de développer une direction et une trame formelles, dont chaque mouvement débouche sur le suivant : un détail anodin d'une section devient l'élément de base de la nouvelle section. Ainsi, cette trajectoire à travers ces miniatures (qui ne reviennent jamais en arrière) est-elle non seulement la métaphore musicale du relief dramatique et géographique et des couleurs fauves présentes dans cette œuvre, mais aussi un voyage dans le son qui commence avec un orage instrumental (métaphore de la tempête qui ouvre le livret) et qui finira avec le dernier souffle (paroles) de (l'ombre de) Venceslao.

Dans les trente-quatre miniatures qui composent cette œuvre, j'essaie d'utiliser de nombreuses combinaisons et modes de jeu vocaux : de la ligne purement chantée au parlato libre, rythmé, en passant par le sprechgesang, et lorsque la dramaturgie le justifie, j'utilise divers modes de jeu vocaux. Je suis particulièrement attentif aux possibilités que m'offre le livret pour créer des ensembles vocaux à géométrie variable : de l'aria au quintette vocal en passant par le duo, le trio et le quatuor... Il y aura deux scènes purement musicales: l'ouverture et l'intermède et une scène de "théâtre sec" sans chant ni musique instrumentale...

- L'orchestre utilisé est un orchestre de taille "Mozart" avec quelques particularités :
- 4 bandonéons solistes - dont 2 jouent l'accordéon - seront intégrés à l'orchestre.
- Toujours intégré au tissu instrumental ou vocal, un dispositif électronique aura le rôle de compléter l'orchestre, d'être sa caisse de résonance, son extension, avec aussi des sons concrets en relation avec les exigences du livret (bruits de ville, de nature, d'explosions, de fusillades...). Compte-tenu de la complexité logistique engendrée par les différentes maisons d'opéra à l'italienne, la diffusion sera uniquement en stéréo de façade.
- Le quatuor de bandonéons apparaîtra pour la première fois dans l'intermède musical (d'une durée de 5mn) placé entre le premier et le deuxième acte. Au milieu du plateau vide, 4 bandonéonistes sont assis sur 4 chaises face au public. Ils jouent en stylisant le comportement naturel du bandonéoniste faisant corps avec son instrument. Après cet intermède, le quatuor rejoindra l'orchestre dans la fosse pour réapparaître en scène à la toute fin de l'opéra.
- Dans le texte de L'Ombre de Venceslao existent des références musicales, principalement des tangos ou milongas classiques - très connus du grand public - et qui ont une incidence directe avec la dramaturgie. Avec le metteur en scène Jorge Lavelli, nous avons décidé d'intégrer au tissu musical les plus pertinentes d'entre elles. Le fait d'inclure des "objets sonores aussi étrangers" au style musical qui est le mien, sans que cela ressemble à un patchwork ou à un collage éclectique, est l'un des défis que je me suis fixé...
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