Hommage à Anne de La Barre - J. Hassler / E. Bayeul-Gertsman - Galerie Prodromus - 06/01/2018

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EdeB
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Hommage à Anne de La Barre - J. Hassler / E. Bayeul-Gertsman - Galerie Prodromus - 06/01/2018

Message par EdeB » 09 janv. 2018, 00:26

Hommage à Anne de la Barre
« Airs à deux parties avec les seconds couplets en diminution (1669) » de Joseph Chabanceau de La Barre (1633-1678), pièces de clavecin associées au nom de « La Barre » et poèmes d’Isaac de Benserade.


Sur Job. Sonnet. (Benserade)
Prélude (pour clavecin seul, Joseph Chabanceau de La Barre)
« Ah ! Je sens que mon cœur » (in Airs de M. de la Barre)
Allemande
Courante
Chanson (Benserade) [« Par mes regards, jugez de mon martyre »]
Sarabande
Sarabande « Vous demandez pour qui mon cœur soûpire » (in Airs de M. de la Barre)
Gigue

Air (Benserade) [« Tirsis dans nos bois apperçut »
Allemande
Rondeau « Depuis quinze, jusqu’à trente » (in Airs de M. de la Barre)
Courante
« Quand on vous dit que l’on vous ayme » (in Airs de M. de la Barre)
Sarabande
« Un feu naissant vient d’enflammer mon cœur » (in Airs de M. de la Barre)

Autres (Benserade)
Allemande
« Petit ruisseau qui coulez lentement » (in Airs de M. de la Barre)
Courante
Sarabande « Allez Bergers dessus l’herbette » (in Airs de M. de la Barre)
Gigue

Epigramme (Benserade) [« Je mourray de trop de désir »]
Allemande
« Forest solitaires et sombres » (in Airs de M. de la Barre)
Courante
Rondeau sur le mouvement de la Chaconne (in Airs de M. de la Barre) [« Si c’est un bien que l’espérance »

Julie Hassler – soprano
Elena Bayeul-Gertsman – clavecin

Musique à la Galerie Prodomus, Paris – 6 janvier 2018


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Allez où le sort vous conduit,
Il faut partir, adorable Amarante,
Bien loin comme une Etoile errante
Vous brillerez au milieu de la nuit.

Vers de Tristan l’Hermite pour Anne de La Barre,
à l’occasion de son départ pour la Suède.

L’exposition des costumes dessinés par Olivier Charpentier pour Le Ballet royal de la Nuit récemment donné par Sébastien Daucé avec son ensemble Correspondances était l’occasion pour la galerie Prodromus de nous proposer un admirable hommage à Anne de La Barre (v. 1628-avant mars 1688), fascinante cantatrice du Siècle du Roi-Soleil.

Dès ses dix-neuf ans (où elle s’illustre en chantant aux côtés d’Atto Melani devant le roi), à sa retraite effective en 1670, quelque temps après son mariage, Anne de la Barre a enthousiasmé ses contemporains. Entre 1652-53 et 1655, en son séjour auprès de Christine de Suède (qu’elle sert jusqu’à son abdication), puis à la Cour de Danemark, aussi bien que pendant sa période versaillaise (durant laquelle elle se produit dans de nombreux ballets, comédies-ballets et musique religieuse), cette cantatrice adulée marque les esprits. Devenue « ordinaire » de la Chambre du Roi, cette charge lui est octroyée avec force compliments, puisqu’elle l’obtient pour « l'excellence de sa voix », sa « méthode à la bien conduire » et « la grace dont toutes ses actions sont accompagnées »… Plus qu’aucun autre membre de sa famille, qui comptait pourtant d’éminents musiciens, elle a enflammé ses auditeurs, têtes couronnées, personnes de lettres et d’esprit.

Dans la seule lettre autographe qui nous est parvenue, la chanteuse affirmait l’importance de « la belle expression de la parole laquelle [elle] tasche de bien exprimer ». Aussi, aurait-elle été enchantée de l’intensité, de la musicalité et de l’intelligence avec laquelle Julie Hassler distillait les méandres des airs de cour de son frère Joseph (1633- vers mai 1678). Ces miniatures – dont la retenue intimiste n’entrave jamais les passions les plus emportées – brillent ici d’un éclat enserré dans de nombreux attraits : finesse et empathie sont les maîtres mots de cet art subtil déployé si naturellement. Diction aux séduisantes nuances, rehaussée par les teintes d’une prononciation restituée à la chatoyante éloquence, éclat d’un timbre qui s’oublie pour privilégier avant tout le discours, puissance d’une retenue qui s’exclame et fait silence, tout s’accorde pour ressusciter ces merveilles d’équilibre : pointe ironique (le sonnet introductif…), complainte du temps qui passe (« Depuis quinze jusqu’à trente »), plaintes d’amants que ne dédaignerait pas une Astrée, culminant dans un sublime « Forests solitaires et sombres », pour s’éclairer enfin dans un timide espoir.

Ponctuant ces échappées, le clavecin fluide et ferme d’Elena Bayeul-Gertsman tisse d’autres sortilèges ; accordant en des « suites » imaginaires diverses pièces attribuées à « La Barre » (bien qu’elles ne puissent être attribuées avec certitudes à Joseph Chabanceau de la Barre), elle fait cascader des Allemandes où une beauté poursuit l’autre, et glisser des sarabandes où l’âme se mire en ces clartés.

Moment d’exception, qui faisait même faire silence aux figures fantasmatiques et colorées tombées du pinceau d’Olivier Charpentier.

Emmanuelle Pesqué

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La galerie Prodromus propose également deux concerts de Elisabeth Joyé (clavecin) et Jean-François Novelli (chant et flûte) les samedi 13 janvier et dimanche 14 janvier à 19h.
Réservation OBLIGATOIRE. Libre participation.
46, rue Saint-Sébastien 75011 Paris ( 01 43 14 48 25 / prodromus@wanadoo.fr )


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Rappelons également la parution du livre d’Isaac de Benserade, Le Ballet royal de la Nuit, avec les dessins d’Olivier Charpentier, une introduction sur Benserade de Clotilde Thouret (Université de Nancy) et des textes de Sébastien Daucé, Francesca Lattuada et Olivier Charpentier, Paris, Prodromus, 2017. (144 pages, 41 dessins reproduits, prix : 50 €)
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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