Mozart - Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

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Mozart - Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par Markossipovitch » 02 oct. 2017, 10:07

Nancy
Opéra national de Lorraine
Don Giovanni
Mise en scène : Jean-François Sivadier
Décors : Alexandre de Dardel
Costumes : Virginie Gervaise
Lumières : Philippe Berthomé


André Schuen, Don Giovanni ;
Nahuel di Pierro, Leporello ;
Kiandra Howarth, Donna Anna ;
Yolanda Auyanet, Donna Elvira ;
Julien Behr, Don Ottavio ;
Francesca Aspromonte, Zerlina ;
Levente Páll, Masetto ;
David Leigh, le Commandeur


Chœur de l’Opéra national de Lorraine (chef de chœur : Merion Powell)
Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
direction : Rani Calderon


Distribution sensiblement modifiée pour la reprise du récent Don Giovanni d'Aix par Jean-François Sivadier, dont les productions sont toujours intéressantes.
J'y étais dimanche. CR à suivre.

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par MariaStuarda » 02 oct. 2017, 14:48

En tous cas, vous avez perdu Philippe Sly qui nous a beaucoup divisé ici.

sopranolove
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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par sopranolove » 02 oct. 2017, 15:24

Je crains un peu cette mise en scène. Mais, outre que j'aime beaucoup l'opéra, je suis allée surtout pour retrouver Nahual di Pierro, pour Julien Behr et Yolanda Auyanet. Et comme j'ai aussi entendu beaucoup de bien à propos de Zerline, au moins les voix me charmeront, à défaut de l'être par le metteur en scène. Vivement vendredi !

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par aurele » 02 oct. 2017, 18:11

J'y vais le 10 octobre car je n'ai vu que le début de la production sur Culturebox et surtout pour l’œuvre. J'avais rapidement fait autre chose, c'est pour cette raison que je n'avais pas regardé la totalité. Par ailleurs, ce sera mon premier Don Giovanni en salle.

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par truffaldino » 02 oct. 2017, 18:42

MariaStuarda a écrit :
02 oct. 2017, 14:48
En tous cas, vous avez perdu Philippe Sly qui nous a beaucoup divisé ici.
mais gagné un Andrè Schuen très jeune et déjà épatant. Superbe physique, (pas musclé du tout en revanche :D ), magnifique présence sur scène et voix puissante et agile qui ne se désunit à aucun moment. Malgré sa jeunesse, il en impose du début à la fin, y compris avec le Commandeur. Probablement le DG que voulait proposer Sivadier.

Présent aussi dimanche, je laisse Marko faire le compte-rendu annoncé, mais celà m a semblé être une grande réussite.
A mon sens, il serait dommage pour sopranolove et aurele de venir avec des a priori négatifs sur la mise en scène qui est un petit bijou.

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par aurele » 03 oct. 2017, 14:13

Je n'ai aucun a priori négatifs sur la mise en scène.

J'ai vu le début et le côté "théâtre en train de se faire" ne me dérange pas. J'ai déjà vu en partie sa mise en scène de La Traviata (pas la totalité pour des raisons qu'il est inutile de rappeler ici) et surtout sa proposition de mise en scène pour L'Incoronazione di Poppea en entier.

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par MariaStuarda » 03 oct. 2017, 15:41

petit rappel sur nos échanges enflammés de juillet :
http://odb-opera.com/viewtopic.php?f=6& ... n+giovanni

Markossipovitch
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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par Markossipovitch » 04 oct. 2017, 11:29

Me revoici avec le CR promis.
C’est avec une petite appréhension mêlée à un certain enthousiasme que je me suis rendu à la matinée du 1er octobre à l’opéra de Lorraine: les débats autour de la production aixoise de Don Giovanni m’avaient intrigué et un peu mis sur la réserve, alors que les deux productions antérieures du metteur en scène Jean-François Sivadier que j’avais vues (Le Barbier de Séville à Dijon en 2015 et Madama Buttefly à Luxembourg la même année) m’avaient positivement enchanté, par leur beauté visuelle et surtout l’extraordinaire instinct du théâtre qui en émanait. Je n’avais pas, à dessein, regardé la vidéo de la représentation filmée à Aix, mais j’avais écouté la version audio, très satisfaisante : je retrouvais mon Don Giovanni, une de mes œuvre préférées, tellement mise à mal à la Bastille en 2015, pour ma première vision en salle de l’œuvre, dans la reprise de la production de Haneke, où seuls Alexandre Duhamel et Serena Malfi jouaient vraiment leur rôle et apportaient du théâtre à un ensemble moribond, où l’orchestre d’Altinoglu était figé dans un solipsisme glaçant et la plupart des chanteurs étaient en roue libre, peu concernés, la somptueuse voix de Schrott étant le seul alibi d’une soirée à mourir, qui a durablement écorné mon image intérieure du chef d’œuvre mozartien.

Le spectacle ne commence pas très bien : la pantomime de Don Giovanni pendant l’ouverture ne montre que les qualités d’acteur très moyennes d’André Schuen, le risque est élève et ne paie guère. Les premières scènes ont tendance à concrétiser mon appréhension : elles tournent à vide, le meurtre du commandeur est artificiellement joué, les chanteurs vocalement peinent à s’échauffer en cet horaire de matinée, les acteurs aussi : les scènes entre Ottavio et Anna manquent de souffle, le duo Giovanni Leporello n’a pas la tension ni le rebond nécessaires : la partie tragique du début de l’œuvre manque d’impact théâtral.
Tout change dès la scène chez les paysans : les lumières donnent une couleur chatoyante, et le théâtre s’illumine enfin, la mise en scène prend corps, pour ne plus nous lâcher : c’est un festival d’idées presque toutes pertinentes et en tout cas cohérentes, qu’il serait vain de détailler. Le théâtre de tréteaux fonctionne, mais il est au service de ce qui se passe sur scène, l’humour est très présent mais la cruauté pointe, même si le bât blesse un peu concernant le rôle-titre, plus ado attardé avide de fête et de rigolades potaches que grand seigneur méchant homme, cynique et débauché. La perruque blonde semble faire référence à l’irrévérencieux Mozart de Forman, mais une partie de la violence et de la force du personnage s’est évanouie : même avec des revolvers on est dans le second degré peu inquiétant.
Ceci posé, la pièce tourbillonne, et le plaisir est grand, allant crescendo jusqu’à la scène finale du commandeur, d’une intensité phénoménale. L’orchestre de Calderon, plutôt sobre voire un peu terne dans le premier acte, à force de douceur et de fermeté, finit par trouver des phrasés élégants, alanguis ou truculents, et dans cette scène-clé du retour final du commandeur trouve une fluidité idéale, dont le sens tragique ne le sacrifie pas à la lourdeur du geste mais trouve la force d’une évidence sidérante. Par ailleurs le maestro est un formidable concertatore, et les ensembles sont tous magnifiques, jusqu’à la fugue finale, qui nous dépose, bouleversés, au bord de l’abîme, heureux de retrouver nos esprits après les avoir abandonnés dans le maelström des lumières et des mouvements de la scène, où les acteurs-danseurs de Sivadier sont les contrepoints parfaits aux actions des personnages. Seul bémol : le Don Giovanni qui revient d’entre les morts dans la scène finale pour continuer à manipuler les protagonistes semble un peu trop heureux d’être là, toujours un peu gamin, peut-être pas assez tragique surtout. Mais c’est une option respectable, quand bien même on s’y oppose.

Sur le plan du chant on est tout de même un cran au-dessous d’Aix, même si les satisfactions sont réelles. Le gros défaut est un manque de projection et d’impact de bien des protagonistes, dans une salle aux dimensions portant modestes (j’étais certes mal placé, au troisième rang de loges, mais je me suis replacé ensuite). Les scènes initiales prennent tout le monde à froid, et il faut attendre « Or sai chi l’onore » pour que nos oreilles soient enfin rassasiées par la puissance domestiquée du chant de Kiandra Howarth, Anna remarquable dans la vocalise comme dans la cantilène, malgré (détail certes, mais précieux) l’absence de trille à la fin de « Non mi dir ». Ses qualités d’actrices sont moindres, mais elle est la satisfaction vocale de la soirée, avec la somptueuse Zerline fine mouche de la jolie Francesca Aspromonte, à la projection franche, et à l’émission contrôlée. Son chant plein de déliés et de couleurs nous enchante, son travail sur le souffle est magnifique. Voilà qui nous réconcilierait presque avec une Zerline soprano…
Grosse déception avec Yolanda Auyanet, dont j’attendais beaucoup, après avoir entendu un enregistrement pirate de son Elisabetta du récent Don Carlo de Marseille, où sa voix paraissait somptueuse. Son entrée est pénible, les sauts de registres d’Elvira mal négociés nous valant trop de laideurs vocales, et même si elle s’améliore au fil de la représentation, elle laisse un sentiment d’inadéquation à un rôle pas facile à distribuer (à Aix Isabel Leonard faisait mieux mais perdait une partie de son miel vocal dans l’aventure).
L’enregistrement sonore d’Aix m’avait donné une juste image de la voix de Nahuel di Pierro, magnifique acteur, Leporello amusant et vif-argent, truculent sans excès, bondissant et tremblant, jouant à fond la carte des tréteaux de Sivadier, mettant facilement le public dans sa poche. Sa basse est lisse et belle, et offre de temps à autres quelque grave profond et inattendu, mais elle manque de projection, ce qui ternit un peu l’air du catalogue, et s’il a la jeunesse, il manque un peu du « gras » italien qui fait de Leporello un Sancho ultramontain.
André Schuen est fin, élégant, très grand et longiligne, presque arachnéen, mais il inquiète trop peu, et son portrait du Don manque de tranchant. Il ne s’agit pas d’en faire un Méphisto, selon l’erreur fréquemment commise, mais tout de même, ici il est trop léger, dans tous les sens du terme. Son baryton est beau, mais plus projeté dans le grave, facile et inattendu, que dans un médium assez pauvre, qui manque de corps et de projection, ce qui est essentiel pour traduire la force de séduction du burlador, que ses gestes de bras et mains, plus ou moins démiurgiques, ne suffisent pas à créer. L’aigu final, non écrit, est magnifique, mais peu utile.
Le Masetto de Levente Pall est amusant mais souvent à côté de la mesure, et il parle la plupart du temps plus qu’il ne chante, ce qui est très décevant, alors qu’il a les moyens d’une belle basse.
Julien Behr est un chanteur délicat, qui offre un travail amoureusement fini, plein de nuances, parfois excellent théâtralement et dans des options d’interprétation inattendues et très en situation dans les récitatifs. Mais la voix manque de corps et de couleurs, d’élan surtout, et on attend un Ottavio plus brillant pour totalement convaincre. La perruque, par ailleurs, lui va mal.
Enfin la basse David Leigh, figure omniprésente de la mise en scène, avec sa fumée de vapotage, impressionne par son aspect longiligne et fantomatique, plus spectre que commandeur. S’il débute discrètement, son apparition dans la scène finale le montre à son meilleur, tonnant sans excès, projetant des sons tendus et d’un impact saisissant sur le spectateur : avec la direction parfaite de tension fluide de Calderon, voilà une scène du commandeur idéale, comme je ne l’avais jamais entendue !

J’espère ne pas avoir trop défloré les détails de mise en scène pour ceux qui iront la voir lors des représentations restantes. Au total, il n’y a qu’une chose à retenir : n’hésitez pas, allez-y. Le plaisir ne manquera pas. Le public dominical de l’opéra de Lorraine, assez âgé comme il se doit, a beaucoup ri, et beaucoup applaudi aux rappels, c’est un signe de réussite suffisant.

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par dongio » 04 oct. 2017, 12:44

:D :D :D

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Re: Don Giovanni - Calderon/Sivadier - Nancy - 09-10/2017

Message par jerome » 04 oct. 2017, 18:28

J'y étais hier et j'y retourne vendredi
Je rectifie certaines choses:
- Mise en scène mieux gérée qu'à Aix car Schuen est moins virevoltant, agité et hystérique que Sly (qui avait fini par m'agacer au plus haut point!). C'est pas désagréable à regarder dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien mais Sivadier n'apporte pas grand chose! Le théâtre dans le théâtre, la mise en abyme, l'intemporalité du mythe, tout ça c'est du déjà vu et mieux fait que ça ailleurs. Et on ressort surtout avec l'impression visuelle d'un spectacle un peu cheap (entendu plusieurs fois hier à l'entracte: " niveau décors ils se sont pas trop foulés, ça n'a pas dû leur coûter très cher ...")
Je crois honnêtement qu'en termes de transposition, d'actualisation, de modernisation, d'enlaidissement, ... depuis plus de 20 ans on a tout fait visuellement pour jamais le meilleur et hélas très souvent, le pire. Et si on revenait à des principes visuels un peu plus classiques ...??
- Voix très bien projetées du début à la fin
- Bémols pour Donna Anna et Donna Elvira mais pas du tout dans le sens de Markossipovitch! Howarth se crispe vocalement dans un non mi dir qui la dépasse et dont elle rate totalement la vocalisation (pas une seule note piquée!!! pas un trille!!) et désolé mais ce n'est pas un détail! Donna Anna c'est un dramatico coloratura! Quant à Auyanet elle ne s'améliore pas au fil de la représentation, c'est même tout le contraire, elle réussit son 1er acte et malheureusement malmène son grand air du 2nd acte avec un registre aigu complètement éclaté et une vocalisation ... scolaire. Elle a des moyens naturels que je ne conteste pas mais il manque à cette voix une onctuosité que le chant mozartien impose. Là c'est âpre et rêche et ce qui est plus secondaire dans le répertoire italien du 19ème siècle, ne l'est en revanche pas du tout chez Mozart.
- Julien Behr, très jolie voix qu'on sent tendue et un peu trop haute dans le 1er air de Don Ottavio mais qui réussit très bien le 2nd autrement plus difficile techniquement.

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