Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par xavierscriabine » 27 oct. 2017, 13:19

Un public qui veut une mise en scène efficace et intelligible?

Dans ce cas, j'en suis, et sans honte, et j'aime beaucoup McVicar.
J'ai toujours rêvé qu'on lui demande des mises en scène à Paris. (s'il avait pu venir faire le Ring, par exemple, à la place de la catastrophe qu'on a eue...)

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par altini » 27 oct. 2017, 14:15

Représentation du mercredi 25. Très beau spectacle. J'étais au 11° rang côté cour.
Garanca superlative. Depuis Bumbry, je n'ai jamais entendu quelque chose de pareil. Certes la prononciation...Mais bon . Et quelle beauté!!!
Yoncheva très émouvante avec une belle projection.
JK excellent dans un rôle difficile et peu gratifiant. J'ai regretté sa place , complètement" côté jardin" ,dans le trio du jardin.
Tézier un peu en retrait (peut-être à cause de ma place). Mais magnifique au moment de la mort. Jeu subtil.
Adbrazakov: belle présence et belle voix. Mais ce n'est pas une basse verdienne. C'est un baryton-basse. Il n'a pas les graves du rôle. Son contre-fa à la fin du duo avec l'Inquisiteur est raté , chevrotant. Souvent peu audible dans les graves. La télé le mettait davantage en valeur.
L'Inquisiteur pareil. C'est en théorie une basse profonde, d'un timbre plus grave que Philippe. Ici, ils avaient la même voix. Ecouter Neri pour se faire une idée. Quant au personnage, à moins que la version française soit différente, il est aveugle et nonagénaire. Et pourtant il doit écraser Philippe vocalement. C'est ce qui le rend effrayant. D'accord avec l'analyse de Bernard. Ce n'est pas un" mafieux" bodybuildé. On est dans une monarchie de droit divin où le religieux domine le politique. La phrase finale de Philippe dans le duo avec l'Inquisiteur en italien. le dit très bien: le trône doit s'incliner devant l'autel. Ce duo magnifique a été, pour moi, raté.
Très bons seconds rôles. J'ai bien aimé l'orchestre .
Mise en scène intéressante mais somme toute assez banale. Fin bizarre mais ça ne semble pas la faute de Warli.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par elisav » 27 oct. 2017, 17:11

Quelques remarques:

Bernard C a écrit :
27 oct. 2017, 12:57
Un "public pragmatique" c'est quoi ?
Ça n'a aucun sens.

J'hallucine de lire ces chapelets de préjugés infondés et qui reflètent non seulement une méconnaissance de ce dont on croit parler mais d'un antagonisme idéologique archaïque.

C'est dingue !
Les New Yorkais sont bien plus modernes et créatifs en art (et en musique) que le nombrilisme parisien qui piétine.
Quant au Texas et à la Californie, par exemple , j'aimerais qu'on ait la moitié de leur dynamisme culturel et créatif notamment en opéra.
Pour les mises en scènes de MacVicar , il y a à boire et à manger, comme d'ailleurs chez Warli.
Ce sont des réalisateurs qui comptent, qui ont aussi leurs tics , leurs redites et leur style.

L'expressivité théâtrale et le jeu de scène, je ne les connais nulle part mieux travaillés que dans les classes américaines, et les expressions créatrices corporelles plus audacieusement inventées que là aussi dans les troupes et par les génies createurs de la danse US.
Et pas vraiment à l'Opéra de Paris...
Même la langue française de nos opéras est mieux chantée dans le Middle West que par nos artistes natifs !

Cessons de débiner quand on ne connait manifestement pas du tout.

B.

Le MET n'est pas un critère, c'est une maison cosmopolite .

S'agissant de préjugés et d'ignorance, il faut dire que ça va dans les deux sens: il y a au moins autant d'ignorance et de partis pris en Amérique envers la France que vice versa.

Prenons, par exemple, un critique musical du NY Times, Zachary Woolfe, qui ne brille pas par sa culture générale...
Il semble être convaincu que Paris est une ville morte, une ville-musée qui vit dans le passé. Comme si les plus de 2 millions d'habitants qui y vivent aujourd'hui, les divers quartiers avec leurs spécificités, tout ce qui donne à cette ville sa vitalité et sa contemporanéité (sa vie musicale incluse), n'existaient pas.

Dans un récent article, il est dit:

"Paris today [...] is a kind of fantasy of what the city once was."
https://www.nytimes.com/2017/10/27/arts ... paris.html

Mr. Woolfe attribue ces mots à Klaus Guth, mais j'ai tendance à penser qu'il s'agit plutôt de ses propres opinions, puisqu'il les répète à chaque fois que l'occasion se présente: Paris, pour lui, c'est une sorte de Disney World.



Adalbéron a écrit :
27 oct. 2017, 11:52
MacVicar est très à la mode anglaise. J'ai du mal avec son esthétique très musical, décor et costumes faussement usés, avec un côté chic tout de même.
Warli est peut-être à la mode je ne sais quoi, mais ses productions ne vieillissent pas plus mal (son Iphigenie a 11 ans et elle se porte bien).
McVicar aujourd'hui (il était différent à ses débuts) c'est un peu comme le mobilier de style: ça ne se démode pas, mais ce n'est qu'une copie de mobilier d'époque.



elisav a écrit :
26 oct. 2017, 13:26
Le Grand Inquisiteur fait beaucoup penser à Lavrenti Beria (du moins pour ceux qui sont familiers avec cette histoire là; dont, sans doute, Warlikowski :wink: ). D'ailleurs, le style de mobilier de la pièce où la scène se passe renforce cette association mentale. Et puis, le communisme est aussi une religion, non?
P.S. AMHA, Le Grand Inquisiteur de Warli ressemble plus à ça qu'à un mafieux:

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par opera-tic » 27 oct. 2017, 19:47

xavierscriabine a écrit :
27 oct. 2017, 13:19
Un public qui veut une mise en scène efficace et intelligible?

Dans ce cas, j'en suis, et sans honte, et j'aime beaucoup McVicar.
J'ai toujours rêvé qu'on lui demande des mises en scène à Paris. (s'il avait pu venir faire le Ring, par exemple, à la place de la catastrophe qu'on a eue...)
McVicar est aussi mon m-e-s préféré : il respecte les œuvres avec intelligence, bon goût, et surtout humilité. Sa dernière m-e-s de La Flûte au ROH en est une superbe illustration.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par cosimus » 27 oct. 2017, 20:02

xavierscriabine a écrit :
27 oct. 2017, 13:19
[...]j'aime beaucoup McVicar.
J'ai toujours rêvé qu'on lui demande des mises en scène à Paris. (s'il avait pu venir faire le Ring, par exemple, à la place de la catastrophe qu'on a eue...)
Moi aussi :D . Son Siegfried à Strasbourg était magnifique et m'a fait regretter de ne pas avoir vu les journées précédentes. J'ai entendu un critique bien connu, tout fan qu'il est de Warlikowski et de Tcherniakov, regretter que ce Ring n'ait pas "circulé" ni même été capté!
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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par RV » 27 oct. 2017, 20:47

Vu du 2ème balcon le 25 octobre.
Je suis sorti de Bastille avec des sentiments mitigés. Le premier concerne l'oeuvre elle même, car dans la salle j'ai ressenti la même impression qu'en écoutant l'enregistrement de Claudio Abbado qui me semblait dégager un ennui mortel comparé à la version italienne. Je mettais cela sur la direction d"Abbado mais j'ai ressenti le même ennui pendant une bonne partie de la représentation à l'Opéra Bastille. Je ne suis pas le premier à avoir ressenti cela puisque bon nombre de contemporains de Verdi lui firent le même reproche. Ensuite, quelle plus-value apporte à l'oeuvre la mise en scène de Warlikowski? Je reconnais, ayant été accablé par sa mise en scène du Trionfo del Tempo... à Aix, qu'il aurait pu faire pire. Cependant on ne peut pas dire que la présence des escrimeuses apporte quoi que ce soit à la compréhension de l'oeuvre de même que l'homosexualité prêtée à Eboli. En admettant que ce soit vrai on a du mal à voir en quoi cela changerait l'action puisque la dite Eboli n'a qu'une idée en tête, se retrouver dans le lit de l'infant. Pour continuer, je n'ai jamais vu la scène de l'autodafé générer un tel ennui, tout est statique. Je passe quasiment sous silence le nombre de fois où Warlikowski a pris ses distances avec les didascalies! Pour en terminer avec la mise en scène, j'ai été choqué de lire sur ce fil qu'on ne pouvait comprendre la mise en scène que vue des premiers rangs d'orchestre. Si je comprends bien, ce que voit le spectateur est proportionnel au prix de la place qu'il occupe! Si cette production a au moins une vertu, ce n'est pas la direction trop sonore de Philippe Jordan qui, du moins de la place bon marché que j'occupais, a souvent couvert les chanteurs mais les chanteurs eux-même. Comme souvent JK a mis du temps à se chauffer, Sonia Yoncheva aussi mais ils ont tous très bien fait ce qu'ils avaient à faire. J'ai été très agréablement surpris par la qualité de la prononciation du français de Garanca et d'Abradzakov. En résumé, j'ai été content d'assister à la production d'une oeuvre rarement montée mais à mon humble avis trois heures de Don Carlo/Carlos c'est trois heures de bonheur plus ça se traine en longueur!

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par MezzoPower » 27 oct. 2017, 23:12

RV a écrit :
27 oct. 2017, 20:47
Ensuite, quelle plus-value apporte à l'oeuvre la mise en scène de Warlikowski? Je reconnais, ayant été accablé par sa mise en scène du Trionfo del Tempo... à Aix, qu'il aurait pu faire pire. Cependant on ne peut pas dire que la présence des escrimeuses apporte quoi que ce soit à la compréhension de l'oeuvre
Je ne comprends pas bien la dernière phrase, au-delà du fait que j'ai beaucoup aimé cette idée et que je comprenne tout à fait qu'on puisse ne pas l'avoir appréciée.
Tous les éléments du décor, les costumes etc doivent-ils absolument apporter quelque chose à la compréhension de l'oeuvre ?
On ne peut pas mettre une scène "en abîme" (Je ne trouve pas forcément le bon mot, d'autres trouveront certainement mieux).
A la base elles sont dans un site riant à côté du couvent. Un jardin ou je ne sais. En quoi cela éclaire-t-il plus à la compréhension de l'oeuvre ?
La salle d'escrime leur donne une contenance, une occupation. Et sert bien pour le duo Philippe / Rodrigue qui suit.
Effectivement, je ne conclue pas grand chose sur la compréhension globale de l'oeuvre, mais si on part là-dedans j'ai l'impression qu'on peut (qu'il faut ?) supprimer énormément de choses dans toutes les mises en scènes.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par micaela » 27 oct. 2017, 23:17

Je ne me suis absolument pas ennuyée, au contraire. Mais l'œuvre m'a semblé effectivement plus austère que la version en italien, sans que je sache trop si c'est dû à la musique ou au livret.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Message par wababelooba » 27 oct. 2017, 23:21

MezzoPower a écrit :
27 oct. 2017, 23:12
RV a écrit :
27 oct. 2017, 20:47
Ensuite, quelle plus-value apporte à l'oeuvre la mise en scène de Warlikowski? Je reconnais, ayant été accablé par sa mise en scène du Trionfo del Tempo... à Aix, qu'il aurait pu faire pire. Cependant on ne peut pas dire que la présence des escrimeuses apporte quoi que ce soit à la compréhension de l'oeuvre
Je ne comprends pas bien la dernière phrase, au-delà du fait que j'ai beaucoup aimé cette idée et que je comprenne tout à fait qu'on puisse ne pas l'avoir appréciée.
Tous les éléments du décor, les costumes etc doivent-ils absolument apporter quelque chose à la compréhension de l'oeuvre ?
On ne peut pas mettre une scène "en abîme" (Je ne trouve pas forcément le bon mot, d'autres trouveront certainement mieux).
A la base elles sont dans un site riant à côté du couvent. Un jardin ou je ne sais. En quoi cela éclaire-t-il plus à la compréhension de l'oeuvre ?
La salle d'escrime leur donne une contenance, une occupation. Et sert bien pour le duo Philippe / Rodrigue qui suit.
Effectivement, je ne conclue pas grand chose sur la compréhension globale de l'oeuvre, mais si on part là-dedans j'ai l'impression qu'on peut (qu'il faut ?) supprimer énormément de choses dans toutes les mises en scènes.
En plus , ça campe de façon formidable dès son apparition le personnage d''Eboli. C'est bien plus qu'une courtisane , c'est une battante.
Sans cela , son Air du Voile pourrait paraître comme un passage obligé , assez décoratif.

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Re: Verdi - Don Carlos - Jordan/Warlikowski - ONP - 10-11/2017

Message par Franz Muzzano » 28 oct. 2017, 01:59

wababelooba a écrit :
27 oct. 2017, 23:21
MezzoPower a écrit :
27 oct. 2017, 23:12
RV a écrit :
27 oct. 2017, 20:47
Ensuite, quelle plus-value apporte à l'oeuvre la mise en scène de Warlikowski? Je reconnais, ayant été accablé par sa mise en scène du Trionfo del Tempo... à Aix, qu'il aurait pu faire pire. Cependant on ne peut pas dire que la présence des escrimeuses apporte quoi que ce soit à la compréhension de l'oeuvre
Je ne comprends pas bien la dernière phrase, au-delà du fait que j'ai beaucoup aimé cette idée et que je comprenne tout à fait qu'on puisse ne pas l'avoir appréciée.
Tous les éléments du décor, les costumes etc doivent-ils absolument apporter quelque chose à la compréhension de l'oeuvre ?
On ne peut pas mettre une scène "en abîme" (Je ne trouve pas forcément le bon mot, d'autres trouveront certainement mieux).
A la base elles sont dans un site riant à côté du couvent. Un jardin ou je ne sais. En quoi cela éclaire-t-il plus à la compréhension de l'oeuvre ?
La salle d'escrime leur donne une contenance, une occupation. Et sert bien pour le duo Philippe / Rodrigue qui suit.
Effectivement, je ne conclue pas grand chose sur la compréhension globale de l'oeuvre, mais si on part là-dedans j'ai l'impression qu'on peut (qu'il faut ?) supprimer énormément de choses dans toutes les mises en scènes.
En plus , ça campe de façon formidable dès son apparition le personnage d''Eboli. C'est bien plus qu'une courtisane , c'est une battante.
Sans cela , son Air du Voile pourrait paraître comme un passage obligé , assez décoratif.
Warlikowski a beaucoup travaillé sur les sources. Eboli dans une salle d'escrime, c'est tout sauf une "occupation". La véritable princesse Eboli, mariée à 12 ans à Ruy Gomez de Silva (avec qui elle eut 10 enfants, tout en s'amusant bien à la cour, entre autre avec Philippe), était une escrimeuse. Elle avait d'ailleurs perdu un oeil lors d'un assaut. Warli ne la montre pas borgne, mais cela explique peut-être son jeu avec son masque.
Nous n'avons pas besoin d'artistes, nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes...

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