Puccini - Il Trittico- Kober / Hilsdorf- Duisbourg -10/2017

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Puccini - Il Trittico- Kober / Hilsdorf- Duisbourg -10/2017

Message par Loïs » 05 oct. 2017, 23:20

Il Trittico

Axel Kober / Dietrich W. Hilsdorf
Décors et costumes : Johannes Leiacker
Chef des Choeurs : Gerhard Michalski
Dramturgie : Sven Maier

GIANNI SCHICCHI

Boris Statsenko
LAURETTA
Luiza Fatyol
ZITA
Marta Márquez
RINUCCIO
Jussi Myllys / Felipe Rojas Velozo
GHERARDO
John Heuzenroeder / Johannes Preißinger
NELLA
Lisa Griffith
BETTO DI SIGNA
Torben Jürgens
SIMONE
Michail Milanov
MARCO
Andrew Finden
CIESCA
Sarah Ferede
SPINELLOCCIO
David Jerusalem
NICOLAO
Daniel Djambazian
PINELLINO
Dogus Güney / Beniamin Pop
GUCCIO
Volker Philippi
GHERARDINO
Magnus Enckelmann

SUOR ANGELICA
Sylvia Hamvasi
FÜRSTIN
Susan Maclean
ÄBTISSIN
Sarah Ferede
AUFSEHERIN
Marta Márquez
LEHRMEISTERIN
Stephanie Lesch
GENOVIEFFA
Luiza Fatyol
OSMINA
Ulrike Hartmann-Mertens


IL TABARRO

MICHELE
Anooshah Golesorkhi
GIORGETTA
Morenike Fadayomi
LUIGI
Gustavo Porta
TINCA
John Heuzenroeder / Johannes Preißinger
TALPA
Daniel Djambazian
FRUGOLA
Sarah Ferede
LIEDVERKÄUFER
Bryan Lopez Gonzalez

Représentation du 5 octobre 2017

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Re: il Trittico / Oper am Rhien / Kober & Hilsdorf / 05.10.2017

Message par Loïs » 05 oct. 2017, 23:20

Je devais assister à Vanessa à Frankfurt et les aléas professionnels me conduisent en Rhur et j’ai le choix pour l’opéra du Rhin entre le Trittico à Duisburg et la Cenerentola de Ponelle à Düsseldorf .
Ce sera Puccini , connaissant Ponelle, dans cette salle, parfait exemple de l’architecture post Bombenteppich et comme souvent en Allemagne et en Europe de l’Est, je ne peux que m’écrier une fois de plus : vivent les troupes!
Il se monte quand même presque un opéra par soir dans une ville de province et avec des chanteurs qui tiennent vraiment la route (avec des invités comme Nylund und Shovkus.
Surprise: l’ordre est inversé , on commence par Schicchi et on finit avec la Houppelande . Cela peut se concevoir dramatiquement mais finir par un opéra raté après le joyau de composition de Schcchi et l’émotion d’Angelica cela surprend.

Donc d’abord un Schicchi excellent avec de véritables trognes sur scène et une réelle connivence. Rinuccio (Jussi Myllis) manque certes d’italianita et de nuances mais ses aigus sont libres et aisés ce qui sauve son air si difficile à rendre (seuls Di Stefano et Alagna trouvant grâce à mes yeux) et puis il faut comprendre : il se donne beaucoup de mal pour conquérir sa Lauretta et quand on voit et on entend Luiza Fatyol,tout en charme vocal et physique, on lui donne raison.
Depuis le début on était gêné par le volume sonore de tous (Marta Marquez -excellente comédienne- aura du mal à y survivre); on comprend à l’arrivée du rôle titre : Boris Statsenko. Ses prestations de Scarpia, Rigoletto et Nabucco sur les grandes scènes de plein air (Massada ou Vérone) se justifient par une projection parfaite et une voix extrêmement sonore. Du coup nous avons un Schicchi très physique et menant la clique avec une énergie confondante loin des interprétations des barytons en fin de carrière.

Pour moi l’opéra que j’attends le plus impatiemment : Suor Angelica . Malgré une zia principessa plus bourgeoise coincée qu’aristocrate glaçante , vision due à un metteur en scène qui en fait l’instrument de la Badessa (sorte de grand inquisiteur encorneté) mais à la prestation vocale impeccable , l’émotion sera au rendez vous avec une incarnation magistrale de Sylvia Hamwasi(la Colorature de la troupe qui chante Gilda et Lucia) . Son humilité de religieuse ne masque jamais sa naissance et son statut de princesse par son maintien, son port de tête, son regard et surtout par l’assurance du chant. Les aigus piani de la première section du finale sont magnifiques, les fortes qui suivent un tour de force technique. La grosse surprise après une telle immersion dans ce rôle digne de la tunique de Nessos cest de saluer fraîche comme une fleur alors que j’aurais pu voir de très près un incroyable engagement (la lumière qui apparait sr son visage quand la Tante parle de sa sœur, les yeux qui virent au rouge à l’évoxcation de son fils, etc…)

Enfin il Tabarro que j’ai toujours considéré comme un ratage que l’on supporte en se faisant à l’idée que le meilleur est à venir. Une Giorgetta que j’espère en méforme vocale pour expliquer certains sons éraillés car l’artiste offre une prestation scènique et interprétative irréprochable. Pour Luigi , Gustavo Porta arrivait avec la réputation de ses Otello et il nous chante d’ailleurs quelquechose entre Otello et Canio, un peu too much pour le juvénile Luigi mais on se dit que l’on aurait tort de se plaindre quand on a la bouche pleine et on se laisse emporter par l’ampleur de l’organe (et je veux revoir ce ténor). Malheureusement il n’est pas doté de la moindre notion de jeu scénique. Pour Michele , Anooshah Golesorkhin a incontestablement la voix du rôle , ce qui n’est pas rien, et sa voix extrêmement timbrée nous couche les oreilles et offre un duel de testostérones vocales avec Luigi. Malheureusement il ne me fera jamais vibrer. L’opéra s’achève (et donc la soirée) dans le grand guignol : les deux bestiaux jaugeant voire dépassant le quintal s’affrontent avec Luigi , gagnant au garrot, qui ne bouge pas d’un poil pendant que Michele ne peut entourer de ses battoirs le cou de taureau, puis Luigi se laisse tomber avec une main pour amortir la descente et s’allonge (on aurait di Caballé dans Gioconda à Orange). Michele s’en va chercher Giorgetta pour la ramener sur le devant de la scène en la tenant par la main (version allons faire les courses chez Lidl) et en souriant satisfaction d’avoir tué son rival ou contentement d’avoir fini). O revient à la case départ : pourquoi finir ainsi et pourquoi Georgette s’emmerde avec des blaireaux pareils?
On a souvent parlé de la valeur et du professionnalisme des « petits » orchestres allemands. Ce soir la démonstration est éclatante et le final de la Houppelande est gigantesque.

Mise en scène qui fonctionne avec un fil reliant les œuvres : murs de béton (seuls portes et fenêtres changent : grande fenêtre pour Schicchi, fenestrou pour Angelica, hublots pour il Tabarro), un lit (renaissance pour le I, fonctionnel pour II et matelas sur palettes pour III). Excellente et efficace direction d’acteurs sauf les fautes de goût de Suor Angelica : Badessa avec ses canes comme le grand inquisiteur au Chatelet et revenant travestie en Reine des Cieux à la fin

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Re: il Trittico / Oper am Rhien / Kober & Hilsdorf / 05.10.2017

Message par Loïs » 06 oct. 2017, 09:39

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Re: il Trittico / Oper am Rhien / Kober & Hilsdorf / 05.10.2017

Message par Piero1809 » 06 oct. 2017, 12:11

Merci pour votre compte rendu.

C'est curieux, mon préféré parmi les trois est Il Tabarro.
Gianni Schicchi m'ennuie un peu. La musique de Suor Angelica est admirable, notamment les 50 premières minutes. La fin est décevante (c'est le cas pour la plupart des opéras de Puccini mis à par La Fanciulla et La Rondine). Il Tabarro est admirable de bout en bout avec des airs très intenses (les deux de Luigi, celui de Giorgetta et surtout le dernier de Michele!!!). Il y a dans cet opéra une ambiance qui me frappe, le Paris d'antan dans les quartiers du nord-est, du côté du canal de l'Ourcq! Un monde disparu. Mais il faut une mise en scène qui respecte le cadre. Celle de David Pountney à l'opéra de Lyon en 2012 m'avait tellement plu avec Thiago Arancam dans le rôle de Luigi!

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Re: il Trittico / Oper am Rhien / Kober & Hilsdorf / 05.10.2017

Message par Loïs » 06 oct. 2017, 15:32

Piero1809 a écrit :
06 oct. 2017, 12:11
Merci pour votre compte rendu.

C'est curieux, mon préféré parmi les trois est Il Tabarro.
Gianni Schicchi m'ennuie un peu. La musique de Suor Angelica est admirable, notamment les 50 premières minutes. La fin est décevante (c'est le cas pour la plupart des opéras de Puccini mis à par La Fanciulla et La Rondine). Il Tabarro est admirable de bout en bout avec des airs très intenses (les deux de Luigi, celui de Giorgetta et surtout le dernier de Michele!!!). Il y a dans cet opéra une ambiance qui me frappe, le Paris d'antan dans les quartiers du nord-est, du côté du canal de l'Ourcq! Un monde disparu. Mais il faut une mise en scène qui respecte le cadre. Celle de David Pountney à l'opéra de Lyon en 2012 m'avait tellement plu avec Thiago Arancam dans le rôle de Luigi!

je dois dire que ma vision de cet opéra a évoluée en cours de représentation, et cela se sent dans les commentaires écrits au fur et à mesure de la représentation et des entractes. J'ai toujours considéré cet opéra comme raté d'où ma première idée de m'éclipser après Suor Angelica (ce que fera une partie du public d'ailleurs) mais par curiosité je suis resté jusqu'à la fin et je dois reconnaitre que je fus quand même scotché (mise en scène plutôt réussie dans un décor très Querelle) et que le mérite en revient à une Giorgetta qui tenait la scène (malgré des problèmes -je pense passager- de voic) et aussi à l'intégralité des seconds rôles absolument confondants. Malheureusement le final retomba comme un soufflé avec une confrontation entre un baryton -à la voix réelle de Michele- pensant à ses prochaines vacances et un ténor (vocalement remarquable) mais à l'agilité scénique d'un menhir. Heureusement la direction tellurique porta la représentation. Pour autant en sortant je me suis posé la question: re-écouteras tu? Non. Il y a certainement un climax dans cet opéra mais cela tient pour moi de l'ébauche, comme une peinture abordée par touches au couteau et non au pinceau.

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Re: il Trittico / Oper am Rhien / Kober & Hilsdorf / 05.10.2017

Message par Piero1809 » 07 oct. 2017, 09:14

Loïs a écrit :
06 oct. 2017, 15:32
Il y a certainement un climax dans cet opéra mais cela tient pour moi de l'ébauche, comme une peinture abordée par touches au couteau et non au pinceau.
Une ébauche géniale!

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