Campra - Requiem - C. Rousset - Philharmonie de Paris - 8-2-2018

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Campra - Requiem - C. Rousset - Philharmonie de Paris - 8-2-2018

Message par Oylandoy » 10 févr. 2018, 23:36

Requiem de Campra, jeudi 8 février 2018 salle Boulez de la Philharmonie.


Jean-Philippe Rameau : In convertendo (1715) d'après les Psaumes 125 et 68
• I. Récit (haute-contre) In convertendo Dominus
• II. Chœur. Tunc repletum est gaudio os nostrum
• III. Duo (dessus, basse). Magnificavit Dominus facere nobiscum
• IV. Récit (basse taille). Converte Domine captivitatem nostram
• V. Récit (dessus et chœur). Laudate nomen Dei cum cantico
• VI. Trio (dessus, haute-contre, basse). Qui seminant in lacrimis
• VII. Chœur. Euntes ibant et flebant

Marc-Antoine Charpentier Symphonies pour un reposoir H.515 (1672)
• I. Ouverture dès qu'on voit la bannière
• II. Pange lingua
• III. In supremae
• IV. Tantum ergo
• V. Amen

André Campra Requiem (1695)
• I. Introit
• II. Kyrie
• III. Graduel
• IV. Offertoire
• V. Sanctus
• VI. Agnus Dei
• VII. Communion

Les Talens Lyriques
Choeur de chambre de Namur
Christophe Rousset, direction
Caroline Arnaud, dessus I
Eléonore Pancrazi, dessus II
Philippe Gagné, haute-contre
Emiliano Gonzalez Toro, taille
Douglas Williams, basse taille




La salle Boulez accueillait ce jeudi Les Talens Lyriques de Christophe Rousset et le Chœur de Chambre de Namur pour un concert dont l'élément principal était le Requiem de Campra. Ladite salle n'était qu'aux trois quarts pleine, sans doute à cause de la neige et du verglas qui vivifiaient l'agglomération parisienne. Et, comme d'habitude, les absents ont eu grand tort.

Le concert débutait par In Convertendo, un des quatre motets de Rameau parvenus jusqu'à nous. Dans ce motet (psaume 125, et une partie du psaume 68 dans la partie V), l'auteur décrit la joie du peuple d'Israël à l'annonce de la liberté rendue aux captifs de Babylone.
Ce motet, d'une très belle facture, est un chef d'œuvre musical, et la joie des Hébreux, très bien rendue par la musique, est contagieuse, et on oublie aussitôt les frimas.

La deuxième partie, purement orchestrale, n'est pas aussi enthousiasmante, et le grand talent de C. Rousset ne suffit pas à montrer la flamme des pèlerins lors de la procession de la Fête-Dieu, pendant laquelle les fidèles pouvaient se recueillir devant le Saint-Sacrement, présenté en chemin sur un autel du reposoir. Seule la première partie montre un certain dynamisme, et la mélodie grégorienne qui compose la suite est plus ennuyeuse qu'incitant à la méditation.


Après l'entracte, retour des solistes et du chœur de Namur pour le Requiem de Campra.
Ce Requiem met en lumière toutes les qualités des chanteurs et C. Rousset retrouve son allant comme dans la première partie du concert (Rameau). Cette messe nécessite un effectif de grande ampleur (solistes, chœur à cinq parties et orchestre). Elle n'est probablement pas complète : il manque le Dies Irae et le Libera me, sections sans doute destinées au plain-chant.
Le Requiem de Campra est une page admirable et profondément émouvante. Excellente musique, qui installa dans la salle Boulez une ambiance recueillie, et presque de la ferveur… On pensait par instants à penser au Requiem de Fauré…
Une musique contrastée aussi, alternant les passages sombres et d'autres plus exaltés. On peut toutefois regretter les changements systématiques de tonalités tout au long de l'œuvre, une ligne chantée par la haute-contre, et la ligne suivante par le baryton, puis de nouveau la haute-contre, par exemple. Egalement, si les trois solistes masculins sont fort employés, les voix féminines semblent quelque peu négligées.

Tous les interprètes étaient excellents. Si l'on connaît l'excellent ténor Emiliano Gonzalez Toro, on découvre la très belle voix de baryton-basse de Douglas Williams, doté d'une belle projection et sonnant très bien dans la salle Boulez.
Philippe Gagné, haute-contre, possède un beau timbre de voix, et délivre sans effort tous les aigus de la partition, sans jamais utiliser la voix de fausset.
Comme dit plus haut, on regrette de n'avoir pas pu profiter davantage des jolies voix de Caroline Arnaud, aux aigus très assurés, et de Eléonore Pancrazi.

Christophe Rousset, toujours excellent, exprime formidablement la tension des musiques de Rameau et de Campra, sans jamais s'appesantir, gardant une dynamique sans faille. Peut-être une tendance à trop maîtriser tous les éléments donne-t-il parfois une impression de sécheresse dans les attaques et les fins sont quelquefois brutales.
Soulignons enfin l'excellence du Chœur de Chambre de Namur, jamais pris en défaut.

Une très belle soirée.
la mélodie est immorale
Nietzsche

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