Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

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Ange_de_feu
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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par Ange_de_feu » 20 avr. 2017, 11:10

HELENE ADAM a écrit :
19 avr. 2017, 14:28
Lucas a écrit :
18 avr. 2017, 11:35
Y déceler toute la profondeur : Snégourotchka n'est-elle pas, à bien des égards, la petite sœur de la Russalka de Dvorak? En passant du monde des esprits à celui des humains, sa quête de l'amour n'annonce-t-elle pas La femme sans ombre de Strauss? Et n'y-a-t-il pas un peu de Tristan dans cette recherche de l'amour qui la mène à la mort? Sans oublier la violence de ce rite païen qui conduit à sacrifier une victime expiatoire pour permettre à la Nature de retrouver ses droits? Stravinsky, en bon élève de Rimsky-Korsakov, saura s'en souvenir dans son Sacre du Printemps.
La filiation avec Rusalka me parait juste pour la raison que tu cites : le passage du monde des esprits à celui des humains en y ajoutant d'ailleurs l'obsession de la nature et de ses contradictions (Rusalka comme Snégourotchka sont belles comme le jour et froides comme l'eau, la neige, la glace) et de la transgression (elles veulent l'une et l'autre l'amour qui détruira leur existence même). Mais ce que je retiendrai de Snégourotchka avant tout, c'est le récit initiatique d'une tout jeune fille confrontée au passage à l'âge adulte et à la découverte des dures réalités qui l'accompagnent. La mort de Snégourotchka, c'est la mort de l'enfance, de la pureté. C'est également un thème récurent du domaine des contes et légendes qui ont façonné nos esprits (pour ceux qui en lisaient beaucoup dont je fais partie.... :wink: ).
N'oublions pas que, chronologiquement, c'est l'inverse qui est vrai: "Snégourotchka", créée en 1881, est la sœur aînée de "Rusalka", créée en 1901.
HELENE ADAM a écrit :
19 avr. 2017, 14:28
Lucas a écrit :
18 avr. 2017, 11:35
Et puis personne n'en parle mais quel science de l'orchestration : Rimsky-Korsakov n'a rien à envier à Wagner ou Strauss!
Tout à fait d'accord :wink:
En fait, Rimski rédigea un manuel d'orchestration qui devint vite un classique.

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David-Opera
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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par David-Opera » 20 avr. 2017, 12:24

Autolycus a écrit :
19 avr. 2017, 08:42
Il faut croire que M. Tcherniakov a fait des coupures...
Sauf erreur de ma part, c'est la Danse des Bouffons (début acte III), le passage le plus connu, qui est coupé.

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par Autolycus » 20 avr. 2017, 12:58

Ange_de_feu a écrit :
20 avr. 2017, 10:46
Je ne "justifie" nullement ce choix, comme vous-même l'avez bien résumé plus en haut.
Je l'avais bien compris. Je pensais à la justification éventuelle de ce choix par celui (ceux?) qui l'a (ont) fait.

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par Ange_de_feu » 20 avr. 2017, 13:14

Lucas a écrit :
19 avr. 2017, 09:46
Ange_de_feu a écrit :
18 avr. 2017, 16:10
On peut beaucoup reprocher à Tcherniakov, mais non la suppression d'un acte du Prince Igor. Il est vrai qu'il se confectionne une partition à son gré (sans ouverture, avec l'insertion d'un fragment instrumental d'un opéra inachevé de Borodine dans le final), mais le deuxième acte polovtsien est bien présent, avec un monologue clé d'Igor.
Et bien non. Tcherniakov a bien supprimé le second acte polovtsien et la moitié du rôle de Kontchak. Seule concession : il a réintégré le monologue d'Igor et le trio au dernier acte. De ce fait, le spectateur n'y comprend plus rien car, dans ce monologue, Igor exprime sa volonté de s'échapper ... après s'être déjà échappé!
Je viens d'écouter ce monologue une autre fois. Il y a une ou deux fois la parole "captivité", mais Igor n'y exprime pas sa volonté de s'échapper. Il y manifeste son horreur, sa honte et ses remords à la face des conséquences néfastes auxquelles a conduit son désir de gloire militaire: des victimes et des morts. C'est un monologue un peu visionnaire: il s'y adresse à des princes dont on ne sait pas trop bien s'il sont présents en chair et os pour qu'ils corrigent les maux dont il est la cause.
La musique est essentiellement celle de l'éclipse solaire, donc un autre moment visionnaire.

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par Ange_de_feu » 20 avr. 2017, 13:16

David-Opera a écrit :
20 avr. 2017, 12:24
Autolycus a écrit :
19 avr. 2017, 08:42
Il faut croire que M. Tcherniakov a fait des coupures...
Sauf erreur de ma part, c'est la Danse des Bouffons (début acte III), le passage le plus connu, qui est coupé.
La Danse des Bouffons serait le passage le plus connu de "Snégourotchka"? 8O

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par David-Opera » 20 avr. 2017, 14:19

Disons, l'un des plus connus.

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par MariaStuarda » 20 avr. 2017, 22:19

Bon, cette charmante bluette et la fièvre m'ont plongé dans une douce torpeur. Après Wagner, j'espère ne pas faire une allergie à Rimski-Korsakov 8O

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par Bernard C » 21 avr. 2017, 07:56

La faute à Tcherniakov. Ce n'est pas une bluette .

Bernard
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..."

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par MariaStuarda » 21 avr. 2017, 08:24

Même si la musique est souvent agréable, j'ai du mal à la ranger dans le rayon "chef d'oeuvre".

Par ailleurs, en parallele et non en substitution de l'avis qui précède, j'ai en effet trouvé Tcherniakov bien peu inspiré sur ce coup là.

Restent quelques belles voix à commencer par Aïda Garifullina.

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Re: Rimski-Korsakov - La Fille de Neige - Tatarnikov/Tcherniakov - ONP - 04-05/2017

Message par paco » 21 avr. 2017, 09:27

J'ai enfin vu ce spectacle, hier soir. J'avoue me ranger du côté des avis mitigés, voire partager en grande partie "l'amère déception" de Bernard...

Je suis fan des opéras de Rimsky-Korsakov mais ne connaissais pas celui-ci. Mon impression est que, à côté de Sadko ou le Coq d'or, cette Fille de neige fait figure d'oeuvre mineure (bien d'accord avec MariaStuarda) de par sa très grande faiblesse dramatique : texte assez insipide (on passe son temps à chanter autour de l'admiration de fleurettes et autres délices printaniers), absence de tension, longs tunnels de conversation en musique sans grand intérêt (ouch, ce Prologue interminable qui plombe toute la première partie)... En ce qui me concerne je me suis fortement ennuyé et il a fallu le grand délire du 3e acte, avec cette farandole Peace & Love de Tcherniakov et auparavant l'aria splendide (et particulièrement originale) du Tsar au 2e acte, pour réveiller en moi un peu d'intérêt.

La grande faiblesse de cette production est, selon moi, la distribution : diction souvent pâteuse, sous-dimensionnement en termes de puissance et d'aura, manque de charismes, de personnalités, de ces typologies d'artistes capables d'enflammer une salle et dont l'oeuvre de Rimsky a tant besoin (pour s'en faire une idée, tapez sur Voldemort Arkhipova +, Atlantov +, Mazurok +, Petkov +, Minkiev +, etc.). On a un peu l'impression de Cimarosa perdu à la fin du XIXe siècle... C'est soigné, mais bof...

Côté Tcherniakov, il y a plus de bon que de moins bon : de moins bon il y a surtout le parti-pris, à mon sens erroné, de gommer tout le féérique indispensable pour ce type d'ouvrage. Même l'idée d'un décor unique est à mon avis une erreur, les opéras de Rimsky ont besoin de ces levers de rideau "surprise", de ces alternances d'atmosphères, de ces "ooooh", "aaaaah". Côté très bon en revanche : des images parfois somptueuses, l'idée géniale de ce tableau "Peace & Love", des ensembles bien réglés, de belles idées çà et là. Et j'ai plutôt bien aimé sa "réinterprétation" du final, elle est bien ficelée.

Finalement, je pense que cet opéra aurait plus sa place à Garnier : en effet, il est en réalité plutôt intimiste, l'essentiel étant constitué de duos et conversations (contrairement à Sadko, par exemple, où les scènes de genre sont nombreuses). Dans le vaisseau immense de Bastille, et surtout avec des chanteurs aussi peu charismatiques, tout se perd un peu.

Au global, le meilleur vient de l'orchestre : belle direction fluide et poétique de Tatarnikov, et surtout des soli instrumentaux à se pâmer ! Et puis, il reste que, sous le mandat Lissner, l'ensemble est toujours de très bonne tenue : on sent un spectacle bien travaillé, une structure (orchestre, choeurs, etc.) qui ne mérite que des éloges : on passe forcément une bonne soirée !

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