Simone Kermes - Cuzzoni, la prima donna assoluta - Wolfgang Katschner - Lyon- 28/01/18

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Simone Kermes - Cuzzoni, la prima donna assoluta - Wolfgang Katschner - Lyon- 28/01/18

Message par perrine » 30 janv. 2018, 13:59


Récital Simone KERMES
Francesca Cuzzoni, la prima donna assoluta
airs d'opéras pour francesca cuzzoni extraits de rinaLdo, giuLio cesare, rodeLinda, theodora

Simone Kermes soprano
Lautten Compagney Berlin
Wolfgang Katschner direction


Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
Ouverture – Rinaldo (instrumental)
Aria (Armida) « Furie terribili » - RInaldo
Sinfonia (acte III) - Rinaldo
Aria (Cleopatra) « Se pietà di me non sentí » - Jules Cesar

Scherzano sul tuo volto – Rinaldo (instrumental)
Cara pianta – Apollon et Daphné (instrumental)
Lascia ch’io pianga – Rinaldo (instrumental)

Henry PURCELL (1659 – 1695)
Curtain Tune on a Ground – Timons of Athens (instrumental)
Hornpipe – King Arthur (instrumental)

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
Aria (Melissa) “Ah Spietato” – Amadigi
Aria (Ruggiero) “Verdi prati” – Alcina
Aria (Bérénice) “Scoglio d’immota fronte” - Scipione

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Aria (Cleopatra) « Piangerò la sorte mia » - Jules César
But Oh ! What art can teach, what human voice can reache – Ode for St Cecilia’s day (instrumental)

M’adora l’idol mio – Teseo (instrumental)
Haste thee, Nymph – L’allegro il penseroso ed il moderato (instrumental)
Piu non cerca liberta – Teseo (instrumental)

Aria (Medea) “moriro ma vendicata” – Teseo
Aria (Antigona) « Io ti bacio » - Admeto
Aria (Adelaide) « Scherza in mar la navicella » - Lotario


Chapelle de la trinité, Lyon, le 28 Janvier 2018


Pour sa troisième invitation à la chapelle de la Trinité à Lyon, Simone Kermés était d’autant plus attendue que le concert initialement prévu le 13 janvier a dû être déplacé au dimanche 28 janvier en raison de problèmes de santé. Félicitations à la soprano et à l’organisation d’avoir pu trouver une date de remplacement !

La soprano nous a proposé des arias de Haendel, issus entres autres d’un CD sorti en 2009 « Arias for Cuzzoni (La Diva) ». A travers des airs d’une douceur incroyable ou des airs de furie démontée, Simone Kermés nous embarque dans son monde : extravagant mais sensible, cassant tous les codes et protocoles des récitals lyriques.

La connivence avec le Lautten Compagney dont la direction artisitique est assurée par le luthiste Wolfgang Katschner est parfaite, voguant entre sérieux et petits plaisirs : les arrangements proposés pour les intermèdes musicaux – arias de Purcell ou Haendel - sont d’une grande qualité et inventifs, avec pour les moments inattendus de la guimbarde sur les Purcell, ou encore un bœuf contrebasse / derbouka sur le ‘Haste thee Nymph’ de L’allegro il Penserso ed il moderato.
Un réel sentiment de bien-être et de bienveillance se dégage du plateau tant les échanges de regards entre les musiciens et la chanteuse sont gais et lumineux.

Simone Kermès entame son récital avec l’aria ‘furie terribili’. Le ton de la soirée est donné : engagement et générosité. Elle s’investit complétement dans chaque morceau, incarnant immédiatement le contexte des arias. Ses forces vocales sont le sens du phrasé, le légato, un timbre riche, des suraigus percutants, une agilité déconcertante. Ses faiblesses, liées à des péchés de gourmandise, sont de se laisser parfois dépasser par tout ce qu’elle veut nous offrir. Quelques vocalises déchainées sont parfois hors tempi, certains aigus manquent d’ajustement ou encore on note certains changements de couleurs inopinés sur des voyelles identiques. Mais somme toute, elle reste une personne tellement vraie que ces petits écarts sont vite oubliés à la faveur des superbes réussites (Se pietà di me non sentí déchirant, rage et noirceur du Moriro, ma vendicata, suavité et délicatesse du Lo ti bacio accompagné avec douceur par la jeune violoncelliste Lea Rahel Bader).
Les trois bis proposés sont à l’image de la chanteuse : « Son qual nave » dans lequel elle harangue le public à taper dans les mains (!), tout en livrant une performance parfaite avec une ligne de chant soutenue, des vocalises et des sur aigus parfaitement ajustés ; « The man I love » aux couleurs de blues dans lequel elle charme un homme au premier rang, et le tube « Lascia ch’io pianga » qui nous calme et nous ramène doucement à notre train-train quotidien.

Exubérante, tragédienne, généreuse et enthousiaste, telle était probablement la « Cuzzoni », ou en tous cas telle peut-on se la représenter à l’issue de ce concert.

Perrine
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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