Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

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Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par Lucas » 13 déc. 2017, 19:40

A tomber par terre et à conseiller à ceux qui n'auront pas eu de place pour l'Elektra parisienne (non, je ne pense à personne ...) : Theorin usant de pianissimi sublimes pour un soprano dramatique, Vinke se bonifiant au fil de la soirée et Dohmenn que j'aurais envoyé un peu vite à la retraite et dont la voix passe beaucoup mieux en live qu'au disque sous le baguette inspirée de Pons.

Et surtout la mise en scène onirique et inspirée de la Fura dels baus qui nous change agréablement des élucubrationss débiles d'un Tcherniakov ou de Warlikowski.

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Poliuto
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Re: Tristan et Yseult/Liceu/Fura dels baus/Theorin/Vinke/Dohmen/Pons

Message par Poliuto » 13 déc. 2017, 19:51

Trouvable en audio sur youtube

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Re: Tristan et Yseult/Liceu/Fura dels baus/Theorin/Vinke/Dohmen/Pons

Message par Bernard C » 13 déc. 2017, 20:42

Lucas a écrit :
13 déc. 2017, 19:40
A tomber par terre et à conseiller à ceux qui n'auront pas eu de place pour l'Elektra parisienne (non, je ne pense à personne ...) : Theorin usant de pianissimi sublimes pour un soprano dramatique, Vinke se bonifiant au fil de la soirée et Dohmenn que j'aurais envoyé un peu vite à la retraite et dont la voix passe beaucoup mieux en live qu'au disque sous le baguette inspirée de Pons.

Et surtout la mise en scène onirique et inspirée de la Fura dels baus qui nous change agréablement des élucubrationss débiles d'un Tcherniakov ou de Warlikowski.

A vous de juger :

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Magnifique,
Theorin mon idole.
Bon tu pourrais en dire plus.

Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..."

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Re: Tristan et Yseult/Liceu/Fura dels baus/Theorin/Vinke/Dohmen/Pons

Message par Lucas » 14 déc. 2017, 13:41

Bernard C a écrit :
13 déc. 2017, 20:42

Magnifique,

Theorin mon idole.

Bernard

Tss, si tu changes d'idole (Stemme) comme de chemise, me voilà perdu (lol)

Bon, sinon, ce qui m'a vraiment étonné, ce sont les sons filés de Theorin très rares pour ce type de voix et de répertoire.

N'est-ce pas elle qui a enregistré le Tristan de Gergiev qui devrait bientôt sortir? On en a parlé sur le forum mais je n'arrive pas à retrouver l'info.

Sinon, c'est le type même de voix un peu anonyme sur le plan du timbre (je lui préfère ton idole "number one") mais d'une rare musicalité.

Quant à la représentation elle même, je pense qu'elle passerait mal en DVD dans la mesure où les protagonistes n'ont pas le physique du rôle mais, vu de loin, c'est magnifique. C'est ce qu'on appelle "la magie du spectacle vivant" pour reprendre une expression de MariaStuarda qui va me demander des droits d'auteur ...

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Re: Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par Bernard C » 14 déc. 2017, 16:44

Non je ne dirai pas que le timbre est anonyme , Lucas.
Dans Isolde , Theorin à besoin de se ménager car c'est une dramatique qui se fatigue et peut s'essouffler ( plus que Stemme) et donc la caractérisation est moins engagée ( même dès le I) , mais par exemple dans Elektra ( quand elle est en forme , ce qui n'est pas toujours le cas) elle rugit , le timbre est capable, tout en faisant les notes , de s'altérer comme c'est nécessaire, ce que ne fera jamais Nina même au comble de la colère.

confidence rien que pour toi : (PAS DANS ISOLDE !) une fois elle m'a plus bousculé, culbuté sur mes émotions délirantes dans Elektra que les différentes Elektra de Nina....elle m'avait porté jusque là où Nilsson m'a porté la première fois à Garnier,. MAIS , car il y a un mais , Nina chante mieux et de toute façon dans ISOLDE il n'y a photo avec personne depuis 50 ans
Ouf.. :wink:

On ne va pas parler d'Elektra sur ton fil Tristan ... mais nous serions intarissables.
De toutes façons je vois très bien ce que tu veux dire.

À plus,
bz

Bernard
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Re: Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par lionrougeetblanc » 14 déc. 2017, 16:51

Lucas a écrit :
13 déc. 2017, 19:40
A tomber par terre et à conseiller à ceux qui n'auront pas eu de place pour l'Elektra parisienne (non, je ne pense à personne ...) : Theorin usant de pianissimi sublimes pour un soprano dramatique, Vinke se bonifiant au fil de la soirée et Dohmenn que j'aurais envoyé un peu vite à la retraite et dont la voix passe beaucoup mieux en live qu'au disque sous le baguette inspirée de Pons.

Et surtout la mise en scène onirique et inspirée de la Fura dels baus qui nous change agréablement des élucubrationss débiles d'un Tcherniakov ou de Warlikowski.

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Il est vrai que ça donne envie

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Re: Tristan et Yseult/Liceu/Fura dels baus/Theorin/Vinke/Dohmen/Pons

Message par HELENE ADAM » 14 déc. 2017, 18:21

Lucas a écrit :
14 déc. 2017, 13:41

N'est-ce pas elle qui a enregistré le Tristan de Gergiev qui devrait bientôt sortir? On en a parlé sur le forum mais je n'arrive pas à retrouver l'info.
Lucas je pense que tu parles de ce CD, info d'un enregistrement d'un Tristan et Isolde avec Gergiev à la direction

Enregistrement en cours d'un CD à Saint-Petersbourg sous la direction de Valéry Gergiev de Tristan et Isolde, avec Heidi Melton, Ekaterina Gubanova, Alexander Timchenko, Mikhaïl Vekua, René Pape, Nikitin Evgeny

http://odb-opera.com/viewtopic.php?f=4& ... va#p317155
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

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Re: Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par jeantoulouse » 18 déc. 2017, 10:37

Tristan et Isolde Wagner
Barcelone Liceu 15/12/2017

Alex Ollé Metteur en scène (Fura Dels Baus)
Josep Pons Chef d'orchestre
Scenografía Alfons Flores,
Costumes Josep Abril,
Lumières Urs Schönebaum
Vidéo création Franc Aleu.

Stefan Vinke Tristan
Albert Dohmen König Marke
Iréne Theorin Isolde
Greer Grimsley Kurwenal
Francisco Vas Melot
Sarah Connolly Brangäne
Jorge Rodriguez Norton Berger / Jeune marin
Timonier German Olvera

Photos sur le site du Liceu : http://www.liceubarcelona.cat/en/tempor ... und-isolde

Acte I 75’ (30’) Acte II 65’ (20’) Acte III 75’ = 4h 30

Une ovation debout salue la dernière des sept représentations de Tristan. Elle salue l’orchestre maison poussé dans ses retranchements d’harmonie et de feu par un Josep Pons engagé comme jamais, agacé sans doute d’avoir vu son début de Prélude scandaleusement gâché par des toux tonitruantes et irrespectueuses. Elle salue une équipe artistique et technique qui fait de cette représentation un modèle d’intelligence, de beauté, d’émotion. Elle salue surtout Irène Theorin, Isolde exceptionnelle qui incarne une héroïne complexe, subtile, passionnante.
La voix de Theorin ce soir réussit l’impensable alliance entre les harmoniques éthérées d’une Margaret Price choisie par Carlos Kleiber et le tranchant et l’ardeur d’une Birgit Nilson élue par Karl Böhm. Certains vont crier ici au sacrilège, à l’hérésie. Mais je n’avais jamais entendu ce Wagner là chanté comme du bel canto avec cette longueur de souffle, cet allègement, ces pianissimi, cette pureté et ce legato et en même temps, ou plutôt quand il le faut, la puissance qui soulève, l’épanouissement de la voix, le tranchant, l’exaltation (du courroux, du désir, de la soif d’amour et de mort). Il faut aussi saluer la prestation dramatique de la soprano suédoise. Son sourire dans le liebestod, son acceptation simple, d’une résignation noble, de l’épiphanie de la passion, ses gestes de tendresse pour Brangäne, la force tendue de sa malédiction à l’acte I, son étreinte finale du corps de Tristan sont d’une tragédienne accomplie. On aime cette Isolde humaine pliée de douleur à son apparition, en proie au mal de mer (au mal d’amer amour). On aime ce geste de farouche défi quand pour éteindre la torche du livret, elle débranche le fil électrique avec une joie comme sauvage. Il faudrait bien des pages pour analyser la performance tant vocale que théâtrale. Merci Madame. Bien après le tomber du rideau, le fan club de Irène ( Irené, Iréné scande-t-il) réclame et obtient de nouveaux saluts où s’offrent à nouveau à la liesse publique tous les chanteurs.
Stefan Vinke est un Tristan que le destin semble écraser. Moins héroïque que souffrant d’un mal indicible, il fait cependant entendre une voix saine, bien projetée, jeune et ardente, au souffle infini. Le timbre souffre d’une sorte d’engorgement nasal peu harmonieux parfois. Mais quelle santé vocale. Et dans le duo et singulièrement dans l’invocation à la Nuit, il sait alléger et se fondre dans la tendresse que Pons et Theorin font naitre. Le Marke d’Albert Dohmen impose le respect : noblesse du port et des accents, souffle sans faille, basse chantante, articulation du texte rappellent quel wagnérien il reste. Greer Grimsley prend une pleine part au succès général. Son Kurwenal bénéficie d’une voix solide et nuancée, mise au service d’un personnage complexe. Je suis plus réservé sur Sarah Connoly qui sans démériter est plus insignifiante, voix un peu terne, projection plis limitée, personnage moins incarné.

La même mise en scène à Lyon en 2011 avait été très diversement appréciée : décor magnifique mais écrasant, ou minimaliste, symbolique sans originalité ou d’une grande efficacité, usage de la vidéo prudente ou envahissante, direction des chanteurs sage ou inspirée selon les avis, fluidité ici, raideur là, spectacle total abouti pour les uns, inventivité limitée pour d’autres. Alex Ollé a conçu un dispositif simple, efficace, aux symboles immédiatement lisibles. La grande lune qui descend sur le pont du navire devient concave à l’acte II pour figurer l’intérieur, à la fois abri et menace, du château royal. Les projections vidéo suggèrent des climats autant qu’elles précisent le décor : pont du navire, ressac de houle, branches d’arbres entrelacés… Les lumières donnent à l’ensemble, du vaisseau initial à l’agonie, une couleur lunaire, saturnienne qui baigne ces noces avec la Nuit. On songeà la belle évocation d’André Suarès : « Sur le banc de l’amour, dans la féérie des caresses, sa fiancée, devenue sa femme et l’éternelle amante, ce fut la nuit. Yseult, Yseult, ton nom est la nuit même. Encore une heure, il te sera révélé, s’il ne t’est pas connu : Tristan perdant tout son sang et son souffle entre tes bras, te dira : ô nuit, tiens-moi bien, ô nuit, je suis là. »

Un beau spectacle, une équipe de premier ordre et une Theorin souveraine.

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Re: Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par Bernard C » 18 déc. 2017, 10:52

Je suis content que tu nous évoques Greer Grimsley, un chanteur dramatique que j'aime énormément.( Prochain Wotan à SF)

Bravo à Theorin !
Merci pour ton CR

Bernard
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Re: Wagner- Tristan und Isolde- Pons /Ollé- Liceu-12/2017

Message par Lucas » 18 déc. 2017, 13:04

jeantoulouse a écrit :
18 déc. 2017, 10:37
Une ovation debout ... Elle salue surtout Irène Theorin, Isolde exceptionnelle qui incarne une héroïne complexe, subtile, passionnante.
La voix de Theorin ce soir réussit l’impensable alliance entre les harmoniques éthérées d’une Margaret Price choisie par Carlos Kleiber et le tranchant et l’ardeur d’une Birgit Nilson élue par Karl Böhm. Certains vont crier ici au sacrilège, à l’hérésie. Mais je n’avais jamais entendu ce Wagner là chanté comme du bel canto avec cette longueur de souffle, cet allègement, ces pianissimi, cette pureté et ce legato et en même temps, ou plutôt quand il le faut, la puissance qui soulève, l’épanouissement de la voix, le tranchant, l’exaltation (du courroux, du désir, de la soif d’amour et de mort).
Oui, il y avait des moments en apesanteur avec des pianissimi presque dignes de la Caballé.

Pour prolonger le plaisir du spectacle, j'ai réécouté Böhm avec une Nilsson que je trouve toujours aussi horrible (aucunes nuances comparées à Teorin). En revanche, impossible de me passer de Margaret Price (sous la direction géniale et allumée de Carlos Kleiber), Nina Stemme (Pappano) et Martha Mödl (Karajan live chez Orféo).

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