Concert Mendelssohn-M.A.Nicolas/Siècles Romantiques/J.Ph.Dubor-Lyon 21/11/2017

Représentations
Répondre
petitchoeur
Mezzo Soprano
Mezzo Soprano
Messages : 123
Enregistré le : 19 sept. 2009, 23:00

Concert Mendelssohn-M.A.Nicolas/Siècles Romantiques/J.Ph.Dubor-Lyon 21/11/2017

Message par petitchoeur » 23 nov. 2017, 20:05

Félix MENDELSSOHN -BARTHOLDY (1809-1847)

Concerto pour violon et orchestre n°2 en mi mineur op. 64
La Première Nuit de Walpurgis op.60 MWV D pour choeur, solistes et orchestre


Marie-Annick Nicolas, violon
Elena Sommer, mezzo-soprano
Georges Wanis, ténor
Pierre-Yves Pruvot, baryton

Orchestre et chœur : Les Siècles Romantiques
Jean-Philippe Dubor, direction


A Lyon, chapelle de la Trinité, le 21 novembre 2017
A douze ans, le petit Félix Mendelssohn est présenté à Goethe par son professeur, Zelter. Le poète est fortement impressionné par le jeune prodige : « ce que ce petit homme peut faire en jouant et en déchiffrant à vue frôle le miracle, et je ne croyais pas cela possible à un si jeune âge ». Zelter, un peu surpris lui répond : « Pourtant n’avez-vous pas entendu Mozart à sept ans, à Francfort ? ». « Oui, dit Goethe, mais ce que votre élève a déjà accompli a le même rapport au Mozart de cette époque qu’une conversation de personne cultivée avec le babillage d’un enfant ». Deux enfants prodiges, deux courtes vies, 35 et 38 ans… chacun ayant son ombre, une sœur compositrice : Nannerl pour Mozart, Fanny pour Mendelssohn. (dialogue rapporté par Nicolas Dufetel, musicologue, lors d’une présentation d’un concert Mendelssohn donné aux Rencontres Musicales de Vézelay en été 2017).
Ce soir deux chefs d’œuvre de Mendelssohn. Le concerto pour violon en mi mineur op.64, achevé en 1844 et crée en 1845 au Gewandhaus de Leipzig, en l’absence du compositeur, malade. Il l’entendra, joué par Joachim, en octobre 1847, un mois avant de disparaître. Marie-Annick Nicolas qui l’interprète est aussi une enfant prodige ! Premier prix du CNSM de Paris à treize ans, elle remporte en quelques années les plus grands concours internationaux (Long-Thibaud et Szeryng à 17ans, en 1973, Tchaïkowsky en 1974, Reine Elisabeth en 1976… Elle sera « super-soliste » du Philharmonique de Radio-France pendant seize ans. Elle enseigne à la Haute Ecole de Musique de Genève où l’on retrouve les meilleurs étudiants du Conservatoire de Genève. La Fédération Internationale d’Astronomie et la Nasa ont baptisé une planète de notre système solaire de son nom ! Sur son Andrea Guarnerius de 1641, elle nous offre une interprétation passionnément enlevée du premier mouvement, sensible et émouvante de l’andante et éblouissante dans le vivace. Une technique parfaite : pureté du son, justesse des notes suraigües, souplesse de l’archet, legato enchanteur, sonorité éclatante au service d’un des plus célèbres concertos pour violon. Et sans chef ! Jean-Philippe Dubor , souffrant, se réservant pour la seconde partie. Dirigeant tout en jouant Marie-Annick Nicolas a été fortement aidée par le premier violon de l’Orchestre des Siècles Romantiques : Marie Orenga. Orchestre en tout pupitre remarquable, malgré l’absence de chef, par son homogénéité et la qualité de ses solistes.
Qualités mises au service de cette œuvre rare de Mendelssohn : la Première Nuit de Walpurgis. Un poème de Goethe, écrit en 1799 et proposé par le poète à Zelter, lors de la fameuse rencontre évoquée plus haut. Zelter y renonce et c’est Mendelssohn qui le met en musique. Ebauches dès 1830, ouverture achevée à Paris en 1832 quelques semaines avant la mort de Goethe. Après des modifications importantes des parties 3 (solo du baryton et chœur des gardes) et 8 (solo du ténor et chœur), l’œuvre est donnée dans sa version finale, dirigée par l’auteur, le 2 février 1843 au Gewandhaus de Leipzig devant Berlioz et Schumann. Impressionné et très ému, Berlioz loue cette partition « d’une clarté parfaite, malgré sa complexité et dans laquelle les effets de voix et d’instruments s’y croisent dans tous les sens, se contrarient, se heurtent, avec un désordre apparent qui est le comble de l’art » (in Hector Berlioz : voyages en Allemagne et en Italie, paru sous forme de feuilleton dans le Journal des Débats en 1844). Mendelssohn est très touché par le poème qui traite des nuits printanières des druides persécutés par des chrétiens fanatisés. Ce qui doit lui rappeler son propre état de juif converti au luthéranisme. Œuvre de grande ampleur d’une intensité dramatique continue, d’une orchestration savante, où le chœur commente l’action avec une vigueur et même une violence presque insoutenable. Le Choeur et l’Orchestre des Siècles Romantiques sont électrisés par la direction rigoureuse et enflammée de Jean-Philippe Dubor en parfaite symbiose avec la partition (comme il nous avait déjà fortement impressionné dans les Carmina Burana de Carl Orff il y a 2 ans dans ce même lieu). Elena Sommer au timbre chaleureux et au beau medium chante un air d’alto. Deux airs de ténor sont donnés avec brillance par Georges Wanis. Et surtout quatre airs chantés par Pierre-Yves Pruvot, baryton-basse, sacrificateur exalté, à la diction parfaite, au timbre splendide, à la puissance capable de faire fuir ces « chrétiens bornés … à coups de fourches, de tridents et de braises ardentes ». Quelle belle voix et quel tempérament !
Grande soirée romantique dans cette chapelle de la Trinité, chef d’œuvre de l’art baroque !

Pierre Tricou

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 109 invités