Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH 04-05/2017 – Met 10-11/2017

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Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH 04-05/2017 – Met 10-11/2017

Message par Efemere » 24 avr. 2017, 03:48

THE EXTERMINATING ANGEL


OPÉRA en trois actes de THOMAS ADÈS, compositeur/pianiste/chef d'orchestre britannique (né en 1971 à Londres), dont c'est le troisième opéra (après Powder her Face, créé au Cheltenham Musical Festival 1995, et The Tempest, créé en 2004 à Covent Garden).

Le livret en langue anglaise [consultable ► ici] a été écrit, en collaboration avec T. Adès, par TOM CAIRNS, metteur en scène et auteur (né en 1952 en Irlande du nord).
Le livret est inspiré du scénario, « Los náufragos de la calle Providencia » (« Les naufragés de la rue de la Providence »), écrit par Luis Buñuel (1900-1983) et Luis Alcoriza (1918-1992) pour le film mexicain « El Ángel Exterminador », réalisé par Luis Buñuel (présenté au Festival de Cannes de 1962 et sorti en France en 1963).

L'opéra est une commande et coproduction du Festival de Salzbourg, du Royal Opera House de Londres, du Metropolitan Opera de New York et du Kongelige Opera de Copenhague.


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Sous la direction du compositeur et dans une mise en scène du librettiste, la création a eu lieu le 28 juillet 2016, suivie de trois autres représentations (1er, 5 et 8 août 2016), à la Maison de Mozart (Haus für Mozart), lors de la 96e édition du Festival de Salzbourg (22 juillet-31 août 2016).

Foto #15936 (© Salzburger Festspiele - Monika Rit).jpg
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En cette saison, c'est au tour du ROYAL OPERA HOUSE de Londres d'accueillir la production, pour une série de six représentations, du 24 avril au 8 mai 2017 (bande-annonce du spectacle visible sur ► YouTube).

On retrouve Thomas Adès à la baguette, ainsi que seize des interprètes de la création à Salzbourg, sur une distribution de vingt-deux rôles (dont quatorze principaux).
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Durée du spectacle : environ 2 h 40 min (incluant un entracte).

• Mise en scène : Tom Cairns
• Décors et costumes : Hildegard Bechtler
• Lumières : Jon Clark
• Vidéo : Tal Yarden
• Chorégraphie : Amir Hosseinpour

DISTRIBUTION :

▪ Direction musicale — Thomas Adès

LUCÍA, Marquesa de Nobile (hôtesse) — Amanda Echalaz
LETICIA Maynar (une chanteuse d'opéra) — Audrey Luna
LEONORA PalmaAnne Sofie von Otter
SILVIA, Duchess of Ávila (une jeune mère veuve) — Sally Matthews
BLANCA Delgado (une pianiste, femme de Roc) — Christine Rice
BEATRIZ (fiancée d'Eduardo) — Sophie Bevan
Edmundo, Marqués de NOBILE (hôte) — Charles Workman
Count RAÚL Yebenes (un explorateur) — Frédéric Antoun
COLONEL Álvaro GómezDavid Adam Moore
FRANCISCO de Ávila (frère de Silvia) — Iestyn Davies
EDUARDO (fiancé de Beatriz) — Ed Lyon
Señor RUSSELL (un vieil homme) — Sten Byriel
Alberto ROC (un chef d'orchestre) — Thomas Allen
DOCTOR Carlos CondeJohn Tomlinson
JULIO (un majordome) — Morgan Moody
LUCAS (un valet de pied) — Hubert Francis
ENRIQUE (un serveur) — Thomas Atkins
PABLO (un cuisinier) — James Cleverton
MENI (une domestique) — Elizabeth Atherton
CAMILA (une domestique) — Anne Marie Gibbons
PADRE SansónWyn Pencarreg
YOLI (un petit garçon, fils de Silvia) — Jai Sai Mehta [24 et 27 avril., 6 et 8 mai] / Joshua Abrams [1er et 3 mai]

▪ Chœur — Chœur du Royal Opera
▪ Ondes Martenot — Cynthia Miller
▪ Piano — Finnegan Downie Dear
▪ Premier violon — Ania Safonova
▪ Orchestre — Orchestre du Royal Opera

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès / Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Efemere » 24 avr. 2017, 04:38

C'est aux alentours de 2001 que Thomas Adès (qui avait vu le film de Buñuel à l'âge de treize ou quatorze ans) eut l'idée d'en faire un opéra. Dès 2001, Faber Music initia les démarches relatives aux droits d'auteurs, qui n'aboutirent qu'en 2011, alors qu'Adès avait déjà commencé à travailler sur le livret avec Tom Cairns en 2009.
Faisant l'objet d'une commande annoncée officiellement en novembre 2011 par le Festival de Salzbourg, l'ouvrage fut terminé en 2015.

T. Adès_The Exterminating Angel_Score_Extrait.jpg
T. Adès_The Exterminating Angel_Score_Extrait.jpg (104.31 Kio) Vu 1123 fois
[Source : Fortissimo! Faber Music News – Autumn 2016]

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En marge du spectacle, le ROH a organisé une rencontre "Insights: The Exterminating Angel " (23 mars 2017), filmée et visionnable ► ici et sur ► YouTube (durée : 1:19:32).

Par ailleurs, sur le site Web du ROH sont proposés les trois articles suivants :
◆ "Opera Essentials: Thomas Adès’s The Exterminating Angel " (18 avril 2017) – Présentation de l'ouvrage ;
◆ "The pieces that made Thomas Adès " (21 avril 2017) – Les œuvres majeures de T. Adès ;
◆ "The ondes martenot: The eeriest instrument ever invented? " (21 avril 2017).

Un autre article récent, paru dans The Guardian :
"How Buñuel's The Exterminating Angel became opera’s most surreal soiree " (1er avril 2017).

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Pour info, quelques autres liens Internet vers des articles datant de 2016 :

The Guardian (24/07/2016)  – Article sur la création de l'opéra, avec des commentaires de Thomas Adès [en anglais].
Seen and Heard International (28/07/2016) – Interview de Thomas Adès et Tom Cairns [en anglais].
◆ « FestspielFenster • The Exterminating Angel » – Clip vidéo du Festival de Salzbourg 2016 (2:12), avec des extraits du spectacle et des commentaires de T. Adès.
The New York Times (05/08/2016) – Entretien avec T. Adès lors du Festival de Salzbourg 2016 [en anglais].
The Opera Critic – Liste de liens vers des compte-rendus de 2016 (essentiellement en allemand et en anglais) ; pour ce qui est des articles en français, sont cités Diapason (02/08/2016), La Libre.be (03/08/2016) et Opera Online (10/08/2016), tandis que le lien vers Concerto Net renvoie en fait à Altamusica (08/08/2016).
Le Monde (30/07/2016) ; Le Figaro (07/08/2016) ; La Presse.ca (14/08/2016).
Financial Times (18/11/2016) – Interview de T. Adès [en anglais].

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Au vu du livret, l'opéra me semble fidèle au film « El Ángel Exterminador », même si le finale se déroule autrement.

La seule différence notable réside dans le nombre et l'importance des rôles : de vingt-huit dans le film, ils ont été réduits à vingt-deux chez Adès / Cairns, et certains des douze invités du dîner (au lieu de dix-huit chez Buñuel) ont d'autres caractéristiques ou fonctions.
Le scénario a été condensé et ont été fusionnés et combinés différemment plusieurs personnages et noms des protagonistes du film – cf. ci-dessous :

Chez ADÈS ........................ Chez BUÑUEL

LUCÍA de Nobile ................ Lucía de Nóbile (hôtesse)
LETICIA Maynar ................ Silvia (chanteuse d'opéra)
........................................... Leticia "La Walkiria"
LEONORA Palma .............. Leonora
........................................... Ana Maynar
SILVIA de Ávila ................. Juana Ávila (sœur de Francisco)
........................................... Rita Ugalde (femme de Cristián)
BLANCA Delgado ............. Blanca
.......................................... Alicia de Roc (femme d'Alberto)
BEATRIZ ........................... Beatriz
Edmundo de NOBILE ........ Edmundo de Nóbile
Count RAÚL Yebenes ....... Raúl
.......................................... Leandro Gómez
COLONEL Álvaro Gómez .. Álvaro, Coronel
FRANCISCO de Ávila ....... Francisco Ávila (frère de Juana)
......................................... Cristián Ugalde (mari de Rita)
EDUARDO ........................ Eduardo
Señor RUSSELL ............... Sergio Russell
Alberto ROC .................... Alberto Roc
DOCTOR Carlos Conde ... Carlos Conde, Doctor
JULIO ............................. Julio, Mayordomo
LUCAS ............................ Lucas
ENRIQUE ........................ Enrique
PABLO ............................ Pablo
MENI .............................. Meni
CAMILLA ....................... Camilla
PADRE Sansón .............. Padre Sansón
YOLI .............................. Yoli (fils de Rita et Cristián)

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès / Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Efemere » 24 avr. 2017, 05:21

Après Covent Garden, la production traversera l'Atlantique pour sa troisième étape, le Met de New York, où seront données huit représentations, du 26 oct. au 21 nov. 2017.

Y seront programmés Thomas Adès à la direction musicale et seulement neuf des quinze chanteurs présents à Salzbourg et à Londres ; ainsi, pour le rôle de Leonora, Alice Coote a été préférée à A. S. von Otter dont la voix a été jugée trop petite par le Met avant même de l'entendre à Salzbourg (cf. une interview de la mezzo suédoise dans The Arts Desk du 12 nov. 2016).

La représentation du samedi 18 novembre 2017 à 12:55 (aux USA) / 18:55 (en France) fera l'objet d'une retransmission–cinéma en direct.

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À New York, parallèlement au Met, Buñuel sera peut-être également à l'honneur à Off-Broadway si Stephen Sondheim (né en 1930) parvient à terminer à temps sa prochaine comédie musicale, dont le livret est du dramaturge américain David Ives (né en 1950).
[Edit – Sondheim a récemment critiqué le titre « Buñuel » donné par la presse, en précisant
que son ouvrage n'avait toujours pas de nom]
.

Il s'agit d'une œuvre en deux actes, le premier étant inspiré du film « Le charme discret de la bourgeoisie » (1972) et le second d'après « El Ángel Exterminador ».

Si tout se passe comme prévu, le musical serait d'abord programmé, à l'automne 2017, au Public Theater, avant d'être monté à Broadway au printemps 2018, en célébration des 88 ans de Sondheim.

Annoncée par Stephen Sondheim en octobre 2014 (alors que celui-ci avait déjà commencé à travailler sur l'ouvrage avec David Ives), la comédie musicale est produite par le Public Theater et Scott Rudin (producteur de cinéma et de théâtre). D'après la presse, elle devrait être mise en scène par l'Américain Joe Mantello.

En août 2016, a eu lieu une lecture privée de l'Acte I par plusieurs comédiens, et en novembre 2016, le Public Theater a accueilli un mini workshop auquel ont participé Joe Mantello et d'autres artistes.
Depuis, les médias n'ont plus donné d'informations supplémentaires, notamment en ce qui concerne un workshop plus complet planifié pour mars 2017 et qui n'a peut-être pas été organisé...

Le 30 juillet 2016, lors de l'événement "Stephen Sondheim in Conversation with Jamie Bernstein " (au Glimmerglass Festival, à Cooperstown, dans l'état de New York), le compositeur avait parlé de sa comédie musicale et de l'opéra d'Adès :

Jamie Bernstein: Rumor has it that you're working on something now. Anything you want to tell us about that?

Stephen Sondheim: This could not be a more appropriate day for that question, especially if you read the New York Times, and the reason is this: the show I'm writing, with a playwright named David Ives, author of VENUS IN FUR for those of you who care about recent theater, is something I've always wanted to do. It's based on two Luis Buñuel films: "The Discreet Charm of the Bourgeoisie" and "The Exterminating Angel." Both movies are about people trying to find a place to have dinner - that's literally what it's about. Meanwhile, one of the best and most well-known young composers in England today, Thomas Adès, has written an opera of "The Exterminating Angel," which opened in Salzburg a couple of nights ago and was reviewed in the Times today.

Jamie Bernstein: Today! And you didn't know he was writing this?

Stephen Sondheim: I did know and he and I talked about it, because we each had to clear the rights, with the Buñuel estate. What we did was arrange for Adès to have the rights to do it as an opera, and for David and me to have the rights to do it as a commercial musical theater piece. I called Adès and we talked about it, and I said "You know, for the five people in the world who really care about this sort of thing, it'll be really interesting if the musical and the opera are done in the same year," which they are going to be. Tom's piece will be done at the Met next year and if I can finish the score in time, our show will be done simultaneously at The Public Theater. And for people who are interested in the difference between operas and musicals; it ought to be an enlightening and provocative study. Because Adès's opera, which is like two and a half hours, is based on only the one movie and has a different set of characters and, I presume, with the greater length of time, will explore the story in more detail and will of course employ a much larger orchestra, whereas our version is only half of our piece, the first half being "The Discreet Charm of the Bourgeoisie." It should be interesting to see two entirely different ways to treat a story, geared for two entirely different kinds of audience.

Jamie Bernstein: I think treat is the operative word here because I can't wait to make this comparison. We'll all have so much to talk about.

Stephen Sondheim: Me, too. I can't wait to see how he treats it. I'm not going to listen to one note, and except for the Times report today, I'm not going to read or listen to anything about it until we do ours.

Jamie Bernstein: So now that you're working on this new thing, what musical languages are you using compared to the languages you've used thus far?

Stephen Sondheim: Musically, it's just my own general language, which is a combination of, you know, various composers. Content dictates form and style, and the two movies are complete opposites in tone: both are satires, but one is comic, the other grim.

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès / Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par HELENE ADAM » 24 avr. 2017, 11:17

Merci pour ce travail remarquable et passionnant ! :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès / Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Efemere » 25 avr. 2017, 16:13

HELENE ADAM a écrit :
24 avr. 2017, 11:17
Merci pour ce travail remarquable et passionnant ! :D
De rien :-)

Bon, j'ai assisté à la première d'hier soir.
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé le spectacle (qui était toutefois en deçà de mes attentes), mais je n'ai pas le temps d'en dire plus et me contente de mettre vite fait deux de mes photos des saluts.

2017.04.24_ROH_The Exterminating Angel_n° 17.jpg
2017.04.24_ROH_The Exterminating Angel_n° 17.jpg (105.83 Kio) Vu 990 fois

2017.04.24_ROH_Thomas Adès.jpg
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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Hiero von Stierkopf » 25 avr. 2017, 20:54

Hello Efemere,

Es-tu déçue parce que tu connais et apprécie le film ou bien ta déception se situe ailleurs ?
J'y vais surtout parce que j'aime beaucoup le film de Buñuel (et pour une partie du cast qui m'intéresse).
Comment ça, merde alors ?! But alors you are French ?

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par paco » 25 avr. 2017, 22:48

Ben ce n'est pas la meilleure partition de Thomas Adès, disons...

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Efemere » 26 avr. 2017, 15:12

paco a écrit :
25 avr. 2017, 22:48
Ben ce n'est pas la meilleure partition de Thomas Adès, disons...
De Thomas Adès dont je ne connais quasiment rien, je m'attendais à quelque chose de plus percutant, comme par ex. The Tempest (seulement vue en vidéo). Pas du tout familière de la musique contemporaine, j'ai quand même apprécié celle de l'opéra, à travers ses sonorités, le mélange des instruments, la variété des influences, les ambiances différentes, etc.

Hiero von Stierkopf a écrit :
25 avr. 2017, 20:54
Hello Efemere,

Es-tu déçue parce que tu connais et apprécie le film ou bien ta déception se situe ailleurs ?
J'y vais surtout parce que j'aime beaucoup le film de Buñuel (et pour une partie du cast qui m'intéresse).
J'aime beaucoup le film aussi, et pendant toute la soirée, je me disais qu'il aurait peut-être mieux valu que je ne le connaisse pas et que je n'aie pas lu au préalable le livret (dont l'essentiel est de toute facon un copié-collé des répliques de Buñuel). Il n'y avait plus l'effet de la surprise, ni le plaisir de la découverte de la progression de l'histoire et des comportements des personnages, sans compter qu'à mon sens, le finale d'Adès avait moins d'impact que la conclusion du film.
Sinon, après avoir vu le spectacle, je me suis demandée quelles autres dimensions ou approches l'adaptation pouvait apporter ; rien pour moi, qui ai apprécié-vécu le film différemment à chaque fois que je l'ai vu (trois fois sur trente ans).

C'est surtout au niveau du chant que j'ai été relativement déçue, tout en ne sachant pas si c'était dû directement aux lignes vocales ou aux prestations des artistes sur scène. J'ai trouvé la musique instrumentale plus réussie que les airs dévolus aux chanteurs et n'ai été sensible qu'aux parties plus élégiaques.

Je ne vais pas détailler mes impressions sur la mise en scène et les chanteurs avant que Hiero ne découvre le spectacle. En ce qui concerne la distribution, au niveau du jeu, cela allait, mais j'ai supporté difficilement le chant de deux des femmes (dont une avec une diction épouvantable) et du coup je crois que c'est à cause d'elles que mes oreilles n'ont pu apprécier certains airs – il ne s'agissait pas de Christine Rice, qui a été très bien au contraire, et sans doute la meilleure du point de vue vocal a.m.h.a.
___________________

Des photos du ROH sont disponibles sur ► Flickr.

Act I-Scene 4 (© ROH 2017- Clive Barda).jpg
Act I-Scene 4 (© ROH 2017- Clive Barda).jpg (98.47 Kio) Vu 872 fois
___________________

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Re: Adès – The Exterminating Angel – Adès/Cairns – ROH – 04-05/2017

Message par Hiero von Stierkopf » 12 mai 2017, 23:47

Efemere a écrit :
26 avr. 2017, 15:12
Christine Rice, qui a été très bien au contraire, et sans doute la meilleure du point de vue vocal
+1
Comment ça, merde alors ?! But alors you are French ?

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Message par HELENE ADAM » 19 nov. 2017, 12:37

En direct du MET, retransmission cinéma du samedi 18 novembre

L'Ange exterminateur

De Thomas Adès

D'après le film de Luis Buñuel

Compositeur : Thomas Adès
Mise en scène : Tom Cairns
Direction Musicale : Thomas Adès

Distribution
Audrey Luna (Leticia Maynar)
Amanda Echalaz (Lucia de Nobile)
Sally Matthews (Silvia de Ávila)
Sophie Bevan (Beatriz)
Alice Coote (Leonora Palma)
Christine Rice (Blanca Delgado)
Iestyn Davies (Francisco de Ávila)
David Portillo (Eduardo)
David Adam Moore (Col. Álvaro Gómez)
Rod Gilfry (Alberto Roc)
Christian Van Horn (Julio)
John Tomlinson (Dr. Carlos Conde)
Frédéric Antoun (Raúl Yebenes)
Joseph Kaiser (Edmundo De Nobile)
Kevin Burdette (Señor Russell)


Une oeuvre très bien composée, très fidèle au film, envoûtante et magnifiquement interprétée.

Image

L’Ange Exterminateur est d’abord un film, sous influence surréaliste, du cinéaste Luis Bunuel, sorti en 1962, avec une bien étrange histoire : une bande de grands bourgeois sortait de l’opéra et décidait d’aller dîner ensemble dans la demeure des Nobile, couple riche à la nombreuse domesticité, habitant rue de la Providence.
Pour des raisons mystérieuses, tous les domestiques fuient la maison dès le début, sauf un, puis au fur et à mesure que la soirée avance, la volonté de partir semble abandonner tous les convives qui vont, sans raison apparente, ne pas pouvoir s’en aller avant 4 jours. Ce huis-clos étouffant va les voir peu à peu dégénérer, retrouver leur animalité, perdre tout vernis social, tandis qu’à l’extérieur une foule se fait réprimer par les forces de police quand elle cherche, en vain, à pénétrer dans la maison.


Thomas Adès et le metteur en scène Tom Cairns ont travaillé ensemble pour l’opéra qu’Adès a tiré de ce film et qui a été présenté pour la première fois au festival de Salzbourg en 2016 puis repris à Amsterdam et Londres et, par chance, au MET avec cette retransmission au cinéma qui nous a permis de le voir.
Adès suit de près le scénario : seule la fin est modifiée puisque dans le film les hôtes délivrés assistent à une messe et se retrouvent à nouveau piégés sans pouvoir sortir alors que dans l’opéra, la scène de libération s’apparente plutôt à celle de la rédemption finale.

Après “The Tempest” adapté de la Tempête de Shakespeare, véritable foisonnement musical et visuel, qui plaçait d’emblée Adès parmi les très bons compositeurs d’opéras contemporains, cet Ange confirme son talent.
Adès sait tout à la fois composer une partition orchestrale d’une très grand richesse, dont les tonalités sont d’ailleurs parfois assez classiques, qui ménagent de grands moments dramatiques très forts, associant cordes, cuivres, une impressionnante batterie, des cloches, deux mini-violons et surtout les fameuses ondes Martenot, ce clavier électronique qui permet d’évoquer “les voix venues d’ailleurs” et qu’on voit d’ailleurs à l’écran lors de la retransmission à plusieurs reprises bien qu’il ne soit pas présent dans la fosse mais à distance avec écran de contrôle montrant Adès dirigeant son orchestre.

Mais Adès sait aussi composer des parties “voix” d’une grande richesse lyrique : nous avons là toutes les tessitures, richement illustrées : la basse, les barytons et les ténors, tous avec des timbres différents, une grande variété de sopranos également de la mezzo à la colorature aigue et acrobatique, qui parait-il chante la note la plus haute jamais entendue sur la scène du MET (un "la" dont Audrey Luna a le secret....). Les choeurs sont également omniprésents.

Il y a davantage de dialogues chantés que d’airs à proprement parler, mais il en existe quelques uns quand même en particulier tout comme des ensembles, les uns et les autres atteignant des sommets dans l’émotion. Je citerai en particulier la montée perceptible de la panique à la fin de l’acte 1 où les voix restées, polies et policées, laissant poindre quand même une certaine hystérie, deviennent suraigues et discordantes dans un ensemble très impressionnant. Le moment où ils désirent tous sacrifier une victime innocente pour se sortir de la nasse est musicalement et scéniquement fantastique également, tout comme le final, avec le grand solo de Leticia, la soprano du repas, qui les sauve tous de la malédiction.
L’opéra entrelace le film et réciproquement. D’autant plus que lors du repas au début de l’acte 1, les convives discutent en présence de la soprano (Leticia) et du chef d’orchestre, de la représentation de Lucia Di Lammermoor qu’ils viennent de voir tous ensemble.

Le décor de l’opéra est simple. Il représente un bout de salon, la salle à manger (avec sa grande table dressée et ses candélabres, réplique de celle du film), le piano à queue et côté jardin, la paroi où se situe le dressing, la salle de bain et la porte de sortie qu’aucun ne réussit à se décider à franchir.
Lors de l’acte 2 et de la scène de foule, le plateau se divise en deux, l’intérieur et l’extérieur de la maison, séparés par un invisible no mans land infranchissable. D’autres évolutions mineures apparaissent au cours du récit mais l’ensemble reste sobre et efficace.

Thomas Adès dirige son oeuvre de main de maitre, on sent sa tension, sa passion, à animer son énorme orchestre, tout autant de ses nombreux chanteurs et, ma foi, c’est vraiment un artiste à suivre de très près dans son évolution de compositeur chef d’orchestre contemporain, l’un des plus prometteurs de l’opéra.

Il a, pour sa réalisation, outre un très bon orchestre (avec quelques morceaux solistes au piano et à la guitare qui sont des régals, l'intervention obsessionnelle des ondes Martenot et quelques belles envolées des deux mini-violons), une troupe de chanteurs d’exception, aussi bons comédiens que bons interprètes qui forment une équipe très soudée.

Audrey Luna (Leticia Maynar, la soprano qui vient de chanter Lucia et est surnommée 'la Walkyrie") confirme son adéquation phénoménale à la musique d’Adès (elle était Ariel dans the Tempest) et sa capacité à sortir des sons suraigus avec beaucoup d’élégance. Elle a le charme de la jeune soprano passionnée par son art et qui sauvera les convives de la mort. Amanda Echalaz est une Lucia de Nobile, dont le prénom fait écho à l’opéra dont ils parlent pendant le diner, maitresse de maison au port aristocratique, très, très bien élevée et contrainte de sortir de sa bonne éducation pour faire face au malheur qui frappe sa maison. Sally Matthews (Silvia de Ávila) et Sophie Bevan (Beatriz), les deux “blondes”, une découverte pour moi, sont incroyablement crédibles dans leurs débordements respectifs, sopranos toutes deux, elles démontrent un vrai talent scénique.
Alice Coote (Leonora Palma) est beaucoup plus connue. Mezzo interprète du compositeur dans Ariadne ou de Ruggero dans Alcina, pour ne prendre que deux de ses dernières apparitions à Paris au TCE, elle est une irrésistible Leonora tout comme Christine Rice (Giuletta dans les Contes à Londres récemment) campe, comme à Londres une Blanca Delgado très impressionnante.

Du côté des ténors, l’excellence est également au rendez-vous : Iestyn Davies (contre ténor) est Francisco de Ávila, plus torturé que jamais, maladif et obsessionnel tandis que David Portillo campe un Eduardo à la très belle voix qui tente de garder sa dignité, que Frédéric Antoun (décidément surprenant après avoir été un Cassio remarqué dans l’Otello du ROH en juin et juillet) est un Raúl Yebenes, très espagnol et très coléreux et que Joseph Kaiser en maitre de maison, tombe plusieurs fois dans le désespoir avec beaucoup de classe.
Les barytons Rod Gilfry (Alberto Roc) et David Adam Moore (Col. Álvaro Gómez, ah les belles décorations qu'il ne quitte jamais...), les basse-barytons Christian Van Horn (Julio, le très digne domestique resté seul à servir ces messieurs-dames) et basses John Tomlinson (truculent Docteur Carlos Conde) et Kevin Burdette (le Señor Russell) complètent avec talent la richesse des tessitures prévues pour les voix dans cet opéra dont on peut imaginer combien les ensembles sont riches et séduisants.

Une très belle réussite pour un opéra que je reverrai avec plaisir en salle, en espérant qu’il soit monté à Paris très rapidement. Il le mérite.


http://passionoperaheleneadam.blogspot. ... et-18.html

NB : voir la présentation d'Efemere en début de fil, qui montre les petites différences dans les personnages entre le film et l'opéra.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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