Concert musique luthérienne - Musica Nova/L.Kandel - Vézelay - 26/08/2017

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petitchoeur
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Concert musique luthérienne - Musica Nova/L.Kandel - Vézelay - 26/08/2017

Message par petitchoeur » 11 sept. 2017, 19:03

Martin Luther 1517

Johann WALTER (1496-1570) : Nun komm der Heyden Heyland
Salva nos Domine
Mit Fried und Freud
Wir glauben all eynen Gott (Credo)
Iesaya dem Propheten (Sanctus)

Sixtus DIETRICH (1493-1548) : Magnificat quarti toni
Johann WALTER : Aus tieffer Noth
Christ lag in Todesbanden
Christ ist erstanden
Nun bitten wir den Heiligen Geist

Ludwig SENFL (1486-1542) : Media Vita/In mitten unser Lebenszeit
Johann WALTER : Christe qui lux es et dies
Josquin DESPREZ (1450-1521)/Ludwig SENFL : Ave Maria Virgo serena

Ensemble Musica Nova
Christel Boiron, Esther Labourdette, cantus
Lucien Kandel, Xavier Olagne, contre-ténors
Jérémie Couleau, Thierry Péteau, ténors
Marc Busnel, Eric Chopin, bassus
Lucien Kandel, direction


Eglise Notre-Dame de Saint-Père le 26 août 2017
On commémore cette année les 500 ans des 95 thèses de Martin Luther affichées à Wittenberg en 1517, véritable point de départ des Réformes. Or Luther, à la différence des autres Réformateurs a une grande tendresse pour Frau Musica, Dame Musique. « Pour un esprit plongé dans la tristesse et le chagrin, il n’est point de consolation supérieure à la musique, qui rafraîchit l’âme et lui rend la paix » (Martin Luther in Propos de table). « Luther fait exception dans la mesure où la musique est pour lui comme un organe indispensable de sa propre vie spirituelle. Il aspire à communier avec l’absolue et parfaite sagesse de Dieu dans son œuvre admirable qu’est la musique » […] « Elle le prépare à la Parole et à la Vérité divine ». (cité in Jean-François Labie : Le visage du Christ dans la musique baroque, Fayard, 1992).
Dans son ouvrage Formulae missae et communionis Martin Luther affirme dès 1523 que le culte exige la participation de l’ensemble des fidèles par le chant. En 1524 Luther participe au premier livre de chants religieux protestants composés par Johann Walter dont plusieurs pièces sont au programme de ce soir. Luther lui-même se met à l’œuvre et écrit textes et mélodies dont beaucoup se sont inspiré. La réforme luthérienne est à l’origine d’une des traditions musicales allemandes les plus prospères et les plus épanouies : des mélodies pour beaucoup d’origine populaire et profane au service des textes sacrés et de leurs commentaires en forme de chorals, de motets, de cantates, de passions et aussi réutilisées dans des compositions instrumentales. Musiques qui sont aussi au XVIème siècle un moyen de fixation la langue allemande moderne et à l’origine de l’imprégnation musicale de la culture allemande.
Quelques textes de Martin Luther, remarquablement dits par Thierry Péteau, un des ténors de ce soir , introduisent les œuvres proposées et particulièrement celles de Ludwig Senfl et du recueil de Johann Walter : le credo et le sanctus de la Messe Allemande, des chants dont l’ usage est fonction de l’année liturgique : Carême, Pâques, Pentecôte ainsi qu’une antienne et une adaptation du texte du cantique de Siméon. Ludwig Senfl, l’un des plus célèbres compositeurs de cette première moitié du XVIème siècle, sympathisant de la Réforme mais resté fidèle à Rome, reçoit des commandes de Luther dont Media Vita. Senfl est aussi, semble-t-il, l’auteur de l’arrangement de l’Ave Maria Virgo Serena composé par Josquin Desprez, musicien dont la plus grande partie de la carrière s’est effectuée en Italie au service des Princes et de l’Eglise.
Les huit chanteurs de Musica Nova (tous sont à citer), dont leur chef Lucien Kandel, contre-ténor, impressionnent par la simplicité, la rigueur, l’austérité de leurs interprétations. Huit belles voix aux timbres chaleureux se coulant avec une parfaite harmonie dans ces partitions à 4 voix comme le souhaitait Luther.
Cette musique, à la descendance prodigieuse, était destinée à l’ensemble des fidèles. On peut douter, à l’écoute des œuvres proposées ce soir, d’une mémorisation facile de ces partitions qui paraissent très savantes et, de plus, assez monotones bien qu’écrites sur des textes d’esprit très différent. C’est grâce au génie des musiciens protestants des XVIIIème et XIXème siècles, de Jean-Sébastien Bach à Mendelssohn, que s’assurera l’ancrage, dans la culture germanique, des mélodies des chorals composés sur les textes luthériens.
Pierre Tricou

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