Mozart- Les Noces de Figaro- Letonja/Richter- Grand théâtre de Genève- 09/ 2017

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philipppe
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Mozart- Les Noces de Figaro- Letonja/Richter- Grand théâtre de Genève- 09/ 2017

Message par philipppe » 24 sept. 2017, 13:38

Direction musicale Marko Letonja
Mise en scène Tobias Richter
Scénographie Ralph Koltaï
Costumes Sue Blane
Lumières Linus Fellbom
Chorégraphie Denni Sayers

Il Conte di Almaviva Ildebrando D'Arcangelo
La Contessa di Almaviva Nicole Cabell
Susanna Regula Mühlemann1
Figaro Guido Loconsolo
Cherubino Avery Amereau
Marcellina Monica Bacelli
Don Basilio Bruce Rankin
Don Curzio Fabrice Farina
Bartolo Bálint Szabó
Barbarina Melody Louledjian* (12, 17 & 21 septembre)
Seraina Perrenoud (25 septembre)
Antonio Romaric Braun
Deux paysannes Chloé Chavanon & Marianne Dellacasagrande

Chœur du Grand Théâtre
Direction Alan Woodbridge
Orchestre de la Suisse Romande

Quelques commentaires sur l'une des représentations de ces "Noces de Figaro " (17 septembre) qui ont remporté un très gros succès.

J'en suis ressorti avec une impression mitigée : en premier lieu, l'orchestre et sa conduite donnent quelques sujets de satisfaction : l'élément clef pour réussir de belles Noces à mon sens est le tempo général de la représentation. Ici, le choix me paraît le bon, la musique avance en permanence, elle se déroule "allègrement" et aucun effet scénique intempestif ne vient la ralentir, ni dans les airs, ni dans les récitatifs (en dehors de deux ou trois gags très répétitifs dans l air de Marcelline : une fois c est drôle, trois fois de suite dans le même air c'est lourd et suspect). La petite harmonie de l'orchestre de la suisse est particulièrement mise en valeur, trés beau basson ( dont on n'entend pas comme souvent que les bruits des clefs), et très belles clarinettes . Malheureusement, le volume est réglé en permanence sur mezzo forte ou forte par le chef qui alterne baguette et mains. (Peut être ma place au premier rang est elle à incriminée).

Les solistes : mon opinion était sensiblement différente de celle de la salle si je m'en tiens aux saluts. Vainqueur à l'applaudimètre, le Comte d'Ildebrando d'Arcangelo : pour ma part, je l'ai trouvé grossier, de chant et de jeu, surjouant une posture machiste et farcesque qui méconnaît totalement la nature aristocratique du Comte. Il ne se tire de "hai gia vinta la causa" qu'au prix d'un savonnage des vocalises et d'un grossissement de la voix, ce qui signe à mon sens une forme d'échec. J'ai largement préféré Kwiecien il y a peu à Munich, en attendant avec intérêt Gerhaher au même endroit.

Très belle découverte que Nicole Cabell que je n'avais jamais entendue : une voix peut être un peu plus lyrique que ce que j'attends pour le rôle, mais un chant magnifique, une présence superbe, sensuelle et élégante.

Figaro est assuré par Guido Loconsolo, qui remplit professionnellement sa mission, sans fièvre excessive. L'épreuve du feu (malheureusement en fin de parcours !) de "aprite un po quegli occhi" le porte malheureusement (pour nous) à la limite dépassée de ses possibilités.

Susanna : j attendais avec intérêt Régula Muhlemann que j'ai déjà entendu chanter agréablement Exultate Jubilate. Sa jolie voie fraîche se fatigue en fin de représentation, l'artiste semble fatiguée par la dépense physique de la représentation. Son timbre s'amenuise dans la partie inférieure du registre, or je crois qu'une partie du chant de Susanna nécessite justement d'avoir ce registre bien assuré. Régula M correspond bien à l'idée au on se fait de la "soubrette" mais ce n'est pas tellement le profil vocal de Susanna, si j'en crois quelques lectures. Elle est beaucoup plus Barberine que Susanna, c'est un peu triste à dire. Je ne développerai pas plus, attendant d'avoir compulsé un certain livre sur la créatrice du rôle de S. en espérant en savoir plus.

Le Cherubin est joli sans plus, son chant pas très charismatique.

Pour finir : une mise en scène qui cette ne manque pas d'entrain mais pousse trop dans la direction de la farce, ce que je crois Les Noces De Figaro ne sont pas du tout. Elle pousse D'arcangelo à son incarnation vulgaire au lieu de le tenir. Le tout à lieu dans des décors assez laids, particulièrement au premier acte (horrible, digne d'une représentation scolaire), moins dans le boudoir de la Comtesse.

Bonheur de cette musique et de cette œuvre sublime, (la plus difficile du répertoire?) mais déception de sa représentation, une fois de plus....prochain test : la nouvelle production de Munich dans quelques semaines.

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