Rossini - Guillaume Tell - Rouland/Schwab - Sarrebruck - 09/2017

Représentations
Répondre
Avatar du membre
Remigio2
Soprano
Soprano
Messages : 93
Enregistré le : 28 mai 2005, 23:00
Contact :

Rossini - Guillaume Tell - Rouland/Schwab - Sarrebruck - 09/2017

Message par Remigio2 » 12 sept. 2017, 17:29

Pour tous ceux qui sont dans l'Est de la France, la représentation du rare Guillaume Tell de Rossini bénéficie d'une offre spéciale à 20€ pour toutes les catégories ce jeudi au Théâtre National de la Sarre (Saarländisches Staatstheater dans la langue de Goethe). Il semblerait que ce soit une version abrégée, sans le ballet et l'air de Jimmy, mais en français. J'essaierai de vous raconter...

https://staatstheater-saarland.eventim- ... 14.09.2017

D'autres représentations sont prévues en septembre / octobre / novembre (et même décembre !) mais au tarif normal...

R.
"Qu'on parle de vous, c'est affreux. Mais il y a pire : c'est qu'on n'en parle pas !" Oscar Wilde

Avatar du membre
Remigio2
Soprano
Soprano
Messages : 93
Enregistré le : 28 mai 2005, 23:00
Contact :

Re: Rossini - Guillaume Tell - Rouland/Schwab - Sarrebruck - 09/2017

Message par Remigio2 » 16 sept. 2017, 16:25

J'avais promis un petit C/R, alors le voici le voilà en deux mots: COUREZ-Y !!! :Jumpy: :Jumpy:

Il est vrai qu'on arrive à Sarrebrück un peu en reculant en se disant "c'est un ouvrage bien ambitieux pour une si petite maison", "ouin, il n'y a pas de stars", "bouh, il n'y a pas beaucoup de francophones dans la distribution", "bof, c'est début septembre, ils n'ont pas dû trop répéter": et puis arrive la fameuse ouverture, et là, on se dit que finalement, on a peut-être pas fait trois heures de voyage pour rien ! Certes, ce n'est pas la version intégrale de l'oeuvre qui est donnée ce soir (3h30 de spectacle quand même - entracte inclus) mais en dehors de ça, quelle distribution, quel orchestre, et quelle mise en scène !

Le plateau vocal est dominé par les deux grandes figures masculines, Guillaume et Arnold (mais les comprimari sont tous excellents): le jeune ténor coréen Sung-Min Song s'impose comme révélation de la soirée: récipiendiaire du concours international de belcanto Bellini en 2016, il vient d'être intégré à la troupe du Staatstheater où en plus d'Arnold, il chantera cette saison Ferrando et Tamino. La voix est puissante mais en même temps agile: les difficultés notoires du rôle (dont le fameux "Asile héréditaire" et sa terrible cabalette) sont avalées avec une aisance confondante dans un français fort châtié. Si l'on ajoute à cela un physique plutôt séduisant (en dépit de son appareil dentaire qui lui donne une allure d'éternel ado!), on peut, sans trop se tromper, lui prédire une belle carrière lyrique, s'il ne s'abîme pas prématurément dans des rôles trop lourds.

Le rôle titre trouve en Peter Schöne le chanteur / acteur idéal auquel le baryton allemand prête son physique longiline et ses traits émaciés. Ce Guillaume là, maniant aussi bien l’arbalète que la kalach, rendu fragile psychologiquement par des séjours prolongés dans les basses-fosses des Habsbourg, sait se rendre tour à tour aimant, mais aussi (et surtout) un chef de guerre inquiétant et paranoïaque. La vidéo projetée pendant l’ouverture où il saccage sa cellule est à cet égard éclairante et glaçante. Le casting féminin est digne des plus grands éloges, malgré une prononciation française perfectible. Rien à reprocher à la soprano finlandaise Pauliina Linnosaari, habituée à des rôles plus lourds dans le répertoire germanique si l’on en croit Operabase, qui campe ici une excellente Mathilde. Mention spéciale pour la Hedwige de Judith Braun, elle aussi issue de la troupe du Staatstheater, dont les interventions tombent toujours à propos.

La mise en scène sombre et âpre de Roland Schwab se double d’une direction d’acteurs réglée au millimètre, notamment au niveau des chœurs, très sollicités dans cette œuvre. Exit, les montagnes suisses et les vaches Milka: avec Schwab, on est plutôt dans la tristement célèbre prison d’Abou-Ghraib pendant la deuxième guerre d’Irak, alors que les sbires de Gesler tiennent leurs flingues comme dans un film de Tarantino.

Le chef français Sébastien Rouland défend cette partition exigeante avec conviction à la tête de l’orchestre local malgré des tempi parfois un peu trop rapides (dans le « Sombre forêt » notamment).

Excellente soirée donc, comme vous l’aurez compris, un peu gâchée toutefois par la désaffection du public local. Malgré une politique tarifaire défiant toute concurrence (20€ la première catégorie jeudi soir !), la salle est à moitié vide. Les absents ont décidément toujours tort…

R.

PS : pour les ODBiens qui souhaiteraient assister à une des 9 représentations restantes (dernière le samedi 2 décembre), et qui seraient fâchés avec la géographie teutonne, Sarrebrück est à 5 KM de la frontière française, 69KM de Metz et seulement 1H51 de la Gare de l’Est en TGV !
https://www.staatstheater.saarland/fr/n ... aume-tell/
"Qu'on parle de vous, c'est affreux. Mais il y a pire : c'est qu'on n'en parle pas !" Oscar Wilde

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 50 invités