Gluck - Alceste - Montanari/Ollé - Lyon - 05/2017

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Epsilon
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Gluck - Alceste - Montanari/Ollé - Lyon - 05/2017

Message par Epsilon » 11 mai 2017, 14:27

• Direction musicale Stefano Montanari
• Mise en scène Alex Ollé / La Fura dels Baus

• Alceste Karine Deshayes
• Admète Julien Behr
• Évandre Florian Cafiero
• Grand Prêtre Alexandre Duhamel
• Apollon Tomislav Lavoie
• Hercule Thibault De Damas
• Coryphée Maki Nakanishi
• L'Oracle Paolo Stupenengo
• Un Dieu infernal Paul-Henry Vila

Orchestre et Choeurs de l'Opéra de Lyon (I Bollenti Spiriti)

Deux opéras français dans la semaine, quelle fête ! Après Lakmé, Alceste, un des opéras encensés par Berlioz, qui voyait en Gluck le Shakespeare de la musique. Bon, soignons clairs, si le livret de Lakmé a un peu vieilli, celui d’Alceste est d’une rigidité à faire peur. L’argument tient en 3 lignes et le livret en 5, tant on répète et on re-répète, c'était la loi du genre ! Mais néanmoins, je suis sortie enchantée de cette représentation, avec deux certitudes : Karine Deshayes est une grande, et le public de Lyon est petit…
Annoncée souffrante, et effectivement parfois et imperceptiblement gênée, elle délivre un « Divinités du Styx » quasiment d’anthologie devant une salle d’une froideur de glace qui ne lui accorde même pas un applaudissement. Le premier étonnement passé, et c’était trop tard, ce bon Montanari avait enchainé avec le 2ième acte.

Belle soirée néanmoins : la mise en scène modernisée est relativement cohérente, on n’a pas à se poser des questions sur le pourquoi ou le comment (ce qui est essentiel à mes yeux) : Alceste et Admède, famille bourgeoise intemporelle sont victimes d’un accident de la route et il semble qu’Alceste rêvera tout l’opéra dans son agonie, puisque la dernière image est celle de son cercueil (en ces temps moroses, comment accepter une fin heureuse, même si elle est dans le livret ?)
Karine Deshayes domine largement le plateau, elle a la voix d’Alceste, ses aigus tranchants, ses graves sonores. Seul le médium est plus moyen (peut être son indisposition ?) Le grand prêtre d’Alexandre Duhamel est lui aussi impressionnant, comme est à la hauteur l’Hercule de Tibault de Damas. Mais ce n’est pas vraiment le cas de Julien Behr, qui profite de son statut de régional de l’étape pour faire oublier un aigu étroit et un manque de souffle (il gâte un brin le duo du 2ième acte).
Un grand bravo, comme toujours, aux chœurs, et aussi à Stefano Montanari et ses « Bollenti spiriti », qui insufflent beaucoup de vie dans la partition, avec une attention sans faille pour les chanteurs. Toutefois il y aura peut-être à faire un peu travailler les cors…

paco
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Re: Gluck - Alceste - Montanari/Ollé - Lyon - Mai 2017

Message par paco » 11 mai 2017, 18:41

Epsilon a écrit :
11 mai 2017, 14:27
Toutefois il y aura peut-être à faire un peu travailler les cors…
Leur partition d'Alceste est redoutable, il arrive souvent, pour cet opéra, qu'il y ait des accidents de parcours...

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perrine
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Re: Gluck - Alceste - Montanari/Ollé - Lyon - 05/2017

Message par perrine » 19 mai 2017, 23:04



Alceste
Christoph Willibald Gluck

Tragédie lyrique en 3 actes, 1767
Livret de Ranieri de’ Calzabigi et François-Louis Gand Le Bland Du Roullet
En français

Nouvelle production
En coproduction avec le Teatro Mayor de Bogota

Direction musicale Stefano Montanari
Mise en scène Alex Ollé / La Fura dels Baus
Décors Alfons Flores
Costumes Josep Abril
Lumières Marco Filibeck
Vidéo Franc Aleu

Alceste Karine Deshayes
Admète Julien Behr
Évandre Florian Cafiero
Grand Prêtre Alexandre Duhamel
Apollon Tomislav Lavoie
Hercule Thibault De Damas
Coryphée Maki Nakanishi
L'Oracle Paolo Stupenengo
Un Dieu infernal Paul-Henry Vila
Orchestre et Choeurs de l'Opéra de Lyon
I Bollenti Spiriti


Vendredi 12 mai 2017

Alceste fait partie de ces opéras qui n’ont que peu d’événements et dont la narration est limitée qu’il est souvent délicat à mettre en scène. La tâche a été proposée et partiellement relevée par Alex Ollé et sa Fura del Baus. La transposition de l’histoire dans un cadre bourgeois contemporain tient bien la route (sans mauvais jeu de mot en ce qui concerne le prologue filmé qui donne l’explication de l’état critique dans lequel se trouve Admète au début de l’opéra). La mise en scène n’est ni gênante, ni révolutionnaire, mais globalement cohérente, ne serait-ce le dénouement final qui laissera le spectateur dans une sorte d’incompréhension, et une direction d’acteurs bien réalisée quoiqu’un peu figée.

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Après une ouverture accompagnée de la projection vidéo de l’accident de voiture qui plonge Admète dans le coma, les scènes se succèdent tantôt dans la pièce de vie où les proches se retrouvent pour partager le malheur avec la famille (le, puis la malade étant dans une cage de verre et surveillés par les médecins), ou dans la salle à manger. La scène de l’oracle et celle de l’enfer sont les mieux réussies tant visuellement que scéniquement avec de beaux effets de lumière et permettent de redonner de la vigueur à l’action.

Dès les premières mesures, Stefano Montanari insuffle au nouvel ensemble ‘I Bollenti Spiriti’ composé par les musiciens de l’orchestre de l’opéra de Lyon et jouant sur instruments anciens un dynamisme, un sens dramatique et une sonorité déjà mûrs pour leurs premières prestations, sachant s’apaiser ou se violenter à dessein. De très belles couleurs, notamment des vents, se font entendre. Que du bien à prévoir pour les prochains concerts et opéra baroques à l’opéra de Lyon.
Le grand prêtre d’Alexandre Duhamel marque par la profondeur de son timbre et sa puissance lors d’une séance de spiritisme particulièrement bien réussie. Sa très belle présence scénique et son envergure amplifient la noirceur de la scène.

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La (légère) déception viendra ce soir du très attendu Julien Behr d’une part en raison d’une émission légèrement nasale qui limite la projection et dont les aigus serrés manquent d’élasticité. Et d’autre part parce que son rôle n’est pas forcément bien mis en valeur, limité dans ses déplacements par fauteuil roulant puis une canne. Cependant, on ne peut lui reprocher un très beau travail de nuances et de diction.
Karine Deshayes qui signe une prise de rôle assume et assure la quasi totalité du spectacle. Elle brûle les planches, et impressionne tout au long de la représentation par une forte présence et un grand sens dramatique. Le mezzo est large avec des aigus éclatants, des graves tenus, et un médium bien assis. Bref, toute la soirée nous réserve surprise sur surprise sur ce rôle de femme aimante prête au sacrifice pour sauver son mari.

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Enfin, les chœurs de l’opéra de Lyon sont une fois de plus à mettre à l’honneur. Placés en fosse, sauf pour l’oracle et les enfers, le choix est judicieux car face à cette histoire ayant si peu de corps, il n’y a pas de remplissage d’espace inutile de l’espace scénique. La diction est parfaite, les phrasés et nuances en phase avec l’orchestre et ils font un excellent quatrième partenaire.

Perrine

Nota : en diffusion dimanche 28 mai sur France Musiques
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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