Monteverdi - le couronnement de Poppée - Gruber/d'Hérin - Lyon-03/2017

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Monteverdi - le couronnement de Poppée - Gruber/d'Hérin - Lyon-03/2017

Message par perrine » 19 mars 2017, 20:21

Claudio Monteverdi
Le Couronnement de Poppée
L’Incoronazione di Poppea

Opéra en 3 actes avec prologue, 1643
Livret de Francesco Busenello

Coréalisation Opéra de Vichy
En partenariat avec le Théâtre National Populaire
Recréation de la mise en scène de Klaus Michael Grüber (Festival d'Aix-en-Provence - 1999 et 2000, Wiener Festwochen - 2000)

Distribution
Direction musicale Sébastien d'Hérin
Mise en scène Klaus Michael Grüber
Réalisation de la mise en scène Ellen Hammer
Décors Gilles Aillaud
Recréation des décors Bernard Michel
Costumes Rudy Sabounghi
Lumières Dominique Borrini

Poppea Josefine Göhmann (7,11,16,19 mars) / Emilie Rose Bry (9,18 mars)
Nerone Laura Zigmantaite
Drusilla / Virtu Emilie Rose Bry (7,11,16,19 mars) / Josefine Göhmann (9,18 mars)
Ottone Aline Kostrewa
Arnalta André Gass
Damigella / Amore Rocio Perez
Fortuna / Valletto Katherine Aitken
Famigliare / Pallade James Hall
Famigliare / Mercurio / Soldato Brenton Spiteri
Littore / Liberto Pierre Héritier
Ottavia Elli Vallinoja
Seneca Pawel Kolodziej
Lucano / Soldato Oliver Johnston
Famigliare Aaron O'Hare
Solistes du Studio de l'Opéra de Lyon
Ensemble Les Nouveaux Caractères


TNP Villeurbanne, jeudi 16 mars 2017

Cette année, le ‘festival’ de l’opéra de Lyon est sur le thème « mémoires ». L’objectif est de remonter des mises en scène qui ont marqué les dernières décennies. Ainsi verra-t-on dans la prochaine quinzaine à Lyon le Elektra de Ruth Berghaus en 1986, le Tristan et Isolde de Heiner Müller en 1983, et enfin le couronnement de Poppée de Klaus Michael Grüber créé à Aix en 1999. Ces trois créateurs étant décédés depuis, l’objectif est de remonter le plus fidèlement possible ces œuvres et d’essayer de rendre au plus juste les émotions de l’époque.

La tache n’est pas si simple pour ce couronnement à Lyon pour deux raisons … liées à la mémoire (pour ceux qui se souviennent encore des représentations en 2000 avec Marc Minkowski, Anne Sophie Von Otter et Mireille Delunsch).
La première concerne la magie du lieu. Comme le souligne la réalisatrice de la mise en scène Ellen Hammer qui a collaboré comme dramaturge lors de la création Aixoise, la représentation en plein air conférait à l’œuvre une fragilité, un souffle particulier. A Lyon, c’est dans la salle du TNP (Théâtre National Populaire) qu’ont lieu les représentations. Point de cadre merveilleux permettant de s’échapper un instant dans le ciel étoilé, ni dans les frissons sur les costumes provoqués par la légère brise du soir.
Ensuite, parce que le plateau réunissait une distribution hors pair, et que l’oreille gardait encore souvenir du decrescendo merveilleux de la dernière scène qui laissait le spectateur suspendu dans les bras des deux amants. A Lyon, ce sont les solistes du studio de Lyon, jeunes chanteurs donc, qui affrontent cette œuvre.

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Force est de constater que le pari est réussi, alors laissons un instant la mémoire de côté !
A la baguette, Sébastien d’Hérin dirige son ensemble « les nouveaux caractères ». Face à la jeunesse du plateau, il manque d’un je ne sais quoi de surbrillance et de vitalité. Peut être que l’acoustique feutrée de la salle de théâtre a quelque peu éteint en cette première lyonnaise l’aspect lumineux de la partition.

Les seconds rôles sont très bien distribués, avec notamment le ténor Oliver Johnston qui a une voix pure et claire, dotée d’une belle projection. Egalement, Amore et Fortuna (Rocio Perez et Katherine Aitken) évoluent avec aisance et belle présence et Sénèque est également bien campé par Pawel Kolodziej.



Aline Kostrewa se perd un peu en Othon par un manque de projection et d’assise vocale, bien que le timbre sombre soit agréable. Les effets d’amant délaissé restent ainsi dans un jeu trop limité. Elli Vallinoja brule les planches dès son apparition. Dotée d’un grand sens dramatique, d’une voix solide et expressive, son Octavie est pleine de rage, et sa répudiation pleine de remords.
Emilie Rose Bry ce soir en Drusilla / Vertu joue en alternance le rôle de Poppée. Si cette répartition des rôles doit parfois être à tendance schizophrène, la soprano franco américaine se glisse ce soir dans la peau de celle qui veut retrouver un amant obsédé par Poppée. De manière affirmée, elle campe un beau personnage oscillant entre détermination et sens du sacrifice.

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Sous les derrières d’un rôle travesti à tendance bouffon Arnalta n’est pas un rôle léger. Le ténor de caractère André Gass l’endosse de manière fine, presque philosophe. Il montre, entre autre lors de sa berceuse d’une grande tendresse, ses capacités : qualité de souffle, chant fluide et piani soutenus.

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Laura Zigmantaite impose un excellent Néron jeune, fougueux et déterminé. Son jeu de scène est d’une grande maturité, et son duo avec Lucain plein d’extase. Mezzo à tendance soprane, sa voix est pleine et ample, d’une grande fraicheur. Enfin, face à elle, la Poppée de Josefine Göhmann se meut telle une liane qui entoure un arbre. A la recherche de l’amour et de la fortune, elle joue sur les différents registres, à la fois sensuelle et ambitieuse explorant et modulant à souhait ses intentions pour atteindre la couronne.

La mémoire m’a joué un tour lors de la scène finale que j’attendais plus fervente, mais elle ne me jouera pas de tour pour ce qui est de retenir les noms de certains de ces jeunes chanteurs passionnés et passionnants.

Perrine
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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Re: Monteverdi - le couronnement de Popée - Gruber/d'Hérin - Mars 2017

Message par dge » 19 mars 2017, 23:06

Superbe représentation hier soir qui me laisse encore sous le charme.
Que c'est bon de se laisser porter par une mise en scène esthétique, lisible, respectueuse du livret, sans dé/reconstruction. Je découvrais cette production que je ne connaissais pas et ce serait dommage qu'elle ne tourne pas sur d'autres scènes, elle ne demande pas des moyens techniques importants.
Musicalement je trouve que le travail accompli par les solistes de l'Opéra studio est remarquable. Atteindre un tel niveau avec de si jeunes artistes est une prouesse et je partage les appréciations de Perrine. Laura Zigmantaite en Néron, Elli Vallinoja en Octavie et Josefine Göhmann (en Drusilla ce soir) sont à louer particulièrement.

Grand succès auprès d'un public mixte opéra/théatre.

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