Vivaldi / Pergolesi - Poul / Engeltjes - Lyon - 26/11/17

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perrine
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Vivaldi / Pergolesi - Poul / Engeltjes - Lyon - 26/11/17

Message par perrine » 02 déc. 2017, 13:50


Antonio Vivaldi
nulla in mondo pax motet rv 630
nisi dominus rv 608
Giovanni Battista Pergolesi
stabat mater

Maarten Engeltjes contre-ténor
Camille Poul soprano
Projekt Amsterdam
Josef Zak violon et direction


Dimanche 26 novembre 2017 , Chapelle de la Trinité, Lyon


C’est une soirée de tubes qui nous est proposée ce soir par l’ensemble PRJCT Amsterdam. Les oreilles étant aiguisées de concerts ou de CD aux interprétations les plus cossues, l’attente n’en a été que plus exigeante. Le défi sera relevé avec délicatesse et précision tout au long de la soirée.
Saluons d’abord la performance de l’ensemble PRJCT Amsterdam dont la direction violon était assurée ce soir par Josef Zak en remplacement de Riccardo Minasi. Ce nouvel ensemble baroque a récemment été créé autour du contre-ténor Maarten Engeltjes et a semble-t-il donné son premier projet en septembre dernier à Amsterdam. Constitué de musiciens baroques confirmés et de jeunes fraîchement diplômés, le son a beaucoup de relief et de velouté, et est d’une grande homogénéité. Une belle complicité émane d’entre les musiciens et la symbiose et l’écoute avec les chanteurs n’en est que renforcée.

Le motet nulla in mondo pax de Vivaldi est l’occasion de profiter de toutes les capacités vocales de Camille Poul. Des médiums posés aux aigus propres et maîtrisés, c’est avec beaucoup de fraîcheur qu’elle distille l’intériorité nécessaire à la première aria, et l’énergie sautillante à la seconde aria ‘spirat anguis’ avant de finir sur un Alléluia engagé aux vocalises fluides et aux attaques incisives. Le petit défaut que l’on pourrait lui reprocher concerne la prononciation, d’autant plus que son partenaire du soir, le contre ténor néerlandais Maarten Engeltjes, fait un énorme travail sur les consonnes et le travail du texte.
Après un début timide dans le Nisi Dominus, la voix prend de l’ampleur, et le timbre s’épaissit. S’ensuit une interprétation incarnée. Le cum dederit, tellement attendu, est d’une belle douceur, calme et posé, avec des pianis magnifiques et une longueur de souffle à toute épreuve.
Le Gloria Patri est accompagné au violon d’amour par Matthea de Muynck dont la finesse de jeu amplifie la résonance si particulière de cet instrument et s’accorde parfaitement au timbre de Maarten Engeltjes.

Le Stabat Mater de Pergolese en deuxième partie ne fera que confirmer les belles qualités d’attention que se portent chanteurs et instrumentistes. Les voix s’accordent comme si elles ne faisaient plus qu’une dans les duos, tout en gardant leurs caractéristiques dans les solos. Là où Camille Poul pourrait écraser la partie du contre-ténor, c’est tout un travail de discrétion pour accorder son timbre à celui de Maarten Engeltjes qu’elle réalise en noircissant les graves, et en maîtrisant la projection des aigus ; et là où Maarten Engeltjes pourrait se mettre en retrait de la soprane, il déploie des trésors de virtuosité et de musicalité.

La soirée fut belle de symbiose et de spiritualité, et a emporté le public avec elle.

Perrine
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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