Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

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Adalbéron
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Adalbéron » 17 déc. 2017, 16:00

Bernard C a écrit :
17 déc. 2017, 01:00
Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 00:18
Piem67 a écrit :
16 déc. 2017, 22:20
Je rejoins également d'autres (ou les mêmes !) sur la technique "nilsonienne" de Stemme quant aux aigus avec cette toute petite latence avant que l'aigu ne soit lancé, c'est étonnant (et cela semble imparable) mais je n'irai pas jusqu'à dire que ça brise la ligne.
Merci, je pensais être fou.
Sauf que toi et d'autres avez soutenu que ça suspendait la ligne , ce que j'ai dénoncé comme " l'aigu coincé dans le gosier."
Cette représentation de la technique vocale dramatique comme une tare est pour moi inacceptable .
Il y a peu de grandes dramatiques qui parviennent à tenir le legato de façon aussi stable jusqu'aux aigus extrêmes sans hurler et précisément en assurant la justesse de cet aigu.
Elle en rate parfois , mais infiniment plus rarement que la plupart de ses collègues dans le répertoire , comme Nilsson "jeune" ( parceque _tardivement_ Nilsson chantait faux), et jamais ça casse la ligne.

Ça m'amuse car on reproche la même chose dans un autre registre à Juan Diego Florez et même dans le passé aux aigus de Kraus !
L'art vocal devient handicap là où il est le garant de la musicalité , c'est le comble.

On ne peut pas dire que vous n'ayez pas insisté de façon récurrente , jusqu'à avoir peur que " ça ne sorte pas" puis jusqu'à dire que c'est "imparable".

En d'autres temps on aurait parlé " d'une leçon de chant" . Aujourd'hui on parle de " trop beau chant" et d'aigu trop assuré.
Prenez Herlitzius dans Elektra ou Brunnhilde et comparez les aigus et le legato et les ruptures de souffle entre les deux chanteuses.
( Mettez de côté les préférences dramatiques et stylistiques, affaire de goût).
Oui, moi ça me gêne parce que ça isole l'aigu du reste. Par contre, moi, je n'ai jamais dit que j'avais peur que ça ne sorte pas, je sais au contraire que ça va sortir parfaitement.
Les hurlements et le manque de justesse, dans le répertoire dramatique, il arrive que ce soit le cadet de mes soucis.
J'admire au contraire chez Kraus comme l'aigu est lié au reste, il passe comme ça, au bout, avec un naturel qu'on ne peut pas trouver ailleurs je crois (j'ai en tête le "A te o cara" chez Muti).
Ces temps sont révolus Bernard, nous sombrons dans une décadence et sans retour possible :lol:. Non, non, je crois que la « leçon de chant » est encore quelque chose d'important pour beaucoup (heureusement). J'aurais dit la même chose avec Sutherland. Ses aigus m'impressionnent mais ne m'émeuvent pas, comme le reste. C'est beau, c'est certain, ça tombe là où ça doit tomber, wouah, c'est parfaitement exécuté, tout est là. Bravissima. Mais il me manque dans tout ça la justesse dramatique, je ne sais pas, la faille, l'effort, quelque chose qui montre qu'il se passe quelque chose dans la personne qui chante, que ce n'est pas de la tarte.
Écoute Theorin dans l'extrait que j'ai mis au-dessus : ses aigus sont le climax d'une rage qui grossit depuis le début de la scène (et sur ces mots « jauchzt », « lebt », « freuen ») : il faut de la chair, de la jubilation et ce n'est pas en attaquant proprement un aigu qu'on me fait vivre ça.
« Life’s but a walking shadow, a poor player / That struts and frets his hour upon the stage / And then is heard no more. It is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury, / Signifying nothing. »
— Shakespeare, Macbeth

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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 17 déc. 2017, 16:03

Pour moi Meïer, c'st avant tout une reine : elle m'a toujours royalement fait chier.
« L’essentiel est d’être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent et tantôt nous lèchent » Voltaire, lettre au duc de Richelieu.

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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 17 déc. 2017, 16:06

Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 16:00
J'aurais dit la même chose avec Sutherland. Ses aigus m'impressionnent mais ne m'émeuvent pas, comme le reste. C'est beau, c'est certain, ça tombe là où ça doit tomber, wouah, c'est parfaitement exécuté, tout est là. Bravissima. Mais il me manque dans tout ça la justesse dramatique,
Peut-être tout simplement que tu n'arrives pas encore à la percevoir. La simplicité est une chose difficile à apprécier, encore plus aujourd'hui dans une époque d'outrance.
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Adalbéron » 17 déc. 2017, 16:18

La justesse dramatique chez Sutherland ?
Oui, c'est possible. Je ne suis que très rarement touché par la simplicité, l'épuré, le minimal. C'est une question de sensibilité plus que d'époque je crois (j'adore le maniérisme, le baroque, ce ne sont pas des outrances d'aujourd'hui). Pourtant, j'admire l'évidence des mélodies de Mozart et de Bellini.
Enfin, c'est HS. Elektra, ça ne fait pas dans le simple :lol:
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Il prezzo » 17 déc. 2017, 16:20

paco a écrit :
17 déc. 2017, 12:01
Je semble être le seul ici à avoir trouvé Waltraud Meier absolument fabuleuse, eh bien je maintiens mon point de vue ! :D Je ne suis pas d'accord avec cette idée selon laquelle Klytemnestre devrait absolument être monstrueuse y compris vocalement, rien dans la partition ni dans le livret ne l'indique. Elle est AUSSI une mère, tourmentée, complexe, et la partition de ce rôle est d'une grande variété au niveau des couleurs et des nuances, elle fourmille de détails qui incitent l'interprète à chanter bien plus souvent pianissimo que fortissimo.

Personnellement je n'ai jamais adhéré aux Klytemnestre "grotesques", surjouant la méchanceté, histrioniques, riant à plein poumons à la fin de la scène. Par exemple, Christa Ludwig en fin de carrière (Monnaie 1988) était devenue caricaturale, retirant toute crédibilité à son interprétation.

De fait, je trouve l'approche de Waltraud Meier (qui lui vient incontestablement de la vision que Chéreau avait du rôle) tout à fait intéressante, crédible et fascinante. Elle nous oblige à balancer pendant toute la scène, entre détestation du personnage et un minimum d'empathie quand même. Et comme elle le fait avec tout son art de la diction, de la clarté du texte, de la richesse des couleurs de la voix où chaque intention interprétative trouve son écho dans la façon de moduler le chant, je trouve sa Klytemnestre vraiment fascinante. En tous cas bien plus convaincante pour moi que la vision traditionaliste, beaucoup trop caricaturale, que l'on peut avoir du rôle.
(Agameee)non ! Tu n’es pas seul, j’ai également beaucoup aimé la prestation de Waltraud Meier. D’ailleurs, en parlant de timbre, puisqu’on m’a répliqué dans le fil consacré aux plus beaux timbres, que Rysanek n’était pas « unique » pour son timbre, en voilà un, celui de WM, que j’ai toujours trouvé fascinant et reconnaissable immédiatement. J’ai adulé cette chanteuse depuis sa première Fricka à Paris en 1986, et étais un peu anxieux car depuis déjà 2012, la diminution de ses moyens m’avait considérablement attristé (une Léonore pitoyable au TCE, inaudible, puis sa Klytemnestra de Bastille, également très lointaine). A la Philharmonie, miracle de l’acoustique (?!) ou extrême attention du chef à ses chanteurs, comme ça a été souligné, son incarnation était plus que crédible, malgré une projection de ses graves sans comparaison avec ce qu’elle faisait il y a des années. Souveraine au sens propre, dont le malheur et les mauvaises nuits suscitaient une forme de sympathie, très différente des furies souvent entendues dans le rôle, mais qui n’en rendait pas moins efficace sa lutte avec Elektra. Bien sûr, j’ai également regretté le « vide dramatique » de sa sortie, surtout en pensant aux Lichter et rires meurtriers (et sans fin, sur le plateau et dans la coulisse) de Rysanek, qui, en 1995, quelques mois avant sa disparition, littéralement suspendue aux rideaux du Corum de Montpellier, nous avait laissé un inoubliable souvenir (avec ce même Philharmonique de Radio France, Friedemann Layer, de Vol et Behrens ; l’enregistrement existe, je vous le conseille…).

Nina Stemme est confondante de savoir-faire, chantant et dramatique. Assez bien placé au parterre (pas trop près, distance de survie des tympans, face aux voix et à l’orchestre de cette tempête straussienne…), je l’ai néanmoins suivie à la jumelle pendant une bonne partie de la soirée, et perçu ainsi à la fois sa maitrise technique et ses immenses qualités d’actrice, alternant dans sa physionomie dépit, haine, ironie, détresse, et je ne sais combien d’autres sentiments.
Son « Agamemnon » d’entrée est l’un des plus « clairs » (de par l’accompagnement musical également), que j’ai entendus, mais pas le moins émouvant. Et tout fut à l’avenant. Une symbiose totale avec le personnage le plus complexe de cette épopée atride. Une très grande Elektra, à l’image de Christine Goerke, entendue en 2013 et qu’on aimerait bien voir traverser l’Atlantique…).

Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.

Mathias Goerne très mal distribué par contre. Aucune crédibilité dans le rôle. A l’inverse exact de Norbert Ernst, physiquement et vocalement parfait en Ägisth. Des servantes très impressionnantes, traduisant le soin extrême apporté (en dehors d'Oreste) au casting de cette soirée.

Miko Franck nous a gratifié d’une lecture subtile d’une partition qui peut facilement être interprétée de façon tonitruante. De sorte que les individualités instrumentales nombreuses que Strauss a placées dans son œuvre-phare, étaient parfaitement audibles. Et sa manière, comme dans sa récente Butterfly au TCE, de se lever et descendre de son podium pour entrainer les ensembles qui requièrent 90% de l’effectif orchestral, vous font prendre pleinement conscience de l’exploit et de l’efficacité de d’écriture musicale de Strauss.

Après avoir pleuré l’abandon de Pleyel et ses innombrables versions de concerts, inoubliables pour certaines, ce type de soirée à la Philharmonie me conforte dans le sentiment de privilège immense qu’éprouve le spectateur parisien devant une telle offre musicale et lyrique.

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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Adalbéron » 17 déc. 2017, 16:22

Il prezzo a écrit :
17 déc. 2017, 16:20
Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.
Je l'aurais daté d'un peu plus tard que le Strauss d'Elektra, mais oui, c'était Lulu !
J'adore cette chanteuse, elle m'est très sympathique et elle habite complètement ce qu'elle chante.
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par muriel » 17 déc. 2017, 16:27

Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 16:22
Il prezzo a écrit :
17 déc. 2017, 16:20
Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.
Je l'aurais daté d'un peu plus tard que le Strauss d'Elektra, mais oui, c'était Lulu !
J'adore cette chanteuse, elle m'est très sympathique et elle habite complètement ce qu'elle chante.
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Bernard C » 17 déc. 2017, 17:15

Il prezzo a écrit :
17 déc. 2017, 16:20
paco a écrit :
17 déc. 2017, 12:01
Je semble être le seul ici à avoir trouvé Waltraud Meier absolument fabuleuse, eh bien je maintiens mon point de vue ! :D Je ne suis pas d'accord avec cette idée selon laquelle Klytemnestre devrait absolument être monstrueuse y compris vocalement, rien dans la partition ni dans le livret ne l'indique. Elle est AUSSI une mère, tourmentée, complexe, et la partition de ce rôle est d'une grande variété au niveau des couleurs et des nuances, elle fourmille de détails qui incitent l'interprète à chanter bien plus souvent pianissimo que fortissimo.

Personnellement je n'ai jamais adhéré aux Klytemnestre "grotesques", surjouant la méchanceté, histrioniques, riant à plein poumons à la fin de la scène. Par exemple, Christa Ludwig en fin de carrière (Monnaie 1988) était devenue caricaturale, retirant toute crédibilité à son interprétation.

De fait, je trouve l'approche de Waltraud Meier (qui lui vient incontestablement de la vision que Chéreau avait du rôle) tout à fait intéressante, crédible et fascinante. Elle nous oblige à balancer pendant toute la scène, entre détestation du personnage et un minimum d'empathie quand même. Et comme elle le fait avec tout son art de la diction, de la clarté du texte, de la richesse des couleurs de la voix où chaque intention interprétative trouve son écho dans la façon de moduler le chant, je trouve sa Klytemnestre vraiment fascinante. En tous cas bien plus convaincante pour moi que la vision traditionaliste, beaucoup trop caricaturale, que l'on peut avoir du rôle.
(Agameee)non ! Tu n’es pas seul, j’ai également beaucoup aimé la prestation de Waltraud Meier. D’ailleurs, en parlant de timbre, puisqu’on m’a répliqué dans le fil consacré aux plus beaux timbres, que Rysanek n’était pas « unique » pour son timbre, en voilà un, celui de WM, que j’ai toujours trouvé fascinant et reconnaissable immédiatement. J’ai adulé cette chanteuse depuis sa première Fricka à Paris en 1986, et étais un peu anxieux car depuis déjà 2012, la diminution de ses moyens m’avait considérablement attristé (une Léonore pitoyable au TCE, inaudible, puis sa Klytemnestra de Bastille, également très lointaine). A la Philharmonie, miracle de l’acoustique (?!) ou extrême attention du chef à ses chanteurs, comme ça a été souligné, son incarnation était plus que crédible, malgré une projection de ses graves sans comparaison avec ce qu’elle faisait il y a des années. Souveraine au sens propre, dont le malheur et les mauvaises nuits suscitaient une forme de sympathie, très différente des furies souvent entendues dans le rôle, mais qui n’en rendait pas moins efficace sa lutte avec Elektra. Bien sûr, j’ai également regretté le « vide dramatique » de sa sortie, surtout en pensant aux Lichter et rires meurtriers (et sans fin, sur le plateau et dans la coulisse) de Rysanek, qui, en 1995, quelques mois avant sa disparition, littéralement suspendue aux rideaux du Corum de Montpellier, nous avait laissé un inoubliable souvenir (avec ce même Philharmonique de Radio France, Friedemann Layer, de Vol et Behrens ; l’enregistrement existe, je vous le conseille…).

Nina Stemme est confondante de savoir-faire, chantant et dramatique. Assez bien placé au parterre (pas trop près, distance de survie des tympans, face aux voix et à l’orchestre de cette tempête straussienne…), je l’ai néanmoins suivie à la jumelle pendant une bonne partie de la soirée, et perçu ainsi à la fois sa maitrise technique et ses immenses qualités d’actrice, alternant dans sa physionomie dépit, haine, ironie, détresse, et je ne sais combien d’autres sentiments.
Son « Agamemnon » d’entrée est l’un des plus « clairs » (de par l’accompagnement musical également), que j’ai entendus, mais pas le moins émouvant. Et tout fut à l’avenant. Une symbiose totale avec le personnage le plus complexe de cette épopée atride. Une très grande Elektra, à l’image de Christine Goerke, entendue en 2013 et qu’on aimerait bien voir traverser l’Atlantique…).

Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.

Mathias Goerne très mal distribué par contre. Aucune crédibilité dans le rôle. A l’inverse exact de Norbert Ernst, physiquement et vocalement parfait en Ägisth. Des servantes très impressionnantes, traduisant le soin extrême apporté (en dehors d'Oreste) au casting de cette soirée.

Miko Franck nous a gratifié d’une lecture subtile d’une partition qui peut facilement être interprétée de façon tonitruante. De sorte que les individualités instrumentales nombreuses que Strauss a placées dans son œuvre-phare, étaient parfaitement audibles. Et sa manière, comme dans sa récente Butterfly au TCE, de se lever et descendre de son podium pour entrainer les ensembles qui requièrent 90% de l’effectif orchestral, vous font prendre pleinement conscience de l’exploit et de l’efficacité de d’écriture musicale de Strauss.

Après avoir pleuré l’abandon de Pleyel et ses innombrables versions de concerts, inoubliables pour certaines, ce type de soirée à la Philharmonie me conforte dans le sentiment de privilège immense qu’éprouve le spectateur parisien devant une telle offre musicale et lyrique.
Merci +++pour cette excellente critique à tous égards il Prezzo, +++
Àmha.

Sur Klytämnestra , Paco on peut discuter, sans désapprouver ce que fait Meier qui ne pourrait pas faire autre chose.

Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..." Le Lys

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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Adalbéron » 17 déc. 2017, 17:19

muriel a écrit :
17 déc. 2017, 16:27
Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 16:22
Il prezzo a écrit :
17 déc. 2017, 16:20
Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.
Je l'aurais daté d'un peu plus tard que le Strauss d'Elektra, mais oui, c'était Lulu !
J'adore cette chanteuse, elle m'est très sympathique et elle habite complètement ce qu'elle chante.
j'ai pensé à Kurt Weill
et aussi à Louise Brooks
À Boston, avec Georke, en 2015, déjà !

Image

Et en 2015, à New York, la même mise :

Image
(cette photo quand même... 8O :lol:)
« Life’s but a walking shadow, a poor player / That struts and frets his hour upon the stage / And then is heard no more. It is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury, / Signifying nothing. »
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Re: Strauss – Elektra – Franck/vc – Philharmonie de Paris – 15/12/2017

Message par Il prezzo » 17 déc. 2017, 17:34

Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 17:19
muriel a écrit :
17 déc. 2017, 16:27
Adalbéron a écrit :
17 déc. 2017, 16:22
Il prezzo a écrit :
17 déc. 2017, 16:20
Lorsque la Chrysothémis de Gun-Brit Barkmin est entrée sur le plateau, j’ai eu le sentiment, bizarre mais très plaisant, qu’elle venait directement de quitter Monsieur Strauss dans la coulisse, tant son allure (coiffure et tenue) semblaient dater de la création de l’œuvre. Un peu comme les personnages qui jaillissent du passé dans le Midnight in Paris de Woody Allen ! Une chanteuse de très grande classe, très sincère, et souvent aussi sidérante de projection qu’Elektra.
Je l'aurais daté d'un peu plus tard que le Strauss d'Elektra, mais oui, c'était Lulu !
J'adore cette chanteuse, elle m'est très sympathique et elle habite complètement ce qu'elle chante.
j'ai pensé à Kurt Weill
et aussi à Louise Brooks
À Boston, avec Georke, en 2015, déjà !

Image

Et en 2015, à New York, la même mise :

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(cette photo quand même... 8O :lol:)
J'étais à cette soirée, mais subjugué par Goerke, j'avais complètement zappé Chrysothémis 😂
Merci de me rafraîchir la mémoire !

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