Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par JdeB » 13 oct. 2017, 08:24

paco a écrit :
12 oct. 2017, 21:32
Markossipovitch a écrit :
12 oct. 2017, 15:59
Elles ne donnent pas vraiment envie. (...) théâtre moribond.... C'est ce qui apparaît sur ces cours extraits. Kaufmann semble se caricaturer (...) la direction d'acteurs est faible
ben... euh,... oui
Mais j'ai l'impression, en lisant les louanges passionnées de beaucoup d'entre nous, que nous ne sommes pas très nombreux à avoir trouvé qu'il s'agissait d'un cru très moyen de la part de Warli (et d'ailleurs, contrairement à Hélène, moi je me suis fortement ennuyé pendant les 3 premiers actes, ce n'est qu'à partir du 4e acte que le spectacle prend réellement son envol et ces trois derniers tableaux sont effectivement bien plus captivant).

Bon, ceci dit, reste la découverte passionnante de quantité de morceaux que l'on n'entend jamais. Rien que pour cela le spectacle mérite d'être vu, revu, re-revu encore, !! :D
Moi je pense que Warli a fait mieux, que c'est dans sa bonne moyenne mais je ne me suis pas ennuyé une seconde car l'ouvrage est captivant dans sa mouture originale exhaustive
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par JdeB » 13 oct. 2017, 08:29

David-Opera a écrit :
12 oct. 2017, 22:01

Pour la première fois, j'ai trouvé que Ludovic Tézier incarnait un personnage intéressant, vivant, et Elina Garanca ne m'a pas donné un seul instant l'impression de prendre des attitudes attendues.
Et le premier acte, qui pourrait être rasoir, m' a au contraire passionné par cette manière pathétique de raconter un souvenir qui s'estompe.
Tézier avait pour moi (qui le suis depuis 22 ans) incarné un vrai personnage intéressant pour la première fois lorsqu'il avait remplacé le titulaire de Rigoletto à Bastille il y a 2 ans. Et son Posa existe vraiment malgré quelques maladresses de jeu lors de la scène de sa mort.


Tout à fait d'accord avec toi sur l'Acte I
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par JdeB » 13 oct. 2017, 08:37

lamammamorta a écrit :
12 oct. 2017, 23:21
Don Carlos mis en scène par Warlikowski est traité comme un film noir et un thriller psychologique. D'où la transposition dans une espagne XX ème siècle. On pense à Franco et à l'Opus dei, ce qui est loin d'être absurde, mais c'est surtout l'ambiance des films hollywoodiens des années 50, très noirs et pessimistes que Warlikowski veut nous faire ressentir. Autre film qui hante la production : Shining. Un des plus grands et mésestimés films de Kubrick. La moquette de la salle de projection/réunion de l'acte IV est la même que celle de l'hôtel Overlook. Hôtel vide et immense, espace mental empli de fantômes et qui sera la prison de l'âme damnée de Jack Torrence.
Une fois ces quelques clés à l'esprit, et le postulat de départ intégré : tout est vu par les yeux de Carlos, tout m'a paru clair et coulant de source. Les vidéos, projections des pensées de Carlos s'intègrent naturellement à l'action.

Carlos est damné, hanté par l'ombre de son aïeul. Il paiera pour les fautes de ses ancêtres et de son père.
Tout l'opéra sera donc une radiographie de sa chute, de son combat vain contre son sort inéluctable.

Ce que certains peuvent voir comme un défaut: les espaces immenses et vides et la froideur glaciale qui s'en dégage, m'ont beaucoup impressionné. Quoi de plus fort que de faire chanter "Toi qui sus le néant des grandeurs du monde" d'Elisabeth dans l'immense plateau vide de Bastille. La voir seule et forte dans cette immensité nous fait aussitôt ressentir son émotion. C'est d'une simplicité et d'une puissance rare.
J'ai été renversé par la prestation de Ludovic Tézier. Autant vocale que dans son jeu. Travailler avec un tel metteur en scène lui a fait un bien fou. Je n'ai jamais vu de Rodrigue aussi complexe. C'est extrêmement fin comme incarnation. Et vocalement, c'est exceptionnel.
Tout comme Elina Garanca. Portait de la femme fatale multi-facettes. Un électrochoc !
Adbrazakov est un Philippe émouvant, rongé par l'amour, la jalousie et le remord. Son "Elle ne m'aime pas" est splendide
Kaufmann semble se battre contre cette vision d'un Don Carlos perdu d'avance, tant mieux : ça donne du relief au personnage. Et vocalement, chapeau. Le rôle en français, sans les coupures est effroyable de difficulté.
Yoncheva campe une Elisabeth parfaite de dignité.
Quel plateau ! Tous les autres rôles sont excellents, du choryphée au début en passant par le magnifique moine, jusqu'aux plus grands rôles. Signe d'une grande maison, comme le dit souvent et justement Christian Merlin.
La direction musicale, au scalpel, peut dérouter. Mais la vision de Jordan colle parfaitement avec ce qu'on voit. Le feu sous la glace. L'orchestre et le chœur sont à leur meilleur.
Une soirée exceptionnelle, autant vocale que scénique.
oui, et non. Ce n'est pas faux en soi mais ce sont des pseudos clés interprétatives qui n'éclairent pas vraiment le travail de Warli et dont on n'a pas besoin pour l'apprécier. Bref, il s'agit plus de citations culturelles pour nourrir des interviews
C'est un travail fidèle à l'esprit du livret, très fluide et lisible, pas intello et assez chéraldien avec du spectaculaire en plus et une direction d'acteur en moins.
Les films noirs ne se déroulent pas dans cette sphère sociologique et ne traient pas de ce niveau politique, ils ne s'étendent pas sur cette durée, ils reposent sur un suspense qui n'existe pas ici puisque l'histoire est très connue d'avance, etc

Moi je crois qu'une des clés véritables c'est Goya (la seule image géniale de la msc lui est empruntée) et une esthétique anti-nature. Il s'agit d'un DC minéralisé

Je pense qu'il faut chercher surtout des influences internes à l'œuvre de Warli.

oui, jordan n'est pas verdien mais très cohérent avec l'approche de Warli

d'accord aussi sur les immenses espaces vides et leur impact (un peu dans l'esprit de la production d'Orange 1990 par Auvray)

C'est très luxe mais pas si exceptionnel que cela sauf pour la version (mais Lyon fera encore plus ou au moins aussi exhaustif je pense)
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par JdeB » 13 oct. 2017, 08:38

Adalbéron a écrit :
13 oct. 2017, 07:38
À Lyon il y aura Daniele :heart:
oui, moi aussi j'ai hâte de comparer les 2 productions !
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par David-Opera » 13 oct. 2017, 08:49

JdeB a écrit :
13 oct. 2017, 08:37
C'est très luxe mais pas si exceptionnel que cela sauf pour la version (mais Lyon fera encore plus ou au moins aussi exhaustif je pense)
Lyon annonce une durée de 5h, peut-être ajouteront-il le ballet composé en 1867. Une chorégraphe est prévue : Ashley Wright.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Adalbéron » 13 oct. 2017, 08:53

JdeB : Goya le peintre ?
« Life’s but a walking shadow, a poor player / That struts and frets his hour upon the stage / And then is heard no more. It is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury, / Signifying nothing. »
— Shakespeare, Macbeth

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par JdeB » 13 oct. 2017, 08:54

Adalbéron a écrit :
13 oct. 2017, 08:53
JdeB : Goya le peintre ?
oui, il n'y a ni lapin, ni chasseurs, ni Bécassine :lol:
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 13 oct. 2017, 09:01

David-Opera a écrit :
12 oct. 2017, 22:01
Ensuite, on peut choisir d'être dans la peau d'un Christian Merlin qui attend toujours ce qui va le surprendre, le prendre à contrepied, mais Warlikowski ne fait pas du théâtre pour les spectateurs en mal de sensations fortes.
lamammamorta a écrit :
12 oct. 2017, 23:21
La moquette de la salle de projection/réunion de l'acte IV est la même que celle de l'hôtel Overlook.
Il faudrait vous mettre d’accord entre thuriféraires :lol: :lol: :lol: .
« L’essentiel est d’être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent et tantôt nous lèchent » Voltaire, lettre au duc de Richelieu.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par lamammamorta » 13 oct. 2017, 09:28

JdeB a écrit :
13 oct. 2017, 08:37
oui, et non. Ce n'est pas faux en soi mais ce sont des pseudos clés interprétatives qui n'éclairent pas vraiment le travail de Warli et dont on n'a pas besoin pour l'apprécier. Bref, il s'agit plus de citations culturelles pour nourrir des interviews
Warlikowski truffe toujours ses mises en scène de références cinématographiques et picturales, qui peuvent aider à éclairer son propos. Ici elles sont moins montrées que dans Parsifal (2001 l'Odysée de l'espace, ou Allemagne année zéro), ou bien le Roi Roger, hommage à l'œuvre de Warhol (Flesh, etc...). Mais elles sont bien là.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par micaela » 13 oct. 2017, 09:35

Garança semble en effet sortie tout droit d'un film hollywoodien des années 50 (surtout quand elle porte sa robe noire). Mais plus que le film noir à proprement parler, je penserais (vu le sujet et l'ambiance) aux grands drames psychologiques et/ou familiaux tournés à cette période (par exemple Ecrit sur du vent, Garanca me faisant un peu penser -pour l'allure- à Dorothy Malone dans ce film). Le cinéma hollywoodien de la période (fin années 40 au milieu des années 50) était friand par ailleurs de sujets à tendance psychanalytique.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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