Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Bernard C » 06 mai 2017, 21:50

Le 3 et 4 actes nous embarquent dans l'émotion pure.
Je dois absolument souligner la magnifique performance de Jennifer Rowley qui n'a pas été sans me surprendre par des qualités de timbre, de projection et d'engagement dramatique.
Aigus puissants et brillants , le trio a parfaitement fonctionné avec un intéressant et musical Atalla Ayan.

Cast de très bon niveau d'ensemble , direction idéale dans ce répertoire de Armiliato.

Mais jusqu'au bout Roberto Alagna aura transporté l'auditoire , porté au poignant l'étreinte de l'émotion , arrachant des larmes dans la scène finale.
Magistral ! BRAVO !

Bernard
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Adalbéron » 06 mai 2017, 22:07

quetzal a écrit :
06 mai 2017, 21:50
Magistral ! BRAVO !
Très réjouissant tes retours ! :)
Ça me donne des frissons de repenser à Alagna dans Carmen il y a deux mois à Bastille...
Je n'avais jamais entendu parler de cette oeuvre, mais je vois qu'il y a un enregistrement avec Alagna justement dans le rôle titre ! Surtout que j'adore inconditionnellement la pièce de Rostand.
Mais peut-être trouvera-t-on la bande de cette soirée, je crois qu'elle était radiodiffusée.
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Bernard C » 06 mai 2017, 22:15

Adalbéron a écrit :
06 mai 2017, 22:07
quetzal a écrit :
06 mai 2017, 21:50
Magistral ! BRAVO !
Très réjouissant tes retours ! :)
Ça me donne des frissons de repenser à Alagna dans Carmen il y a deux mois à Bastille...
Je n'avais jamais entendu parler de cette oeuvre, mais je vois qu'il y a un enregistrement avec Alagna justement dans le rôle titre ! Surtout que j'adore inconditionnellement la pièce de Rostand.
Mais peut-être trouvera-t-on la bande de cette soirée, je crois qu'elle était radiodiffusée.
J'adore le premier acte qui n'est pas dramatiquement ni musicalement le plus simple mais où Roberto met en lumière , en évidence la richesse vocale de cette partie d'une façon formidable ,
et ce soir là dedans la voix était dans une forme resplendissante - on m'a dit qu'il avait pourtant été souffrant quelque peu lors de la représentation de début de semaine.


Bonne écoute , bon WE ! (On reste très branché sur notre chère France.)

Bernard
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 06 mai 2017, 22:38

Adalbéron a écrit :
04 mai 2017, 13:53
PlacidoCarrerotti a écrit :
04 mai 2017, 13:27
Stefano P a écrit :
04 mai 2017, 13:03
Adalbéron a écrit :
04 mai 2017, 11:57
Ici elle chante en français — si si, je vous le dis...

watch?v=oxvW7Z_XjFE
Quand même, on la comprend bien : Angepu, Angeadieu, portémawa auzindéssyeux, tieujéssi achêché monweutoure, tuva chêchéjetoi pardonne... :eyes:
HS: un jour je fais entendre mon live du concert Rossini à Versailles à un pote. "Tu vois, Mathilde, on comprend rien". Il écoute attentivement et, triomphant, me dit "Bien sûr ! C'est la version italienne".
Inutile de préciser qu'il s'agissait bien de la version française "Chombrohofohé kéyévou chichouban".
C'était à propos de Caballé ?
Oui j'avais oublié de préciser.
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par PlacidoCarrerotti » 06 mai 2017, 22:42

Magnifique après-midi avec un Alagna au sommet de son art. Le dernier acte m'a arraché des larmes. A noter : la version Alagna comprend des aigus qu'on ne trouve pas dans la version Domingo ;-)
Mêmes impressions que Bernard pour le reste : un superbe spectacle avec une musique pas facile, mais les spectateurs sont restés malgré le soleil !
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Adalbéron » 06 mai 2017, 22:43

PlacidoCarrerotti a écrit :
06 mai 2017, 22:38
Oui j'avais oublié de préciser.
J'ai trouvé entre temps sur Voldemort (tout semblait correspondre au gala de 1985 à Versailles), et en effet, c'est assez exotique :wink:.
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par paco » 07 mai 2017, 00:00

PlacidoCarrerotti a écrit :
06 mai 2017, 22:42
A noter : la version Alagna comprend des aigus qu'on ne trouve pas dans la version Domingo ;-)
Sans blague ?... :lol:

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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Stefano P » 07 mai 2017, 06:37

Adalbéron a écrit :
06 mai 2017, 22:43
PlacidoCarrerotti a écrit :
06 mai 2017, 22:38
Oui j'avais oublié de préciser.
J'ai trouvé entre temps sur Voldemort (tout semblait correspondre au gala de 1985 à Versailles), et en effet, c'est assez exotique :wink:.
Pour te faire une idée plus précise, tu as sur YT la captation intégrale de la représentation donnée à Montpellier en 2003 ; c'est d'ailleurs sorti aussi en DVD. Fais simplement la recherche : cyrano bergerac alagna et c'est la première réponse que tu as.
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Re: Alfano - Cyrano de Bergerac - Armiliato/Zambello - New York - 05/2017

Message par Stefano P » 07 mai 2017, 08:11

Quelques impressions après l’écoute de la retransmission radio d’hier soir :

Cyrano de Bergerac n’est certainement pas une œuvre parfaite ; Alagna, emporté par l’enthousiasme pour un rôle qu’il adore n’a pas hésité à dire récemment que c’était pour lui le plus grand opéra jamais composé, mais c’est très exagéré :wink: ! Alfano a des qualités certaines, mais aussi beaucoup de défauts : ce n’est pas un grand mélodiste, à la différence de Giordano, Mascagni ou même Leoncavallo (laissons de côté Puccini, évidemment hors-concours), et ses lignes de chant sont presque toujours d’une grande rudesse, comme on peut s’en apercevoir à l’écoute de l’œuvre. C’est un orchestrateur souvent raffiné (il y a dans Cyrano des moments impressionnistes pas loin de Debussy et souvent de belles rutilances straussiennes quand il laisse "décoller" son orchestre ; en tout cas, on est globalement assez loin du vérisme dans cet opéra), mais il lui manque le souffle qui va galvaniser une œuvre et soulever l’enthousiasme du spectateur (il y est en revanche parvenu dans une de ses premières oeuvres, Resurrezione, adaptée de Tolstoï, à mon avis sa plus grande réussite à l’opéra).

On remarquera par exemple l’absence de la tirade du nez qui aurait pu fournir la matière d’un extraordinaire morceau de bravoure : Puccini a d’ailleurs pensé à mettre en musique Cyrano juste après Tosca, et on peut imaginer ce que le compositeur de Gianni Schicchi aurait tiré de ce moment de verve et d’acrobatie verbale exceptionnel... De la même façon, la scène du début de l’Acte III, qui exprime la nostalgie des Gascons avec le chœur des Cadets semble venir tout droit de la fin du deuxième acte de Butterfly, mais la différence qualitative dans l’inspiration et la puissance suggestive de la musique est tout à fait évidente !

L’œuvre n’étant pas parfaite, il faut pour l’animer un interprète d’exception dans le rôle-titre, comme a dû l’être José Luccioni à la création (d’abord en italien, puis à Paris (Opéra-Comique) dans la version originale française) et comme l’est aujourd’hui, seul dans ce rôle qu’il a vraiment fait sien, Roberto Alagna. Sa scansion dynamique du français, sa prononciation limpide, son implication dramatique font qu’il transcende les limites de l’écriture du rôle et qu’il sait en sublimer toutes les qualités, à la fois grand chanteur et grand acteur. Toutes les facettes de ce Cyrano opératique sont mises admirablement en valeur dans son interprétation : la verve héroïque du premier acte avec le ton hâbleur de l’air A la fin de l’envoi, je touche, la grâce debussyste du délicat clair de lune sur Paris à la fin du même acte, la fougue lyrique du duo d’amour (par procuration) à la fin de l’Acte II, la mélancolie de l’air de la nostalgie gasconne, avec ses délicates sonorités de flûte à l’Acte III et enfin le sarcasme désespéré et l’élégie poignante de la scène finale, où Alfano atteint enfin une vraie grandeur dans l’expression des sentiments. Très en voix, Alagna a confirmé hier soir qu’il tenait là (avec Roméo et Don José) son plus grand rôle dans l’opéra en français.

L’entourage n’a pas démérité, même si la partition ne leur offre pas d’occasion spectaculaire de briller ; on sentait un réel effort dans la prononciation française, et tout était d’un très bon niveau. Il faut signaler la grâce et le bel engagement de Jennifer Rowley dans le rôle de Roxanne, finalement assez difficile et peut-être aussi un peu ingrat, puisqu’il n’a qu’un seul moment de grand lyrisme où la voix peut vraiment se déployer pleinement : dans son air de l’Acte III, quand elle demande pardon à Christian de ne l’avoir aimé que pour sa beauté. Avec l’orchestre superbe du Met, Armiliato a su tirer le meilleur d’une partition inégale ; j’ai vraiment adoré sa direction, très supérieure à ce que l’on a pu entendre ailleurs dans cet ouvrage. Quel dommage que l’on n’ait pas eu un Live HD, cela aurait permis de conserver une seconde trace visuelle (après Montpellier en 2003) de ce grand Cyrano d’Alagna, qui rejoint dans le panthéon de ce rôle ce qu’ont fait Sorano à la télévision et Depardieu au cinéma.
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François Paul
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Re: Alfano-Cyrano de Bergerac-Armiliato/Zambello-New York 05/17

Message par François Paul » 07 mai 2017, 16:46

Stefano P a écrit :
04 mai 2017, 08:56
En regardant les petits reportages que l'on peut trouver sur cette production, je remarque qu'Alagna a une partition de Ricordi qui indique sur la couverture : Franco Alfano, Cyrano de Bergerac, version Alagna. Je me demande à quoi correspond cette mention, quelqu'un peut-il nous donner des infos là-dessus (peut-être notre ami Muzzano s'il est dans les parages) ?

Je sais que le rôle de Cyrano est écrit originellement par Alfano dans un registre très tendu où les aigus sont constamment sollicités, ce qui peut évidemment être éprouvant pour le chanteur, et qu'il existe une adaptation sur une tonalité plus basse, qu'Alagna n'a jamais utilisée, mais pourquoi la partition originale serait-elle devenue officiellement une "version Alagna", ça j'avoue que ça m'échappe...
Alagna explique tout dans cet entretien avec Philippe Bilger: https://www.youtube.com/watch?v=85fNvNBQhu0, à partir de 31:06 :wink: .

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