Rossini Le Barbier de Séville participatif -Perruchon/Robert Rouen 17.12.17

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pingpangpong
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Rossini Le Barbier de Séville participatif -Perruchon/Robert Rouen 17.12.17

Message par pingpangpong » 18 déc. 2017, 18:30

Le Barbier de Séville
Opéra participatif
Musique de Gioacchino Rossini
Adaptation musicale de Thibault Perrine
Livret de Gilles Rico d’après celui de Cesare Sterbini

Direction musicale Adrien Perruchon
Mise en scène Damien Robert
Scénographie Thibault Sinay
Costumes Irène Bernaud
Lumières Samaël Steiner

Distribution
Figaro Anas Seguin
Le Comte Almaviva Matthieu Justine
Rosine Inès Berlet
Bartolo Thibaut Desplantes
Don Basile Olivier Dejean

Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées, Opéra Grand Avignon, Opéra de Marseille – Théâtre de l’Odéon, Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie, Opéra de Nice Côte d’Azur, Opéra de Toulon Provence Méditerranée, Opéra de Reims, Opéra de Rouen Normandie,



A chaque fois, c'est la même chose ; on se dit qu'on va avoir droit à une version expurgée, édulcorée, voire triviale, en un mot “démocratisée“, cette plaie nationale, avec mise en scène expéditive, décors ad-hoc, orchestre réduit et chanteurs peu aguerris.

Expurgée, oui, et c'est bien normal, à commencer par l'ouverture, pour un opéra destiné à toucher un public majoritairement vierge de toutes références lyriques ; et jeune, très jeune, les écoles fournissant le gros du contingent.

En français, qui plus est; on a le sentiment de revenir au temps de grand-papa.
Mais ici, texte adapté pour notre époque (triste époque) avec son lot de mots pour le coup bien familiers, une familiarité du langage courant, des tournures de phrases volontairement racoleuses que l'on pourrait facilement éviter sans forcément reprendre le texte de Beaumarchais comme on peut l'entendre encore dans l'enregistrement, en français lui aussi, dirigé par Jean Fournet en 1955.

Dans l'adaptation qui nous occupe, tous les récitatifs sont chantés, accompagnés par un piano subtilement chargé sur une camionnette jaune, tel un fil rouge (sic!) qui circule sur scène aussi sous sa forme miniature téléguidée, sillonnant Séville au lever de rideau puis emmenant les ''jeunes mariés'' au final.

Et toutes les péripéties y sont aussi ; le tout tient en 90 minutes, sans entr'acte; c'est long et sans doute dommageable quant à la capacité d'attention des plus jeunes.

Habile décor de maisons miniatures dépliables, et costumes personnalisés, facilitant l'identification des protagonistes, séduisent l'oeil, quoique pas toujours : Rosine est, choix du metteur en scène, la ''poupée'' de Bartolo (poupée, gonflable non, quand même pas, mais on y songe). Aussi paraît-elle, dans sa chambrette aux couleurs acidulées, au milieu de toutes ses peluches, très juvénile mais bien artificielle, mi-Barbie, mi-Olympia, serrée dans des lacets, une robe, une perruque de Blanche-Neige, artifices qu'elle va ôter au fur et à mesure qu'elle s'affranchit de ce pervers pépère, cardiologue de son état (ça il fallait le trouver).
Vocalement, limitée dans ses graves, elle offre, quoique prudente en vocalises, et à raison, un timbre rafraîchissant.
Son amoureux est nettement en dessous. Non physiquement; il a de la prestance, de l'ardeur, le comte y est ; mais le compte, lui, n'y est pas en terme d'aigus et de justesse, malgré un timbre très agréable.
Et si Bartolo esquive les graves, Basilio peine dans le haut du registre.
L'orchestre manque de “peps“, tant pis; l'exercice est périlleux, entre plateau de jeunes chanteurs qui se font les dents et salle à gérer.
Du coup, le pétulant Barbier à la barbe fleurie d'Anas Seguin, costume et triporteur rouges, gagne à l'applaudimètre, et haut la main, avec cette voix pleine d'assurance, émise sans forcer jusqu'aux derniers rangs de second balcon, le timbre rayonnant d'accents charmeurs.

Quant aux redoutables ensembles qui émaillent la partition, ils sont loin d'être irréprochables ; mais ils ne l'étaient pas non plus dans la production complète, en v.o, avec artistes “rompus à ce répertoire“ dixit le Théâtre des Champs Elysées qui le donne en parallèle à cette version participative.
Car ce concept a fini par faire tache d'huile, et c'est tant mieux. La coproduction sillonnera donc la France, et les petits comme les grands, de Marseille à Reims, de Toulon à Montpellier, de Nice à Vichy, etc. entonneront comme un seul homme, lorsque la lumière s'allumera dans la salle et que le chef leur fera face :

Ah, il faut avoir confiance,
Oui il faut avoir confiance,
Saisissez donc votre chance,
Votre chance pour gagner !

Ou, pour clore en beauté :

Amour et joie immenses rayonnent dans nos cœurs.
Amour et joie immenses rayonnent dans nos cœurs.
Oui dans nos cœurs.

Et là, la gorge serrée, la larme à l'oeil, vous vous direz, tout sceptique que vous fûtes, que le jeu en valait bien la chandelle...
Et vive la prochaine édition !

E.Gibert
crédit photos Marion Kerno.
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Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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