Voyages d’Ibn Battuta-J.Savall/HespèrionXXI-Lyon 16/01/2018

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Voyages d’Ibn Battuta-J.Savall/HespèrionXXI-Lyon 16/01/2018

Message par petitchoeur » 19 janv. 2018, 19:29

Ibn Battuta voyageur du temps (2ème partie), de Constantinople en Inde, en Chine, à Bagdad, à Grenade, au Mali et retour à Fès (1333-1378)

Conception du programme et choix des musiques : Jordi Savall.
Sélection des musiques orientales : Driss El Maloumi, Lingling Yu, Moslem Rahal, Yurdal Tokcan.
Rédaction et choix des textes d’Ibn Battuta : Manuel Forcano, Sergi Grau.

Jordi Savall, vièle, rebec et direction

Hespèrion XXI :
Lluís Vilamajó, ténor
Furio Zanasi, baryton
Pierre Hamon, cornemuse & flûtes (France)
Dimitri Psonis, santour (Grèce)
Pedro Estevan, percussions (Espagne)
Guillermo Pérez, organetto (Espagne)

Musiciens invités :

Lingling Yu, pipa (Chine)
Xin Liu, zheng (Chine)
Waed Bouhassoun, chant et oud (Syrie)
Driss el Maloumi, oud et chant (Maroc)
Moslem Rahal, ney (Syrie)
Rajery, valiha (Madagascar)
Haïg Sarikouyoumdjian, duduk & belul (Arménie)
Daud Sadozai, rebab et sarod (Afghanistan)
Prabhu Edouard, tablas (Inde)
Hakan Güngör, kanun (Turquie)
Yurdal Tokcan, oud (Turquie)
Bakary Sangaré, récitant

Avec le soutien du département de la Culture de la Generalitat de Catalunya et de l’Institut Ramon Llull
En coproduction avec le Centre culturel de rencontre d’Ambronay.

Programme :

1-1333 : LA PRISE DE POSSESSION DE TOGOONTOMOR, DERNIER EMPEREUR MONGOL EN CHINE, CONDUIT À UNE GUERRE CIVILE. 春江花月夜 Chun jiang hua yue ye [Clair de lune] Chine – instrumental.
2- 1134 : IBN BATTUTA PART DE CONSTANTINOPLE. En to stavro pares tosa [Droite au côté de la croix] Chant byzantin anonyme.
3-1335 : EN MAI, IL VOYAGE AU CENTRE DE L’ASIE, OÙ IL VISITE SAMARCANDE EN ROUTE VERS L’AFGHANISTAN. Laïli Djân (Chant-danse) Afghanistan – instrumental.
4-1335 : COURONNEMENT DU PAPE BENOÎT XII À AVIGNON, BIEN CONNU POUR LE ZÈLE EXTRÊME AVEC LEQUEL IL POURSUIVIT LES CATHARES Audi pontus, audi tellus [Écoute la mer, écoute la terre] Anonyme - Codex de Las Huelgas, 161, f. 167v & 157 Texte : Apocalypse VI, 12-3.
5-1336 : FONDATION DU ROYAUME DE VIJAYANAGAR PAR LE PRINCE BUKKA. IBN BATTUTA ARRIVE EN INDE OÙ IL RESTERA SEPT ANS. Muddhu gare yashoda (Raga) Inde – instrumental.
6-1337 : DÉBUT DE LA GUERRE DE CENT ANS ET COMMENCEMENT DE L’ARS NOVA Sanz cuer m’en vois / Amis,dolens / Dame, par vous (Ballade) Guillaume de Machaut (ca.1300 - 1377).
7-1343 : IBN BATTUTA EST HÔTE DU SULTAN DE DELHI MUHAMMAD TCHAH. Danse Instrumental.
8-1345 : IL VOYAGE AU SUD DE L’ASIE, À SANDABUR (GOA) ET EN CHINE COMME AMBASSADEUR DU SULTAN DE L’INDE, DÉBUT DE LA COLONISATION CHINOISE DE L’ASIE DU SUD-OUEST 蕉窗夜雨 Jiao chuang ye yu [La pluie tombe sur le feuillage] Instrumental.
9-1346 : GRAND RETOUR AU MAROC PAR BAGDAD ET ALEP (1348). Ya bour dayienne Chanson dansée arabe.
10-1349 : PREMIERS ÉTABLISSEMENTS CHINOIS À SINGAPOUR. DÉBUT DE LA COLONISATION CHINOISE DE L’ASIE DU SUD-OUEST. 彝族舞曲 Yi zu wu qu (Danse de tradition Yi, Wang Huiran) Chine – instrumental.
11-1349 : BOCCACE ÉCRIT LE DÉCAMÉRON. Tosto che l’alba [Aussitôt que l’aube] (Caccia) Italie – Gherardello da Firenze (fl. ca. 1375)
12-1350 : IL VISITE AL ANDALUS : GRENADE. Fiyachia (Chanson) Instrumental.
13-1351 : SOULÈVEMENT DE LA SECTE DES ADEPTES DU « LOTUS BLANC » EN CHINE DU NORD. 高山流水 Gao shan liu shui [Ruisseau et montagne] Chine, musique traditionnelle de la province du Shan dong – instrumental.
14-1352 : IBN BATTUTA TRAVERSE LE SAHARA. ’Al maya, ‘al maya Chanson dansée arabe.
15-1353 : IL VISITE L’EMPIRE DU MALI. Danse du vent Anonyme (improvisations) – instrumental.
16-1354 : CONQUÊTE DE LA SARDAIGNE PAR PIERRE III D’ARAGON-CATALOGNE. Quant ai lo mon consirat [À bien considérer le monde] (Chant spirituel) Anonyme catalan (ca. 1180).
17-1356 : ZHU YUANSHANG SE RÉVOLTE CONTRE LES MONGOLS 阳春白雪 Yang chun bai xue [Printemps et neige] (Chine – musique ancienne – instrumental : pipa).
18-1368 : BATAILLE DE BAEZA (GRENADE) Cerco de Baeza : Cercada tiene a Baeza [Siège de Baeza : Baeza est encerclée] (Romance) Musique : Anonyme (CMP 106) Texte rapporté par Argote de Molina dans son livre «Nobleza de Andalucía» (Séville, 1588)
19-1368 : LES YUAN MONGOLS SONT EXPULSÉS DE PÉKIN. FONDATION DE LA DYNASTIE MING. 行街 Xing jie [ Joyeuse promenade dans la rue] Pièce ancienne du sud-est de la Chine célébrant et souhaitant l’harmonie entre la nature et l’homme – instrumental.
20-1377 ? : MORT D’IBN BATTUTA Li Saheb (Lamentation arabe : chant de la séparation).
21-1378 : RÉVOLTE DES CIOMPI DE FLORENCE. Ecco la primavera [Voici le printemps] (Ballata) Italie – Francesco Landini (ca. 1325-1397).

Auditorium Maurice Ravel à Lyon le 16 janvier 2018.

Ibn Battuta est né à Tanger en 1304 (an 703 de l’Hégire). Parti du Maroc en 1325 pour le pèlerinage à La Mecque, il accomplit un immense périple à travers les pays musulmans passant par l’Afrique du Nord, l’Egypte, l’Arabie, la Perse, la Russie méridionale, l’Inde, Ceylan, Sumatra jusqu’à la Chine pour revenir au Maroc 14 ans plus tard en 1349. Il repart peu après en 1350 pour Al Andalus puis en 1352 pour l’Afrique, remontant le cours du Niger, pénétrant au Soudan jusqu’à Tombouctou. Rentré à Fez en 1354 il écrit, à la demande du sultan du Maroc Abu Inan le récit de ses voyages. Récits qui sont traduits en français en 1853.
En 2016, après une première « route » en compagnie d’Ibn Battuta de l’Afrique au Levant, Jordi Savall, Hespèrion XXI et leurs invités nous emmènent cette année jusqu’en Chine et dans l’ancien royaume du Mali utilisant des récits du premier comme des voyages suivants. Avec toujours l’idée que la musique est un magnifique instrument d’éducation à la paix entre les peuples de cultures différentes. Des musiciens chinois, indiens, pakistanais, afghans, syriens, arméniens, turcs, malgaches, espagnols, français, grecs sont présents sur la scène et jouent –improvisent aussi- ensemble ! Belle fraternité !
Chaque partie musicale est introduite par un court extrait des récits d’Ibn Battuta, extraits lus par Bakary Sangaré, sociétaire de la Comédie Française. Il donne vie à ces récits avec gourmandise. Les musiques sont l’occasion de découvrir des musiciens et des instruments, inconnus ou rares en Occident, de tous les pays traversés par Ibn Battuta. Si les ouds sont les « cousins » de nos luths, le pipa (sorte de luth à cordes pincées) et le zheng (cithare sur table) chinois, le ney (flûte oblique) syrien, le valiha (cithare tubulaire) malgache, le duduk (sorte de hautbois) et le belul arméniens, le sarod (sorte de luth) et le rebab afghan ainsi que le kanun (cithare sur table) turc sont pour moi des découvertes. Tandis que les musiciens de l’Ensemble Hespèrion XXI jouent sur des instruments européens : vièle, rebec, percussions, cornemuse, flûte, organetto et santour (cithare grecque sur table à cordes frappées).
Trois chanteurs, Waed Bouhassoun, syrienne au timbre envoûtant, Lluis Vilamajo, ténor brillant et Furio Zanasi, baryton aux graves profonds, interviennent régulièrement sur des musiques françaises, espagnoles, italiennes ou arabes accompagnées de quelques instruments. Quelques morceaux sont donnés par un ou deux instrumentistes dont on peut admirer la technique éblouissante: Lingling Yu au pipa, Xin Liu au zheng, Rajery au valiha. Tandis que Prabhu Edouard aux tablas , percussions indiennes, et Pedro Estevan aux percussions soutiennent, en improvisant, le rythme de nombreux morceaux et que Guillermo Pérez à l’organetto en assure une sorte de continuo.
On est frappé par les points communs à toutes ces musiques malgré les différences de timbres, d’accords, de rythmes, de puissance (toutes les voix et tous les instruments sont amplifiés avec habilité du fait de la taille de l’Auditorium), de mélodies et de ritournelles. Toutes parlent un même langage de poésie, de nature, de vie quotidienne, d’amour, de violence, de révolte, de nostalgie, de foi et d’espérance.
Jordi Savall, Hespèrion XXI et leurs invités nous enivrent de parfums connus et inconnus qui nous invitent à plus d’humanité. Immense succès : en bis deux hymnes à la Vierge Marie invitant à la paix. Une en libanais, l’autre en chinois.
Pierre Tricou

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